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reusement rappelé M. de Stassart , dans le discours remarquable qu'il a prononcé à la séance d'ouverture de notre Académie, n'était-elle pas pour ainsi dire devenue sous les princes de la maison de Bourgogne le centre de la civilisation européenne? La cour de PlzilljJpe le Bon et de C/larles le Téméraire était la meilleure école de courtoisie , d'élégance et de goût , la langue finnçaise s'y parlait avec plus de pureté qu'en France. Aussi les mémoires de Pliilzppe de Comines et cezm: d'0livier de la Marc/le sorzt- ils à peu près les seuls livres de cette époque qui soient encore lus avec plaisir.

Pourquoi donc le Belge resteraitil étranger au mouvement intellectuel qui entraîne notre époque? On ne conteste point son aptitude aux travaux scientifiques , mais il parait peu propre à ceux de l'esprit, parce que, il faut l'avouer , c'est principalement‘ vers les connaissances positives , les sciences exactes que jadis on dirigeait chez nous toutes les études, et notre ancienne académie s'occupait fort peu à faire naître le bon goût, l'amour des lettres , satisfaite qu'elle était de contribuer aux

progrès des sciences physiques , des mathématiques , de l'économie politique, des études historiques et surtout de l'histoire du pays.

Il reste une grande tâche à remplir à notre nouvelle académie , c'est de favoriser en Belgiqne le développement des études littéraires. Cette tâche grave, importante, sera comprise, par une assem

l

blée qui compte dans son sein des écrivains d'un mérite aussi distingué que les Reiifenberg , les Stassart , les Quetelet.

La langue française est celle d'une grande partie du pays , mais en général, nous l'écrivons avec peu de correction et de goût. L'ancienne académie ne se piquait pas d'une grande élégance de style , et dans la préface de ses mémoires elledemandait avec modestie qu'on s'attachât moins aux mots qu'aux idées qu'ils présentent, mais à notre époque ce ne serait plus là une excuse. La pureté du style ajoute une nouvelle clarté aux bonnes idées: énoncées incorrectement , elles rendent souvent inintelligibles les vérités les plus claires.

C'est à l'académie à apprendre à nos jeunes écrivains à écrire avec correction, à soigner leur style , mais surtout qu'ils ne se laissent pas,à leur entrée dans la carrière , dégoûter par quelques sarcasmes lancés par la malignité , souvent par la malveillance: qu'ils se relèvent d'une chute par de nouvelles études et de nouveaux travaux Vaincus aujourd'hui en entrant dans la lice , ils peuvent y être vainqueurs demain. Corneille n'a point débuté par le Cid, Racine par At/zalie , Molière par l_e Tarlufe. Courage donc , vous excellerez quand vous 11e vous clécouragerez point par les critiques dédaignenses de cette foule de petits maîtres dont , comme l'a dit St-Foix, l'impertinence et l'audace , filles de l'ignorance et l'oisi

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veté, augmentent tous les jours le nombre d'hommes vils et méprisables , pétris de présomption , sans études et par conséquent sans principes, sanslumières . Serviles esclaves de la mode et de ses futiles préjugés , chez qui la nouveauté des bijoux , Yarrangement de la coiffure , la bigarrure de l'habillement tiennent lieu d’esprit , de sens , de raison; qui donnent le ton à ces bonnes compagnies si vantées , et si heureusement parvenues au point d’estimer ces poupées parlantes et de louer en elles jusqu'au nœud de leur cravate. _ (LeBelge)

ESCALIN . - L’Escalin est , ou plutôt était, une ancienne monnaie des Pays-Bas, que presque toute la génération actuelle à encore pu voir en circulation en Belgique jusqu’au règne de Guillaume de Nassau. lJEscali/z que les [lamands nommaient Schelling ,avait jadis une assez haute valeur : l'abbé Ghesquière (Mémoire sur trois poinlsinlé/‘cssans de l'histoire monétaire des Pays-Bas, ‘Bruxelles, Lemaire, 1786 , in-8°. , page il») pense que le motEscalin signifie la même chose que le mot Soulz et Solz , et que sa valeur intrinsèque a été considérablement diminuée depuis trois siècles. Les derniers Escalins qui eurent cours en Belgique étaient pleins d'alliage , avaient à peu près le module des pièces de quinze sous de France , et valaient Soixante-cinq centimes ou treize sous français. Il se divisaiten deux demi-escalins , et en quatre plaquettes , la plus petite

