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mier prêtait serment aux états; ensuite il le recevaitd'eux. En général il jurait de garder tous les sujets en leurs droits, privilèges , coutûmes etusages, sans qu'il en fut fait le détail; la Joyeuse Entrée de Brabant était le seul acte oii ces privilèges fussent individuellement rappelés. Les états au nom du peuple, juraient d'être bons , obéissans et fidèles sujets. Dans la Flandre rétrocédée , tout se bornait à un serment de fidélité et obéissance prêté par lesdéputés de diverses administra tions réunis à Ypres, sans que le représentant du souverain leur en fit aucun.

Avant de fixer l'époque de l'inauguration , le consentement des états était demandé pour cette solennité; on leur communiquait à cet effet les lettres patentes qui conféraient au gouverneur-général le pouvoircVy tenir la place du so11verain.

Le serment que le prince prêtait à Mous contenait une clause qui paraîtra assez singulière. Ily jurait qu'il ne laisserait pas séparer les seigneuries de Hainaut, de Hollande et de Zélande, quoique le Hainaut fût séparé des deuxautres provinces depuis l'union d'Utrecht de 1579. Mais c'était 11ne ancienne formule , et les ‘Etats auraient acquiescé diflicilemeut à ce qu'elle fut: modifiée. La Joyeuse entrée contenait de même plus d'une dispositionqui n'avait plus d'objet, ou qui n'était plus exécutée.

Entre les particularités qu'of

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fraicnt les cérémonies de l’inauguration dans les diflérentes pro‘vinces, je citerai les suivantes. A Gand après la Prestation dessermens réciproques , le représentant du souverain prenait possession du comte de Flandre: eu sonnant trois fiis u/zepetite clos/Le suspendueà côt_e' du dais. A Mous , il allait sur l'autel de Ste.-Wauclru relever les fiefs qui dépendaient de Fafiique de cette sainte,.et ensuite il e/nbrassail _I_es dames c/zanoinesses. Dans un temps où la possession d’un fauteuil , la préséance dans une cérémonie publique , le droit d'ouvrir les dépêches adressées à un corps, donnaient lieu à de longues contestations, on ne s'étonne‘ra pas que la cérémonie delinanguration fit naître plus d’une difficulté. En Hainaut, les chanoinesses de Ste.-Waudru prétendaient avoir le pas sur les Etats de la province,l’ordre du clergé surles pairs. Les châtellenies du vieux bourg de Gand, dflähdenarde et de Courtrai, ainsi que ces deux dernières villes, se disputaient respectivement le même honneur. Les chanoines de SL-Aubin à Namur , soutenaient que, dans leur église , ils devaient être rangés avant les membres des Etats. Le magistrat de Tournai , réclamait pour que, dans les actes des sermens , le titre de sezgneur de Tournai et T our/zaisis fut inséré avant celui de seigneu r de Mali/les, et il se fondait sur ce que, dans les assemblées des Eta tri-généraux, ses députés précédaient ceux de cette dernière province. Chaque lois la

ville de Louvain s’appuy ant sur cequi s’était pratiqué jusques au rè

gne des archiducs inclusivement ,

demandait que Yinauguration du, duc de Brabant eût lieu en cette ville et non à Bruxelles; on avait

toujoursbeaucoup de peine à obtenir son consentement , et ce n’était

qu’au moyen dfun acte de non-pré

judice qu’on le déterminait à le dé

livrer. \

L'inauguration de François H , comme duc de Brabant et de Limbourg, eut cela de remarquable , qu’elle se fit parce prince en personne. Il était arrivé à Bruxelles le g avril 1794, pour exciter par sa présence , le zèle des Belges dans la guerre qu'il avait à soutenir contre la république française : le 25 du même mois,’il fut inauguré sur la Place Royale. Les actes de cette solennité, qui existent aux archiVes un royaume , font meixtion d’une circonstance qui mérite ’ètre relevée ici. Les Etats de Brabant étaient dans l'usage de rester couverts pendant le tems que durait cette cérémonie. Uempereur leur ayant fait observer que sa dignité , comme chef le l'empire et. possesseur de plusieurs autres couronnes, serait blessée s’ils ne se découvraient point en sa présence,

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v res en Dieu, nobles, chers et bien n amés , ayant rendu compte à a) l’empereur etroi de la résolution u que vous avez prise, devous abs>> tenir de vous couvrir en présence n de cet auguste chef de l’empire , a nous vous faisons la présente pour n vous dire en son nom , que , sa n majesté ayant été très-sensible aux » sentimens dont cette résolution » est une preuve, elle nous a au>> torisé à vous déclarer que cette a) acte de défé rence envers elle dans s: la circonstance présente, ne pouru ra en aucun cas porter préjudice n au droit et à la possession ou sont n les Etats de se couvrir dans toutes » les inaugurations. Atant, très» révérends , révérends pères en a) Dieu, nobles, chers bien-amés, a: Dieu vous ait en sa sainte garn de. etc. ‘

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l On conserve à la bibliothèque de Bourgogne le missel sur lequel nos souverains prêtaient serment , à leur inauguration à Bruxelles. Ce manuscrit précieux , qui fut apporté aux Pays-Bas par Marie d’Autriche, reine de Hongrie, lorsqu'elle vint en prendre le gouvernement, avait été en 1794, enlevé par le représentantdu peuple Lnurent et transporté à Paris: il a étérestitué en 1 815.

G.

