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BONNET DE LA LIBERTÉ. Tous les journaux ont fait naguères mention d’une petite fille , des environs de Longwy, dans les yeux de laquelle on peut lire cette légende: Napoléon empereur, écrite distinctement; on a aussi parlé d'un enfant dont l’œil présente un petit cadran de montre avec les heures en chiffres romains ; enfin il a été question d’un troisième, portant sur la poitrine l'image d'un soleil oii l’on expose le saint-Sacrement: tous ces faits sont attribués à l'imagination maternelle , frappée durant le tems de la gestation. Notre pays a eu aussi son phénomène de ce genre; nous en avons retrouvé le souvenir dans un arrêté imprimé à Valenciennes, chezJ . Prignet, en 1795 , arrêté tellement curieux par ses considérants , que nous le transcrivons ici textuellement.

a Liberté , égalité , fraternité ou la mort. A Valenciennes, le 13 nivose , l'an 5° de la République française, une et indivisible. Les Représentans du peuple , près les armées du Nord , Sambre efMeuse et départemens frontières , vû la pétition de la citoyenne Magdelaiue BOIIC/Lé, épouse de l-B. Mercier‘, volontaireau 1 "bataillon du Nord, chargée de plusieurs enfans qui, n’échappa qu’avec beaucoup de peine à la férocité des Autrichiens lors du i" siège de Valenciennes; laquelle vient d’accoucher d’uue fille , portant sous le sein gauche le Bonnet de la Liberté , en couleur et en relief, dont la pétition no us a été renvoyée par le comité de salut public .

» Vû le rapport du général divi

sionnaire J scon , qui a étépar nous chargé de vérifier ce dernier fait.

a « Considérant qu’il résulte du rapport du général J ACOB qu’il est constant que la fille dontvient d’ac coucher la citoyenne Mercier, porte sur le sein gauche le Bonnet de la Liberté, en couleur et en relief.

« Considérant que le Peuple français n’a brisé ses antiques idoles que pour mieuxhonorerles vertus ; que le ‘jour de la Liberté en dissipant les ténèbres mensongéres du fanatisme rend tout leur éclat aux œuvres de la natulfe , qui s'est plus pendant le cours de notre révolution à nous prodiguerses bienfaits; que si les miracles inventés par Yimposture sacerdotale, étaient accueillis parjfignorance et la sottise, il flappartient qu’aux esprits éclairés et à la raison d’observer attentivcment les prodiges variés du, moteur secret de Yunivers.

a Considérant que le phénomène dontla fille de la citoyenne Mercier offre le premier exemple , prouve non seulement que la nature aime à marquer de son sceau le règne de Yindépendance, mais encore l’attac/ieflze/zt intime que la mère de cet enfant porte aux signes sacrés de la Liberté.

« Arrêtent que sur le vu du présent arrêté , le receveur du district du Quesnoy payera à la citoyenne Mercierla somme de quatre cents livres , à titre de secours provisoire.

u Arrêtent en outre que le présen t arrêté sera adressé au comité de salut public et dïnstruction publique dela Convention nationale. Leprësent arrêté sera imprimé et afliché. Signés: RocEu-Ducos et J .B. LACOSTE. Pour copie conforme. Grosle] , secrétaire »

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_ Une opinion assez généralement répandue, attribue à une peur des mères, les marques que portent les f enfans; si cette opinion est fondée et que ce soit le sentiment de la crainte qui ait produit chez la citoyenne Mercier le phénomène dont on vient de parler , les quatre cens livres de République ont été bien employés! ‘ ’ A. D. SAUDEUR (in GÉNÉRAL)’ Il est peu de villes en France qui puissent compter autant de militaires distingués que la ville deValenciennes en a vu naître. Adrien-Joseph Saudeur y reçut le jour le 2 janvier 1764; son père, qui était un honnête artisan chargé de Plusieurs enfans qu’il éleva avec soin , lui voyant un caractère franc et décidé, un goût prononcé pour les armes , le laissa suivre cette carrière quand il eutatteint Page de 18 ans. En 178-2 , il entra dans un régiment (Yinfanterie, passa par tous les grades inférieurs et apprit à commander en obéissant lui-même strictement à la discipline militaire. Envoyé en 1792 à Yarmée du Nord avec le grade de chef de bataillon, ilse distingua dans plusieurs rencontres; nommé chef de brigade deux ans plus tard , il fit pencher la victoire du côté de la France à l'affaire de Roubaix , en enlevant à une divisionanglaise 52 bouches à leu avec leurs caissons. Peu après,

