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eux régner sur des brutes que sur des hommes?

La dîme de ce village , passa dans le quatorzième siècle , de l'abbaye de Marchiennes au chapitre de Saint-Pierre à Douai. Depuis Fétablissement de la féodalité; les hahitans deWaziers étaient restés hôtes, dest-à-dire serfs de leurs seigneurs; dans ce même siècle , Nicolas Chevalier, seigneur de Waziers, leur donna une loi et un échevinage

Au voisinage de Waziers, était un fief nommé la Rosière, appartenant à Michel de Waziers,auquel Marguerite , comtesse de Flandres et de Hainaut, avait accordé par des lettres ,de l’an 1265, le sang, le wan et le lâllûfl (i) , retenant à elle la haute justice.

l Michel habitait un petit castel, élevé sur son fief de la Rosière; pour toute famille, il avait une fille de dix-huit ans , nommée Jolende, fort belle, fort agréable, fort recherchée par la noblesse du pays. C’était à l'époque , ou l'empereur Henri V vint, sur la demande du comte Bauduin,assiéger dans Douai Robert de Jérusalem , comte de Flandres, pour le contraindre à remettre cette place à Bauduin, qui, par‘ faiblesse , l'avait livrée à son cousin. Les troupes de l'empereur étaient logées dans les environs de Douai ;

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h] Moyenne justice: droit de publier les bancs et ne recueillir les amendes ; et justice entièie sur le luiron flagrant [voleur].

elles occupaientWaziers. Un chevalier de la Souabe ,jeune et vaillant, avait, avec les lances qui Vaccompagnaient, reçu Phospitalité dans le château de Michel de Waziers. Il s’éprit éperduement d’amour pour Jolende , et chercha par ses gestes , ses regards et ses attentions , à lui faire connaître son amour , ne pouvant le lui faire comprendre dans son tuciesque laugaîq. Jqlende ifaäaitbpas été insensi eà apassion u eau chevalier; mais, Michel de Waziers, qui s’en était apperçu , en était fort courroucé. Ne pouvant mettre le jeune allemand hors de chez lui , il avait pris le parti de surveiller avec attention les deux amans, et il cherchait tous les moyens d’empêcher quîls ne se trouvassent ensemble: leur passion s’en était accrue. Cependant, Robert de Jérusalem avait su gagner l’amitié des Douaisiens; ils défendirent la place vaillamment, et soutinrent trois assauts successifs , après lesquels l'empereur se vit contraint de lever le siège , et de reprendre avec son armée, la route de ses états. Le jeune allemand dût uitter le castel de Michel de Wagiers; mais avant de partir , il avait été assez heureux pour faire comprendreà Ïolende, que bientôt il reviendrait: qu’il tenterait de l’enleva, et que s’il réussissait , il Yemmènerait en Souabe, ou il Yépouserait. _ Au moyen de l’or qu’il avait largement distribué , le chevalier se présenta huit jours plus tard , à minuit, à la poterne de la R0

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sière : elle lui fut ouverte. Il pénétra sans crainte dans le castel; mais , son secret avait été trahi. Comme il cherchait à gagner l'aile du bâtiment qu'occupait Jolende avec ses femmes , il fut saisi, garroté et entraîné dans la salle , où Michel rendait justice. Là , le bailli du justicier l'accuse d'avoir pénétré , comrnelairon et malfaiteur, dans le castel de la Rosière , à mauvais dessein. Michel, avide de vengeance , le condamna de ce fait à la pendaison; et le lendemain, comme Jolende, inquiète de ne plus entendre parler de lui, allait à Douai, pour s'enquérir de la direction qu'avaient prises les troupes de l'empereur , elle aper,r_:utson corps pendant au Gibet (2). Cet horrible spectacle la frappa à ce point, qu'elle en perdit la raison , et qu'elle ne la recouvra jamais. , La terre de Waziers appartint à la maison de Wavrin dans la suite , et passa après à celle de la Tramerie. l).

