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courtiers de mariages , pas de Williaume qu'on puisse rendre dépositaire de ses désirs, d'un penchant amoureux. Une jeune viewge y estelle irrésistiblement entraînée vers un mortel chéri, mais insensible , ou peu soucieux d'une préférence si flatteuse? Elle s'afl'ecte , fuit ses compagnes , perd sa gaité , son embonpoint et sa fraîcheur. Un chagrin cuisant la mine sourdement; de longs so upirs sortent de son cœur oppressé. On désigne , mais d'une manière incertaine , l'l1om1ne qui produisit cet horrible martyre; car jusqu'ici elle n'en a point parlé; la pudeur et la honte enchaînent encore ses lèvres décolorées. Plus tard , Yinfortunée tombe dans le délire, et,au milieu des derniers accès d'une fièvre avant-courrière de sa fin , elle laisse échapper fréquemment le nom de celui qu'elle aime plus que le monde entier. Déjà la mort s'apprête à saisir sa proie; bientôt ce teint de rose , ce sein de volupté , seront sillonnés , rongés par les vers. Adieu parents , amis; adieu plaisirs des champs. Tilleuls antiques vous ne lui prêterez plus votre ombre hospitalière. Ses pieds ne fouleront plus en cadence les riantes prairies. Jaune, flétrie comme la feuille de l'automne , elle tombera avec elle , ou, ce qui est bien plus triste , au retour d'un printems nouveau! Voilà comme on meurt quand on a le

tourtiau. ' (Extrait d'un ouvrage inédit sur les Femmes, par AIME LEROY.)

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beuge , le 24 août 1758; à peine âgé de 17 ans , poussé par ce goût militaire qui anime assez généralement les jeunes gens nés dans les places de guerre , il entra au service le 28 décembre 1755, dans le régiment de la Tour-duPi/z, appelé depuis d'Age'/zois. La classe roturièreavait alors peu de changes d'avancement , aussi Mousi/zpmalgré sabonne conduite et un coup de feu à la jambe , qu'il reçut en Allemagne le 25 décembre 1757 , resta-t-il‘ plus de 15 ans soldatetsergent. Enfin le 20 août 177 1 , il fut promu au grade honorable de Porte-enseigne du régiment d'Agé/zois et comme tel mis à la suite de l'état- major de ce corps. On pensa que le drapeau du régiment ne pouvaitêtre ni mieux ni plus sûrement gardé. C'est dans ses mains que ce drapeau flotta en Amérique en 1777 et années suivantes , en l'honneur de la liberté du Nouveau-Monde. Il y combattit glorieusement et revint accablé par des attaques de nerfs convulsives , suites des fatigues de la guerre et du climat des États-Unis; cette maladie, jointe aux suites de la blessure qu'il avait reçue en Allemagne, le forcèrent à entrer aux Invalides le 18juin 1781; le 7 juillet suivant il fut admis en qualité de lieutenant. Le 6 avril 1785, on l'incorpora avec le même grade dans la première compagnie des sous

ofliciers détachés de l'hôtel.

LaRévolution éclata en France et vint changer la marche des choses et la fortune des individus. Mousin

entrait dans sa 52° année et après

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avoir péniblement servi près de 55 ans , n'était encore que lieutenant , quoique son sangeut souventcoulé pour son pays. Mais désormais son sort va changer ; la carrière qu'il courait , jusqu'alors ingrate pour lui , parceque sa naissance était une tâche originelle , devient tout-àcoup brillante et ses vieux services sont récompensés par la patrie. Autant ses premiers grades étaient difficiles à gagner , autant les derniers se succédaient rapidement. Il seinblait que la fortune sentait que Mousixi n'avait pas le tems d’attendre. Le 24janvier 1790, il est nommé capitaine de sa compagnie , et le 5 septembre suivant , créé chef du 4‘ bataillon de Paris. Le 15 février 1791 , il reçoit la croix de StLouis un des derniers avant l'abolition de l'ordre. L'étranger menaçait nos frontières; malgré ses années, Mousin ne crut pas devoir refuser son utile coopération et sa vieille expérience. Le 25 septembre 1795 , il fut fait général de brigade à l'armée de la Moselle et le 7 novembre suivant, il reçut le brevèt de général de division. C'est en cette qualité qu’il-a commandé dans un des départemens de l’Est. Les inlirmités Yempechèrent d'être compris dans l'organisation du 25 prairial an 5 ( 15 juin 1795 ); il fut alors autorisé à prendre sa retraite d'officier général.

