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Lejardiu des moines, leur cour , leur cimetière , tout présente l'aspect le plus triste. On peut à peine y pénétrer à cause des ronces et des orties qui en recouvrent la surface. l'ai pourtant essayé de m’avancer sur l’emplacement'des caveaux, qui doivent recéler la dépouille mortelle des abbés; mais mal m’en a pris. L’herbe touffue qui hérisse tout le terrain , m’empêchait de voir tous les mauvais pas. Je mis le pied dans une portion de voûte éboulée et une entorse fnt le prix de ma curiosité. Je me retirai donc , regrettant de ne pouvoir , pour le moment, sonder les fours funéraires qui , sans doute , contiennent quelques inscriptions qu’il serait bon de recueillir. Les personnes dont j’étais accompagné furent effrayées à la vue de quelques reptiles qui se glissaient dans les herbes et entre les pierres de ces décombres; elles le furent plus encore, quand elles me virent prendre et caresser ces prétendues couleuvres qÜl ne sont que des owels très innocens et assez communs dans ces cantons.

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Paul Gelic , qui écrivit , vers 151e , une chronique de Cambrai, rapporte que , sous le règne de Philippe de Valois , roi de France, on découvrit, en soulevant un marbre du vieux cloître de cette

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je vous citerai Jean I", qui, après avoir dirigé cette maison pendant plusieurs années fut jugé digne , en 1186 , de gouverner la célèbre. abbaye de SL-Vaast d'Arras, dont il fit rebâtir l'église , et où il mourut par la maladresse de son chirurgien , qui lui ouvrit une artère au lieu d'une veine. Au seizième siècle , Claude de Gonnelieu , natif de Cambrai et abbé d'Honnecourt, fut aumônier du duc d'Alengon que les Belges avaient proclamé le défenseur de leurs lihertés.

Le xo novembre 1757, un événement tragique jeta la consternation dans cette paisible demeure. Le prieur, vieillard plein de douceur et de bonté , fut trouvé assassiné dans son lit. Des soupcons s’élevèrent aussitôt contre un ieligieux nommé Dom Malo ;il fût décrété de prise de corps; mais il parvint ‘a s'échapper et alla mourir en pays étranger.

Je ne vous dirai pas si les bénédictins dfHonnecourt contribuaient beaucoup aux travaux littéraires et aux recherches historiques qui ont rendu leur ordre si célèbre. Je soupçonne eutrenous qu'ils faisaient peu de cas des doctes compilations et des gigantesques entreprises de leurs confrères de Saint-Maur.

On célébrait à l'abbaye d'Honnecourt , le 8 octobre," la fête de Ste. Valérie , et de Ste Polline, sa sœur, qui vinrent d'Angleterre finir leurs jours au sein de cette solitude, lorsque la maison était encore occupée par des femmes.

LE GLAY.

LE SIRE DE LA VIEFVILLE.

_ - Philippe-le-Bon , duc de Bour

gogne , avait parcouru sa brillante carrière, avec la réputation d'un des plus puissans , des plus somptueux et des plus fortunés princes de l’Europe. On vantait aussi avec raison sa loyauté , sa bienveillance ordinaire envers ses nombreux sujets, et sa générosité naturelle à l'égard des faibles et des opprimés; mais ses mœurs ne jouissaient pas tout-à-fait de la même renommée , et l'on sait qu’il laissa bon nombre de bâtards. C'est un exemple bien dangereux pour le peuple , quand le chef du gouvernement afliche publiquement ses prouesses en galanterie et préconise ainsi par son ascendant l'adultère et la dépravation. Il trouvera toujours des imitateurs plus dangereux encore. Dans le moyen âge , on n'était guère, à la vérité,

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lòrt scrupuleux sur‘ cet article. Un trop grand nombre de gentilshommes ne connaissaient d'autres règles que leurs caprices, et ne savaient mettre aucun frein à leurs passions désordonnées. L'état de guerre presque continuel auquel était péniblement assujettie la malheureuse population de cette époque était surtout cause des désordres qui régnaient ‘lans la société. L'homme d’armes , dont on avait vanté les combats, se croyait souvent tout permis dans nos cités dont il avait afleimi les rnurs,_dans nos campagnes dont il avait préservé les moissons, sa vaillance semblait lui tenir lieu de toute autre vertu; c'était ainsi que pensait du moins messire Louis de la ‘Viefville, chevalier, seigneur de Sains en Artois, promu par ses exploits au titre de capitaine de Gravelines, au milieu du 15° siècle.

