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qui veut vous plonger dans la misère , et qui d'avance se réjouit du momentoii vos cadavres-desséchés par la faim , tordus par la douleur, seront gisans à sa porte ,oii vous aurez vainement tendu la main pour prolonger votre existence. nf- a Ils ont raison, hurlèrent les _ portc-laix; Nicollon i est un gueux , un accapareur, il nous ôte le moyen de vivre avec les machines que l’enfer a vomies pour empêcher le pauvre de gagner de l'argent; brisons-les d’abord, lantënzans ensuite Yaccapareur ! u Un jeune porte-faix (il existe encore), indigné de ces accusations mensongères, essaya d'arrêter la fureur croissante de ses camarades : a Qu’allez-vous faire, mes amis? quelle rage vous prend de vouloir sacrifier celui que vous devriez défendre aux dépens de vos jours. Avez-vous déjà oublié que , sans Nicollon , vous n’eussiez eu ni ouvrage ni pain pendant tout'l’hiver? Si Nicollon n’avait pas des magasins de blé, qui aurait approvisionné le marché de la ville? Aurions-nous eu des journées à cribler, à ensacher, à porter? Quel‘ est celui d'entre vous à qui Nicollon n'ait pas avancé du grain ou de l'argent pour nourrir ses enfans? Nicollou est un honnêtehomme , il fait son commerce loyal-ement ; je le répète , sans lui nous aurions tous lire’ la langue Io/zvgue comme le bras. u A bas l’orateur, à la lanterne l’ami de Nicollon , crièrent les premiers qui avaient parlé : Nicollon est un traître, un aristocrate qui veut alfamer le peuple,'un agent de

Calonne. - Uhonnète ponte-l'ai: se perdit heureusement dans la foule, car sans doute il eût été victime de son amour pour la vérité. Les meneurs en chef, craignanfque la populace se l-avisät , dépêchèrent leurs agens Douaisiens dans les cabarets-on les soldats de Vintimille buvaient , chantaient , sacraient. En quelques ininutes , ils débouchèrent de toutes parts, se mêièrent à la canaille , offrirent leurs bras pour anéantirJes machines populaires. Il ne fallait pas un si grand déploiement de forces pour arriver à ce but, les grues furent mises en pièces ; les héros de cettedestruction passèrent la nuit sur la place , dansant autourdu bûcher formé des débris des machines détruites, s’excitant à poursuivre leur vengeance; Les magistrats, au lieu de réprimer lemouvement séditieux, en requérant la garde na

‘ tionale; se contentèrent d'ordon

ner au commandant de la place de faire prendre les armes à la garnison , sans se mettre en peine de dissiper le factieux rassemblement. Le jour parut, avec lui de nombreuses libations, puis des voix féloces répétant l'arrêt de mort deNicollon. Le tumulte croissait sans que les autorités cherchassent à Yappaiser, les meneurs entraînèrent cette populace chancelante d'ivresse dans la rue Vieux-Gouvernement , ou demeurait la victime; on enfonça-la porte, on arracha Nicollon des bras de sa lemme suppliante , on le traîna dans la rue jusques sous le premier réverbère où il devait être accroché, lorsqu'il parvint à se sauver des mains de ses bourreaux ; il se réfugia dans la prison comme le lieu le plus sûr. Cette fuite redouble la rage des agitateurs, qui menacèrent d’assiéger lsrprison si on ne leur livrait Nicollon. Les magistrats n’osèrent encore intervenir z cette incroyable faiblesse servit les projets des scélérats qui voulaient la mort de Nicollon. v