Sorti du service , il vécut quelques années à Paris , répandant sur sa famille de nombreux bienfaits. N'ayant point été marié , ses petits neveux et des parens éloignés lui tenaient lieu d'enfans, etsa sobriété ,

ses gouts simples etpeu dispendieux lui permettaient de trouver dans sa solde de retraite , le moyen de faire le bonheur de sa familleltetiré dans les dernièresannées desa vie àVaugirard il vécut en philosophe et ento uré d'amis. Il séteignit sans douleur le 15 janvier 1820, âgé près de 82 ans. Sa mort fut paisible comme les dernières annés de sa vie , il expira debout et en parlant. Sa perte causa de vifs regrets à ses parens à qui il avait constamment servi de père , à ses amis dont sa bonté et sa franchise le firent chérir. Il emporta enfin l'estime de tous les habitans deVaugairrd,quiavaient été à même d'apprécier sés vertus et Yaménité de son caractère _ ESTIENNE.

SUVÉE , (JOSEPH-BENOIT) né à Bruges en 1 745 , apprit les premiers élémens de la peinture dans cette ville , et s'y fit remarquer par des progrès rapides et brillans. Il se rendit à Paris à l'âge de Vingt ans , travailla sous Bachelier, remporta le premier grand prix de peinture en 1771 et partit pour Rome l'année suivante: quoique Suvée fut étranger, le gouvernement avait bien voulu, en sa faveur , déroger à l'usage. Il fit plusieurs tableaux d'église. La ville d'Ypres en possèdc deux : une Descente du St-Esprit , et une Adoration des Rois , que l'on place au nombre de ses meilleurs ouyrages.

Reçu, en 1780, membre de l'Académie royale de peinture , il fut adjoint aux professeurs de cette académie. La connaissance parfai

asse ,

te qu'il avait des secrets de son art et de tout ce qui concourt au talent du peintre, le rendit particulièment propre à l'enseignement , cependant les soins qu'il donna à l'école ne Yempéchèrent pas de travailler pour sa gloire; il fit paraître plusieurs grandes compositions parmi lesquelles figure la Mort de Coligny, qui donne une haute idée de son talent. On cite encore une Résurrection qui est fort remarquable sous le rapport de la composition.

Le talent de Suvée , ses connaissances profondes et son aptitude pour la démonstration le firent nommer, en 1792 , directeur de l'école de France à Rome 5 mais les désordres de notre Révolution suspenclirent son départ; ce ne fut que lorsque Napoléon eut rétabli la tranquillité en Italiej, que les élèves lauréats purent se réunir à Rome et continuer leurs études sous leur savant directeur.

Suvée , avant son départ , voulut revoir sa ville natale; il consacra sa reconnaissance envers l'Académie de Bruges par le don de son tableau L'origine du dessin.

