Pagina-afbeeldingen
PDF
[ocr errors]

nier nom-proposépar Baillet ; sans le considérer comme la traduction de Panagius Salins, qu’il considère comme pseudonyme, et intervertissant l'ordre dans flequel notre poète a uniformément signé , il lui a consacré’ ses pages 68-71 sous le nom de Salins Panage. Or, Panagius est un mot grec auquel on a donné une terminaison latine , et qui signifie Toussaint. Il y a environ 80 ans, l'auteur des Mœurs a employé le même mot grec francisé, pour signer sa première édition ; mais là encore, c'est la représentation du nom Toussaint. La substitution a donc été malheureuse; mieux valait, sans doute, s’en tenir à Vordreetà la transnomination qu'il avait plu à l'auteur de choisir. Peut-être est-ce encore Panagius Salins que Paquot a voulu désigner sous le nom de Toussaint de la Sale, en énumérant les savans qui ont dédié leurs ouvragesà Jean Sarrazin, d’Arras, archevêque de Cambrai et abbé de St-Vaast. On sait, en eflet, que notre poète lui a dédié son épopée dont on conserve le manuscrit original à la bibliothèque d'Arras, ou se trouve cette note autographe : Scribebal Panagius Salins proprià mana arma rlomini 1590. La source intarissable de jeux de mots et d'allusions que les amis du poète Audomarois ont fait jaillir du nom Sa/zus, a conduit Baillet et M. l’iers à chercher le nom français dans du Sel ou son homonyme; Paquet, qui n'aura pas été séduit par ce procédé, a tenté un nouvel essai ; mais ces divers procédés ont été entraînés par des raisonnemens

plus ingénieux que solides. Ils ont; contre eux une autorité puissante, celle de Guillaume Gnzet, chanoine d'Aire et pasteur de Ste.Marie-Madeleiue d’Arras. Gazet ,_ vivant aux mêmes lieux et dans le même tems que Panagius Salins , a dû savoir le nom véritable de cepoète, qu’il a , suivant toute vraisemblance , connu personnellement, or, Gazet, Bibliothèque sacrée, p. iso, le nomme Toussaint Sailly , nom qui se trouve sans effort, dans Panngius Salius , et que j'accepte comme véritable.

La biographie de la ville de St.Omer, qui se tait sur SL-Üertin et St.-Omer, reproche cependant à Salins de « n'avoir point préféré , pour son sujet, l'éloge de SL-Berlin ll est vrai , ajoute-t-elle , que dans le même siècle , Pierre Dupont, littérateur alors fort. connu, avait déjà fait paraître , à Paris , en 15m, un poème en vers latins, en quatrelivres , intitulé -. « Berlinias , ou la vie de SL-Bertin. n Dupont, ou pour parler correcte-iment, Van den Brugge , n'a pas plus empêché Salins dans le choix de son sujet, qu'il n'a tiécouragé Jean Barthélémy Roens, atllPlll‘ du poème latin Berlineis, publié en 1691. Antoine Nleyer avait déjà chanté les actions et les vertus de SL-Vast, et Gery l'espagnol , de Lens, vint encore après Meyer et Salius.

[blocks in formation]

2....Varia poemata videlicvt alegiurum libri IV, parodia ad Catulli epitlialamiiini , tragedia Nassovius , silvarum liber I. Parisiis, Dionys. à prato, i589, in-8 .

5.... Vedastiados , seu Galliœ christianæ, libri V, poema. Duaci, Joan. Bogardus , 1591, in-Ä", avec portrait de l'auteur, qui manque souvent. DUFAITELLE.

LE DUC D'ALBE. - Philippe Il, roi d'Espagne , était veul pour la troisième fois. Il épousa en quatrièmes nôces Aune d'Autriclie, fille ainée de l'empereur Maximilien ll. Cette princesse passa par les Pays- Bas et s'e|iil)ai‘qua au port de Flessingue pour se rendre en Espagne. Ceci eut lieu pendant l'été de i57o. Avant son départ, Ferdinand-Alvarez de Tolède, duc d'Albe , alors lieutenant-gouverneur et capitaine-général des PaysBas, homme sanguinaire et vindicatif, qui fit couler tant de flots de sang et dont la mémoire est encore en horreur dans ces provinces; qui, enfin , crut cette occasion taVorable pour retourner en Espague et se soustraire ainsi à la liaîue des petiples , fit, (l'a près les ordres de Philippell , équiper une flotte pour conduire la reine dans les états de son époux. Et comme s'il eût craint quelque événement sinistre pendant le trajet de cette souveraine, il ordonna aux inagistrats de quelques villes de son gouvernement ilt‘. fournit‘ clinctiii une certaine quantité dhrtilicrie. Ypres devait livrer, pour sa part, sur la réquisition du comte de Bossu et des seigneurs de Wachin

