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lée par les ennemis et le secret qu'elle avait si bien gardé fut connu de ses compagnons. Dès lors la bienséance Yobligea de quitter le service ; elle ne pouvait plus y rester sans se voir exposée aux inconvéniens qu'elle ne craignit pas tant que son sexe fut un mystère. Conduite à Nancy devant le’ maréchal de la Ferté , il lui offrit une compagnie et le secret surson état, si elle voulait prendre du service dans ses troupes; mais elle le refusa pour ne pas porter les armes contre son prince légitime. Revenue dans son pays natal, elle entra dans un couvent , par la protection de l'empereur Léapold pour qui elle avait plusieurs fois versé son sang, et cette vie , commencée si aventureusement au milieu des dangers et du bruit des armes , se termina paisiblement dans le silence et la paix d'un cloître.

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MOUTON (LAUIŒNT), né à Mous en 1644 , entra à l'âge de no ans dans l'ordre des Carmes , ou il se fit remarquer sous le nom de Père Elle de SI-Albert; une humeur aventureuse et un goût des voyages de long , cours que l’on retrouve souvent dans nos contrées , soutenus par une ardeur religieuse qui le dominait principalement, lui suggérérent l'idée d'aller prêcher l'évangile dans des pays lointains. Tout le Hainaut le croyait perdu et déjà grossissant le nombre des martyrs de la foi , quand on apprit, dans sa ville natale , qu'il venait d'être élevé au siégé épiscopal dïspa/zau ,

capitale de la Perse. Il était même entré tellement avant dans la faveur du S/za/z, que ce monarque l'envoya en ambassade auprès de l'empereur dfl/Xllemagne qui le combla de présens. Le Pére Elie de SI.Allzert ne s'en tint pas à ces travaux apostoliques; il voulut aussi contribuer àramener à la religion chrétienne les peuples du Nouveau Monde , ct il partit pour le Brésil; mais la mort le surprit à Sun-Salvador le 14 février 1708 , et au moment ou il se disposait à retourner dans son évêché d'lspahan, convaincu qu'il était , que les pasteurs sont plus tenus encore de résider près de leurs troupeaux , alors méme qu'il y a peine et danger à le faire. A. D.

C'EST UN FAGAN. Parmi les olliciers d'un régiment qui tenait garnison à Cambrai , quelques années avant la Révolution , il s'en trouvait un , nommé Fagan. C'était le plus grand dissipateur qu'on put trouver ; élégant , libertin , prodigue et joueur ; enfin , et en tous points , ce qu'on nomme un bourreau d'argent. Ses parents lui en envoyaient beaucoup , mais jamais assez , ni assez tôt. Quand le montant d'un trimestre lui parvenait , il acquittait en partie les dettes du trimestre antérieur, en sorte qu'il ne lui restait jamais que le sac. Pour le remplir il allait chez (Yhonnètes marchands , qui savaient qu'il n'y avait rien à perdre, acheter des draps , des argenteries ; il les prenait sans marchander et les revendaient à l'instant à des juifs Obligeans aux prix

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vice dans les campagnes. Un mot de la basse latinité , rnesc/iinus , qui lui-même , selon Borel , est dérivé de l'hébreu mec/iinac/i , paraît être la véritable souche de Ÿexpression qui nous occupe. Ce mot mesc/zinus qui signifie garçon , serviteur, a été traduit en français du moyen âge par flZCSCÏlÎ/I dont le féminin fut mesc/zine. Voici d’abord quelques exemples où mesa/lin et mes lzine sont pris seulement comme jeune homme et jeune fille’ Envoyez le Pempcrère Pepiu Si fera bien chevalier le machin , Ses parens est , ct ses cousin germain Romands Garin le Lohernilu Et, li rois mist ‘a la machine E1 chief une norone fine.

