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LEGS WICAR. - Les objets d'art que notre illustre compatriote , feu M. le chevalier Wicar, a légués à la ville de Lille, sont renlermés dans cinq caisses; quatre sont arrivées. La cinquième , qui est la plus précieuse et qui contient un grand nombre de dessins originaux des plus grands maîtres de l’ltalie , est encore à Bome , ou , dans ce moment, dirigée vers sa destination définitive. i

Les quatre caisses ont été ouvertes le matin Il octobre , en présence de M. le préfet, de M. le maire, de MM. les adjoints et d'un certain nombre de membres du conseil municipale: de citoyens amateurs des arts.

Cet envoi a franchi, en bon état, de grandes distances , et donnera lieu à peu de réparations.

La caisse n" | contenait , roulés sur un cylindre, les cartons du grand tableau du Fils de la veuve de Naim, chef-d'œuvre de M. Wicar.

Les cartons sont eux-mêmes des monumens , et ils se lont surtout remarquer par le grandiose et _la sévérité du dessin, caractère de l'école de David dont M. Wicar fut le premier élève. Ces cartons sont pour nos écoles académiques de très-importans sujets (l'études.

Dans la caisse u" e s'est trouvé :

1° Le portrait de lVLWicar, peint par lui-même sous le costume espagnol.

Ce portrait est d'un beau coloris et la ressemblance est parfaite. La ville de Lille verra avec plaisir son musée orné du portrait de l'up de ses enfans les plus distingues.

2° Un tableau de chevalet , sujet romain , et une gravure du même tableau.

La troisième caisse était remplie de divers objets d'antiquités ou de curiosités, parmi lesquels on distingue le buste antique de Marcus-Brutus , en marbre ; le buste d'une jeune fille , d'une admirable expression et modelé eu cire, rareté qu’il importe beaucoup de conserver; cette cire remonte à un tems très-éloigné; des émaux de Bernard de Palissy et autres maîtres 5 une jolie statuette de Mercure ; un bas-reliefantique ; des terres cuites d'une bonne couservation ; un petittrépied antique très-agréable , etc. , etc.

La quatrième caisse , d'une longueur de plus de 56 pieds , contenait le tableau de prédilection de M. Wicar et qu’il regardait comme son chef-d'œuvre, c'est celui du Fils de la veuve de Naïf/c. Cette vaste composition n’a été que légèrement altérée sur l'un de ses bords. A en juger au premier coup-d'œil, elle reproduit. au moins 50 figures. C'est une œuvre colossale et qui atteste les études les plus laborieuses. Les figures du premier plan ont de huit à neuf pieds.

Ce tableau ne pourra être apprécié tout ce qu'il vaut, que lorsqu'il

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aura été nettoyé etplacé de manière à ce que son ensemble puisse être saisi. Il a été terminé à Rome en 1816.

Ce prodigieux travail atteste un maître digne de sa réputation , et justifie la grande fortune de M Wicar.

Nous oublions de dire que parmi les dons faits par M. Wicar à ses concitoyens , se trouve sa croix de chevalier de l'ordre royal des Deux-Siciles. C'est un noble sentiment qui a porté ce grand artiste à faire hommage de ses honneurs à sa ville natale.

Ûn sait que M. le chevalier Wicar a de plus ordonné qu'on prélevât sur sa fortune la somme nécessaire pour fonder à Rome quatre bourses en faveur de jeunes Lillois qui désireraient se perfectionner dans cette capitale des arts. (G. de Flandre.)

EUSTACHE DE SŒI-PIERRE ET LES ANTIQUAIRES DE LA ÏlÏORlNÏE. - Le généreux dévouement des Calaisiens , l’une des plus belles pages de l'histoire de France , a rencontré çà etlà de rares détracteurs , depuis l'immense succès de la tragédie de Du Belloy. Un homme de science , de Bréquigny , qui venait d'explorer une partie des archives dflàngleterre? comme envoyé du gouvernement français , attaqua l'authenticité du récit de Froissart , en s'appuyant sur des lettres d'Edouard III , qui contiennent des donations importantes en faveur d'Eustache de St.Pierre , dont les biens avaient été partagés entre la reine et plusieurs

seigneurs anglais. Ce n'est qu'une quinzaine d'années plus tard que de Bréquigny présenta à l’Académie des Inscriptions un mémoire dans lequel il réunit tout ce que sa patiente érudition avait pu recueillir de plus favorable à son opinion ; mais le silence de quelques historiens ne paraît pas une raison suflisante pour détruire la confiance que mérite le célèbre chroniqueur du XIV° siècle , et les critiques les plus éclairés , tout en rendant justice au travail de Bréquigny , ont rejeté ses conclusions. 1,

