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reux ; il fut fait prisonnier contre la côte dflàngleterre , vingt-quatre heures après sa sortie de Boulogne. Mais sa captivité ne futpas longue; il s'échappa de prison , revint en France, reçut le commandement d'un autre Inavire mieux équipé que le premier , et pour premier fait d'armes enleva et ramena peu de tems après , avec Paideedu brave capitaine Ducliesne, de Boulogne, l'escorte d’un convoi Anglais de soixante navires marchands. Cette brillante’ capture rendit le nom de Fourmentin ‘célèbrejusque chez nos rivaux. et le directoire récompense cette action éclatan

te par le don d’une paire de pisto- i

lets d’honneur.

Il nous est impossible de citer tous les laits glorieux qui font l'illustration du capitaine Fourmentin. Qu'il nous suifise de dire , à Yhonneur des marins du Pas-deCalais , que dans le cours de sa carrière maritime , Fourmentin ' a pris à lflàngleterre cent huit navires , dont 99 ont été ramenés par lui dans les ports de France. '

De si beaux. services méritaient au capitaine Fiiurmentiu Phonneur qui lui était réservé‘, d’être choisi par Napoléon pour le débarquersur la côte de cette Angleterre , dont le héros mëditaitalors la conquête. C’est à cette époque du camp de Boulogne que-Fourmèntin reçut de l’Empereur la croix des braves.

Ici se termine la vie périlleuse de notre illustre marin. Depuis 1806 , il habite Boulogne , chéri

des siens auxquels il a tant donné; aimé et estimé de tous à cause de son courage et de ses vertus; encore tout plein d’amour pour la gloire de sa patrie et pour la liberté des peuples , "ces deux sentimens qui ne meurent pas dans une âme plébéienne qu’a nourrie l’huma-' nitê, qn’a ëctiauHée la victoire.

AZINCOURT. -- M. Jules Janin a raconté, dansla troisième leçon de son cours à Vathénée, sur l’Histoire du Journal en France , une anecdote qui a parti digned’ètre recueillie. «Il y avaiten r8|5, ditil, dans un château de la Vendée, un ollîcier anglais qui reçut dans ce château la plus complète et la plus généreuse hospitalité. Après un lnngsójotu‘ dans cettenoble maison , Yanglais voulant laissera ses hôtes un témoignage de reconnaissance , leur envoya une magnifique gravure anglaise qui représentait le roi Jean rendant son épée aux anglais A la vue de cette gravure , la dame de la maison , justement oflensée, renvoya au capitaine patriote le même cadre dans lequel était -la crfptnre du mi- Jean; seulement dans ce cadre elle plaça le portrait dela pucelle d’Ofléans, cette honte éternelle de YAngIeterretVoilà dit l\l.Janin-, un des meilleurs articles de journal qui aient été faits depuis bien longtems. En effet, Vanglais s’avoua vaincu parla belle dame qu’il avait voulu humilier. jusque dans ses présens. a -_ .

N'en déplaise cependant ‘a M. Ja

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nin et à l'éditeur du Mercure de France, je crois l'anecdote apocry plie , ou plutôt c'est une contrefaçon évidente d'une anecdote bien connue dans notre département. Voici commentla rapporte lVLMazas qui venait de visiter les lieux dont il parle. . i

«_En l8l6 , un oflicier supérieur anglais , dont le régiment étaitcantonnérà SL-Pol, vient visiter’ le champ de bataille d'Azincourt_; ayant appris par la voie publique que la Qacogne avait servi de sépulture à une grande quantité de guerriers français , il {imagina d'y faire des fouilles; à cet effet, il amena un bataillon et commença ses recherches qui eurent des résultats immenses. Il trouva quantité de pièces d'or des règnes du roi

Jean, de Charles V etqde Charles

VI, car les vainqueurs n'avaient

point eu le’ tems de dépouiller les clievaliersfrançais, qui furent jetés dans la fosse tout habillés; d'ailleurs, à cette époque, dépouilIer les morts était regardé comme une profanation ; on n'en usait airrsi qu'à l’éga rd des infidèles. Peudant tout le tems que durèrent ces fouilles , cet oificier anglais habita le château de Tramecourt, dont les maîtres étaient absens; il s’y conduisit fort; honorablement ,‘Ï et en le quittant, il attacha à la tapisserie du salon _une magnifique gravure anglaise représentant Henri V, le vainqueur d'Aziucourt, paré de tous les insignes d'un roi de France; il ordonna aux gens _du château de la remettre en cadeau ,

de sa part, à madame la marquise de Traruecourt , lorsqu'elle reviendrait chez elle. Cette dame arriva peu dejours après et trouva le présent un peu singulier; elle envoya sur le champ un de ses domestiques à SL-Pol, pour remettre à à cet officier une lettre dans laquelle Madame de Cframecourt témoignait son regret de nelui avoir pas fait les honneurs de son château et le remerciait de son cadeau , en le suppliant d'accepter

"en échange une autre gravure, c'é

tait le portrait de Jeanne-d'Arc: l'officier répondit en homme de bonne compagnie et s’avoua vain

cu.» (Vies des grands capitaines

françaisdu moyen-âge, T. v1. p. 574. 1818). Il est ici question du général Woodford, alors colonel d'état-major qui paya le droit de fouiller l'une des fosses de la Ga_cogne ; son heureuxssuccès lui don na l'idée de fonder une magnifique collection spéciale qu’il appela le Musée cf/lzincour I. Il a présenté au prince régent un plan très détaillé qu'il a levé de la plaine et de ses environs.

