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juin 1855. p. Sai-Sñi des remarques sur les miniatures et ornemens calligraphiques des monumens de Yantiquité et du moyenâge. Il y donne quelques détails sur un habile calligraphe, le dernier peut-être qui ait cultivé cet art avec succès dans le Pas-de-Calais ; nous reproduisons ici sa note sur Jean Marissal, dont la famille existe encore à Montreuil: « Dans » un antiphonaire gothique in-8° » de format bâtard , admirablement a écrit et noté , que je possède , la » première peinture, placée en tête » du texte, représente la 'I‘rinité » dans toute sa gloire; au-dessous n du divin groupe, la jeune reli» gieuse pour laquelle ce livre fut n écrit , est agenouillée, ayant de» bout , auprès d’elle SL-Jacques le » mineur,son patron , et dans un a grand O fleuronné, eu tête du n feuillet en regard se voit le calli» graphe invoquant St. Jean-Bap»tiste, dont il porte le nom. Les » inscriptions suivantes qui ter» minent le volume font connaîn tre les qualités du donateur et de » la donataire a che présent livre l) est pour Pusaige de dame Jacquea line de Mons (i) religieuse pro

» fesse et benitte de l'église et mo» nastere du Mont de saincte Ma

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u couvent de Moustroeul en l'an i» de grace mil chincq cens quarate n nœuf. n Aggreable doibt estre le don qui precede

la prière n Prenes en gre et ayés patience. u N. pries bien Dieu. ic vous en supplie. n Et vous souveigne de moy.

RUBENS CHEVALIER. - Le roi d’Espagne , Philippe IV, connaissantPainitié et les relations qui existaient entre Rubans et le duc de Buckingham , favori de Charles I", et voulant terminer les différends qui divisaient les deux courennes d'Angleterre et d’Espagne , ordonna à la princesse Isabelle d'engager Rubans à venir à Madrid. Ce dernier s’y rendit en i6a7. Philippe [V le reçut avec beaucoup de distinction , et en prit bientôt la plus haute opinion. Après dix-huit mois passés à la cour d’Espagne, le roi lui remit ses instructions et ses lettres de créance pour le roi d’Angleteri-e. Rubans arriva bientôt à Londres, et, passant par Dunkerque, il fut très-gracieusement accueilli parCharles I", qui voulut être peint par lui: pendant ces séances , Rubans exposa les dilférentes clauses de sa mission , et après deux mois de conférences, les bases du traité de paix furent arrêtées à la satisfaction des deux parties. Charles i°', pour lui témoigner son estime , le créa chevalier en plein parlement, et lui fit présent de l’épée d’or enrichie de diamans avec laquelle il l'avait reçu chevalier, et ajouta à ses armes un canton chargé d’un lion dor. Ce fut pendant le cours de ces négociations que Rubens peignit les neuf plafonds de Withe-Hall , ou il rep résenta les actions principales du règne de Jacquesl" , depuis son avènement au trône dfiàngleterre. Il fit en outre ce magnifique portrait du roi Charles sous la figure de St. Georges à cheval.'- La femme qui le saint délivredu dragon était le portrait de la reine. X.

JEHAN DE LONG DIT. - Il y a un siècle , Vabbè Lebœuf , entretenant Yacadémie des inscriptions etbelles-lettres des plus anciennes traductionsenlangue irançaise, donna une attention particulièreà la citation manuscrite de quatre voyages de missionnaires en Asie et en Afriqtie; la prédilection de l’érudit abbé provenait'de ce qu’il croyait révéler au monde savant des ouvrages curieux par les matières qui y sont traitées, autant que par l'ancienneté de ces monumensdulangagedenos pères. C'était une bonne fortune de montrer le chroniqueur de l'abbaye de SL-Bertin, né dans un pays flamand , devenir l’on des écrivains distingués de son époque , non seulement en latin , mais encore en français, et de compléter ces découvertes par la révélation du nom véritable de cet abbé lettré , que le sobriquet Iperiusavait presque fini par elfacer; bien que Lebœufse soit lait illusion, je voudrais voir reproduire en entier, dans une notice biographique , ce qu’il a dit de Jean Lelong et de ses traductions , toutefois avec les corrections que de nouvelles données rendent indispensables.