C'est dans cet état que la Société des Antiquaires de la Morinie a trouve’ la question, lorsqu'elle a pris la résolution de la proposer au concours pour 1855. Lundi soir a en lieu la séance publique dans laquelle les prix ont été décernés , et la Société a couronné le concurrent qui s'est plu à déchirer la page où Froissart a célébré l'héroïsme de nos ancêtres. Les journaux n'ont pu nous apporter encore aucun détail; mais en attendant que le public puisse prononcer son j11gement sur le lauréat et sur PAcadémie elle-même , il nous importe derecueillirlesbruitsqui noussont parvenus.

Deux mémoires ont été présentés s11r la question d'Eustache de SL-Pierre et de ses généreux compagnons , l'un pour Yaflirmative , l'autre pour la négative. On a eu alors l'occasion de remarquer que le sujet avait été mal choisi; le travail des coucurrens était faible et ne présentait rien de nouveau ; la première impression fut qu’il n'y avait paslieu à décerner de prix. Cependant la Société s'est partagée sur le point fondamental de la question; des débats assez vifs ont éclaté dans sou sein; on se passionna , et les membres quiavaient adopté la négative étant les plus nombreux , ne trouvèrent rien de mieux pour le triomphe de leur opinion que de décerner la couronne à celui qui pensait comme eux. La minorité, forte de onze membres , n'a cédé qu'à regret la victoireàses quatorze adversaires; et ne voulant accepter aucune part de responsabilité dans cette affaire, elle a décidé qu’elle ferait imprimer les opinions écrites que deux de ses membres ont lues en assemblée générale , avec l'adhésion motivée des neufautres.

. . . . Le lauréat dont la Société des Antiquaires de la Morinie vient de ceindre le front des palmes académiques est unjeunehomme né à balais en novembre 1816: c’est M. Clovis-Belard ( VictorAuguste), que les journaux de St.-Omer nomment malà propos tantôt Clovis , tantôt Baulart Clovis.

Le Mémorial Arlésien du 24 contient sur cette séance un article étendu, d'où nous extrayons ce qui suit : V

a M.le secrétaire perpétuel fait un rapport sur les travaux de la Société pendant l'année. Il le termine en disant que sur les trois questions proposées pour le concours de 1855 ,1l n'a été répondu qu'à une seule , celle qui a pour

objet Le dévouement d’Eus1acl1e de SL-Picrre et de ses compagnons , au. siège de Calais, et qu'après maintes discussions dans le sein de la compagnie , une majorité de 14 voix contre 11 a prononcé que la médaille serait décernée à l"'1uteur du mémoire qui a révoqué en doute ce fait historique.

» A ces mots, 11n mouvement de surprise se manifeste dans l'auditoire, et plus d’un assistant s’étonne qu'une société française puisse couronner un ouvrage qui tend à ellacer de notre histoire un des plus beaux traits qui honorent les annales de notre nation On écoute cependant avec attention divers fragmens du mémoire , l11s avec chaleur par M. le secrétaire , et bientôt le lauréat, M. Clovis , de Calais , s'avance au bureau pour recevoir des mains de M. le président la médaille d'or que lui décerne la Société. e, '

La majorité de la Société des Antiquaires , ne voulant pas rester sous le coup de la réprobation qui s'élevait de toutes parts , a tenté d'adoucir l'effet que sa délibération avait produit ; F/lurlomaroise ‘fut invitée à donner une grande publicité à une œuvre apologétique dont on se promet les plus heureux résultats. Nous lisons en effet dans son numéro du 96 l'explication suivante , que nous enregistrons pour y recourir au besoin.

<1 Le secrétaire termine son rapport par quelques mots sur les deux mémoires envoyés au concours, en réponse à la question

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sur le dévouement dEustache de St.-Pierre et de ses compagnons , au siége de Calais‘, en 1547. L'un des deux-mémoires n'a point été jugé digne du prix , parce qu’il se contentait d'admettre le fait comme constant , sans entrer dans aucune discussion. Uautre, au contraire , avait opposé , les unes aux autres , les diverses autorités pour et contre ce fait historique , et sans oser tirer une conséquence immédiate , il semblerait pencher pour la négative , en attendant la preuve du contraire.