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pièce d'argent d'alors , qui équivalait à un peu plus de trois sous. l/Escalm date de très-loin : Dans le Xlll‘ siècle on le nommait Eskiellois ou Esclin ; il est nommé de cette dernière façon , dans une ordonnance sur les monnaies , donnée par Philippe llI , roi de France , en 1282 , ce qui prouve qu'à cette époque il avait cours en France. Ils eurent également cours dans leHainaut au commencement d11 siècle suivant , comme on le voit dans l'ordonnance que Thierry Du Chasteller, chevalier elc., grand Bailly du Hainaut , adressa en Yannée 1512, au magistrat de Mnns , concernant les monnaies. On v lit le passage suivant : Au Provost de Mons , salut. Nous u. ma/ulons ke v. fac/iiez faire le ban au pmier markiel M sera a Mans et a autres markiers ossi crier p. c/iou ke les gens poront demander quelle monnaie il prenderonl ,ql. poronl prendre les ESKELLOIS ke mesir fait faire à Vale/ic/in. Elle monoye Levesque de Ca/nbray e! toutes les mouoies le Roy de Franc/le d'or et (forgent , blankes et noires et florins de PYo/‘clic/ze et les slerlins d’Engle1ie/e et nient alllres. E1 nous mouflons, etc. Cette ordonnance repose en original aux archives de la ville de Mous, et se trouve imprimée dans la Généalogie de la la maison Du C/iasleller, avec les preuves, seconde édition, 1777 , in-8° et dans le mémoire de l'abbé Ghesquière précité. A. D.

LE JET DU CHAT. - On sait q11e les Parsis ou Guèbres , restes des anciens Perses, ont de la véné

ration pour les chiens ; mais ce qui n'est pas généralement connu , c'est qu'une ancienne tradition nous apprend que, sans parler des autres Morins dont ils faisaient partie, lesYprois adoraient le chat comme une divinité, jusqu’au moment oü ils furent convertis à la religion chrétienne, et que Baudouin IlI , comte de Flandre, ordonna, en l'an 95v , que le jour de la foire annuelle de l’Ascension , on jetterait de la tour du château, appelé les trois tours , un ou deux chats vivans , pour faire voir aux étrangers que lesY prois avaient réellement et sincèrement renoncé au culte des idoles. Quoi qu’il en soit de cette tradition , toujours est-il constant que pendant les XI° et XII‘ siècles , on lançait annuellement, le jour de l’Ascension, un ou deux chats vivans, soit de l'une des tours du château , soit de celle de Yéglise Saint-Martin. Ceci a eu lieujusqu’en 1251, alors ce jet se fit, pour la première fois, du haut du beffroi, ce qui, sauf quelques interruptions occasionnées par les circonstances, a toujours été pratiqué depuis lors , avec cette différence cependant , qu’au lieu du jour de l’Ascension , cette cérémonie, si cérémonie il y a , se faisait , depuis l’an 1476 , le mercredi de la loire annuelle d'Ypres , qui fut remise alors et qui se tient encore pendant la deuxième semaine après le carnaval. Ce jour est nommé lejour du chat, et le jet de cet animal domestique, qui se faisait à trois heures de relevée, était annoncé par le son de la cloche et du carillon, et beaucoup d'é

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trangers, attirés par la singularité de cet usage, se rendaient à Ypres pour en être spectateurs. Nous Yavons vu plusieurs fois nousmèmes, et encore, pour la dernière fois, en l8l7; alors, comme par le passé , la personne commise à cet effet, et qui portait ordinairement une veste rouge et un honnet blanc orné de rubans de couleur, jetait en bas, et dans le peuple, l'animal que l’on voulait immoler, et qui quelquefois, malgré la hauteur de la chute, ne se fit aucun mal et courut de manière à ne plus se laisser prendre pour semblable cérémonie. LAMBIN ,

archiviste de la ville d’ Ypres.