Les premières opérations de la fouille n'avaient pas été conduites d'une manière convenable ; le souspréfet de St_-Pol réclama, et les ossemens furent soigneusement recueilliset placés dans des cercueils. Nous venons de voir M. Mazas faire bon marché de Monstrelet et de SL-Remy, pour se donner le plaisir de louer le pieux respect que nos pères devaient avoir pour les morts ;‘voici venir M’. A. Hugo qui ne se pique pas d’une telle scrupu

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leuse exactitude sur des laits cotinus de tous .- «C'est dans l’ai'rondissement de SL-Pol que se trouve le clianipde bataille d’Azincourt, théâtre d'un des plus grands désastres des armées ffançaisesau irioyen-âg-e. Lorsqu'en i8i5 , par suite des chances de laigiierre, les anglais occupèrent de nouveau et momentanément le pays, quelques uns de ces étrangersvoulurent, poursatisfaire une avide curiosité, fouiller cette plaine fatale Dit avaient été déposés les cadavres des chevaliers français. Un honorable fonctionnaire, M. Gengoult, aujonrcÏhui sous-préfet de SLOmer, s‘opposa avec énergie àlexécution d'un projet impie, et lit

respecter les cendres des ‘guerriers

malheureux. ll esttriste de penser que de si dignes magistrats ne se soient pas montrés dans tous les 3 5. l) p y D. F . VICTOB LEFEBVBE. - Victor Lefebvreest iiéà Lille en'i8i r. Son enfance n'offre rien de ces singularités quisouvent entourant le berceau du talent. d'une constitution physique délicate, il atteignit péniblement sa dixième aimée ; seulement alors le génie musical se révéla en lui. Apeine était-il initié aux premières notions de ]’harmonie, qifenfant il voulut composer; il tenta de mettre en musique plusieurs lrngmens des tragédies de Racine‘, et‘, chose digne de remarque, pas une faute de régie ne se trouva dans ces essais! Lille vii

cinq fois son= jeune front coii-roiiné des palmes académiques; il était alorsélèveduconservatoire decette ville. Il en partiten i8a5pouraller continuer son éducation à Paris. Là , de plus grands succès l'attendaient; il obtint le premier prix de ‘contre-pointe et ‘de fugue. Telle est l'estime que Çhérubini avait pour lui, telle est la supériorité qu'on'lui reconnaissait, qu’on le chargea de substituerBeicha et deprofesser en son absence , le cours d'harmonie. Fatigué des entraves que toujours on oppose au. mérite, Lefelivre s’en aflranchit , et vint en 1852 préparer à Douai cette grande destinée qu’il voulait et que son génie auraitconquisel Il enseigna le violoncelle à notre académie; mais , obéissantvà son idée chérie, il renonça bientôt au titre deiprofesseur pourlse livrer entièrement à ses inspirations, àcette voixintérieure quilui criait: «Va... lapgloire est au bout du chemin f »

_Veut-on savoir ce que pensait de lui un grand maître, Lesueur, dont le témoignage est bien plus puissant que toutes nos paroles. Voici ce qu’il écrivait en 1852, quand Lefebvre n'avait pas encore ai ansl « Je suis enchanté que vous ii vous plaisiez ou vous êtes, et surD tout que votre musique ait- eu le n succès qu'elle mérite} car je ne ii crains pas de le dire, vous avez » tout ce qu’il faut pour vous dis» tinguer; il ne vous manque que u de savoir bien diriger le feu, l'ins» truction et Yimaginatiorique vous » possédez... _

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u Si vous avez du courage , n si vous continuez à travaillerretà u suivre la bonne route, je vous n prédis de beaux succès , 1nème à n Paris, où la fatalité ne planera n pas toujours sur vous soyez-en u sûr......

» Quand vous viendrez nous voir, n nous vous recevrons comme l’un n de nos enfans ; car j'accepte von lonliers le titre de votre père en

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L écoleallemandeétaitcelle pour laquelle Lefebvre se sentait plus de prédilectionsa; nature l'y appnlai t. Pleinesde chants , pleines de scieni ce, ses compositions sont l'expresion de son âme; elles respirent le feu qui la consumait . Il laisse six symphonies, deux ouvertures,dea canlates, des chœurs , des septuor, des quintetti , des trio, des études pourvioloncelle, des qualuor(dout un grave), et un grand nombre de romances. Dans tous ces ouvrages, on aperçoit la présence du génielll achevait aussi un grand opéra dont Îles denx premiers actes sont écrits avec toute la verve qu’il imprimait à ses mélodies , irsonînstrumentation, et surtout avec cette connaissance parfaite de la scène , cette pureté de style qui d'ordinaire n’appartiennent qifà une vieille expérience.