» M. le secrétaire perpétuel explique , de la manière la plus précise et la plus claire , que la Société ,en couronnant ce second mémoire , ne regarde nullement le dévouement (Ylîustache comme controuvé, et ne prétend point dépouiller nos voisins de Calais d'un trait héroïque qui les honore ; que si elle adjugé le prix à son auteur, c'est parce qu'il s'est livré à de nombreuses recherches , et que son œuvre , comparée avec le premier mémoire, lui estinfiuimeut supérieure ; elle déclare enfin qu'elle proteste formellement contre tonte interprétation qui tendrait à induire de sou jugement la moindre conséquence en faveur de l'une ou de l'autre opinion. u

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Nous devons un souvenir à ce vénérable magistrat qui , presque centenaire , remplissait , il y a peu de jours, les devoirs de son état avec l'activité et l'intelligence de l’âge mûr. Nommésuccessivement lieutenant-général des tribunaux du pays de Bredenarde en 177g; échevin de St.-Orner en 1786 ; député aux états d’Artois , procurenr-syndic du district en 1789; jnge-de-paix en 1793 ;juge autribunal du département ; magistrat de sureté ; membre des conseils municipal et d'arrondissement , et enfin juge au tribunal civil"; M. Bachelet sut remplir toutes ces missions électives ou de confiance avec désintéressement et fermeté. En 1795 alors que l’Artois était terrifié par les partisans de Robespierre , Marat et Danton , le conrageux procureur-syndic de St.Ûmer osa , lui‘ troisième , signer une pétition demandant la chute du désastreux système qui pesait sur la France; quelques mois plus tard , M. Bachelet , administrateur des hospices, s'opposait de toute l'énergie cle son courage à la vente des biens des pauvres , et les représentans du peuple n'osèrent pas l'effectuer Décrète’ d'arrestation , il ent le borrhenr de voir ses ennemis tomber eux-mêmes avant de l'avoir frappé.

Magistrat de snreté , M. Bachelet cherchait surtout à prévenir les procès et à ramener l'union dans les familles ; une circulaire delni prescrivit au maire de lire chaque semaine aux habitans des campagnes le code rural et les dis

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positions pénales applicables aux divers délits et contraventions. Celte sage mesure prise à une époque où l'ignorance était presque générale , évita un grand nombre de poursuites en prévenant les crimes qui pouvaient les occasionner.

La révolution de 1830 trouva N] . Bachelet juge au tribunal de bt.Orner, et la voix publique le désignant à la bienveillance et à lajuslice d'un gouvernement qu’il appelait de tous ses vœux , il fut nommé chevalier de la légion d'honneur. La vieillesse ne lui apporta aucune des infirmités qui l'accompagnent ordinairement ; huitjours avant de mourir, M. Bacheletdounait encore gaîment sa signature en demandant si ses collègues ne se plaignaient point de son absence des audiences. Il sentait cependant que son existence devait bientôt s’éteindre , car il disposa tout lui-même pour les derniers devoirs qu'il voulait qu'on lui rendit après sa mort. Cette sérénité d'âme d'un vertueux vieillard qui ,. agô ans , regarde en souriant son cercueil , pénétrait d'un douloureux respect les parens et. les nombreux amis qui venaient, recueillir de lui un dernier adieu. M. Bacbelet les consolait lui-mérite filNqttlllfl la vie sans regret, en pressant la main de

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tait pas une rue à braiselles; on nomme ainsi , les petites braises dont l'ont usage les personnes peu aisées. ) La Ricque- rue était babitée par des individus ayant tous de la fortune.

- Le grand Hacquebarl, était une prison sise rue des Minimes; elle avait donné son nom à cette rue , et à une taverne qui portait cette enseigne. Le nom Hacquebar! vient, selon nous , de ce que la prison avait été construite au lieu d'un ancien tir à l'arc. Hacquebaroque - Arcus. Bar, buisson , bois, arc de bois , tir à l'arc de bois. Au reste , simple présomption.

- Rue de la Sonnerie, rue du Palais , parce que dans cette rue se trouvait la maison de ville antérieurement à sa construction au voisinage de la halle. De sanner, prendre soin, conserver. Mission des prévôts, échevins , etc.

- Douaieul. - La ville de Douai était divisée en deux parties, Douai, et le Douaieul ou petit. Douai ; la place à Douaieul ou Placette , était le lieu de justice et le marché du Petit Douai.

-- Rue des Lusiauz‘. Luséuu , Lusel,‘ Lusl. Cercueil. Cette rue, aujourd'hui rue SL-Christopl-ie , était ainsi nommée , parce qu'elle bornait au Sud-Est le cimetière de SL-Pierre, oi1 se faisait le plus grand nombre Œenterremeuset ou‘ se trouvaient établis les menuisiers qui const-ruisaient les luuauæ.

-- Place de la PrayellaPrayelle

pour Ptzyellc , instrument de coi

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