Il se rendit à Rome‘ en 1801. L'école s'ofl‘rit à lui avec les diflicultés et les embarras de tout genre qu'entraîne une réorganisation , ou pour mieux dire une création nouvelle; mais il surmonta rapidement tous les obstacles et rendit bientôt à cet établissement son ancicnne splendeur. C'est-là, dans la Villa-Médicis , dans ce palais des beaux-arts , au milieu des élèves qui le chérissaient qu'il termina

sa carrière , le g février 1807 , à l'âge de 64 ans. Les élèves de l'école de Rome oifrirent à sa mémoire les plus touchantes preuves de douleurs et de regrets, et les amis des beaux-arts , en France et en Italie , les partagèrent sincèrement. Suvéc, en était digne; bon , sensible , généreux, il fallait qu'un service fut audessus de sa volonté et de ses forces pour qu'il ne le rendit pas. Il avait eu le malheur de perdre ses enfans en bas âge , et avoit reporté sur sa famille toutes les tendres affections qu'il se promettait de leur consacrer. Ûutre les tableaux cités plus haut , on remarque encore, parmi ceux de Suvée: une Naissance de la Vierge , qui le fit agréer de l'Académie en 1779 ,- un St-Denis , un St-Frànçoislie-Sales et le portrait de Madame de C/iantal. Peu avant sa mort ,. l'Institut l’avait reçu au nombre de ses correspondans. A. P.

LECLERCQ, ( JEAN-BAPTISTEEUSTACHE-JOSEPH) naquit à Valenciennes , le 22 octobre 1777 , d'une famille honnête qui exerçait la profession d'armurier , et à l'un des membres de laquelle on doit l'invention des fusils à deux coups. Le 51 août 1799 , époque ou presque toute la jeunesse française portait les armes , le jeune Leclercq entra comme simple soldat dans le 1" bataillon auxiliaire du nord. Gagnant tous ses grades par ses services, il fut successivement souslieutenant , lieutenant , membre de la ‘Légion-d'honneur , capitaine et chef de bataillon. Il a fait toutes les campagnes sous le Consulat et l’Empire , et il peut presque les compter par ses cicatrices. Blessé le sa frimaire an IX, au pont de Buckenbach , près Nuremberg , il le fut encore à Eylau , et à la bataille de la Chiclana le 5 mars 181 1 . Chargé d’une expédition près del Puents Suazo , vis-à-vis l'île de Léon , contre les Anglais etles Espagnols , les 20 et 21 février 1810 , à la tête seulement de 60 hommes, il mérita les éloges des chefs de Yarmée. Son intrépidité et sa présence d’esprit furent encore remarquées le 1" mars 181421 la bataille de Saint-Julien , près Genève , contre les Autrichiens. Le commandant Leclercq n’a. pas repris de service depuis la seconde restauration; il vit aujourd’hui retiré au sein de sa famille dans la populeuse commune d’Anzin , aux portes de Valenciennes. A. D.

SULLY AU CATEAU-CAMBRÉSIS. L01‘squ’en août 1581, le duc d’Anjou , frère du roi Henri III, eut fait lever le siège de Cambrai par le prince de Parme, celui-ci se retira vers Valenciennes laissant garnison au Câteau , à Arleux et à Bouchain. Le 21 août, deux jours après son entrée à Cambrai, le Duc crut devoir faire le siège du Câteau et y envoya une partie de son corps d’armée. Le baron de Rosny , depuis duc de Sully , alors âgé de 21 ans, et déjà connu par sa bravoure et son talent pour emporter les places de guerre , fit partie de cette expédition avec sa troupe , et monta un des premiers