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d'un siècle: cela n'a pas empeché que dans la suite on ne les ait souvent confondus. Quelques auteurs parlent d'un voyage à Home, par notre Philippe Gaulthier, qui , de retour en Flandre, fut fait chanoine, et ensuite prévôt de la cathédrale de Tournai. On croit qu'il mourut en cette ville en 1201. Ce qui a transmis son nom à la postérité, est un poëme héroïque latin en dix livres , en vers hexamètres , intitulé Alexandreis, szve Gesla Alexandri magni, qui parut vers 1180. Cette Alexand/eiiie eut tant de vogue que dans le siècle suivant, lorsque Henri de Gand écrivait son traité des hommes illustres, on la substituait aux poèmes des anciens-dans les écoles de la Belgique. On voit en effet, dans plusieurs manuscrits de cet ouvrage, des indices qui confirment cette remarque de Henri de Gand. Il n'en faudrait pas conclure que l'Alexandréide eut quelque droit d'entrer en parallèle avec l’Enéide. Gaultier n'a rien de comparable à Virgile. On‘ pourrait, sous quelques rapports, l'assimiler à Lucain. Il marche comme lui sur les pa, de l'histoire, et Quinte-Garce est son fidèle guide. On trouve chez l'un et chez l'autre poète , de grands sentimens, des peintures énergiques et de Pentlure. Gaultier n’est point dépourvu d'imagination ni de verve. Il a quelquefois de beaux détails, des expressions heureuses , et même des vers qui sont devenus proverbes, tels que ceux-ci par exemple :

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Telle est encore l'affectation de mettre à la tète du premier mot de chaque livre une des lettres qui forment le nom de" Guillermus, à qui l’Alexandreïde est dédiée. Ce Guillaume avait été évêque de Tournai et ensuite archevêque de Sens et de Reimsf Parmi ces goûts bizarres du tems , on distingue encore celui d'introduire partoutäa religion. Aussi le chanoine aultier n’a-t-il pas manqué d'amalgamer , et quelquelois assez adroitement, des idées théologiques et des histoires de la Bible avec Yhistoire dflàlexandre. On est fort étonné aujourd'hui de rencontrer là nos mystères; mais cela est moins étrange que de les voir, vers le même tems , représentés avec une vogue étonnante par des histri

ons sur leurs trétaux ambulans. Malgré tous ces défauts on peut regarder ce poème et la Philippmle de Guillaume le Breton , qui parut environ 60 ans après , comme deux phénomènes assez brillans au milieu des épaisses ténèhres qui couvrirent l’Europe depuis la décadence de l'Em pire Romain jusqu’à la renaissance des lettres en Italie.On a de Philippe Gaullier: I Alexandra’ dos lib. X. La remière édition , dont le titre p . u

est Gèsm Aleæandn magm, est demi-Gothique, in-Æ" sans indication de lieu ni d'année. Les autres sont de Strasbourg , 1515 , in-4°; Ingolstadt, 1541 , in-S"; Rob.Granjon ,1ññ8,in-4°'; Ulm , 1559, in-ia; SL-Gall, 165g et 1695 , in-ia : ces dernières sont les meilleures. Il. Libelli t/‘es coutra Judæus , in rlialogi formam conscripti, Leyde, 169e, in-m ; dans le recueil intitulé : Velerum aliquot Galliæ et Belgii scrlptoruflz opuscule sacra. Ill. De S8. Trinitale tractalus, publié en 1721 par Bernard Pez, tom. 2 , Anecdot., part. a. Quant au recueil de poésies latines qu'on voit en manuscrit à la bibliothèque du roi à Paris , n° 5245, sous le nom de Gualteri de Insulzi , contenant des pièces satiriques sur les déréglemens du clergé, il parait constant que ces poésies ne sont pas de Gaultier de Lille , mais d'un aultre Gaultier, surnommé Mapes ou Mapœus , archidiacre d'Oxford, et chapelain de Henri Il, roi d’Angleterre, vers l'an 1210.