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D’Herbais , filleul de ce dernier, jeune homme plein d'avenir, qui venait d'unir son sort à une femme adorée , frémit d'indignation en apprenant les outrages et les menaces d'une bande furibonde : il s'arracha du lit nuptial, malgré les prières de sa femme , et revêtu de son habit de garde national , il se fraya une route, le sabre à la main , jusqu'à la porte de la prison que ' les factieux commençaient à ébranler. Il s'établit factionnaire à cette porte , après avoir écarté les plus obstinés. Puis , improvisant une brillante , une énergique allocution,_il prouva que son parrain avait mérité de l'amour desDouaisiens. par ses vertus privées et publiques. a Ingrats, aiouta-t-il avec véhémence , quel génie infernal a pu voussuggérer de la haine contre Nicullon , à qui la plupart deÏvous doivent l'existence ; en employant ses capitaux à des achats de blé, c'était pour qu'ils ne sortisseut pas de la province pour être exportés à l'étranger, c’était pour que les habitans de Douai ne fussent pas exposés à en manquer. Qui fournit les marchés? NicollonfSi , comme vous

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le dites , .il accaparait le blé pour vous aifamer, aurait-il ses magasins à Douai? En vendrait-il à tous ceux qui en demandent? Laissez d'ailleurs à la justice le soin de le punir, s'il est coupable , et ne vous rendez pas complices d'un lâche assassinat. Il -La populace, un moment calmée par l'attitude imposante de d'Herbais , aurait peut-être cédé à ses remontrances, si les individus, qui, les premiers , avaient excité. cette sédition , n'eussent couvert sa voix en répétant leur cri de mort contre‘ Nicollon et contre ceux qui voulaient le sauver; ils ranimèrentla fureur de la canaille, en promettant de l'argent, en parlant de pillage. Cette tourbe cruellese rua sur d’Herbais , le désarma , le traîna dans la fange des ruisseaux, Yaccablaut d'injures, de coups , lui faisant souffrir mille morts. Un prêtre , témoin de cette horrible scène , s'élance au milieu des assassins en leur représentant avec force leur crime et l'innocence de leur victime. Cette voix généreuse ne fut point écoutée , puis il était déjà trop tard, le malheureux d'Herbais , flagellé , déchiré, n'existait plus. La rage des bourreaux ne féteignit pas avec sa vie , ils portèrent ce corps mutilé sous les fenêtres de sa jeune épouse etle pendircnt au réverbèrc qui faisait face.

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sa mort ne tardèrent pas à venir en foule à la prison. L'évasion de la victime les exaspéra ;' ils menacèrent dégorger Mme. Nicollon et ses enfaus , s'ils ne trouvaient Fobjet de leur haine. Le malheureux proscrit, entendant les cris des tigres qui le cherchaient et son nom mille fois répété, craiguit de compromettre celui chez qui il sïitaitrefugié , il monta au grenier, de là sur le toit, ou il se cacha entre deux cheminées. Un polisson l'aperçu, le montra aux assassins en disant afin/étiez , Hwéliez ; en trois minutes , Nicollou

fut arraché du faîte de la maison oi1 il s'était hissé. Après l'avoir ou_trageusementinsulté, on l'accrocha à la corde d'un'réverbère ,visà-vis le cadavre de son filleul; trois fois la corde cassa , trois fois on renouvela son supplice aux acclamations sataniqiies des spectateurs.

Cet affreux événement plongea la ville de Douai dans la consternation; lorsque l’ordre fut rétabli , on mit en prison les assassins ', mais on n'ose pas les juger. Le i4 septembre (le la même année , ils furent mis en liberté en vertu d'une amnistie. Lorsque la république française fut proclamée , ces deux monstres , déclarés bons citoyens , républicains parfaits, tirent longtemps trembler leurs compatriotes , au nom des frères et amis , et l'assassinat des deux Douaisicns lut leur titre de gloire.

M me. CLÉMENT, née HÈMERY.