Le ao mars ISSÄ , Victor Lefebvre mourut ; il finit une vie sijeune, si belle et déjà si remplie! Quelques heures avant sa mort, dans un de ces instans de fièvre, de délire , on l'en-tendait murmurer encore :

mon opéra. .. me n pauvre opéra!

ARMOIRIES DES LANNOY -- Des actions. généreuses, des faits d’armes brillans ont été souvent Yoccasion de quelques-uns des ornemens qui enrcihissent les armoiries des anciennes lamilles , bu le motif des emblèmes qui relèvent leurs écus. Uexplicalion de ces marques d'honneur est la partie la plus intéressante et la plus honorable de l'histoire des nobles maisons , et celle à laquelle les derniers descendans devraient le plus tenir. Nous avons un exemple remarquable d'une belle aciion appartenant à notre contiéc dout le souvenir se trouve cou-igné jatnuis dans un ornement des armoiries de la maison des l-auuoy dfl-hneaucourt, dont l'écu ert entonné d'une chaîne d'or de vinät chaînons , ‘pour le motif consigné par ,l’ierre Mathieu en la Vicde Louis Xl et rapporté dansles termes eUlVBÜS , par Adrieu de la lllolière en son recueil de plusieurs nobles et illusires maisons du diocèse d’Amir-ns et des environs, 1650, iu-4°’ , .

« L'an 1477 , comme le roy Louis Xi eut pris lii ville de Hesdin par les moyens que luy en donna Philippe ‘de Crève-Cœur, Raonlt de ‘JHÜÜO’ fut envoyé de son père Flammong , seigneur de Lannoy, gouverneur de la place ( lequel s’c."toit retiré au chasteatl l pour parlementer et faire sa composition. Sa majesté qui vit ce jeune gentil-homme "tout crasseux de poussière , et sueur , provenant de travail ,jbien formé de ses mem

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bres , et quant et quant éloquent et disant des mieux , le prit en al‘fection , si qu’elle luy accorda tout ce qu'il demandoit , etle retintdèslors à son service; cette ville et chasteau rendus , le roy poursuivant sa pointe , vint à Quesnoyd le-Comte, ou la brèche estaut faite , le jeune Raoult de Lannoy désirant donner quelque bonne im- ’ pression de soy à’ son advenement à la cour, commença le premier à ramper-par le débris des murailles, et, parmy les flammes dt‘ tonnere des ‘arquebnsadcs , a venir aux mains si waleureusement , quela place fut emportée d'assaut , et le roy admirant son courage , s'écria tout haut qu’il estoit trop ardent, et fallaitl'enchaisner : cela rapporté au jeune gentil homme, il en eut quelque appréhension , mais sa majesté l'ayant envoyé quérir , luy dit; a Pasques Dieu! mon amy , vous esle: trop furieux‘ e/run combat, je vous veux enchaîner pour mode’rer votre ardeur .-_ cru‘ je ne vous veuxpaspperrlre , désirant me servir de vous plus d’unefbis. u Et sur ces paroles luy jelta au col une grosse chaisne d’or composée de vingt chaisnons , de la valeur de cent escus pièce , et le fit sur Yheure capitaine d’11ne compagnie. n - ’

Cette chaîne figure -aujourd’hui autour des armoiries de la maisonde Lannoy; c'est ce dont on peut se convaincre en visitant Péglise des cordeliers dfiimiens , si tant est que les pierres hlasonnées qui y existaient du tems d’Adrien dela Matière; ysoientencore. '

. - Â. D.

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LE PARATONNÈRBE ET ROBESPIERRE. - M. de Vissery de Boisvallé’, grand amateur des sciences physiques à SL-Omer , avait fait l'expérience d'un paratonnerre sur sa maisomruefdu Marché-auxHerbes, n. 76, au moisdemai1782. Les échevins de cette ville ,' sur les instances des voisins, mal à propos alarmés, avaient prescrit au propriétaire la descente de cette machine dont ils n'avaient pu encore apprécierles merveilleux effets. La sentence des échevins ne tarda pas à être réformée par arrêt de l'autorité supérieure, du 51 mai 1785. Cette alfaire eut du retentissement dans toute la France. L'avocat au conseil d'Artois qui était venu à

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tère à M. de Vissery , était alors de la médiocrité la plus vulgaire; son no1n‘n’avait pas même dépassé les limites de sa province-Né à Arras en 1759 , orphelin sans ressource , il avait charmé par son intelligence précoce et -ses bonnes dispositions M. de Conzié, qui l'envoya au collège de Louis-le-Grand, à Paris , et solda généreusement ses dépenses. Ce prélat avait été sacré évêque de St-ÏOmer en 1756, et nommé ensuite à Yévèché d'Arras en 1769.

Le laborieux artésien, dans le plaidoyer qui lui fit gagner son procès, exalta les vertus et la bonté de Louis XVI. Leañ novembre de cette année 1785 , il fut admis au nombre des membres de PAcadémie d'Arras. Le 91 avril suivant, il y prononça son discours de ré

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