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Le lraillé de Feslat et n'es confdizions de XIII royaumes de flyse (Asie), qui forme la première partie du recueil analysé par Lebœtif, a été écrit en français par Nicolas‘ Salcon ou mieux Falcon , sous la dictée dTlaytothseigm-zur de Courcy, moine de l'ordre de SL-Augustin , et traduit en latin par le même Falcon , dans la ville de Poitiers, au mois d’août |3o7.Jean Lelong ignorait ces particularités, que nous a conservées une note latine du traducteur lui-même, placée à la fin d’un des quatre exemplaires que la bibliothèque nationale (n" 5511;) possède de son Ouvrage : Flos ltistorinrum lerræ Orierztis que/n conzlnila uilfl-ater- haylonus..." en: manrfatu summi ponflficis sanclissimi domini nostri Clemenlis papa: V‘.

Ainsi, l’abbé de SL-Bertin a traduit du latin en français une traduction du français en latin , et si un jour le texte original se retrouvait, il serait curieux de le comparer avec ses difïércntes versions.

Le texte latin a été imprimé pour la première fois, sous ce titre : Liber lzislo/ iarzlm parrium orienI/ls , Hay/uno au1/zore( edente Men rndo ltlclthero) Hagenoœ, par Jo/z. Secerium, iñeg, in-4°.

lfimpressiou de la version française a été terminée le quinzième jour dËivril de la fllêlfle année, et fait partie de l’His10i/'e merveilleuse, plaisante et récréa/ive , du

grand empereur de Tarlarie , seigneur des Tartaresgzommé le grand Can, contenant six livres, ou par

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lies : dont le premier t1 azcle des singularités et conditions de XIIII royaulmes de Asjye subjecta audict grand C/ianu‘. On los vend à Paris..." Pour Je/zan St.-Denis; infolio goth. 4 feuillets préliminaires et LXXXll feuill. texte, à longues lignes, avec plusieurs figures en bois. La note qui a appris à Lebœufle nom du traducteur, se lit également, au premier feuillet du texte imprimé. U/iisloire merveilleuse reproduit toutes les parties signalées dans le manuscrit; mais il paraît en être autrement du livre qui a pour titre : S’ensuyve/zl les fleurs des histoires de la terre d’ Orient , compillées par fière Haylonm... et sont divisées en cinq parlies..... On les vend à Paris, par P/zilzppe Lenoir, ( sans date), petit in-Ä" goth, 4 feuill. préliminaires et LXX chiffrés à 2 colonnes, avec figures en bois. Quelques exemplaires de cette édition portent l’adresse de Denis Janot.

lVl. Brunet, dans son Manuel du libraire, 5° édit, t. Il, p. 568 , croyait que Philippe le Noir avait édité le texte original; mais ce savant hibliographe, au t. H, page 147 de ses Nouvelles recherches , ne voit plus dans les Fleurs des histoires d’Or1'e/zl, qu’un même ouvrage avec l’His/oire merveilleuse, dû cependant à la plume d'un nouveau traducteur, ou tout au moins revu et attgntenté; on y lit un prologue qui n’est pas dans l’éclilion de 15-29, et d'un autre côté on n’y trouve ni au commencement ni à la fin le nom du traducteur. Je ferai remarquer, en outre, que ce titre de Fleurs desjristoires,