M. DE NEDONCHEL. - Le baron de Nédonchel, d'une an

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CHARLES-LE-TÈMÊRAIRE FAIT GRACE AUX GANTOIS. -- Relanor: inédite (t). - a Sensieult la congregacion des nobles que faicte estoit en la grant salle de Brouxelles, le dimence xv° jour de janvier lan mil iiij’ lxvii-j derrainement passe et comment ceulx de la ville de Gand obtindrent ou dict parlement de tres hitult tres victorieux et tres redoubte seigneur et prince, monseigneur‘ le dur: Charles de Bourgongne, de Lottier,de Brabant, de Limhourg, et de buxembonrg conte de Flandres,etc. pays, par sa tres bénigne clemence et tres excellente bonnairité et noblesse de leur derraine dfence et desoheissance. l)

n Premierement estoit la dicte ‘salle aournee et circompendue de tres riche tapicerie du grant roi Alexandre, Hanibal et aultres nobles anciens et mon dict seigneur le duc estoit assiz en icelle salle ou capital et pour tribunal à une tres riche chayere moult noblement paree et circompendue de draep dor et pareillement dessoubz ses pies , dont certain-s degrez esluientjxiis descendant de ladicte chàyere, et au plus bas degre éstolt assiz tres hault et punissant prince monseigneur Anthoine bastard de Bourgongne , conte de la Roiche‘, sei. gneurde Bevre et de Beuvry, premier chambellan demondictf _seigneurle duc et ayans à ceste cau

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« Item estoitillecq, en icelle salle laicte ,'_moult richement de charpentaige une rue, comme ung chemin, pour-les vçnans, passans et seiotirnarxs. dont ou moyen clicelle rue , lesdicts ofliciers de mon dict Seigneur chacun-en ordre ct selon sa (lignite deson ollice, comme dict est, estoient mis en assiz. l)

" ‘ ‘i Ores pour scavoir la cause dicclle cbngregacion et parlement il est vray que au dictjour monsieur Olivier, de la Marche, chevalier, etPierie Bladelin dit Leestmakere, maistres dostel de mon dict seigneur le duccomme (leputez ad ce de par mon dictseignexu‘ et vindrant de la court de mon dict seigneur jusques sur la place appellee Caudeberglie devant la court ou les dicts de la ville de Gand esloicnt assamblez, et venus de la maison de Brouxelles, assavoir: ceulx de la loy les cincquante deux doyens des mestiers et jures dicelle ville de Gand, lesquelz ils conduisrent moult gracieusement de la-dicte place jusques en la dicte court, chacun doyen ayant devant luy la banniere ouverte de son mcstier sur une lance , dont ilz attendirent en la place dicelle court, en la ncge plus dune heure et demye et quant ils vindrent et entrerent par lintercession de leurs dicts conduisseurs en icelle salle ilz se misrent chacun avecq sa bannière trols fois à terre moult humblement avant quilz entrcrent

oncques ou dict parcq la ou ilz estoientchacun en ordre, appelles, et misrent illecq chacunlenr baniere devant les pies de mon dict seigneur le bastard de Bourgongne, criant tous ensamble et unanimitez tres humblement merchy, ce que moult piteux estoit pour veolr et oyr.»

n ltemaprès ce incontinant , estoit illec leu tout au long le grant previlege desdicts de Gand, et par especial du renouvellement de la loy dicelle ville etc. et ce fait, apres la dicte lecture , demanda monseigneur messire Pierre seigneur de Goux et dcWedergrote , chancelier de Bourgongne , a la personne de mon dict seigneur le duc, que chose lui en plaisoit estre faicte dont mon dict seigneur respondi incontinent, que on adnulleroit de tout le dict privilege et ce oyant, monsièur maistre Jehan le Groz premier secretaire et attdiencier print ung canyvet ou tailge-plume et cassa le dict privilege, present tous assistans. n »

» Item ce fait , commencha mon dict seigneur le duc, proposer plusieurs raisons ,_par maniere de lamentacion , touchant les darraineres guerres de Flandres alleguans tout au longleurs olfences et mesuz et quel maniele ilz avoient tenu envers la tres haulte et noble personne de leu le puissant duc Phelipe, c_ui Dieu absoille , son pere, en plusieurs manieres , leur aussy signiflîant et demonstrant comment il avoiLeste tousiours de toute sa puissance et leur ayde en tous lieux, et pour les excuser devers

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