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ception , dans lequel il entreprit de prouver l'origine , l'injustice et les inconvéniens du préjugé qui fait rejaillii‘ sur les parens du- criminel Yinfamie attachée à son supplice. Ce discours, envoyé peu de tems après- avec quelques additions à la société des sciences et des arts de Metz , y obtint le prix proposé et fut couronné par cette compagnie le jour de SL-Louis. Bientôt, l'auteur fit partie de la réunion poétique des Rosati, et Lacretelle aîné le qualifia ‘dans le Mercure de bon jeune flamme , ‘car il manifestait tant de sensibilité qu’il se démit des fonctions de. bailli de son évêque pour ne pas être exposé à prononcer la peine de mort. . . . ‘Quelques années ëécoulèrent : lors des élections de l'assemblée constituante, le médiocre avocat des paratonnerres remporta de quelques voix surle savant Herman-Louis-Bertin Martin de St.-Omer. Le démon de

la jalousie sociale remplit alors

toute son âme et _le couvrit d'un

manteau d’ulopirs les plus extravagantes et les plus féroces. . . 1795 arriva: le roi de France nefut plus à ses yeuyr quele plus grand de tous les criminels! Sur les débris du trône et les pieds dans le sang , il aspira ensuite à la dictature la plus affreuse; s'il se rappela son modeste triomphe dans notre cité, ce fut ‘ppur poursuivre à outrance celui qui Vavaitprésenté au scrmen td’a'vocat, Yaudomarois Liborel, son patron’. . . Il voulut encore , à l’apogée __de sa prospérité terrible , proscrire tous les savans , tous les

gens de lettres , tous les artistes-et les érudits, ce» qui n'empêcha pas la rédaction d’une adresse célèbre par quelques uns de nos compatriotes, éloquens etdévoués; la tête de ce personnage ‘tomba le m8

- juillet 1794!

Cet homme était Maxirnilien de Robespierre-l ' . H. P.

LA PARTIE MAHAUIL- Cette singulière coûtume s’est éteinte au milieu du siècle dernier et ce nom populaire disparaîtra bientôt comme l'aumône. qu’il désignait, puisque -les historiens Boulonnais ne l'ont pas cru digne de figurer dans leurs ouvrages. Nous avons parlé différemment et nousetnpruntons les. lignes suivantes à ‘un témoin oculaire , Marin Bailleul , vicaire de Notre-Dame de Calais et curé de Sangate , passé de vie à trépas le 50 juillet 165g. La bibliothèquepuhlique de Calais possède le manuscriti autographe de Bailleul; cet ouvrage inédit, cité , mais non pas toujours consulte’ ou mal consulté par tous ceux qui se sont occupés de notre histoire , est intitulé . Antiquilez plu: remarquable «le la ville elpays de Calais et pays reconquis , in-folio,1a8 feuillets d'une écriture serréelia mort a sans doute in‘terrompu Marin Bailleul dans son travail , car il ne va pas au-dela- de l'exécution des prétendus conspirateurs qui voulaientlivrer Calais aux anglais en 1565, liv. v1, ch. v1.

Mahaud , comtesse’ de Boulogne, veuve de Philippe Hurepel , fils de Philippe-Auguste, et épouse ré

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pudiée dflälpbouselll, roi de Portugal, mourut sans laisser de postérité le 14 janvier |a58 , après de longues années passées dans le deuil et les larmes; Les églises qu'elle avait agrandies ou enrichies, les hôpitauxrqifelle avait fondés ou restaurés ne furent pasouliliés au jour de sa mort

u Entre les legs etles dons qu'elle a faits, tant aux pauvres qu'aux églises , il ne setrouve rien, dit Marin Bailleul , de plus ‘recommandable que la fondation faite à l'église Nostre-Dame deBoulogne , a laquelle elle" a- donné le bois et Moulin-lälôbé, moyennant une aumosne généralelejour de son décès qui est le jour de la feste du nom de Jésus 14° de janvier, où l'on donne un pain du poids de m onË

