Pagina-afbeeldingen
PDF

médailles d'une antiquité plus ou moins reculée : Il faut espérer que les numismates du Pas-de-Calais s'occuperont sérieusement de constater utilement leurs richesses. _ H. PIERS.

LES BEU-BEUX -Vieilleinstitution flamande, qui répond, avec uuespécialité plus prononcée, aux pénitens de la France méridionale. Les Beu-Beux ont sans doute été ainsi appelés par une espèce d'onomatopée tirée du bourdonnement que produisaient leurs prières sous le capuchon qui couvrait leur figule. Ils‘ avaient pour mission d'assister les suppliciés à leurs derniers momens et de leur donner la sépulture. Ils étaient organisés en confréries sous le titre de Saint-Jean flécole‘, ou de la Misézicorde, et établisà Mons, Valenciennes , Cambrai , Douai et autres villes ou s'exerçait la haute justice. A Valenciennes, la confrérie de la Miséricorde avait son siège à l’église paroissiale de SL-Jacques , et dès le ag décembre |643 ,elle avait obtenu une bulle du pape Urbain VIll, qui accordait indulgence plénière aux confrères et consœurs ; le pape Benoît XIV les renouvela par son brefdu 5 mai 1755, et en 1767 les Règles de la Confrérie furent imprimées à Valenciennes , chez la veuve J. B. G. Henry, in-izde M0 p. - AlVlons, la confrérie fut düibord en Yéglise de l'abbaye du Val, puis transfévéedans une chapelle particulière, rue de Nimy. ‘ l

Le costume des Beu-Beux, ou Colzfrères de la Miséricorde consistait eu une espèce de domino qui

ê.

couvrait tout le corps et voilait la figure; cette robe était noire à Valenciennes, à Cambrai on la portait blanche et parsemée de têtes de mort noires. Comme la liste des confrères était secrète , on cherchait par tout les moyens à déguiser leurs personnes; aussi, revètaient-ils des houzeaux , espèce de guêtres en toile qui cachaient les les souliers etles boucles. Beaucoup de nobles lamilles avaient de leurs membres dans les hauts grades de la confrérie de la Miséricorde, mais on ne savait jamais pertinemment

Jeurs noms. On raconte que VElec

teur de Cologne, Joseph Clément , pendant qu'il tenait sa courà Valenciennes au commencement du siècle dernier, marcha dans une procession avec des personnes de sa suite, en costume de péniteut; probablement qu’il était gouverneur de la confrérie. 4

A Valenciennes , lorsqu'un condamné partait de la prison pour le lieu du supplice , les Beu-Beux en costume Vescortaienl processionnellement : les deux premiers por{aient des lanternes suspendues et se balançant au haut de hampes en bois ; venait ensuite un confrère soutenant un Christ encadré en lozange et entouré de crèpes dont les longues barbes étaient soutenues par deux autres dignitaires de la congrégation. Avant le supplice , les confrères tâchaient d'obtenir du coupable son vrai nom , ses secrets de famille , des aveux sur les personnes qui lui étaient chères , afin de pouvoir leur faire passer soit des secours, soit des papiers impor

[ocr errors]

tans, soit enfin des gages d'attachement et des consolations. Après le supplice , ils enlevaient le corps , le transportaient à la chapelle de SL-Jean décolé, derrière l'église de SL-Géry, le lavaient, réunissaient le tronc à la tête si le condamné avait été décapité , puis ils ensevelissaient ses misérables restes et les enterraient en psalmodiant les prières des morts. Pendant toute la journée de l'exécution ,‘les confrères fesaient une quête en faveur du condamné, dans les maisons, les rues et les places publiques qui ne manquaient jamais d'être bien garnies ce jour-là.