LA PRINCESSE DE CHIMAY. - T/zérèse , connasse de Caraman elpriucesse de C/aimay , née à Sa rragosse vers l’an 1775 , était fille du comte de Cabarrus , ministre des finances en Espagne. Mariée fort jeune à M. David de Fontenay , ancien conseiller au parlement de Bordeaux , elle ne trouva pas le bonheur dans ce mariage et fit prononcerson divorce. Devenue libre et livrée bien jeune encore à elle-même , elle vécut quelques temps à Bordeaux , où après avoir suivi , avec trop de légèreté peutêtre , le torrent et les fêtes révolutionnaires , elle fut jetée , en un momentçle réaction , dans les prisons de la ville. Tallien , député alors en mission dans le département de la Gironde avec Ysabeau, entendit faire de grands éloges de la beauté de cette jeune espagnole: il voulut la voir et en devint éperdûmeut amoureux. Il la protégea , la fit mettre en liberté , et , après lui avoir rendu ce service , il lui offrit sa main à Paris ; Mad. Tallien exerça une telle influence sur ce conventionnel, de plus en plus épris des charmes de sa compagne, que c'est à elle que l’on doit l'énergie qu’il montra au 9 thermidor an Il et qui amena la chute de Robespierre et du règne de la terreur , au moment même ou Théièse devait accompagner Tallien à l'échafaud. Son salon devint bientôt célèbre et elle fut l’orneinent des cercles les plus brillaus du tems de la révolution. BientôtaprèsTallien , devenu malheureux par des chagrins domestiques et voyant que sa femme avait oublié ce qu'il avait fait pour elle , partit pour Londres , l'oubliant à son tour , et puis il accompagna Napoléon en Egypte. Revenu à Paris , il trouva Thérèse décidée à demander son divorce, qui fut prononcé peu de tems après. Elle épousa en 1805, M. de Caraman , aujourd'hui prince de Chimay , dont elle a eu4 enfans , et vécut depuis alternativement à Paris .' à Nice et dans son château de Cliimay , ancienne pairie du Hainaut , qui devint en 1750 la propriété des comtes de Caraman; elle y mourut le 15 janvier 1855.

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La princesse de Chimay était l'une des plus belles femmes de son tems , et l’on peut dire qu'elle réunissait à cette beauté éblouissaute , beaucoup d'esprit , une amabilité et une générosité peu communes. Elle fut l'amie de inadaine Récamier , de l'impératrice Joséphiue, et des généraux Barras,

Hoche et Bonaparte. Les services qu'elle a rendus à l'humanité la mettent au rang des femmes célèbres; ses amis même lui ont dû Padoucissement de leur sort 5.- et plusieurs d'avoir échappé à la prescription. Elle a sauvé de la mort la femire du général Valence qui depuis a dit si ingénieusement: u Si l’on a donné à Mad. Bonaparte le surnom de Nolre-Danze-DesVictoires , on doit donner à Mad. Tallien celui de Notre-Dame-deBon-Secours. n Ce fut par un jeu de mots cruel que de mauvais plaisans osèrent changer cette qualification en celle de Notre-Dame-deSeptembre , comme pour faire allusion aux massacres de septembre , auxquels on accusait Tallien d’avoir pris part , et qui avaient lieu à une époque oii Mad de Fontenay n'avait peut - être jamais encore entendu parler de son futur époux. » (i) F. RAYMOND.

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(i) Le numéro de la Hevnr ré/rni-peelive qui vient de paraître contient une lettre à laquelle un procès rêvent donne en quelque sorti.‘ un interct de circonstance , mais cul eut été eu tous tems accueillleavec thveur , pour la dignité des sentimens qui

sont exprimés Elle tut écrite p‘ir niadairie Ëallien ,' princesse de Cliimiiy , il a six ans, alors que nous étions inondrs de MEIIIOËÏGI apocryphes.

u Je te remercie du fond du cœur , mon ami, de vouloir empêcher la publication du liïf-ixioires dont ie suis nien-‘irée i quand on est assez lziche et assez vil pour spcculer sur le scandale et attaquer une femme, une niere de famille . on n'est acressible ä aucun sentiineni , à aucune crainte ,et i!