Roman de Perceval

La citation suivante vous offre mesc/iine dans le sens de servante : « Ordonnons que à nostre vénéra» ble frère en Dieu , abbé de Bonne » Espérance , pour un serviteur et » pour une mesa/aine , et pour vin , » cervoiseetc. , pour chascun mois, » sera bailliè par le commis no li» vres. n ( C/zar/es de Bonne-Espérance , page 548.) Mesc/zinage s’employait aussi pour service, domesticité. Enfin de ce mot est venu par extension , mesquin , mesquinerie. Les Italiens disent ÏIIBSC/li/IO pour malheureux , pauvre. Vallais oublier d’ajouter qu’il existe dans nos campagnes un ustensile de cuisine qui s'appelle mesquène ou mesa/zinc à cause du service qu’il fait

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LIBERT, ( AUGUSTE) naquit à Sebourg, gros village entre Valenciennes et Bavai , le 28 janvier 1774 et entra de bonne heure au service. Plusieurs traits de courage le firent distinguer à l’armée: le 16 germinal an Vll, il arrache un de ses camarades des mains de l’ennemi ; le 28 thermidor suivant , il s’eiupare d’une pièce de canon servie par sept canonniers qu’il met en fuite ou hors de combat, au moment même un fort détachement ennemi l'oblige à quitter sa prise; quelques jours plus tard, il sauve encore un hussard blessé que les impériaux emmenaient prisonnier. Uannée suivante , Lihert, se trouvant à la reprise de Mondovi , s'empara de deux ofliciers Autrichiens et de leur escorte. C’est surtout pendant la campagne de Russie et la malheureuse retraite qui la suivit, que ce militaire intrépide donna des preuves de courage. Lieutenant au 6° régiment de hussards , chevalier de la légion d’lzonneur, il iitpartie de ce fameux Escadron sacré , forme’ en 1814 de tous les oiliciers sans trottp-es. Sa bravoure se signala à Rheims , à Montreau , Craone et Montmirail. Ce militaire , couvert d'honorables blessures , assista à la bataille de Waterloo , et depuis lors s'est retiré du service. Rendu à la vie privée , il est rentré aujourd’hui dans ses lbyers où il jouit de l'estime de ses concitoyens. A. D.

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Louis Dugué de Bagnols en 170g , M. de Bernières était par sa place , moins encore que par une heureuse conformité de caractère , en relation intime avec Fénelon. L'illustre archevêque fait souvent dans sa correspondance un bel éloge de cet Intendant. Voici comment il en parle dans une lettre du 24 avril 1710 au duc de Chevreuse .- « Il se «tue et se ruine à remplir ses de« voirs. Il a de la facilité d’esprit , « des vues , de Faction , de Yexpé« rience , du zèle, et il fait certai« nement plus, que nul autre ne fe« roit en sa place. »

Le 5 mai suivant , il en parle encore dans des termes analogues. Le 18 février 17 1a , M. de Bernières se rendit à Paris pour exposer la situation malheureuse de cette frontière , et communiquer ses vues sur ce qu’il y avait à faire. Fénélon lui donna une longue lettre pour le duc de Chevreuse, qu’il priait de lui faire obtenir une audience du Dauphin (le duc de Bourgogne). Dans cette lettre, il fait de nouveau un éloge très-circonstancié de l'Intendant. On est étonné de ne pas trouver les lettres de Fenelon à Nl de Bernières_, dans la correspondance de ce prélat qui vient d’être publiée avec tant de soin , chez Adrierz Laclère , à Paris , onze vol. in-8". 1827-1829. Ces lettres existent cependant; j'en ai vu et examiné il y a peu de jours , le recueil autographe. Elles sont au nombre de 80 environ , et presque toutes relatives à des affaires dïntérêt local et de jurisdiction métropolitaine. Puisse cette collection appartenir un jour à la ville de Cambrai !

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Tel est le titre d'un petit ouvrage ami-religieux tiré , en grande partie , de FOrIgi/ze de tous les cultes de Dupuis; son apparition produisit , à Valenciennes, du bruit et du scandale: un ministre desautels, nommé Carpe/Hier, animé d'un zèle ardent , se transporta , le 25 pluviose , an X , vers minuit, accompagné de plusieurs autres prêtres et ex-religieuses , sur une des places publiques de cetteville , o‘u _un exemplaire de cet ouvrage fut solennellement livré aux flammes; et pendant qu'il brûlait, les ex-religieuses et les prêtres chantaient en chœur des hymnes sacrées. Quelques jours après il sortit des mèmes presses deux acrostiches, non moinsim pies que le MAGISTER , sur les mots CARPENTIER, ‘ÏONGLEUR , Inqorsmaux , et Cmrawnmt BRULEUR or. LIVRES. Ces vers furent attribués à un habitant de St-Quenlin , alors à Valenciennes.