semble ne promettre qu'une partie du contenu de Yhistoire merveilleuse, celle peut-être que Hayton a dictée. Quoiqu’il en soit de ce dernier point , nous terminerons notre note en faisant remarquer quÔle chroniqueur de St.-Bertin n'a pas été reconnu sous Paltération que Yéditeur de 15-19 a fait subir à son nom, qu’il écrit et qu’on a toujours écrit d'après lui: Te/lan de Longdil, moine de St.Bertin. Ce travestisselnent provient, sans doute , de ce que l’édileur n’a pas su séparer convenablement les mots de cette phrase : « Et fut ce livre translate du latin en français par le/lan de lonc dit el ne’ de Ipre. n Erreur‘ que le copiste aura facilitée par l’oubli de la conjonction e! et la transformation delen d.Mais aujourtfhui, grâce à la notice de Pabhé Lehœuf, nous voyons sfévanouir ce prétendu Jehan de Longdit , dont Yexistence chimérique paraissait inattaquable, garantie qtfelle était par les autorités les plus compétentes, depuis Duverdier jusqu’à M. Brunet lui-même, bibliographe par excellence. DUFAITELLE’

MALPÏEUS. - Les excellens mémoires de Paquot, que nous devons tous regretter de ne pas voir continues, se taisent sur deux écrivains que la bibliothèque Belgique de Foppens ne désigne que sous des noms latins : lemmes Malpceus et Petrus Malpæus, sans dire un mot de leur véritable nom.L’auteur de la biographie de la ville de St.Ûmer, ayant eu à s’occuper du premier, qui est son compatriote,

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a rendu Joannes Malpæus parJean MalpéaMalheureusement, comme le caprice présidait le plus souvent à cette transformation grecque ou latine du nom de nos savans, M. Piers , dans l'absence de documens certains, a laissé un peu au hasard le choix de sa syllabe finale; et ce choix est tombé sur la finale ée, si rare parmi nous _; cependant Blasæas, Matthæus, Miræus, Bartholomæus, Coilfetœus , Talæus, etc, q11e nous savons être Blaise, Mathieu , Le Mire , Barthelémy, Coilfeteau, Talon , etc., offraient des terminaisons plus appropriées à nos contrées. Il n'y avait là qu'un doute,- mais depuis que j'ai pu voir le rarissime opuscule du médecin audomarois, j'ai reconnu une première erreur du faitde Foppens ou de ses prédécesseurs, dont le redressement fournira de p11issautes inductions pour déterminer le biographe. C'est un in-Ä" de 16 feuillets non chiflrés : titre 1, dédicace 4 , caractères italiques ; texte 11, caractères romains; il a pour titre : Ïoannis Malpoœi , medici audornarensis , labellœ quæ Hippocralis Coi‘ libellos tres de prognoslices cornplectunlur; Parisiis apud Marlinum juvenem, 1565. On n'a pas fait attention que le nom de l'auteur était écrit, sur le titre, Malpoeus, par un e avec une cédile adhérente et retouinée , et non par un e simple; car on se serait rappelé que cette espèce d’e grec est fréquemment employée dans les manuscrits du moyen-âge et dans les imprimés jusqu'au milieu du XVII° siècle , pour JE , OE , et on aurait écrit Mælpoæns , comme on

le trouve partout ailleurs, tant dans la dédicace que dans le corps de l'ouvrage. La première édition grecque latine des Pronostics d’Hippocrate, ou plutôt qui font partie de la collection hippocratécnne, avait paru depuis quelques années,

notre médecin , frappé de l'utilité de cet ouvrage, rangea ces pré

ceptes dans un ordre qui lui parut propice aux recherches et à la mémoire, et dédia son œuvre à Philippe de Sainte-Aldegonde, seigneur de Noircarmes, grand bailli et capitaine de St -Omer, dont il

exalte le savoir et les vertus ct qui depuis s'est rendu célèbre par ses talens militaires et ses cruautés. La tentative de Malpoaeus ne paraît pas avoir été très-bruyante, ou du moins elle est tellement tombée dans l'oubli , qu'on n'en