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personneet se trouve'unesi grande multitude" de peuple qu’on yyien; de’ plusieurs endroits ; car cette comtesse avait une si grande affection pourcette œuvre de charité qu'elle obtint de sa sainteté des belles indulgences pour ceux qui la viendraient recevoir. C'est-pourquoi petits et grands, pauvres et riches y venoientà la foule , comme il se pratique encore à présent où l’on a bien de la peine à se démeler parmi la grande presse qu’il y a. Cette pieuse damea seulement requis par’ son testament que chaque personne qui prendrait cette aumosne aurait à dire: Dieu veuille avoir fume de la bonne dame! Depuis quatre cents ans cette dévo

tion s'est toujours pratiquée audit ‘q "_,. . q, "

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LE VILLAGE DE LOOS. -Situé à une lieue de Lille, près des rives de la Haute-Deûle,.,dans un des cantons les plus agréables l, les plus fertiles et les mieux cultivés du pays, Loos, suivant-la tradition,» était, au Xll.‘ siécle , le triste sé-K jour de deux pauvres familles; en, core ces malheureux avaient-ils dés serté leurs chélifs réduits deyenug: inhabitables par suite des lnDÜdIl-f} tions (i) et des tempêtes qui, vers l_'an l 140 , désolèrent les quartiers de Weppe et de Mélautois. La fafi mine et la contagion avaient suivi ces. désastres : et le sage gouvernement du comte de Thierri ne ppu. vait apporter que de faibles remèdes à un si triste état de choses. j} fallait que les consulations et les secours vinssent de plus liant. , .

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gneur. Thierri d'Alsace, qui n'a.
vait pas à expien les mêmes méfaits
que le sire d’.Oisy, voulut, à. son
exemple, attirer sur ses terres ces
hommes de Dieu qui, savaient
si bien prier et travailler; il pensa
qu'une institution qui, en moins
de quinze années, avait tendu à
la culture les hauteurs arides de
Bonavis , de Vinci et de (Îrèvecœur,
saurait bien aussi dessécher et cul-
tiver les‘ terrains mariecagraux de
Loos , d'Esquermes et de Wazem-
meslllsladressa doncau saint etcé-
lèbre abbé de Clairvaux’. Bernard
accourut, les sires du Ùîiremort,
düinnekin et de Prémesques , l'u-
rent ravis de pouvoir vendre les
domaines infructueux qu'ils possé-
daient dans ces parages. La com-
tesse de Flandre , Sy bille d'Anjou,
fille d'un roi de Jérusalem , prit à
cœur la pieuse londalion ; elle alla
elle-même chercher, dans ces prai-
ries inondées , le lieu ofu devait s'é-
lever l'abbaye; sa main traça l'en-
ceinte; ct quand les pauvres villa-
geois aperçurent la noble souve-
raine qui les visitait avec le saint
vieillard, ils s'écrièrent : Loz N0-
Ire-Dame ! (a) Bientôt les fières
maçons se mirent à l'œuvre, et
murs et tours s'élevèreut; voûtes ,
arceaux et ogives s'arrondirent. Ce-
pendant des rigoles se creusaient ;
la bêche traçait aux eaux stagnan-

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(a) On ne veut pas dire , en rapportant cette tradition, que le nom de l»: ou Lou, ne soit pas antérieur ‘a l'année 1447, date de la charte de fondation de l'abbaye; il est même évident que ce nous est rappelé dans le corps d_e la charte , et que , parmi les moins il u trouva un flingue de Lu.

tes une issue lacile , et peu à peu , l'humide prairie se convertissait en champs lahourables. Ainsi prit naissance Yabbaye de Long , e; ainsi se forma le village; qar par. 1011! il y a paix . travail et religion , les hommes s'y portent’ et aiment à s'y fixer. '

