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Nous terminerons cette nete par une observation , qui se rattache aux œuvres de François Harmus , c'est que les vers qu’il a composés sur Yiucendie qui désola Lille , en 1545, n'ont jamais été imprimés; l'auteur rle'l’artic'le de la Revue du Nord, semble penser le contraire, Ils ont vpassé manuscrits , à la mort dHæmus, arrivée le 3 septembre .1585,"à son ‘ami Antoine de Meyer, Pannaliste; Paquet don‘ne ainsi le titre de ce manuscrit : FoHui/um, Insulensis urbis Incendium , trecenlarum pænè œdiunz Arma. i545 , m Non. Scptembris , en vers. H.-R. DUTHmLonUL;

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LES GUEUX A ANVEBS (‘ses’). -- Le prince d’Orange , voulant usurper la domination surla Belgique, s'allie avec les hérétiques de France, ayant reconnu qu’il ne pouvait enlever complètement les Pays-Bas au roi catholique que par’ une grande scission religieuse. Il voulut la consommer par un ‘coup d’état,- et il fut- décidé qu'on ruinerait publiquement les églises et qu’on suppñmerait tout-à-coup le culte romain , pour le remplacet‘ par les rites de Genève, On commença dans l'été de 156€ Le ‘premier attentat se commit dans a Flandre inférieure , entre la Lys et la mer. Une poignée de la plus vile populace , mêlée de brigands et de voleurs , se rassembla à un jour indiquéJlsavaient pour armes des bâtons , des coignées , des marteaux , des échelles , des ordes, toutes choses propres à

détruire, mais non à combattre. Ils se jetèrent avec cet. appareil dans les bourgs et dans les villages qui environnant Saint-Omer, et aux cris de : Vivent les Gueux l ils saccagèrent les monastères et les églises, mettant en fuite , non par leurs armes, mais par leur seul aspect, tous. ceux qui voulaient leur faire obstacle.

Après ce coup d'essai , ils criérent Ypres d'une voix unanime. Cette v-ille était remplie de calvinistes , ils 's’y rendirent en hurlant, recevant en chemin avec eux les mendians et les vagabonds , et augmentant continuellement leur troupe, comme la boule de neige qui descend du sommet d'une montagne‘. Ils parurent dans la ville troublée le jour de l’Assoinption de la Saintevierge‘; le peuple leur avait ouvert les portes que les magistrats avaient fermées. Ils coururent d'roit à la principale église, dédiée à Saint-Martin , y dressèrent leurs échelles, abatti

rent les tableaux à coups de ha‘

che, pillèrent les vases sacrés, brûlèrent les livres d'église, et détruisirent tout dans cette église , ainsi que dans toutes les autres et dans les monastères, avec si peu de respect des magistrats et des prêtres , qu’on eût pu croire qu’ils étaient envoyés au nom de la ville et que la ville les payait pour commettre leurs sacriléges.- Le fait est que personne n'ose’ sfopposei- à eux.

Les mêmes désordres avaient lieu en même tems à Menin, à Comines, à Wervick, à Lille , à

Üai. Les seuls paysans de Se

clin prirent les armes et protégerent leurs autels. Il leur fallut pour cela tuer un assez bon nombre de gueux; ce qui.- arrêta leur intrépidité destructive.

A Anvers, le même jour de l'Assom-ption _de la Vierge , t5- août 1566, comme on portait en procession par la ville Pimage de Notre-Dame, que les‘ habitans d’Anvers ont prise pour leurprotectrice , quelques éclaireurs du parti des- Gueux , voulant: essayer Yelfet qu'ils produiraient sur la multitude, commencèrent par railler la pieuse cérémonie; puis ils

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Fimage de la Vierge ; puis ils l'attaquèrent tout haut par des paroles insu-lentes et injurieuses. Ils épouvantèret; et la procession se hâte de rentrer dans la grande église. Cette circonstance les‘ e_ncouragea. Ils arrivèrent. le lendemain dans l'église , en petit nom-n bre pourtant; et s'approchant de l'autel de la Vierge, ils lui deman dèrent, d'un ton goguenard, quelle crainte l'avait obligée de se retirer

si tôt dans sa niche ‘I Ils coururent’

ensuite dans la nef et dans le chœur, menaçant les images-Un deces compagnons, monta même en chaire etse mit à prêcher des choses ridicules. Les uns l'a pplau

