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avec tou_t_le symbolisme inépuisable et leur cortège d'inspirations célestes, cachées sous un vêtement de pierrel C'est que là se_ dresse encore devant nous la vie tonte entière de _nos aïeux; cette vie si dominée par la religion , si absorbée en elle, leur imagination si riche et si intarissable, mais en même temps si réglée et si épurée par la foi; leur patience ,' lenractivité, leur résignation, leur désintéressement; tout cela est devant nous, leurs tièdes et faiblesdescendans , comme une pétrificatiou de leur existence si exclusivement chrétienne. C'est que pas une de ceslormevs si. gracieuses, pas une de ces pierres si fantastiquement brodées, pas un de ces ornemens qu'on appelle capricieux, n'est pour nous sans unpsens profond , une poésie intime, une religion voilée. C'est qu'il nous est permis, ct presque commandé , de voir dans cette croix alongée que reproduit le plan de toutes les églises anciennes, la croix sur laquelle mourut leSanvenr ; dans cette tri.plicité perpétuelle de portails , de nefs et d’autels, un symbole de la Trinité divine; dans la mystérieuse obscurité deshas-côtés, un asile offert à la confusion du repentir’, à la souflrance solitaire; dans ces vitraux qui interceptent en les tempérant, les rayons du jour, une image des saintes pensées, qui peuvent seules intercepter et adoucir les ennuis trop percans de la vie; dans Véclatante lumière concentrée dans le sanctuaire , une lueur de la gloire céleste‘; dans le jubé , un voile abaissé entre notre

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faiblesse et la majesté d un sacrifice où la victime est un Dieu. L'argus, ifest-ce-pas la double voix de l'humanité? le cri glorieux de son enthousiasme, mêlé au cri plaintif desa misère? Ces roses éclatantes de mille couleurs, cette vie végétale, ces feuilles de vigne, de chou, de lierre, moulées avec lant de finesse , n'indiquent-elles pas une sanctification de la nature , et de lai-nature humble et populaire par la foi? Dans cette exclusion générale des lignes horizontales et parallèles à la terre, dans le mouvement unanime et altier de toutes ces pierres vers le ciel, n'y a-t-il pas une sorte d’abdication de la servitude matérielle, et un élancement de l'âme alfranchie vers son créateur? Enfin , la vieille église tout entière, qu'est-elle, si ce n'est un lien sacré par ce qu’il y a de plus pur et de plus profond dans le cœur de vingt générations? sacré par des émotions", des larmes, des prières sans nombre, toutes concentrées comme un parfum sous ses voûtes séculaires, toutes montant vers Dieu avec la colonne; toutes s'inclinant devant lui avec l'ogive , dans un commun amour et une commune espérance?

n‘ Fils du vieux catholicisme, nous sommes là au milieu de nos titres de noblesse : en être amoureux et fiers, c'est notre droit; les défendre à outrance, c'est notre devoir. Voilà pourquoi nous demandons à répéter, au nom du culte antique, comme Vous au nom de l'art et de la patrie, ce cri d'indignation et de honte qu'arrachait aux papes des grands siècles la dévastation de Yltalie: Expulsons lesBarbarcs J» ‘ ' Après ces considérations, __dont tout le monde peut apprécier la justesse, arrivons aux tableaux, but principal de mes observations. Saint-Maurice possède une multitude d'Arnould De Vuez, d'un mérite asse; secondaire , bien qu'il y ait de temps à autre des coins qu'un artiste regarde avec plaisir. En outre, ily a dans cette église quatre Christ de couleurs différentes, ‘dont un de M. Watteau, et un tableau qui représente les âmes partant du purgatoire. On dit ce dernier Pouvrage d'une dame; il est gracieux, et sans avoir grand mérite aux yeux d'un artiste, l'idée m'en plaît. _ Le chœur de la Madelaine s'annonce avec plus d'éclat, que de mérite. Les quatre tableaux qui sont à l'entrée, sont modernes et de l'école flamande, à ce que nous croyons. Pauvres modernes! qu'allaient-ils faire au siècle dernier ( car un siècle notiveau a commencé pour l'art ), qu’allaie'ntils faire chez les maîtres _dont ils paraissaient vouloir s'inspirer? Afbel de Pujol et ses rivaux contemporains faisaient de l'antique , on le disait,mais rien de plus. Faire du Rubans à cette époque , c'était allier du bleu , du blanc, du rose , et du jaune aussi proprement que possible , sans trop s'inquiéter du dessin ; ce n'était pas marcher dans la voie du génie le plus extraordinaire Auprès de ces tableaux , de chaque côté du choeur, se trouvent deuxcopies d'une contemporaine. Si nous y avons recon

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nu de la modestie et du goût dans le choix des sujets’, nous ferons néanmoins observer à l'auteur que rien n'est indifférent dans l'ouvrage d'un maître, et que , soit en rétrécisssant son cadre , soit en y ajoutant, on mérite le blâme.