et d’ludevelde, qui avaient la suriutendance de l'équipage, cinq fauconneaux en bronze et huit demies serpentines en fer, qui furent remis à Gossuin Helleuberch, munitionnaire du roi, à Tervére , ville de l'ile de Waleheren, en Zélande. Nous avons sous les yeux les lettres du duc, datées à Bruxelles le 27e jour dejuin i57o, revêtues de sa signature et contresignèes par Berty , qui était, sans doute , son secrétaire : le magistrat d'Ypres, obiempérant à ces ordres, qui lui furent apportés par le capitaine Josse Oliviers, délivra, le ïjlllllBl suivant, ces munitions de guerre à Gossuin Hellenberch , et y ajruta , d'après une réquisition du même joui‘, émanée des surintendans , vingt boulets de plomb pour chaque pièce. Les lettres du lieutenaut- gouverneur contenaient la promesse formelle de rendre à la ville, au retour de l'équipage, les munitions fournies par elle. Nous ignorons si cette restitution a eu lieu.Qnoiqu’ilen soit, nous avons cru que le détail de ce point historique , tout peu. intéressant qu’il potirra paraître , ne devait pas rester dans l'oubli. LAMBIN, archiviste de la ville d’ Y pres.

CHOLERA DES JOUVENCELLES EN 14m. - Dans le monient oii le clioléra-niorlius faisait des ravages effrayans en plusieurs pays de l'Europe , nous trouvâmes quelques détails sur une maladie d'une autre nature , qui , il y a quatre siècles, a moissonné la fleur du beau sexe eu la ville d’Ypres , et sur le remède que les suppôts d'Hippocrate jugeaient propres à arrêter les progrès d'un fléau dont ils ignoraient la cause :leur tentative hardie , comme il arrive très-souvent, a cependant en le meilleur résultat possible. Ce fut en i4io, et vers le mois de mai. que beaucoup de jeunes filles d’Ypres furent soudainement atteintes d'une maladie qu'elles ne savaient à quoi attribuer : cette maladie était d'autant plus terrible, que celles qui en étaient attaquées siiccombèrent au bout de deux à tiois jours, de manière qu'il en mourut, dans un mois , au-delà de mille : c'est au moins ce que nous voyons dans nos annales. La crainte d’ètre enlevées par ce fléau destructeur, agissait fortement sur celles qui n’en étaient point les victimes; tout fut mis en usage pour trouver des remèdes contre ce mal qui paraissait incurable. Enfin, à force de consultations et d'avis, les membres de la faculté suggérèrent un remède, qui, en leur paraissant souverain ,ne pouvait que plaire à leurs aimables malades : ce fut de se marier pour se préserver de la contagion. Ce remède fut employé avec un tel empressement’, que les jouvencelles supplièrent ellesmêmes, ceux qu'elles désiraient avoir pour époux, de combler leurs vœux en s'unissaiit à elles : les parens, de leur côté, offraient de fortes sommes aux jeunes gens et aux veufs mêmes pour les engager à épouser leurs filles , de manière qu'il devait être très-facile alors aux citadins d’obtenir à la

[ocr errors]

fois lbrtune et bonheur. Celles qui n'avaient rien , étaient certainement bien à plaindre, par la diflîculté ou plutôt l'impossibilité de trouver un soulagement à leurs maux. Enfin , la crainte était telle parmi le ‘beau sexe, qu'en nn mois il y eutplus de deux cents mariages. Ce spécifique a , peu à peu, extirpé la maladie des pucelles , comme on la nommait dans ce siècle naïf et crédule.

LAMBIN .

TOM BEAU DE SAINT-OMER. -Ûmer, l'un des immortels apôtres de la Flandre, moine allemand sorti de la grande école de Luxeuil, avait commencé, en 657, sa mission régénératrice dans l’ancien diocèse de Thérouane; il avait. terminé son évangélique carrière le 9 septembre 695, après avoir apporté aux Moriiis encore barbares , la religion , la morale etla liberté, au moment funèbre oh ces divines consolatrices venaient d'expirer sur la terre.

Omerfutinhumé, selon sa recommandation toute particulière, dans l'église de Notre-Dame-rièSI -0"1""-, l’une de ses premières constructions en ce lieu. Pendant bien des années, une lampe merveilleuse brilla suspendue devant le tombeau du grand apôtre des Morins. Ce tombeau vénéré obtint aussitôt une renommée immense : les malades qui‘ le visi

[ocr errors][merged small]
[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]

a

tarda pas à être entourée d habitations srtceessives : voilà l'origine de la ville de St Orner, qui, en 90s, érigée en cité , fut appelée , par une inspiration légitime et reconnaissante, Audomarns ou Audomaropolis .- Saint-Omer.

Lors de la première invasion des Normands clairs le territoire de StOmer, en 86|, l'église rle NotreDarne fut totalement incendiée par ces barbares, et le tombeau du fondateur a dû disparaître dans ce désastre.

