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a Il se trouva parmi ces spectateurs certains railleurs , tant étudians qu'autres, qui disaient aux étrangers: quand vous retournerez en votre pays , et que vous parlerez de ce manneken-pis , on vous demandera si vous l'avez salue’ , et si vous répondez que non , on ne vous croira pas et on soutiendra que vous ne l’avez pasvu; car c'est une espèce de coûtume, qu'on lui porte honneur. Sur quoi on en voyait plusieurs qui suivaient aussitôt leur conseil, et qui saluèrent le drole de manne/lin. Les fillettes , demoiselles , même les cloppics , ce sont les filles dévotes , saluaient et faisaient des révérences si profondes que c’e'taitun plaisir de les voir. Aussi y en a-t-il plusieurs du pays et de Bruxelles même, qui ne manqueront jamais de saluer ce manneken-pis en passant. »

Extrait de l'ouvrage intitulé : « Vénérable histoire du très-saint Sacrement de miracle, composée en flamand par Pierre de Cafmeyer pré/ra et chanoine de l'église collégiale de Sts. Michel et Gudule , et traduite en français par G. D. B. [George de Backer]. Bruxelles, chez George de Backer, 1720, avec privilège et approbation. In-l0l°, figures, pages 26 et 17. u

Pour donner une idée du bon gout des flamands , il suflira de dire que , pendant lejubilé de 1720, [c'est dans la relation de ce jubilé que se trouvent les passages qu’on vient de lire], ils avaient flanqué le pauvre manneken-pisse de quatre grandes figures , peintes sur bois, représentant la force , la

LES TROIS RÉLIGIEUSES DE CAMBRAI. -- Le fait que nous allons rapporter ici est à la connaissance de milliers d'individus; et quoiqu’il soit déjà vieux de quarante années , aucune voix ne s'élèvera contre Yaulhenticité de notre récit. Du reste, nous en empruntons tous les détails à la lettre qu’on ecclésiastique , captif dansles prisons de la terreur, écrivait, en |794, à l’un de ses parens.

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LA CHANDELLE UARRAS. Tradition populaire. - L’an l 105 , au tems du comte Robert dit lejeune (ou de Jérusalern) , fils de Bobert I" surnommé le Frison, la Vierge Marie apparut en accoustrement blanc, dans la cathédrale , à deux Jouvenceaux , lesquels ordinairement étaient accoutumés de jouer d’aucuns instrumens de musique , dont ils se scavoient ayder devant limage de NostreDame , et leur présenta une chandelle de cire qu'elle tenoit en sa main , laquelle a toujours esté depuis, et est encore conservée en grande honneur et solemnité; et ores qu’elle soit souvent allumée , l’on maintient qu’elle ne se diminue aucunement; et c'est cette

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È chandelle qu'on appelle c/Lanrlelle d"_4rras , qui est annuellement portee sur un autel de Nostre-Danie, le dimanche après le St. Sacrement ; et lors les confrères font porter à la cathédrale deux cierges pesantchacun cinquante livres, qu'ils présentent à messieurs du chapitre; et l'on assure que plusieurs par dévotion pour avoir guérison de leurs maladies, notamment ceux pui ont aucuns membres pris de

eux, lesquels se lavants de l'eau dans laquelle est distillée de la cire de cette chandelle , recouvrent amendement et santé. De cette chandelle sont descendues plusieurs autres comme celles de Bruges, Fauquemberglie, Boulogue , GIC’

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LE MOINE GONTHIEPn-Les savans auteurs de Vflislaire lit/érazre de la France et Adrien Baillet, dans ses Jugements des savants sur les [irilzcipaux ouvrages des au/eurs, nous ont transmis quelques renseignemens sur un moine-poète de l'abbaye de SL-Amand, sur la Scarpe, qui vivait dans le XII° siècle et qui par son talent a jeté quelque lustre sur son couvent, déjà renommé d'ailleurs par les doctes personnages qu'il a renfermés dans les premiers siècles de la monarchie française. On trouvera que Gonthiei‘ avait un style pur et qu'il mettait de l'art dans ses compositions , surtout , si on a égard qu’il vivait vers l'an ii6o. On a de lui un poème historique , divisé en dix livres sur les expéditions de l'empereur Frédéric Barberousse dans le Milanais qu'il nomme Llgurie. Il estintitulé Ligurinus , seu de geslis Frederici Ba/bœrosœ inzperatoris in Liguliâ. Il a été plusieurs fois imprimé; d'abord à Strasbourg , en i57i , iri-f"; à Francfort, en 1584; à Bâle, en i66g ; on le trouve encore dans le Recueil des Historiens d'Allemagne , années 1504 et i5o7. On a aussi imprimé à Bâle un Traité du même Gonthier, touchant le jeûne, la