L'abbaye et le village de Loos ont eu leurs vicissitudes. Quel est le lieu , en Flandre , qui n‘a pas eu les siennes? Sur cette terre que l'on a nommée un vaste champ de bataille , tout a subi la loi de la guerre et les malheurs de l'invasion. Au XVI‘ siècle", la lé/o/me, qui n'était n_i si tolérante ni’ si benigne qu'on a bien voulu le dire , fit main basse sur _la plupart des monastères de ce pays. A Loos, les sectaires dévaslèrent l'abbaye et l'église; ils b: isèrent les monumens de sculpture, foulèrent aux pieds-tous les tableaux , brûlèrent, déchirèrent et jetèrent auvent tous les livres de la bibliothèque; puis pillèrent les magasins. Une petite statue de la vierge , soustraite à la fureur de ces iconoclastes, fut, dit-on, emportée dans le bois voisin et cachée sous le dôme touifu d'un vieux tilleul, oratoire rustique et verdoyant que la piété confiante rendit bientôt célèbre. Plus d'une soulfrance fut soulagée au pied de cet arbre; plus d'un cœur y fut consolé. Mais le beau tilleul que chaque automne dèpouillait de son feuillage, n’offrait pas ‘a la-statne révérée un suffisant abri. Sur ces mêmes lieux , une chapelle s'élevait pourËla recevoir; et , en 159| , elle fut consacrée sous le titre de Notre-Dame

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de-Grdce , doux nom que comprit

et que n’otibliajamais la pieuse re

connaissance des villageois.

« Il n'y’ a point dans la contrée , dit Buzrlin , de pèlerinage plus célèbre et plusfrtiquenté.» En 1600, les arcliiducs AlberL et Isabelle , venus à Lille pour jurer de maintenir les privilèges de cette cité, se dérobèrent au; hommages dont ils étaient entourés‘, pour aller prier dans l'humble chapelle de Loos. Il." savaient, ces puissans de la terre, eut’ qui relusèrent deux fuis la couronne impériale, ils savaient que la grandeur. ifvait, aussi ses aiuertumes, et que ce n'est pas seulement pour le peuple’ et les pauvres, que Mariea été ‘proclamée la consolazrice (les a fligés.

En -I 708, durant lesiége de Lilli-v, le prince Eugène vint établir i‘; Loos son quartier général. ‘Je grand capitaine, qui lesait escorter les provisions que Fénélonenvoyait dans les villages dévâstés de son diocèse , ordonna pareillement à ses troupes, toutes protestantes qu'elles étaient , de’ respecter la chapelle de Loos. Uabbaye était sous sa garde immédiate, puisqu'il y était logé. A

De nos jours, à l'époque où la liberté des. cultes fut proclamée, l'autorité fit fermer, puis vendre et démolir la chapelle de Notre-Dame-de-Grâce. L'image sacrée fut encore préservée, et quand des jours un peu calmes vinrent à luire sur la France, ce fut dansîféglise paroissiale de Loos que reparût enfin ce signe d'espérance et de joie. Après des tems de faute et de cala

mité, la foi renaîtplds vive et plus tendre. Aussi , la dévotion à NotreDame de Loos sembla-t-elle se ranimer et prendre une ferveur nouvelle. La petite église de boos, dont l'origine parait remonter au XIV° siècle, ne sulfisait plus ni à la population de ce village qui compte aujourd'hui prèsde 1,500 habitans, ni à Vafliaencc des étrangers que la piété y amène à certaines époques de lannée. Cet édifice d'ailleurs commençait à menacer ruine.

La charité, qui peut tout ce qu'elle veut, entreprit de le remplacer par un temple plus vaste , plus gracieux , plus assorti t‘: sa nouvelle destination. Les fonds que nécessitait cette nouvelle reconstructruction furent trouvés et réalisés avec une merveilleuse facilitéfil ne fallut pour cela ni argent du fisc, ni moyen coercitif.

Mais la petite et pauvre église de Loos devait, avant de s'écrouler, être témoin d'un dernier tribut d'hommages et de confiance à la Mère des secours divins. En août i85a, Lille, jusques-là épargné, était en proie au iléauque l'on est convenu d'appeler choléra, parce qu'il a été impossible à la science de lui trouver un nom compatible avec ses théories. De tous" les établissemens de cette grande ville , l'hôpital général était le plus maltraité. Les sœurs de SL-Vincent de Paul recevaienfà toute heure les derniers soupirs de quelqu'un de ces vieillards, devenus leurs en. fans. La charité n'en poupàillplusv; elle était aux abois Ces saintes filles , qui croyaient n'avoir plus du

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