S'il faut cncroire une tradition du pays, il parait qu'un jour un nommé Mo/ztzlgny, de Cambrai, ayant été dépendu pa|‘les confrères de Valenciennes et emporté à leur chapelle , fut trouvé encore chaud au moment de Yensevelissement. Son cœur battait faiblement et accusait un reste de vie. Les confrères le saignèrent , le frictionnèrent etle mirent secrètement dans un lit chaud; ils eurent le bonheunde le rappelerà l'existence en peu d'heures, si bien que dans la nuit même il putjrelourner chez lui. llrparut devant sa mère au moment où elle priait Dieu pour son fils lrépassé, et cette apparition subite faillit la faire périr d'effroi ou de plaisir. Malheureusement l'effet de la pendnÏSOH-ltli avaitoccasionné une terrible. descente et ses deux poignets avaient été rompus parles efforts du bourreau qui s'en était servi comme d'un point d'appui pour opérer si maladroitement la strangulation. Uinfortuné Montigny

resta estropié le reste de sa misérable vie. ' .

Les confrères de la Miséricorde étaient la terreur desjeunes enfans, un spectacle pour le peuple, et l'occasion de scènes émouvantes pour les femmes. Au reste, l'humanité la plus désintéressée les dirigeait dans leurs pénibles et dégoûtantes fonctions : I-ls étaient soutenus par le désir d'être utiles aux infortunés et aussi un peu par l'indulgence plénière des papes Urbain VIII et Benoît XIV. Cette confrérie existe encore à Valenciennes, mais sans costume; elle est établie dans la paroisse NotreDame : le tableau de SL-Jean-Décolé qui figure à la chapelle de la prison , et qui n'est rien moins que consulant pour les détenus, lui appartient en propre. Aujourd'hui même , quand un des confrères meurt, on place sur sa bière l'ancienne robe de pénitent et les hou zeaux de toile: ce sontles insignes de l'ordre.

. A. D.

COLONNE un CÀMP DE BOULOGNE. - Les conseils municipaux des principales villes du département du Pas-de-Calais ont pris , il y quelque tems, à l'unanimité une délibération pour supplier le gouvernement de rendre à la Colonne du camp de Boulogne sa destination primitive , en y faisant placer la statue de YEmpereu r. Cette démarche nationale fait honneurà ces villes, car il est utile de consacrer solennellement le grands noms historiques , il est salutaire d'inspirer aux nouvelles générations un respectueux amour

[ocr errors]
[ocr errors]
[merged small][merged small][merged small][merged small][graphic][merged small]

terre qui bornent Vhorizon de ce vaste panorama. lfaspect ‘imposa nt qu'elle présente attire continuellement la foule des étrangers , il n’est pas un cœur français qui , à la vue de ce magnifique édifice , ne sente un élan d'orgueil. Il a été destiné comme celui qu’on admire tous les jours surla place Vendôme à perpétuer le souvenir des travaux de la grande armée , à immortaliser le nom de Pillustre chef qui la conduisit tant de fois àla victoire Son origine remonte à 1804. A cetteépoque cent cinquante mille hommes environ , tant en troupes de terre, qu'en troupes de mer, se trouvaient réunis sur les côtes de l’Océan et de la Manche , pour effectuer‘ une descente en Angleterre. ljarmée navale était placée sous le commandement en chef de l'amiral Bruix. Le maréchal Soult commandait le camp de Bbulogne et celui de St.-Orner, qui formaient le‘ premier corps de cette armée (Ÿexpédition ; et Ney , cette sanglante victime , commandait alors le camp de Montreuil ; la réserve et les grenadieis étaient cantonnés dans Yarrondissement d’A’rras, s_ous les ordres du maréchal Macdonald et du duc d’Abranlès. Parmi tous ces guerriers , il en était peu qui ne fussent déjà les favoris de la victoire! les uns s'étaient couverts de gloire à Fleurus, à Charleroy , à Ïemmappes , à Valmy , à Wattignies; dans les célèbres journées des Pyramides, d’Aboukir, dfHéhopolis , de Sedmant ; aux combats de Saléhyeh, de Monthabor, de Coraïm , d’Alexandrie ; aux assauts de Jaffa , de Saint-Jean dÏAcre , aux sièges de Damiette et du Caire , au pont de Kehl ç les autres avaient fait des prodiges de valeur à Montenotte , à Millésime, aux ponts d’Arcole et de Lodi , à Rivoli , à Castiglione , à Tagliamento , et dans la fameuse journée de Marengo. Mais telle était l’idée de puissance formidable que donnait de son courage et sa bravoure , cette masse de vieux et d’illustres combattans , que PEurope entière , déjà inquiéte de son sort , se liguait dans l’ombre pour opposer le nombre à la la valeur, cton sait que la déclaration de guerre de PAutriche , qui envahit à Yimprovistela Bavière, notre alliée, ne tarda point à venir faire avorter les desseins que la France avait sur l'Angleterre. Ce fut quelques semaines avant cette impie déclaration , qu'ont lieu à Boulogne cette fête si solennelle de la première distribution des croix de la Légion-dTlonneur , fête qui a retenti dans toute l'Eurupe , et dont la colonne du camp est chargée aussi de porter le souvenir à la postérité. Nous aimerions à descendre encore dans tous les détails de cette grande solennité dont le rècit électrisera toujours‘ le soldat français ; mais la limite que nous devons garder dans cette notice ne nous permet pas de les consigner tous. i) ,