fait aucune mention dans les catalogues bien rédigés des œuvres du père de la médecine. On reconnaîtra facilement maintenant que le mot Malpée ne saurait convenir; peut-être les lettres æus ontelles été ajoutées pour latiniser le nom plus harmonieusement,

comme danspetitœus, le petit. et une foule d'autres; et la finale française , conservée quant à la consonnance, a-t-elle peut-être été altérée quant à l'orthographe , comme de Gnzet on a fait Gazœus. Un manuscrit de‘ la bibliothèque d’.\rras donne un nouveau degré de probabilitéà l'opinion que fémets; c'est un discours français ou mieux une oraison funèbre de Gérard d’Haméricourt , premier évêque de SL-Omer et abbé de St.Bertin, mort le 1j mars 1577. M.

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Fiers ‘a passé sous silence ce digne prélat, qui a fondé, de ses revenus, le collége de SL-Bertin et celui des Jésuites, on il fut enterré. Son oraison funèbre est dédiée à Jean Sa rrazin , qui venait de remplacer Thomas de Palenty dans le gouvernement de Vabbaye de St.VastJfauteur est désigné par cette phrase latine, d’une autre écriture que le corps de l'ouvrage : Joarzrze Malpau/io, medico auclore. Uidentité me paraît évidente r Malpoæus et Malpautius représentent, à quinze ou seize ans de distance, un seul et même nom français : Malpaut.

Ces conjectures sont-elles également applicables an nom du second écrivain que Foppens appelle Malpæus‘? Je Pignore , mais il y a quelque probabilité : je suis même porté à croire qu’ils appartiennent à la même famille.

Dornrsnne.

PANAGIUS SALIUS. - Voici un autre écrivain dont Paquot ne nous parle pas non plus; mais au moins Baillet l'a classé parmi ses poètes modernes et lui a consacré l'article 1547. u Ce poète, dit-il , n'a pas encore reçu du public toute la reconnaissance qui lui est due, pourl’avoir enrichi de ses travaux, car il y a un certain tems de maturité pour la réputation des auteurs, qu’il faut attendre sans impatience. Les poésies de Salins n’ont point un grand éclat dans leur commencement, parce qu'apparemment elles devaient durer plus longtems que les ouvrages qui

font d’abord tout leur fracas et qui

tombent ensuite faute de soutien‘, il se peut faire aussi que la négligence de Salius ait un peu contrihué à le faire confondre parmi la populace des poètes médiocres , quoique , selon les critiques (1), il eût le génie excellent et le jugement plus sain et plus solide que le commun des poètes, parce qu'offectivement il ne s’était pas donné la peine de revoir ses ouvrages ni d’y repasser la lime. Il a donné au jour un poème héroïque en cinq livres,sous le titre de la Vedasliade ou de la Gaule ultras/ferme, à la louange de SL-Vaast (in-4°, à Douai, 1591). 9° Un autre poème en vers héroïques, touchant la fin de l’homme , appelé la Telanthropie, contenant deux livres. 5° quatrelivres tfélégies; 4° un de SilVGS; 5° une tragédie sur le prince d’0range ou de Nassau , une parodie sur Yépithalame de Catulle , etc. i: Bailleta mis en tête de l’article, ce peu de mots qui renferment tout ce qu’il savait sur la biographie de notre auteur : u Tous» sains d’Ussel , ou plutôt du Sel » de SL-Ûmer, dit en latin Pana» gius Salins , mort l’an 1595, le » 28 janvier. Poète latin. n

De la Monnoye n’a fait aucune note sur cet article , et son silence est une adhésion à tout ce qu’il contient. Ces conjectures de Baillet n'ont cependant pas été admises par Foppens, quiles a entièrement laissées de côté. Uauteur de la biographie de St.-Omer, a cru pouvoir se prononcer pour le der

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(1) Olaüs Borrichiuä dlssertat. 5 de puet. latin , num. 185, pag. 146. -- Vuler. Andr.

j biblioth. Belgic, p. 710.

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