sur la brèche avec dix ou douze des siens. La ville , prise d’assaut , fut pillée et toutes sortes d’horreurs s’y commirent. Cependant comme la peste régnait dans beaucoup de maisons, il fut défendu aux soldats, sous peine de mort, de toucher ni femme , ni fille de la bourgeoisie et l’on publia même dans la ville que toutes celles qui craindraient la fureur du soldat aient à se retirer dans les églises. Après l'assaut», Sully se trouvant dans les rues, suivi de son monde , vit venir à lui et courant à toutes jambes une belle demoiselle , toute échevelée et les vêtemens en désordre , qui sejetta dans ses bras, sitôt qu’elle reconnut à la magnificence de sa mandille de velours o_ range brodée en argent , que c’était un personnage de distinction. -» Hélas! monsieur , dit-elle , sau» vez-moi l'honneur et la vie .- car n voilà de vos soldats qui me pour. n suivent pour me tuer ou violer. » --Hé ! ou sont-ils , mamie , car n je ne vois personne après vous , n dit Sully. - Ils se sont cachés >> dans une maison que voilà, lorsn qu’ils vous ont vu, et en vois enco» re un , qui regarde à la porte ce n que je deviendrai.-Eh bien,n’ayez » plus de peur, fempècherai bien » qu’ils ne vous fassent déplaisir , » voire vous menerai seurement » dans la plus prochaine église. » - Hélas ! monsieur , ajouta-t» elle en le tenant toujours emn brassé , je m'y suis bien voulu )) retirer; mais celles qui sont de» dans , ne m’ont pas voulu rece» voir à cause qu’ils savent que v j’ai la maladie. - Comment , n vrai Dieu! s’écria Sully , en la » repoussant des deux bras , et en » frémissant de ‘tous ses’ membres, >> vous a,vez la peste? Pardieu , » vous êtes une méchante femelle , » et irez chercher refuge ailleurs » qu’entre mes bras . Hé , mamie , a» ne vous était-ce pas une assez n bonne défense , pour empêcher » que l’on nevons touchât , que de 11 dire que vous étiez pestiférée i? » Ladessus etsans attendre de réponse , Sully tout tremblant quitta son interlocutrice et rentra dans son quartier avec de mortelles inquiétudes. Pendant plusieurs jours , une appréhension cruelle le poursuivit; la n_uit , le sommeil fuyait ses paupières ; le jour , il se tâtait le pouls à chaque moment et au moindre mal de tête , il se croyait déjà attaqué de la peste. Ces craintes doivent paraître naturelles même chez un homme renommé entre les braves ; à cette époque , la chlorure de chaux et MM. Labarraque et Pariset étaient encore à naître. Heureusement cette scène n’eut aucune suite facheuse; l’heure de Sully n’était pas arrivée, la Providence le réservait pour montrer , au moins une fois, un ministrepazfait, aux peuples étonnés; sans espoir d’en trouver jamais un qui puisse le surpasser, ils attendent encore aujourd’hui celui

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ne sont pas rares chez les enfansdu Nord. Etant brigadier des guides de Farmée d’ltalie, il accompagnait le général Moreau dans une reconnaissance des positions de Pennemi, lorsqu’ils furent tout-à-coup surpris par un détachement de cosaques qui venaient de passer à la nage la rivière de lfldzlda. A l’aspect de ce danger imminent, Moreau, ne voulant pas compromettre le salut de son armée en s’exposant pnérilement, s’éloigna précipitamment à travers les vignes, en ordonnantàGhesgtiière, ainsi qu'à un chef d’escadron de gendarmerie qui l’avait suivi, d’arrêter le plus possible la marche des cosaques pendant qu’il se retireraiLA peine le général eut-il fait quelques pas que le chef d’escadron tomba percé de plusieurs coups de lance‘; Ghesguière resté seuln’en continua pas moins, inébranlable à son poste, à se défendre avec intrépidité, pour donner à son général le tems de mettre sa personne en sureté : il contint Yennemi pendant près d’un quart d’heure, reçut cinq blessures et ne fut secouru qu’au moment o‘u la perte de son sang l’avait mis hors d’état de prolongersa résistance. En se retirant, il donna encore une preuve de présence d'esprit et de courage; affaibli et presque mourant, il ajusta un des cosaques, le tua d’un coup de pistolet et s’empara de son chevaLLes Fastes de la gloire, en citant ce trait de bravoure , ajoutent que le dévoûment de Ghesguière est resté sans récompense. Trop souvent quand le péril est passé les PttlSSaXlS de la terre oublient ceux qui les en ont délivrés. A‘ D.

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