Il n'avait pas tardé à obtenir la main de,la plus riche héritière du canton, car les jolies filles , les veuves opulentes étaient toutes alors pour les favoris du bon duc de Bourgogne. Au reste, le capitaine deGravelines était le type d'un beau chevalier; malheureusement a très-luxuriait estait u et il ne fut que peu d'années fidèle à sa vertueuse épouse. Ses excès déplorables finirent même par lui faire décerner le sobriquet honteux : grand amiral des écu/neufs de filles. Un jour, qu'à la fin d'une orgie, il s'était aventuré dans la campagne, suivi de quelques-uns de ses infâmes courtisausfiout-à-coup

ilappercût assise dans une prairie émaillée, à l'ombre d'un léger taillis , et livrée à une lecture attentive , la jeune Angèle, la plus belle femme du pays, la nièce de Pabbesse de Bourbourg, de la sage héritière de Clémence , dont le monastère n’était pas encore alors transféré dans l'enceinte intérieure de cette jolie petite ville; à cette rencontre inattendue, le sire de la Viefville jeta un cri semblable à celui de l'épervier qui se précipite sur sa proie; « Pauvre Eurydice, frappée à son premier pas dans ce monde par le dard mortel du serpent caché sous des fleurs.» Angèle opposa àson ravisseur une résistance inutile, le farouche guerrier l'entraîna malgré ses horribles clameurs; il ne fut retenu ni par l'attachement et la naissance de sa femme, ni par la vue de ses enfans, ni par les plaintes touchantes de sa victime; Angèle fut forcée de partager sa_ table et son lit , et les plus affreuses menaces imposèrent silence à celle qui lui avait procuré une fortune immense et dont il aurait dû respecter le sublime caractère. Le sire de la Viefville , dans son fastueux orgueil commit publiquementfadultère , et parut mépriser la réprobation générale. u La très-noble dame soulfraitcia patiemment.» CependantPhilippele-Bon avait cessé de régner ; son successeur était a cette grande figure de Charles , aujourd'hui encore si peu connue» terriblejtisticier , amateur de la chasteté et punissant la débauche avec sévérité. lfinconduite du capitaine de

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lui être tôt ou tard dénoncée; il eût ordre dc comparaître à son audience , accompagné d’Augèle ; mais sa généreuse épouse qui ne redoutait pas à tort la justice du prince et qui n'avait cessé d'aimer le coupable, quoique la v-ie ne fut plus pour elle qu'un supplice , craignant les révélations fatables de Vinfortunée qui lui avait été si injustement préférée, s'abaissa jnsqu’à embrasser ses genoux à diverses reprises, et en versant des torrens de larmes, la suppliant d’ètre discrète, de taire les violences de son mari et d'avoir pitié au moins de ses enlans. Angèle , ainsi humblement et trésinstamment sollicitée et recevant d'ailleurs un présent de mille florins d'or, garda devant le duc un silence salutaire. Le chevalier était parent au surplus du seivgncul‘ de Croy. C'était un privilége. Il parvintà se faire excuser, mais il perdit’ le commandement de la place de Gravelines. Toute fois, la disgrâce ne corrigea pas le sire de la Viefville; il ne témoigna même qu'une noire ingratitude à la compagne quilui avait épargné un supplice mérité; le déplaisir qu’elle en ressentit abrégea bientôt ses jours; le chevalier lui jura faussement à ses derniers momeus de revenir à de plus dignes sentimens; a Il estait grand parleur et ne tenait chose qu'il promettait. u Mais sa punition approchait. Une intrigue nouvelle l'avait déterminé à faire le voyage de SL-Omer; il s'était arrêté un

