Pagina-afbeeldingen
PDF

trop dociles cette fois. La bouliemie flamandey a pourvu , en mettant ces salutaires paroles dans la bouche du Médecin spirituel:

Passant le soir en liesse . Woifensons qui peut punir...

Quand d'abondantes libations avaient convenablement célébré Fintronisation du Roi de la table , on se séparait pour se rennir , sous son sceptre gastronomique, le jour de ÏAbbé bol! , jour auquel il rele‘Ullil S011 royaume. Malheur au convive distrait qui ce jour-là oubliait de saluer par le vivat obligé de : le rot boit , le roi boit , chaque rasade du fortuné monarque. Un houchon hrulé à la main , le Fou lui chantait en riant son terrifiant quatrain :

Quand le roi commence à boire , Si quelqu'un ne disait mot,

Sa face serait plus noire

Que le cul de nuire put.

Et il réalisait la menace avec une impitoyable exactitude. Cette manière de tirer les Rois s'était répandue dans la plupart des villes du Nord , et elle est encore en usage dans quelques maisons , d'où les dieux pénates ont de la peine à s'exiler. Il existe à Cambrai une autre coutume qui semble y avoir été apportée par les espagnols. La veille de VEpiphanie, avant le jour , les porte-faix munis de lanternes, se réunissent sur la grancPplace et tirent entr'eux un Roi au sort. Lorsque le hasard l'a désigné, ils le proclament par trois salves de vive le Roi! dont les échos sonores de» la place de Cambrai ont retenti même sous l'empire. On revet alors le roi d'une tunique bleue ornée de franges

[merged small][ocr errors][merged small][graphic]

(i) Alors les combats sur mer ne rcSsem« liluient en aucune manière à ceux «l’anjourrPhui; les vaisseaux metaient que de grandes galères dont on cherchait à déchirer les voiles avec de longues fnulr , pendant que des plongeurs armés de pieux swflbrçaient de crcverle dessous du bâtiment; on se lançait des proiectiles avec des machines . des flèches avec l'arc ou Varbalüte , ou eulin on combattait à l’abordage. (Le c/iev. L. de lu B. M.)

(si) Tous les peuples des PuysJias étaient intéressés au triomphe du roi dfltngleterre, parce qu'il leur procurait en abondance des laines qui leur manquaient et des débouchés pour leurs fabriques de draps dont le produit était immense: mais il fallait couvrir d’un prétexte plausible la prise d'armes de ces diverses suuvcrainetés contre leur suzerain , le roi de France , et ce fut dans ce but qnŒdouard lll dans l'année précédente se fit octroyer par Pemperuur le titre de vicaire de l'empire dilns lu Bclgique , afin de pouvoir en cette qualité revendiquer la: possession du..CainlJresi:

[ocr errors][ocr errors][ocr errors]
[merged small][graphic]

que la France lui avait autrefois enlevée D'un autre côté pour vaincre le scrupule des Flamands qui avait juré sous peine «Pexcommunication de ne point prendre les armes contre les français , il ls’était dé: cidé d'après le conseil därterelde , a prendre le titre et les armoiries du roi de France. Il se fondait su!‘ ce qu'étant fils d’lsahelle , sœur des trois derniers monarqnes français morts sans postérité male , il se trouvait le plus pres du trône de son aïcul Phhilippe le llel. Mais cette prétention tombait devant l'autorité de la loi salique et Philippe-de-Valois bien qu'il iut plus éloigné d'un degré , dut l'emporter au ingement des pairs Quoiqu'il en soit, Edouard et ses successeurs n'en continuerent pas moins pendant cinq siecles ä faire figurer lroirjleur: de lys dans leur blason. La susceptibilité francaise à juste droit s'indiguait de cette espece de trophée dont les Anglais étaient si fiers. Mais a la lin du siecle dernier, les sages représentations d’un roi malheureux et proscrit obtinrent ce que cent ans de guerres victorieuses n’eussent pu conquérir, el les armoiries britanniques ont eté dépouillées de leur plus bel éclat. C'est ainsi que , jusqu'au fond même de leur exil, les Bourbons furent les sauvegardes de l'honneur frau. ÇJiS (Le «lieu. L. de la B

(3) Le nom de Rewaerl ou Fewflrl, d'âpres son acception étymologique . signifie gouverneur. Il vient du celtique Gwurd . gardien , dont le Flamand a fait wizerde C'est a tort qu'Oudegerst traduit ce uiot par Réguit. Quand Philippe-ledlon fut, en 11m0 . élu ä la régence de Hollande . du llainaut, du Brabant , etc. , il ne prit aucunement le titre de RewaerLJusqu'à la révolution de 89 , il y eut à Lille un Rewarti c'était le chef du magistrat. Son autorité supérieure à celle des Moyenns'étendait sur toute la province. Les derniers Hcwarls de Lille ont été Mesures Desfontaiiues comte de 1s Barre . et Denis sire duage. (Le cliw. L. d l B. M)

40,000 Flamands et de ao,ooo Brabançons , avait investi la ville

et coupé toutes les communica

tions en s'emparant des forteresses qui Penvironnaient. Le monarque anglais ne fut pas moins surpris de la célérité de ces dispositions stratégiques que charmé de l'ordre admirable qu'il remarqua dans l'armée assiégeante.