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CROQUIS SUB JEAN BART! 4- Îean Bart l. Le‘ nom le plus populaire entre tous ceux des marins français ;et-,il,faut le dire, celui auquel s'est attachée la popularité tout à la fois la plus honorable et v la plus grotesque! De grands exploits firent la moitiée de cette renommée, éclatante; quelques plai-ò santeries- de courtisans a firent le reste. ' "'

Si Yod rencontre un marin brus

que , jureur . buvant beaucoup ,

chiquanttoujours,etfumantautant qu'il chique; un marin qui crie et larde sa «conversation de termes particulierswila navigation; un marin qui n'a aucune habitude de la vie des salons, y est embarrassé et peu poli, on dit: a C'est un Jean Bart ! n On se figure que tous les marins ont les traits de, _ce demi-sauvage Wraditionnel ,et par "là on fait également tort aux. marins d'aujourd'hui et à,,Jean fiart °

Les officiers de la marine , à présent, ressemblent à tous les gens bien élevés; ils ont de bonnes manières et méritent l'accueil qu'on leur fait partout oh on les reçoitet oii l’on sait les estimer. Quant à Jean Bart ,il n'était point ce qu'on s'est amuséà le faire. Assurément, ce n'était point un homme du mm un homme de cour, un de c égans qui montraient à Versailles au petit lever de Louis XIV, leurs riches broderies, leurs dentelles précieuses, leurs longues plumes etcornme a dit Molière :

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ll n'avait pas eu à perdre tout lè" tems’ qu'il fallait aux gentilshommes pourapprendre les grands riens de l'étiquette, l'important vocabulairé de la courtisannerie; dès sou enfance il avait couru la mer, et ce'n’était ni dans la barque d,e pêcheurpù son père l’avait amariné de bonne heure,ni à bord des navires du commerce hollandais, qui furent sa première école d'application, qu'il avait pu se lamiliariser aux belles manières ,et a_u beau langage. Certes, il devaitlmal parler Vaugelas; il n'aurait rien entendu à Ninon coi‘quetant; il aurait peu apprécié M. de Benserade; mais tout ce qui était vraiment grand et noble, il le comprenait à IHPrt/eille, En veut-on une preuve? La voici, entre mille autres que je pour... rais choisir.

Jean Bart était capitaitie de vaisseau et s'était déjà couvert de gloire dans vingt occasions, dont tmeseuleatirait suifi pour l'illustration d'un ollicier de marine; il alla à Versailles , ou le roi le reçut avec une grande distinction , IIlfllS lui parla de son embarquement; de 1695, qui n'avait pas eu tous les résultats qu'on en espérait. Ce n'était pas un reproche q11e Louis XlV prétendait adresser au commandant de la division de 1694 qui avait sauvé le convoi des grains en battant l'amiral Hidde : une telle pensée n'était pas venue au roi ! Jean Bart ifentendit pas froidement cette appréciation juste d'un fait sur lequel il n'avait pu avoir aucune influence; il n'en té

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l) Qifestant sorty de la rade de Dunkerque le 17° mai, la nuit, il fut obligé de traverser ,le boutefeu à la main, vingt-deux vaisseaux de guerre anglois qui estoient mouillez hors des bancs pour lui boucher lepassage.

»‘Ensuite, après un mois de croisière, fit rencontre d'une flotte bollandoise, escortée par cinq Vaisseaux de guerre, qu’il attaqua, et s'en rendit maistre; brusla trente vaisseaux marchands , dont ‘le moindre était de cinq ou six cents tonneaux, nonobstant une ‘escatlrehollandoise de-treize gros ‘vaisseaux ‘de guerre , et deux bbnrslots‘ qui estoient à trois lieues ‘au ‘vent de luy, quant il com

mença le combat , cet qui se‘troù=vèrent à deux portées de canon quand_il fut finy, ce qui l'obligea à mettre le feu à quatre des‘dits vaisseau-x de guerre, [après avoir mis onze ou douze cents ‘Hollandois dans une frégate de vingt-six pièces de canon qu’il renvoya. Il a de iplus , avec une si petite escadre, empesché , cette campagne, la pesche du hareng, de quatre ou cinq cents bastimens. que les Hollandois ont coutume de faire, n'en ayant envoyé cette année que trente ou quarante. '

» Après quoy leur flotte destinée pour ‘Moscovie a'rel,asch‘é à Norvège, quoyqu'escortée 'de huitvaisseaux de guerre, parce qu'ils avoient appris que le chevalierBart croisoit si fort au nord, qu'ils n'en sont sortis que pour retourner en Hollande, sans avoir achevé leur voyage, après qu'ils l'ont sceu arrivé àDunkerquefiEt leur grande flotte qui avait cotttume tous les ans de faire trois ou quatre voyages dans la mer Baltique, en Norvège, n'en a fait qu'un celle-cyüet celaavec une très-grande escorte. _

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