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C'est dans ces termes que le savant Baillet parle du poète de St.Amand- z, u lies critiques convien» nentque Gonthier était un grand » génie , de beaucoup de feu , et ‘n qu’il faisait trop d'honneur àun » siècle dont le goût n'était pas as» sez fin pour savoir faire le dis» cernement de son mérite. Outre n ce grand talent qu'il avait pour n la poésie , il avait eu soin de cul» tiver son style et de le rendre as» sez élégant, pour donner de l’a» grément à ses vers. u L'auteur des notes sur les Jugements des Savants donne le Lzgurinus à un autre poète que Gonthier de SL-Amand; toute fois celte opinion , qui enlèverait à notre religieux le plus beau fleuron de sa couronne poétique, n'a été émise que par ce seul écrivain. Les auteurs de_l'Histoi/'e liltéraire de 1a France n’ont pas osé trancher cette question de paternité , ils disent seulement quele nom de GOIIIÏIÎEI‘ étant alors assez commun, Yannotateur de Baillet pourrait bien avoir raison; et ad/zuc sub

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L'ancienne ville dTlonrzecourt, située sur l'Escaut , à 16 kilomètres sud de Cambrai, serait digne d'être explorée par les amateurs d'antiquités. Entourée de tousjcôtés par un cordon de collines qui forment, de distance en distance, des mamelons plus ou moins saillans , cette bourgade semble assise au fond d'une cuve , et , sous ce rapport, elle devait présenter de bien faiblesavantages comme place forte ,‘t_1rtout depuis qu’on fait usagÜŸTartillerie. Aussi nous voyoU qu'elle n'a jamais soutenu de siége"en règle, et qu'on s'en est toujours emparé avec une grande facilité.

Honrzecourt fut démantelé pour la dernière fois en 1656. Voici à quelle occasion.Une troupe d'aventuriers picards et artésiens s'étaient organisée dans ces parages , sous la conduite d'un chef audacieux nommé Marolel. Ces flibustiers mettaient les villages à contribution et venaient porter la terreurjusque sous les murs de Cambrai. Un officier, nommé le sieur de Mal/gré, connu par son intrépidité, offrit d'aller attaquer cette troupe jusques dans la retraite qu'elle s'était ménagée à Honnecourt, dont il fit sauter la porte à l'aide d'une pièce d'artifice, et ayant pénétré de vive force dans cette petite ville, il la mit hors d'état d'offrir désormais un refuge à une bande armée. j

Les traces des fortifications existent encore sur plusieurs points autour d’Honnecourt , qui est toujours ceint d'un large fossé à sec,

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Le 26 mai 1542 , la France essuya un grand échec auprès d’Honnecourt. Le maréchal de Guiche et le comte ti/Harcourt, qui avaient. fait leur jonction à Marquion, village d’Artois, près de la frontière du Cambrésis , ayant eté informés que la Bassée avait ouvert ses portes aux espagnols , divisèrent leur corps d’armée. Le comte d’Harc0urt se porta dans le Boulonnais , tandis que le maréchal de Guiche vint former , auprès dTlonnecourt , un camp dont la tète seule fut garnie de retranchemens. On jugea que les deux ailes étaient protégées sulfisamment par un bois et une ravine qui les couvraient. L'armée espagnole se présenta le 26 sur les hauteurs de Bonavis , et vint prendre position entre Honnecourt et Villers-Guislain , de sorte que les deux armées se trouvaient également sur la rive gauche de l’Escaut; Puységur et le célèbre Bantzau , qui voyaient les espagnols deux fois plus nombreux que les français, engagèrent fortement le maréchal à se retirer de l'autre côté de la rivière ; ils ne putîellî l’y déterminer. La bataille se livra; les français firent des prodiges de valeur; mais il fallutcéder au nombre. La déroute fut complète. Beaucoup tfofliciers distingués restèrent sur le champ de bataille. Le maréchal de Guiche, désespéré , voulait y demeurer le dernier et partager le sort de ses braves compagnons d’armes; on

l'entraîna malgrélui jusqu’à Guise, ou six escadrons seulement purent le suivre.

Le lieu oh la bataille s’est donnee se nomme les tranchées.

Honnecourt a conservé jusqu'à la révolution , un château fort, entouré de fossés , avec pont-levis. Le dernier seigneur était M. de Lannoy, qui avait un frère chanoine de la métropole de Cambrai.

Ce château présente encore aujourdfhui des restes intéressans. On y remarque les débris d’une prison.

En creusant le canal de SaintQuentin, il y a 50 ans, on découvrit ,à l’est dflonnecourt, sur un terte assez élevé, plusieurs tombeaux de pierre blanche , semblables à ceux qu’on employait, vers le douzième siècle, pour la sépulturedespersonnagesdistingués. Ûn u’a pu me dire si ces cercueils offraient quelques particularités remarquables. Lorsque je visitai les environsd’Honnecourt , un cultivateur éclairé, qui voulait bien me servir de guide, me fit observer des débris de construction, entre cette ancienne ville et le village de Gonnelieu. L’examen que je fis de ces restes , me porta à croire qu’ils avaient appartenu‘ à un édifice d'origine romaine. La forme seule des tuiles me parut suflisante pour établir cette opinion.

Le monastère est en ruines. Il ne reste debout qu'une portion du

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