A Saint-André, salutà la copie du Dominiquin! salut auitableatt d'Arno_uld ,, aux petits volets près du chœur! salut à M. Descamps!

M. Descamps, qu'il ne faut pas confondre avec Decamps, malheureusement pour le premier, a décoré sa ville natale du martyre de saint André. Son tableau a plu et plait encoreffoutefois, je désirerais, pour qu'il ait moins de

chances de cesser de plaire , que,

le grand prêtre fût un peu moins emmaillotté, que le bourreau tint une corde avec moins de grâce, que saint André fut moins rose , et que Jupiter enfin menaçât moins de tomber. On dit que M. Descamps aime les maîtres, je désire donc qu'il les aime assez pour les imiter davantage.

L'église Sainte-Catherine nous permet de nous reposer dans l'admiration. Rubens y préside , Rubens comme on le retrouve à Bruxelles , à Anvers , plein de feu et de sagessef, i jeune de dessin , d'une poésie, d'une science de couleur et d'effet inimaginables; Rubens , auquel un puriste blâmera une robe de "soie, mais que j'aime, parce que son tableau est un chefd’œt1vrc,' et que, dans un chefd'œuvre, il n'y a rien à retrancher.

Pourquoi faut-il, en baissant

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les yeux , tomber surdes tableaux tout fraîchement placés, et pour lesquels il faudrait nous armer d'une critique sévère. Le tableau du ‘grand maltre les condamne encore plus haut que nous ne pourrions le faire, et sa présence à Yéglise Saiute-Catheriue oblige defify admettre que du. beau et du bon.

Ce ne peut être pour se moquer des règles de l'art et tourner en ridicule [Écriture-Sainte que M. de M... a envoyé’ ses’ tableaux à Saint-Etienne. Nous - le troyens incapable (le telles intentions; mais , certes î, il est difliciletzle concevoir rien de moins convenable et de plus imparfait. Il est vrai que l’on a eu le bon esprit de les"pla‘cer fort près-de la porte; on aurait dû leur rendre plus de. justice , en ne leur permettant pas dfen franchir le seuil. ’ » u.

ILest très-fâcheux. de voir les

amateurs d'un talent plus que

secondaire, employer leurs loisirs

en tableaux qui représentent les objets les plus dignes de notce vénération‘? De tels sujets ne souffrent point la médiocrité, et ne devraient le plus souvent, et surtout dans nos villes , être que le produit des méditations et des veilles de nos artistes. Lille , il est - vrai, n’a jamais été riche de grands talens en peinture; mais il peut citer quelques noms qui ne sont pas sans gloire , et dans l'époque actuelle ,. il peut se féliciter de posséder des jeunes gens pleins d'avenir, passionnés pour l'art , et qui, par leurs premières œuvres, ont fait naître ‘des espérances qu’ils réaliseront. ( Gazelle de Flandre ).

CHARLES QUINT À DOUAI. - La très-excellente et très-joyeuse entrée à Douay de FE/rtpereur notre sire , lors Roi, Ïau 01018 de m'a)’ l 5 | 6, sa conduite et demeure d’Icelle comme il s’erzsuyl (i).

Alfin de donner en temps futur , mémoire perpétuelle _à tous ceux et celles quy ce présent petit recœuil regarderont et lyront de la très-joyeuse entrée de Charles notre sire le roy de Castil , de Léon , d’Araigon et de Grenade, de Navarres , de Napples et de toutes les Espaignes , conte de Flaridres et descendu de Phles (a) arcliiduc d'Austrice et de noble et iclitte dame Jehenne fille de don Fernand roŸ de tous les lesd. royaumes , le-‘ quel Phles père come dict _est durl’. notre s_ire le ruy Charles , fust fils du très-auguste Maximilian Empereur de Rome et de toutes les Germanies et de très-Iexcellante dame Marie , fille du très-victoryeux et très-redoublé duc Charles duc de Bourgonghe de Brabant conte de Flandres et qui fut fils du très-noble et digneinfaillible mémoire le bon duc Phles duc de Bourgongne , lequel Fernant roy par vertueuses proesses et forches darmes cenquyst en son tems plusieurs desd. royaumes tant sur les infidèles que sur les autres. Desquels royaumes il a toujour vertueusement possessé et infailliblement gardé contre et enuers tous côme de quoy pour ses conjoyeuses proesses, son nom et noble re

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nommée s’est tant et tellement réspandue es regnans et climas infidèles a l'honneur de Dieu notre créateur et de notre loy qu’il a es-' té par le Saint-Siège apostolique dëcreté et baptisé entre et sur tous les roys seigneurs le roy catholique ensemble sasjsuccesseurs.’