Hauteur raconte ensuite, effectivement avec des détails infiniment curieux , cette fête de Yinstitution de l’ordre de la légion-d'honneur. M. le docteur Bertrand, à qui l’on est redevable de l’histoire de Boulogne, avait déjà , après la révolu

[merged small][merged small][merged small][merged small][ocr errors][merged small][ocr errors]
[merged small][merged small][graphic]

VIE ADMIRABLE DE MADAME Ssfl-CLÄIRE , fondatrice des pauvres clarisses , par F. François Hendricq , religieux de lfiestroite observance de SL-François , père confesseur des clarisses de St.Ûmer. SL-Omer, de l'imprimerie de l’a vefve C/zarles Bosc/ul, au nom de lésus, 1651,pe|itin-8°, pp. 1550 et 4a non chiffréesæ- François Hendricq consacre de bon cœur les petits travaux de sa vieillesse à ses chères filles ,sa_ns se dissimuler qu’il a entrepris un traité surpassant la capacité et faiblesse de son chétifesprit; a mais leurdit-il, vos ferventes prières et requêtes tant defois réitérées m'ont contraint de produireet esclore ce noble bouton de rose qui a embaumé tout ce grand univers par l'odeur trèssuave de ses vertus. ., . . n Ses principaux guides ont été S. Bonaventure et Lucas Wadingus , historiographe delbsuvre de SL-Francois. Le P. Hendricq avait a manie’ le gonvernementspirituel du couvent des pauvresclarisses. de SL-Omer, passé plusieurs années, signament l'espace de ces trois dernières anÏ nées. . . . n Là, se bornent les faibles renseignemens qu'a nous avons pu réunir sur l'auteur; le style, la bonhomie, l'âge .du P. François me feraient croire volontiersqufil était frère cadet de Jean Hendricq qui a composé des mémoires fort intéressans de 1591; à 1625, sans 1amais avoir appris ni‘ grammaire, ni rhétorique , combien moins de dialectique. La biographie de la ville de SL-Omer cite un troisième

autéulr du même nom , vivant vers la même époque: elle le 11om1ne AngeHendricq, ca1 me , auquel on attribue une dissertation sur ‘le Portus Itius et qui était connu par sa relatioñ du siégé de SL-Omer, en 1658. J'avoue que le P. Ange Hendricq et ses deux ouvrages me sont inconnus et sije rencontrais un récit du siège de SL-Omer , pari"; carme du nom de P. Angegjeserais disposéfà l'attribuer au l’. Ange d; Jésus , appelé ordinaiienrent le l’. Ange , espagnol religieux du couvent des Car mes-Déchaussés de S! .Omer , qui rendit de grands services pendant le siège par ses connaissances dans le génie et l'artillerie et après la "levée du siège par son habileté comme négociateur, Jean de Clély a terminé le livre de son ami François Hendricq par quelques pqésies contre Terveere et en l'honneur de SL-Ûmer; déjà en tète de la vie deSte-Claire se trouve un sonnet du mêmeJean de Cléty’ (1) à côté des poésies de Sulpice

[graphic][ocr errors]
« VorigeDoorgaan »