faut que la victime se résigne. Ne crois‘

donc pus , mon ami , que tu puisses obtenir le sacrifice de «e que de pareils (‘tres uppellunl ÜKH‘ ‘IIJEII‘IIIILII'QYI"’ÎNÜÜ seulement le n'ai point écrit de Menioiies , niais |e_n’cii écrirai mimi, p.15; ie ne voudrais faire a personne le Ülill que l’on m’a fait et des lettres Ëïrlressées «tans un tems qiii n’_est plllS, publiées maintenant , nie vengeraient trop cruellement. _ _ n .l’ai vérn iusqwä ce ÎOIHSUIS ËYOU" f"! répunilre une larme , sans avoireprouvu un sentiment «le li-‘iine ou le dcsir de me venger, je veux mourir telle que j'ai iócu; je méprise les gens qui calomnieiit pour vivre et je plains ceux qui s'amusent d'un genre d'ouvrages qui portent leuesespoiret souvent la desunion dans le sein d’un- lamille qui , sans l: calomnie , aurait vecu heureuse. _ _

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POULE-UINDE. - Au moment où le congrès scientifique de Douai vient d'examiner quels seraient les quadrupèdes , les oiseaux domestiques et les poissons des pays étrangers qui pourraient être naturalisés en France et y devenir utiles , je crois devoir rappeler à l'attention publique un fait peu connii et qui se trouve en contradiction avec toutes les données reçues. A la vente de M. Adry il a été vendu un recueil d'anecdotes nonimprimées et que ce savant oratorien avait copiées d'un manuscrit du président Bouliier; Millin acheta et publia ce petit recueil dans ses Annales encyclopédiques , 1818 , t Iv. Ces anecdotes sont numérotées; la trentième est ainsi conçue:

« Il y a une espèce de tradition , que c'est l'amiral Chabot qui apporta le premier les poules-d'inde (l'Afrique. Elle est fausse , elles y furent apportées d’Artois , pour la première fois le l‘) novembrei589, comme il parait au feuillet 95 du compte d’Aunot Arnaud, receveur général des finances du duc Philippe, qui est à la chambre des comptes de Dijon. l)

n Je nüiipas lu Frasultllü et je ne lis des mémoires que lorsqu'on ITÜHSSÜÏE que les contemporains y sont bien traites

n Quant aux Mémoires dont on me niennce , personne ne croira qwestiinéc et aimée dans ce pays ci , éluiit dans une pusition honorable , je veuille troubler-la tranquillité de mon intérieur pour faire parler de moi. Je doisîi M. de Cliimaiy de lue laisser calomnier sans me plaindre, et, quelles que soient les attaques , ou ii’obtiendra que mon mépris et celui des gens de _hien... Je serai toujours ta meilleure amie. u

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Les naturalistesont été longtems divisés sur la patrie des dindonsji les uns les font venir d'Afrique , d'autres les disent originaires d’ Amérique , et cette dernière opinion a prévalu , quelque raisonnable qu'elle soit , il faudra cependanty renoncer si le président Bouhiera bien lu et compris le compte d’Aunot Aruaud , ce dont je-doute très fort. Le nom de poulc-dïnde ne pouvait pas être connu pour désigner la femelle du dindon en I 589 , et un homme curieux comme Bouhier ne devait pas manquer de nous donner l'extrait entier du compte ou au moins le nom de ces oiseaux et les indices qui lui ont servi à établir l'identité entre eux et nos poiiles-d’Inde. La première description précise que l'on ait citée des dernières est celle donnée par le naturaliste espagnol leau Gonzalve d'Oviedo, en 1525. Espérons que quelque savant désormais établira les laits dans toute leur pûreté et que nous saurons enfin si c'est à l'Artois (la chose étant possible), que l'on doit la première tentative de naturalisation parmi nous de Pallouette du savetier comme l'on doit à l'un de ses enfans les plus distingués la pomme-de-terre, admirable aliment des classes laborieuses. Charles de l’Ecluse (Clusius) d’Arras introduisit sur le continent d’Europe la pomme-de-terre que Drave venait d'apporter du Pérou en Angleterre. D. F.

JEAN MARISSAL. - M. E. H Langlois, du pont de l’ArclJe, à qui nous devons un excellent traité sur la peinture sur verre , vient de

publier dans la Revue de Rouen ,

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