Le tombeau qui se troyve actuellement au milieu de la nef principale de Péglise de NotreDame est-il un atttre tombeau que la piété de nos aïeux a élevé à la mémoire de Saint-Orner depuis la première invasion des Normands; ou bien cette figure colossale de pierre dure provientelle du démolissernent du portail de la cathédrale «le Thérouanno , dont les plus belles images furent apportées à SL-Omcr, après la ruine de la capitale des Marins? Cette question est controversée

MM. Hédouin, dans ses aimables Souvenirs du Pas-de-(Jalats, ct Que/won, dans sa curieuse histoire de Nu/re-Dame- de - Sa inl- Onze» , ont publié une description satisfaisante de ce tombeau ; le premier le considère comme un reste précieux de l'architecture gothique, l’atttre croit qtte d'après sou genre de sculpture, on ne peut

guères le reporter ait-delà du XIII‘ siècle ; nous pensons, avec ce dernier, que son inscription, en gros caractères peints, sepulcrum gloIÎOSl/Ill B.P. Audomari , placée à la face principale et au-dessus des bas-reliefs, a été tracée dans le siècle précédent. Nous pensons aussi que ce monument, quelle que soit son origine, n'a jamais été qu'un cénotaplie.

Ce cénotaphe a t5t pouces de longueur et 49 pouces de hauteur; la garniture gothique de fragmeus d'église qui environné la tète du saint est, sans contredit, sculptée avec beaucoup d'art.

L'anglais Bonington , artiste distingué, a reproduit avec exactitude et talent, le Tombeau de SaintOmer. Son aquarelle est déposée dans la galerie d'Orléans.

H. PIERS’

LA FETE DES ROIS EN FLANDRE. - La fête du Roi de la lève est évidemment une réininiscence des saturnales. On connait ces honteuses orgies du paganisme qui célébrait par les plus alfreux débordements, l'âge d'or du vieux Saturne ou l'égalité régnait , dit-on , seule souveraine , parmi les hommes. Remarquons d'abord comme le christianisme , ne pouvant déraciner une coutume tenace au cœur des nations , s'efforce de la purifier en la transportant à une de ses plus touchantes solennilés. Les romains choisissaient ttn jour de licence elfrenée pour permettre à l'esclave de relever son front courbe’ sous lejoug du maître. L'église , dans la solen

nité de PEpiphanie qu’elle a substituée aux Saturnales païennes , rappelle le premier hommage rendu par les grands de la terre au Dieu qui venait briser les chaînes de l'esclavage du monde. Aux hurlemens insensés de‘ Yorgie et de la débauche , le christianisme substitue de joyeuses mais décentes réunions où les liens de famille se resserrent encore. La cordialité , la bonhomie , la joie qui vient de la droiture du cœur , ont remplacé les transports désordonnés d’une ivresse brutale: et ce qu’il reste encore des usages de paganisme dans ces fêtes , n'est là que pour rappeler à l’homme l’état méprisable oii il croupissait sous le joug des faux Dieux. D’ailleurs ces coutumes s'effacent peu à peu sous le vernis de la civilisation moderne. On ne célèbre déjà plus la fête des Bois en France , comme au seizième siècle. Voici en effet, suivant Pasquier , comment on procédait alors à la distribution d_n gâteau de la fève. « Celui, dit-il , qui est le maître du banquet, a un grand gasteau , dans lequel il y a une fève cachée, gasteau , d’y je que l'on coupe en autant de parts qu’il y a de gens conviés au festin. Cela fait, on met un petit enfant sous la table, lequel le maistre interroge sous le nom de PHœBÉ , comme si ce fut un être en qui l'innocence de son âge représentast une forme d’oracle d’Apollon. A cest interrogatoire Penfant repond par un mot latin: Domine: sur cela le maistre Padjure de dire à qui il distribuerait la portion du gasteau qu’il tient en la main , Yenfant le

nomme ainsi qu’il lui tombe en la pensée , sans acception de la dignité des personnes , jusques à ce que la pai‘t est donnéeà celui ouest la febve , et par ce moyen il est réputé roy de la compagnie. u Voyons maintenant comment , pour ne parler que de nos provinces dn Nord , ou y célébrait la fête des rois , il y a quelque cinquante ans...

A Lille,la veille de PEpiplianie, des enfans parconraient les rues avec ce cri z gui veut des billets

our- tirer l0 aurne? Or, ces bil7 lets offrent seize viflnettes re reO . I l sentant chacune une dmnite, une Ê profession , depuis le roi jusqifau fou. Un quatrain accompagne chaque billet, et tout convive est l’ . tenu de chanter le quatrain du billet qui lui échoit, sur l'air: j'ai du mirlilon. ll y a beaucoup de sens , à défaut de sel , dans ces vers. Ecoutons le Roi par exemple : Ic stiisle roiglc la tublc. . Mes peuples nwpargncz riciii S] mon rfgne est peu durable , Je veux vous f-iiri‘. du bien.

N’_v a-t-il pas là , je VOLH le demande, une fort édifiante leçon donnée aux inonarques.

Molière lui - même n’aurait- il pas été désarmé devant l'ordonnance quechante à son tour le médecin : '

Pour uvoir votre pratique , l
Jmrdonne auicitiriflnii du vin.
Qui fait passer l-l colique ,
Les soucis et le t‘lltgt‘lll

Ne craignez pas qu’on outrepasse les bornes de la licence si rare qu’octroie , en ce jour, la Faculté en goguette à ses malades

« VorigeDoorgaan »