Autrelois le service militaire , se faisant dans la Flandre même par le système féodal, souffrait’. beaucoup de l'extrême division des pouvoirs. Chacun était lié par son devoir et son serment , en cas d'attaque , chacun , sous peine de fausser sa foi , était obligé de marcher sous sa bannière et de se réunir à son chef. Si Gand par exemple était menacé , les vassaux de l'abbé de St-Pierre ne pouvaient aller que sous la banière de l'abbaye , et sous les ordres du chef que l'abbé avait avoué. Si ce chef était absent, les hommes du fief ne pouvaient combattre. Ces institutions laisaient que , dans les occasions urgentes, il fallait beaucoup de tems et beaucoup de peines pour rassembler une armée. [l'habileté de Jacques d’Artevclde para à ces inconvéniens. De la masse des cités et des villages confédérés qui formaient la Fiandi e, Jacques d’Artevclcle fit une nation. ll soumit tout le pays Flamand à la même loi militaire pour les intérêts communs. Au, lieu des mille divisions qui donnaient aux niouvemens de lñ Flandre tant de lenteur , il avait partagé le pays enfitrois cercles ou membresJlQnt les chefs

[ocr errors]

lieux étaient Gand , Bruges et Ypres. Chaque cercle ou membre avait pour directeurs les hautséchevins du chef-lieu , chargés de l'administration civile et de la surintendance de la guerre. Ils avaient droit de lever les milices et de les conduire sous leurs bannières; ils faisaient eux-mêmes la police de leur corps d'armée. Les troupes par ce moyeu étaient promptement en armes.

Le roi de France était venu avec son armée , pour secourir Tonrnay. Mais les promptes dispositons d'Artevelde le forcèrent à l'inaction z La ville était cernée de toutes parts; tous les jours elle subissait des assauts qu'elle repoussait avec un courage héroïque. Cependant, après dix semaines de siège , elle allait se rendre par famine: Philippe de Valois , alors chargea sa sœur Jeanne , comtesse douairière de Hainant et mère de la reine dfitngleterre , de proposer la paix ; etJacquos d'Artevelde ne consultant que les intérêts de son pays , obligea Erlouaril III , à signei‘ une trêve de deux ans. Dans cette transaction , il se fit remettre tous les titres qui pouvaient nuire à la Flandre , toutes les sentences lancées contre les flamands; il les brûla en public , sur le marché du vendietli à Gand.

Il avait exigé de plus qu'on décbargeât les Flamands de toute réclamation et de toute dette ; qu’on levât l'interdit lancé sur la Flandre et que le roi de France fit serment pour lui et ses successeurs, que jamais à l'avenir, la Flaudre ne serait remise en interdit.

[merged small][ocr errors]

fidèle ses privilèges et ses franchises que depuis longtems on lui avait enlevés.

La Flandre grandit immense-ment sous le gouvernement d'Artevelde ; jamais , dit on , la prospérité Flamande ne fut portée si loin que sous ce Bewaert. ll était: si puissant de l'affection populaire que les historiens vendus aux intérêts des cours en ont fait un desposte. On lui a reproché jusqu'aux actes de vigueur qui sauvèrent le pays; on lui a fait un crime de la garde d'honneur qui Paccompagnait. Mais ces valets armés, Zweerd Draegers (porteglaives) étaient attachés à sa dignité de- doyen des métiers (i). Les

[graphic]

(i) Les Gautois étaient alors divisés en trois classes ; la i"! se composait des rentiers; la seconde , des suppols des 5a corporations des petits métiers, et la troisième des tisserands, qui étaient lcs plus nombreux et formaient, le grand métier. Le premier echevin de la Keure était,de droit, chef des rentiers. Les 5s métiers ay-‘intchaicun son doyen particulier avaient. en outre un chef Duyzn et le Doyen des tisserands était le 3° chef principal de la cité. Ces dignités étaient des especrs de consultats dont Pautorité était absolue sur les musscs düirtisans armés qui leur étaient. soumises Jacques dürtevelde , Doyen de: Brufxcnr‘: était de plus chef Doyen de la

[ocr errors]

écuyers et soldats qui le suivaient, au nombre de cinquante ou soixante , lui rendaient Phonneur qui était dû avant et après lui , à tout capitaine de Gaulois. Quelquefois pourtant les partisans de Louis de Nevers , suscitèrent contre son administration des émeutes. La seule remarquable est une querelle sanglante qui eut lieu entre les foulons et les tisserands; ceux-ci avaient pour doyen Gérard Denys , ennemi d’Artevelde. Le a mai |545 , on se battit avec tant d’acharnement sur le marché du vendredi que trois cens foulons y périrent. Ce jour désastreux fut appelé le mauvais lundi. Il étartle prélude d’unjour plus lugubre.