Le scandale ne devait pas s'arrêter là ;p cette brochure n'ayant pas été épuisée dans le cours de l'an X,

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on en changea le titre; un calen; dricr pour l'an XI fut substitué au premier , et l'extrait de Dupuis , ainsi déguisé, parut alors sous le titre suivant: Entretiens sur toutes les religions et particulière/rient sur Porigi/ze de la religion chrétienne. Composés düzprès les manuscrils et les hiéroglyphes rlécourferls en Egypte par les savons modernes. Almanachpour l'an XI. (1802 et 1805.) Valencienpes , Prignet frères.

Ce livre qui en l'an X n'avait excité que l’animadversion de quelques ames pieuses , devint en l'an XI l'objet des poursuites du pouvoir, sans qu’on puisse dire exactement dans quelles proportions la politique et la piété contribuèrent à ces poursuites. Le Pape ,

liés}; z: ÏË"îZ"f.‘ëÎÏ-fï‘"°‘ l añligé de l'état déplorable dans lequel la religion chrétienne se trouvait en France, consentit à traiter avec la République. Blonseigneur. Hercule Consalvi, ministre de Sa Sainteté Pie VII, s’entenditavec le seigneur Jtïicolas Bonaparte , ci toyen premier consul, et ils signérent un concordat le 25 fmctidop an IX. Cet événement, suivant le dire de plusieurs , se rattachait, dansles calculs du futur empereur, au grand système de domination déjà conçu par lui dès cette époque. Sachant bien tout ce que la reli gion , adroitement utilisée , peu; prêter de secours et de force "à la puissance , il releva les autels; et,

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Les autorités surveillées par un tel maître durent naturellement seconder ses actions et imiter son exemple. Une loi avait été rendue le 18 germinal, an X, en exécution du Concordat , loi qui ne permettait plus le doute sur les intentions politico-religieuses de Bonaparte. Ce fut peu de temps après, que le citoyen Dieurlonne’, préfet du département du Nord, crut devoir prendre, contre les Entretiens sur toutes les religions , l'a rrè té suivan t:

«Arrêté du préfet, relatif à la a publication et à la saisie d'un ou« vrage imprimé à Valenciennes , a tendant à anéantir et tourner en « ridicule les principaux dogmes n de la religion chrétienne. »

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consolans de l'existence de Dieu et

I

de l immoi talité de l’ame;

n Qu’il dirige particulièrement ses eiforts contre la religion Chrétienne, et embrasse dans la même prescription tous ses ministres;

« Qu’il s’attache à déverser la calomnie et le mépris sur le Souverain pontife de cette religion , auquel toutes les puissances de l’Europe accordent les égards dus à son caiactère et à ses vertus ;

(t Que , dans plusieurs passages , -il se fait comme un plaisir de fouler aux pieds la morale la moins austère , et de mettre les propos les plus licencieux dans la bouche d’un des personnages qu’il fait

parler; « Considérant qu'au moment où le gouvernement emploie tous ses efforts pour rétablir en France, Pexcrcice de la religion chrétienne ; lorsqu’il conclut avec le Souverain pontife, et à la face de YEurope , une convention que réclamaient et la politique et la morale; lorsque de toutes les parties de la République le Premier Consul reçoit les félicitations et les actions de grâces des citoyens de toutes les religions pour ce nouveau bienfait; on ne peut voir dans Youvrage qui vient d’ètre signalé , qu'une tentative audacieuse pour exciter l'opposition et la résistance aux lois bienfaisantes sur le libre exercice des cultes et notamment à celle du

18 germinal an X; » « ARRÊTE :

a t". Il est détendu de réimpli

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