il traversa le canal de Louvain , s’empara encore des batteries de Yennemi à Campenouch et fit évacuer Malines. En 1795 , il contribua puissamment à la prise de Nimègue et à Yenlévement des lignes de Bréda ; il emporta à la hayonnette le fort de Ferheiden ou il de’sarma deux bataillons hollandais, et saisit la caisse militaire qu’il remit fidèlement au général Bonneau. Cette alfaire brillante ne lui rapporta que beaucoup de gloire et une blessure grave. Bientôt après, avec une poignée de soldats , il surprit la forteresse de Spangen , bien approvisionnée , et décida la capitulation de Gertruydemberg. Tous ces faits d’armes lui valurent le commandement de la ville de la Haye, ou par sa modération et son désintéressement il adoucit les mal heurs de la guerre et fit aimer le nom Français. La conquête de la Hollande étant consommée , Saudeur fut appelé en Vendée avec sa brigade; il s’y conduisit vaillamment tout en regrettant quenos discordes civiles le forçassent de combattre des Français ; aussi se sentitil soulagé d’un grand poids quand. on l'envoya à l'armée du Rhin avec laquelle il combattit pendant deux ans.

Appellé à commander le 44° ré, giment de ligne , l’un des plus célèbres de Yarmée , dont le dépôt fut longtems à Valenciennes , ville na_ tale de son colonel , Saudeur le guida dans la campagne de l’Helvétie , tourna une division austroRusse à Manosse et Remus , lui mit 1400 hommes hors de combat et

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en prit 500 avec le major-général Sclzmilt et 17 ofliciers. Masséna en donna la no uvelleau gouvernement le 29 avril 1799 , en fesant le plus grand éloge du chef de brigade Saudeur. Après avoir combattu à Skarlé et à Suz , où il fut blessé , ce brave militaire fut choisi par le général en chef pour garder toutes les frontières de la Suisse jusqu’à Delmont ; de là , il passa aux commandemens des places (YHuningue , de Zurich et Soleure , où son impartialité lui concilia à la fois Pestime des troupes et des habitans. Bonaparte lui en fit compliment à son retour d’Italie.

Le plus beau laurier de Saudeur fut celui qu’il cueillità Marengo à la tète du âkrég. qui fit les charges les plus brillantes et obtint le plus d'armes d’honneur dans cette journée. Depuis ce jour Bonaparte appelait familièrement Saudeur du nom de Marengo , surnom glorieux qtfil n’eut pas échangé contre le plus beau titre. Après le traité de Campo-Forrnio, on lui confia la garde de la citadelle de Manto ue qui avait été prise par un autre "Valenciennois , le général Despinais; il fut ensuite mandé à Yarmée d’Espagne, puis , employé à la défense des côtes de France , il campa près d’Etaples jusqu’au moment où l’Autricl1e vint faire diversion à la descente préparée contre l’Angleterre; il assista ensuite à la bataille d’Austerlilz et y mérita les éloges de YEmpereur.

Il fit la campagne de 1806 contre les Prussiens et les Russes ; à Iéna , où ilcommandait la brigade du gé

néral Conroux, blessé dans l'ac tion, il culbuta plusieurs bataillons et prit ao pièces de canon , ce qui lui valut d’être nommé général de brigade le 50 décembre 1806; en le nommantà ce grade, Bonaparte lui rappela Marengo et lui adressa des paroles flatteuses.

Épuisé par les fatigues de plus de 15 années d’une guerre qui n'avait pas laissé un jour de repos, Saudeur , après avoir assisté à plus de soixante combats , se retira duservice actif pour prendre le commandement de la ville de la Spezzia , en Piémont , non loin dflàlexandrie où. commandait son compatriote le général Despinois. Il mourut dans cette place, à la fin de 1812 , et âgé de 49 ans , ‘au momentoù la paix allait le ramener dans ses foyers qu’il n’avait pu visiter qu’en courant depuis son enfance , tant sa vie militaire avait été laborieuse et agissante ! A. D.

DUMONCHAUX. Il n'est si chétif coin de terre qui n'ait son personnage célèbre à présenter à la postérité. Pierre-Joseph Dumouc/iauæ naquit dans la petite ville de Bouchain, en i753 et fit ses premières études enlñxniversité de Douai. Il se sentit très jeune un goût et ‘une aptitude remarquables pour les sciences naturelles et medicales , ce qui le conduisit à aller finir son éducation à Paris et à y suivre un cours complet’ de médecine sous M. Poissonier , régent d'0 cette faculté , auquel il dédia plus tard sa Bibliographie médicinale. Ses études terminées , il revint ex