Or , est-il que après la mort dud. Phles père dud. notre sire"le roy Charles et dud. roy Fernand son grand-père côme dit est tous les royaumes dessusd. ensemble plusieur aultres et mesmes tous lesd. pays et aultres non dessus déclarez , de par deça , ensemble led. nom de roy catholique côme à leur plus prochain héritier habille à succéder lui- sont succédez et esceuz et voila comme ll a esté descendu et à cause de quoy il est roy et seigneur de lesd. pays

Lequel notre roy sire desirant donner consolation et liesseà icelle sa ville de Douay ensemble à ses bons et obéissans subgets d’i_celle se soyoit disposé venir faire en icelle sa voyageuse et noble entrée ce qu’il aurait faità scauoir IeJG jour de mays l'an 1516 par ung jeudy le lendemain feste de Pentecostes ; et fust , icelle ville de Dpuay la première ville ou led. notre sire a faict entrée, comme roy par-ce que enaulcunne ville , ou ‘il avoyt auparauant faict- son entrée il n’estoit lors seulement que archiduc d’Austrice, duc-de Bourgogne , de Brabant , conte de Flandres , etc. et non roy.

_ En faisant laquelle sa noble et excellente entrée led. notre sire le roy estoit acoustré et.» habillie tout en clœul et semblablement

tous ses nobles , tant de l'ordre ‘de

sa noble Thoison que les aultres, ses domestiques et oficiers , a cause de la ‘mort dud. roy de Castille , Daragon , etc. sond grand-pére, laquelle mort aduint enuiron le quaresme deuant sad. noble entrée del'an1515. ' ' Duquel roy Daragon led. notre sire le roy fist faire et celebrer en Péglise Sainct Goule en sa ville de Bruxelles le mercredy nœufuiesme jour d’auril après Pasques aud. an 1516 tant devotement et lionestement que viens plus après Lequel service celebré ledit notre sire le roy fut notifié et déclaré par Thoison dor’ son grand heraut d’honneur and. un par led. jeudy le leudemain desd. fastes de la Pentescostes il fist côme dit estsa joyeuse entrée en icelle ville de Douay _Ponr laquelle sa joyeuse entrée solemniser M". les baillys , les escheuins , six hommes et conseil ensemble tous les officiers quelconquedlicelle allerent au deuant en grand triomphe‘ et tout en dœul et toutes nœufves robbes accompagniezmesmes de plusieurs notables bourgeoisacoustrez aussy en dœul, et du capitaine du pignon (1) et sa bende laquelle n’estoit acoustré en dœul mais de rouge drapt et ledit capitaine nvoit un soyehon de noir de velours, rayé- en plusieurs lieux de jeauues filets,-de drap damàs, et estoit en tous en nombre de- six cens chenaux. .

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Ceux de la gouvernance marchoyent aussy en bel aroy tout acoustré aussy en deeul deqnœufves robbes. A -.

Aussy furent aux deuant les venerables collages des esglises d'icelle ville, les religieux vmendians processionnellement a croix et a palme et allerent jusques à la porte

Notre Dame ou il rechurent- notre

d. sire le roy {et après la receuence par eux exposiez lui donnerentà baiser lefust de la vray croix. ’ Tous les dessus nommez allerent au deuant dud. roy notre sire en bel ordre et aroy portans les clefs ‘de la ville par lesd’. sergents et quy plus est marchoyent deuaut en- belle conduite et richernment accoustrez , plus trois sermens de la vi_ll-e (i), a scauoir :’ JEREMLNT les arbalestriers V ayans chacun leurs bastons et tous accouslrez de hocquetous de parure a scauoir de drapz rouges et bordé richement que bien plus. SECONDEMENT les archiez ayans semblablement rouges hocquetons exquisement broudez ayant chalcun avecq trousse et espéea leurs costée. TIERCEMENT les boulbardiers (a) ayans chacun une rouge robbe lesquelles robbes aussy ensemble Tous lesd. hocquetons estoyent tous de nœuf drapz et allerent tous jusques a my voye de Wasyers et lesd. de la loy arriilez pres du roy lui furent présentées les clefs de la ville etfist révérence alleguant en tel cas per

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T_i] Les sermens étaient des compagnies bourgeoises d'ateliers, dürbalélriers et de joueurs düinncs - '

inj Bombardiers.’

tinent par la bouche de maître Dablain conseiller.

Et ly avoyt soixante douzegrans torzes que l’on dist flambeaux que portoyent soixante douze homes touttes allumées deuant le roy notre sire‘. - .

A la porte Notre Dame par laquelle led. roy fystson entrée en icelle sa ville , il y auoyt dessoubs la hautte voussure trois drapz a scavoir rouge jaune et blancqlqui estoyent tous les livrées dud. roy et au milieu il y avoyt ung grand et somptueux escu ou estoyent faictes paintes et esleués fort richement les armes dud roy et au basdicelle estoyt escrit dedans ung beau volle: Veniat dileclus meus iuliorlum szium, et au-deuant dud. escus y avoit aussy ung escarpeche painte rouge toute plaine torzes ardau tes.

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