Peu après cet événement , le roi Edouard déharqua encore à l’Ecluse , avec une flotte de cent trente voiles. Voulant tout-à-fait détacher la Flandre du parti français il cherchait à faire reconnaître le prince de Galles , son fils , comte de Flandre. Cette proposition séduisit beaucoup de monde. Artevelde qui ne demandait qu'à déposer le pouvoir , y donna luimême les mains. Il représenta aux députés de la Flandre que le prince de Galles , fils d’une princesse Belge , Philippine de Hainaut descendait de Nlaräuerite de Constantinople , mère des d’Avesnes, et qu’ainsi il n’était pas du sang étranger. Mais les flamands qui

[graphic]

seconde classe , dest-‘a-dire des 5s corporations ct capitaine des Gantois quand. les suffrages tmanimes de ses concitoyens l'élevêrentà la dignité de REWAERT.

- [Le chev L- de la B M]

voulaient bien avoir les anglais pour alliés, ne consentaient pas tous à les avoir pour maîtres. Il s’éleva des divisions. Louis de Male était revenu à Bruxellles d'où il dirigeait les intrigues. Gérard Denys , qui était puissant, fut gagné à son parti dont les chefs recommençaient à s'agiter: une conspiration se forme.

L'assassinat seul pouvait faire tomber l'élu du peuple, le 17 juillet 1545 (1344 selon Meyer), Jacques d’Artevelde vit sa maison de laplace de la Calandre cernée par une bande nombreuse: Comme il voulait sortir pour se remettre au peuple , les meurtriers l'arrêtèrent en hurlant, et Gérard Denys le poignarde. .

Artevelrle avait fait une foule de lois sages qui ont péri avec lui. Les chefs de la conspiration avaient tellement arrangé leur complot, que les meurtriers , tenant d’une main le poignard et de l’autre la torche , en même tems qu’ils ôtaient la vie au Bewaert , mettaient le feu à sa chancellerie. Ainsi les précieuses archives des lois conquises au 14° siècle furent réduites en cendres. _ .

(Fasles militaires Belges.)

RÉHABILITATION DE JACQUES UARTEVELDE. - Notre histoire de Flandre, due à la plume des chroniqueurs étrangers ou dévoués à la maison de Bourgogne, fourmille dïnexactitudes et d’erreurs. Van Artevelde surtout a été dépeint sous des couleurs odieuses. On le représmte comme un misérable , sorti des rangs populaires , un brasseur de bière , un ambitieux qui a souillé son gouvernement par les plus horribles exactions; et cependant Van Artevelde n'était point Brasseur , il n'avait pris la qualification de Brouwer que comme doyen de cette corporation. Il était d'une extraction noble, illustre , alliée à des maisons souveraines; il avait épousé Christine de Tronchiennes de l'antique maison de Baronaige et Philippine de Hainaut , reine d'Angleterre, n'avait point cru déroger à la dignité royale , en tenant son fils Philippe sur les fonds baptismaux et en lui donnant son propre nom. De l’Espinoy , qu'on ne saurait accuser de partialité envers ce héros , dit, en parlant de lui, p. 76: « en l'an 1557 , fut par ceux ‘de Gand , commis au gouvernement de Flandre , un noble bourgeois de la ville de Gand , nommé Sire Jacques d'Artevelde , qui estoit sage , hardy , et vaillant homme, et gouverna ledit pays , loft heureusement par l'espace de sept ans...... et porta ledict de Artevelde de sable à trois couronnes ou chapelets d'argent, ce qui fut à la façon des vieux romains , lesquels donnoyent semblables couronnes aux plus preux et vaillants soldats. »

[ocr errors]

_ Artevelde doué d'une instruction Supérieure , d’une éducation chevaleresque et brillante , d'une fortune immense , avait été dans

sa jeunesse admis à la cour de France Il y avait pris le ton exquis , les manières distinguées qui furent en tous tems l'apanage de la noblesse française. Magnifique jusqu'à la profusion, il avait avec les grands la dignité et l'élévation d'un souverain. Homme d'état habile , politique profond avec les diplomates, simple et populaire avec ses concitoyens, la souplesse de son génie le rendait partout et dans les circonstances un sujet d'étonnement et d'admiration. Orateur entraînant, soit qu'il s’adressât aux populations que sa voix avait rendues dociles, soit qu'il traitât devant le sénat les matières administratives ou qu'il agitât avec des têtes couronnées les questions d’où dépendait le sort des états, son éloquence incisive obtenait partout le succès , parce que partout il persuadait que ses vœux , ses désirs et son but étaient ceux du bien public , des intérêts de ses concitoyens et la conservation des privilèges de son pays.

Le seul reproche fondé que l'on ait pu faire à Jacques d’Artevelde, consiste en son insurrection contre Louis de Crécy , son légitime maître; certes nous ne sommes pas de ceux qui approuvent ou même excusent de pareils actes. Nous dirons au contraire avec Philippe de l'Espinoy , en parlant de sa fin malheureuse: « C'est ce qu'advint ordinairement à ceulx qui par une commune populace sont esleuez à de grandes diguitez

« VorigeDoorgaan »