dissaient; d'autres lui jetaient des

; pierres , qu'il renvoyait» dans l'é

s glise. Tout ce désordre ne fut que le

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ils se mirent tous a crier : Vivent les Gueux!‘ Ils commaudèrent ensuite à l'image de la ‘tfierge de répéter ce cri, la menaçant de la tuer si elle lfobéissait pas. Ils avaient leurs marteaux , leurs haches; leurs cordes et leurs échelles. Au. bruit de, ce nouveau scandale , Jean d’lmmerseel , bourgmestre d’Anvers , accourut avec quelques archers. Ont commençait a juger de quoi les Gueux étaient capables. On savait. leurs pillages àYpres. l_ls les avaient répétés à G-and, à Bruges , à Audenaerde. Partout ils avaient saccagé les églises et mis en fuite les reli‘gieux des monastères. On redoutait pour Ànvers les mêmes excès. Le bourgmestre vint avec trop peu de monde; quoique les pillards ne fussent guères qu'une centaine d'hommes ivres , ils chassèrent le magistrat et ses archers, lermèrent sur eux‘les portes de l'église , et se mirent à y danser commeétant les maî.tres- ‘ . 1 La nuit_venait : ils illumiuèrent les cierges en entonnant les pseaumes de David à la manière de Genève‘; puis ils se "jetèrent sur les images de Jésus-Christ, de laVierge et des Saints, en leur comman_dant de crier, vivent les gueux , si elles ne_ voulaient pas être considérées comme des idoles. Les images nbbéissant pas , ils en renversérent quelques unes par terre et _les foulèrent aux pieds; ils en per cèrent d'autres avec leurs’ épées’ , ils Hbattirent la. tête de quelques unes, avec des poignées. Les femmes débauchées qui lesaccompa

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Toutes ces représailles, dont on ne prévoyait pas la fin , duraient déjà depuis longtems. Les comtes de Namur et de Luxembourg s'avançaient sur Ciney. L'évêque de Liége, Jean d’Enghien_ , craignant justement pour cette ville assez mal fortifiée’, y envoya un renfort, commandé par Robert Forvies, mfaréchal de Liège. Ce seigneur eut l'adresse d'entrer avec sa troupe, par la porte de Dinant , dans la ville menacée que fennemi bloquait de tous les autres côtés. Mais bientôt, ne se sentant pas en état de’ lutter contre les forces nombreuses des assiégeans , qui commençaient à dresser , pour l'assaut, leurs machines de guerre, Robert Forvies sortit de Ciney, en disant qu’il allait à Dinant chercher de nouveaux renforts, llvne reviutpas. Ÿtiasgggtvfl-bæ lob-maf

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rent tomber leurs remparts, Jean de Halloi , ne voulant pas encore se rendre, se réfugia avec eux dans Péglise, oi1 il se défendit obstinément Ciney’ fut pris le t8 avril 1276, livré aux flammes, pillé; on mit le tems Yéglise même; et le lendemain le duc de Brabant alla saccager Meeffe , qui n'est plus qu'un village. Robert Forvies , honteux d'avoir perdu Ciney,.et poursuivant le cours‘ de ce torrent de vengeances mutuelles qui désolait la Belgique, se jeta sur la seigneurie de Poilvache ,_ s’étendit sur la frontière du- Luxembourg, y brûla trente villages. Alors un parti de Namurois , conduit par le sire de Dave, s'élance contre Dinnt qui pourtant jusques-là avait gardé‘ la neutralité dans ’ cette guerre Les Dinantois étonnés ne veulent pas se laisser surprendre’. Sous le commandementde Jacques de Rochefort, -leur avoué , ils sortent à la rencontre de l'enne

mi , dans l'espoir de préserver leurs campagnes. plls s'avancent à trois lieues,- jusquïut, village de Spotrtin ,' oi1 ils RPBTQOÏVGI‘ campé, sur les rives du Boctrhlvecorps de Namurois que commandait le sire de Dave. A lavue de troupes beaucoup plus nombreuses qu'ils n'en pouvaient mettre’ sur pied, ils reculent; ils se voient à l'instant poursuivi-s et serrés de si près, que le sire‘ de Dave pénètre avec euxdans Dinant, entraînant la tête de son armée Au milieu de ce désordre, les-Namurois ne pensèrent pas à s'assurer des portes Les. Dinantok s'en aperçurent; aussitôt les’ herses s'abatti-»

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