L'HÔTEL DE VILLE DE S1‘.QUENTIN. - Mes premiers souvenirs de YHÔtel-de-Ville auront toujourspour moi bien du charme. j’entendrai toujours son gai carillon, qui faisait chanter mille voix

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ses sculptures ! vous eussiez diit un palais de fées, sans la légende vive’ le Rai! qui reproduite sous tqutesles dynasties et successivement légitimiste et française, venait jeter des idées tristement positives au milieu de votre rêve. Mon jeune mémorial de Pflôtel-de-Ville ne s’arrête pas là : je me rappelle encore nos distributions de prix, et les graves autorités que nous allions chercher sous de vieilles arcades , et que nous enfermions dans notre cortège d'écoliers. Certes, il ya bien de la poésie dans ces souveni rs d’enfance, tout pleins de joyeuses sonneries , de détonnations aux blancs nuages, de murs noirs et «Ïéblouissantes illuminations!

Plus tard, quand des pensées de mélancolie eurent remplacé ma légèreté d'enfant, et que franchissant mes premières belles années , ma mémoire eut reculé par delà des siècles et rendu à cette antique maison de paix , ses plaids d'échevins et de mayeurs, ses banquets de rois et la veillée de ses sentinelles aux paslourds, àla pesantearquebuse , YHôtel-de-ville alors prit une bien autre puissance sur mon

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Dites; en parcourant tous les bizarres dessins, brodés sur cette élégante façade, mariez-vous pas maintes fois évoqué devant vous nos aïeux bonnes gens et malins , avec lenrs mœurs naïves et leur amour du grotesque? Sous ces arcades, sous ces voûtes sombres, o‘u se sont tant de fois discutés les plus hauts intérêts du vieux Saint-Quentin , n’avez vous pas respiré comme un parfum de recueillement ‘P et , s'il vous est arrivé, vers le soir, de rester seul dans cette salle des conseils‘ si profondement empreinte du cachet gothique, oh! sans doute, en voyant un rayon de la lune glisser à travers les vitraux coloriés etbla n chir cà etlà les dentelles délicates de Yimmense cheminée, vous aurez souhaité ardemmentde vous trouver tout-à-coup transporté au milieu denos grands aïeux, de les presser dans vos bras, d’entrer sous leur toit patriarchal , et de parcourir avec eux les rues étroites et les hauts

remparts de la vieille cité.

J’aimel’Hôtel-de-Ville, oui,j’aime YHôteI-de-Ville avec passion; comme un frère qui vous comprend, comme un aïeul respectable, comme un confident de toutes les peines , de toutes les joies de l’ame ; YHôtel-de-Ville onyrend la justice , on s’y marie, ou y date votre naissance et votre mort, toute la vie de nos pères à passé là, la nôtre y passe également. Ce qu’il y a de plus doux au monde, ce qui fait la patrie, présente et passée ,

vieille et jeune , s'y trouve réuni. C'est le foyer de nos souvenirs , le

sanctuaire de nos illusions,la patrie faite monument : oh ! j'aime l’Hôtel-de-Ville.

Je veux vous dire son histoire. Il y a long-trams , bien long-tems , c'était au douzième slécle, au onzième peut-être, les comtes de Vermandois, qui avaient SL-Quentin en toute. propriété , comme vous avez , vous , votre maison , votre chapeau, votre chien de chasse, eurent la bonne idée , et alors pareille idée était bien rare, de nous affranchir de toute servitude et de nous permettre Vétablissement d’une commune, ou nous fissions nos afiaires nous mêmes, le tout en récompense de notre loyal attachement à leur famille. Il fut construit, àcet effet, une maison qui fut nommée Maison de Paix et ou sïzssemblaient au dire de Wautier de Paris, prévôt de SL-Quentin , quantité de bonnes gens, bourgeois et lzabitans, et où les mayeurs et jurés avaient accoutumé de tenir leurs plaids. Vous dire ce que c'était que cette première constructiomje ne le pourrais guère, vu que je n’en sais rien, niles chroniqueurs non plus. On sait seulement qu’il y avait deux salles dont l’une s’appelait Chambre du haut banquet, et l’autre des arrêts. Ne parlons donc que de YHôtel-de-Ville d’aujo urd’l1ui.

Un de ces bons chanoines d’alors , qui se permettait des velléités ffesprit, Charles de Bovelle, prit soin de nous apprendre qu'il fut

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maient, l’une Chambre du conseil ,

et l'autre la Chapelle 5 dans cette. derniéreil se célébrait tous les lundis et mardis une messe fondée par

Guillaume Fournier.

Derrière l'Hôtel-de-Ville était une grosse tour carrée, bâtie en grès, dont une partie existe encore; elle contenait les archives et les poudres , et donnait sur la rue de Yéchevinage. '

C'est dansPhiver de 158g qufflenri IV accepta le dîner qui lui fut oflërt à l'Hôtel de Ville; et c'est dans la C/iambro du cv/zseil que ce repas eut lieu; d'autres faits particuliers se rattachent à l'histoire de‘ notre monument, mais il seront l'objet d'articles séparés.

Et maintenant quel est l'aspect général de Yliôtel-de-Ville ‘l Couronnée d'une frise assez riche et terminée par trois frontons équilatéraux , sa façade est soutenue par huit petits piliers de grès d’une seule‘ pièce. S’il n'a pas cette légèreté’ imposante qui caractérise les constructions gothiques d'un tems plus reculé , et particulièrement notre belle Cathédrale, son aînée, il est loin pourtant d'être dépourvu de hardiessse et de grâce; à"le bien considérer, il fait type : un peu grave, un peu lourd, un peu plaisant, bon bourgeois en un mot,

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