instantdevant la (Jroiæ Pèlerine (i) et ce monument d'honneur et de chevalerie, en lui retraçantles faits glorieux de sa jeunesse , car il avait jouté aux côtés du brave sire de Hautbourdin, avait aussi rèveillé dans son âme émue le souvenir trop longtems négligé de la belle vie et de la belle fin de son excellente épouse. Arrivé sur le marché de SL-Omer, il entendit

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la Flandre et par le Hainaut, qui forme aussi sa limite orientale; à Youest par l’Artois, au sud par la Picardie; son étendue en longueur , depuis Arleux jusqu’à Câtillon sur-Sambre, n’est guère q11e de 50 kil. (six lieues); sa largeur, prise de l’est à l'ouest, est de 1o à 11 lieues. Après la conquête du pays par Louis XIV, en 1677,il fut fait un arpentage général du Cambrésis , duquel il résultat que cette petite province offrait en superficie 128 ,498 mencaudéesde terre (la mencaudée vaut 55 ares 46 centiares) , réparties de la manière suivante: terres labourées ou labourables , 115,390 ; prairies, 1, 899 ; bois , 4,980 ; étangs , viviers, 260 ; jardinages et manoirs, 7,969. L'arrondissement actuel de la souspréfecture de Cambrai, qui est formé de la province du Cambrésis , moins 4 communes, et d’environ 20 communes de la Picardie, de l'Artois, et du Hainaut, présente une superficie de 89,086 hectares. La province est baignée par l’Escaut et la Selle; elle est bordée par la Sambre,l’Escaillon et la Sensée. L'Escaut et la Sensée sont maintenant navigables. On y rencontre en outre plusieurs torrens considérables, ce qui ne se voit guère dans les autres parties de nos Pays-Bas. Il n'y a point de montagnes, car on ne peut appeler de ce nom les côteaux de Marcoing , de la Terrière , du bois de Bourlon et du Camp-de-César. Néanmoins , c’est au sud du Cambrésis que se trouve le point le plus élevé de la contrée, les hauteurs de Bonavis, situées a 145

mètres ait-dessus du niveau dela mer. Les forêts un peu remarquables, déjà entamées au reste par le défrichement , sont: le bois I’Evèque, de 900 hect. , celui de Walincourt , de 868 hect., et (velu; de Vaucelles, de 817 hect. Ony voit encore les bois d’Hurtebise, de Prémont, de Busigni , de Fémi et de Clermont, mais mutilés, rapetissés par les déïriclieurs. Le sol, composé, dans les prûportions variées de silice , de calcaire et d'alumine, est assez fertile , mais il l’est bien moins que la plupart des cantons qui Fentonreut. Les grandes prairies natu_. relles ne se voient guère que vers le sud , le long de la Sambre. Le Cambrésis ne compte actuellement que deux villes , Cambrai et le Câteau-Cambrésis (Caste/lulu Cameracesii), bâti en 1001 par l'évêque Herluin, sur l'emplacement des villages de Péronne et Vendelgies, pour arrêter toutes les courses et les ravages que faisaient dans le pays les seigneurs de la Thiérache et du Vermandois. Un diplo. me impérial de la même année accorde à cette ville nouvelle diverses prérogatives, entre autres les droits de marché, de péage et de monnayage. Une abbaye de bénédictins y fut fondée en 1020, sous lenorn de St-André. Cette ville , cédée au comte de Flandre en 1108, rendue io ans plus tard à l'évêque de Cambrai ,' pillée et brûlée en 1155 par Gérard de StAubert, reconstruite et agrandie vers 1250; assiégée et prise en 1449 par les comtes de Dunois, de Clermont et de Nevers , in

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