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ercer son art dans sa ville natale vers 1754 et 1755; cette sphère se trouvant trop étroite pour son talent , il fut peu après nommé médecin en survivance des hôpitaux militaires de Douai , et il résida dans cetté ville de 1759à 1764. A cette époque, Dumonchaux, quoique bien jeune encore , était apprécié par des hommes célèbres de son siècle; ses connaissances en histoire naturelle l’avaient fait rechercher par le célèbre Bufibn qui entretenait une correspondance avec lui; M. Merlin , médecin de l'université de Montpellier , devint son ami intime ,- il était aussi l’ami et le commensal de Senac, 1°’ médecin de Louis XV , et de Gaillard de Beaurieu , surnommé YEsope de lC/lrtois, auteur de l’Elèr/e de la. nature; qui lui adressa en 1759 une lettre assez originale , contenant 27 pages imprimées à la suite de son Heureux citoyen , discours à U. Rousseau.

Poussé par une ardeur de s’ins-»

truire toujours renaissante, et dans l’espoir peut-être de faire des découvertes nouvelles en histoire naturelle, Dumonchaux, quoique marié et déjà père de famille, consentit à aller dans un autre hémisphère avec le titre de Médecin des armées du Roi. Il sembarqua vers 1765 pour St. Domingue , mais hélas! il ne devait plus revoir sa patrie. La funeste influence du climat de cette colonie contre laquelle la Faculté Européenne ‘n’a pas- encore trouvé de remède ,fit succomber ce jeune et savant médecin , peu de tems après son arrivée et trop tôt pour les sciences et pour sa famille:

la mort l’enleva au moment oi1 il

étudiait et recherchait les moyens de lui dérober quelques victimes. Il fut inhumé dans cette terre étrangère , au Petit-Goaye , ou il exhala son dernier soupira peine âgé de 55 ans. La fatale nouvelle de sa perte arriva en 1766 à saajeune et intéressaute épouse, qui demeura sans soutien, avec un fils en bas âge ,le même qui dans la suite devint souschef au ministère de Plntérieur dans le bureau o'u travaillait Yex-abbé Montlinot, deLille. Dumonchaux a laissé les ouvrages suivans: I. Dissertation latine sur Papoplexie , dédiée à M.Dorlot, subdélégué de l'Intendant d11 Hainaut, département et châtellenie de Bouchain. Paris , Ganeau , vers 1755. II. Lettre de JII. Durnonc/iauæ à M . *** étudiant en médecine dans l’ Université de Douay , sous MM .Bernarr1 , Delannoy , Mellez , etc , datée de Bouchain, 15 octobre 1755. Imprimée àParis , Ganeau, 1756, in-1-2 (le 59 pages , en tête de Youvrage suivant. III. Bibliographie médicinaleraisonnée , ou essai sur Yexposition des livres les plus utiles à ceux,qui se destinent à l'étude de la médecine. Paris , Ganeau, 1756, in-i a de xxxii-468 p. ( anonyme ). Cet ouvrage est traité un peu sévèrement par M. Fournier , dans un article très-incomplet de la Biographie universelle, sur Dumonchaux. Il y dit que « ce n'est u qu’une espèce de discours ampou« lé, presqdentièrement consacréà a Panalyse des ouvrages de Buffon a et à démontrer combien la con« naissance de Yhistoire naturelle « est nécessaire aux médecins. Les « livres de médecine , ajoute M.

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ANNE DE VAUX. Uardeur belliqueuse qui semble être un des traits caractéristiques des habitans de cette frontière du nord hérissée de places de guerre, séparées euh"elles par tous champs de bataille , anima parfois aussi les personnes du sexe et les porta àse faire remarquer par des. traits de courage que nous aurons soin de mentionner successivement.

Anne de Vaux naquit dans un village des environs de Lille au commencement du dix-septième siècle. Poussée par une inclination naturelle , et peut-être par des récits et des lectures de faits d'armes de son pays ', elle résolut d'entrer au service militaireElle parvint à trouver une compagne qui partageait ses goûts; ,alors, douées toutes deux d'une grande force physique et morale et d'une haute stature , elles prirent des habits d'hommes et s'engagèrent dans un régiment d'infanterie sous les

snoms de guerre de Bonne-Espérance et La Jeunesse. Elles servirent avec honneur et méritèrent bientôt d'être placées dans la cavalerie , faveur qui n'était alors accordée qu'aux soldats d'élite , comme une récompense de leurs bons services. On ne sait pas ce que devint la Jeunesse; Bonne-Espérance ( Anne de Vaux ) échappa à l'obscurité par des actions d'éclat telles, qu'on lui accorda une lieutenance de cavalerie. Elle continua à se faire remarquer par sa bravoure et son intelligence , mais ayant malheureusement été surprise avec sa troupe dans une embuscade en Lorraine , elle fut dépouil

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