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Les Audomarois plaignirent extrêmement le cruel destin de la bonne dame Austreberthe; Philippe-le-Bon en eut connaissance quelques mois avant sa mort, et redit alors en gémissant ces sages paroles qu'il avait déjà vainement répétées à ses courtisans : «Les plus dignes étrennes que- puissent se donner les Rois et les peuples, ce sont de bonnes lois ! n

H. P.

LES BOCQUETEAUX. 1575, Depuis quelque temps une troupe de malfaiteurs répandoit l'effroi dans la châtellenie de Lille, déjà en butte aux courses et pilleries des gueux et des lzurlus. C’étoit pitié de voir ce pauvre peuple s'enfuir des villages, où il n'avait nul moyen de défense , pour venir se réfugier dans les villes , où il n'avait nul moyen d'existence. Certains riches fermiers, plutôt par avarice que par vraie croyance dans les damnables doctrines de Luther, Mélanchton et autres, s'étaient avisés dans les commencemens que mieux valoit encore aller aux prêches entendre prier en mauvais francois et débiter maintes vileuies contre Saint Père le Pape , que de voir saccager leurs maisons, violenter leurs femmes ou leurs filles , et risquer de perdre tous les biens temporels auxquels ils avaient tant d'attache. Mais Dieu , qui par justes raisons punit souvent les avaricieux par le sujet même pour quoi ils ont pêché, suscita contre eux plusieurs enragés voleurs et mordreurs appelés bocgueteaux , à raison de ce qu'ils se mussoient le jour

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Or, lesdites pratiques, souventesfois répétées ès environs de Lille , ayant quasi fait abandonner les labeurs, et pouvant , par succession de temps , si remède convenable n'y étoit applicqué , faire tomber les bonnes gens et le pauvre peuple d'icelles ville et châtellenie dans une disette effroyable de grains et de toutes autres choses nécessaires à leur substentation , il n'était justice tant spirituelle que laïcque qui ne fust en émoi pour parvenir à la prise et punition desdits Bocqueteauz‘.

Un jour donc que deux d'entre

eux s'étaient rendus si hardis que de venir en la ville de Lille pour y

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mener joyeuse vie et dépenser en bons compagnons , lejour durant, quelque portion de Yargent qu’ils avoient dérobé , disant qu’il n'éto1t de raison que eux qui avoient puni Pavarice des censiers , devinssent à leur toiir avaricieux; ils furent reconnus et mis ès mains de monsieur de Marissal , lors prévost de Lille, à la semonce duquel le procès fut fait auxdits Bocqueteaux, qui comparurent en halle le 8 de février, l'an 1575, où siégeoit le mayeur , assisté des échevins et des voir-jurés , tous assis sur des coussins rouges , ainsi qu’il étoit d’usage pour les causes criminelles.

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L’un et l'autre étoient arrivés sur

la place avec une mine asseurée qui dénotoit un courage hardi , et le petit peuple tant de la ville que des campagnes qui étoit accouru en foule pourles voir brûler, commencoit à se sentir induit en compassion rien qu’il considérer leur jeunesse et leur brave maintien. Eux jetoient leurs regards à droite et à gauche et sourioient à ceux qu’ils connoissoient, car ils n'étoient gens étrangers ni de lointain pays. Pour ce aucuns les plaignoient et disoient entre eux que ce n’étoit chose juste de faire endurer tels tourmens à ces jeunes compagnons pour avoir mis à contribution de vieux ladres indifférents aux misères du temps , et qui préféraient enterrer leurs carolus que de les employer au soulagement de leurs voisins ruinés par les guerres. D’autres teuoient discours contraires, disant que nul ne seroit en seureté dans son hôtel s’il n’étoit fait rude exemple de ces traîtres pillards et eflrontés mordreurs‘.

Cpendant ceux-ci , ’en voyant que l’enceinte formée à l’entour d'eux commençoit à flamboyer, se mirent à examiner d’un œil inquiet la distance ou ils étaient du feu. Par _une sorte (Yinstinct, ils se serrèrent contre Yélaque et dirent entre eux quelques paroles que le peuple ne put entendre , car le craquement des bourrées qui s'enfiammoient couvroit leur voix. Mais quand cette muraille de feu se trouva complètement allumée , la chaleur devint si forte que les pa u

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de Douai au-dessus de la vallée que traverse le canal de la Deûle. Le panorama qui {offre à la vue de Vextrêmité de cette commune en allant vers Monchaux est ravissant. On embrasse alors un vaste amphithéâtre bien boisé , et encore plus richement cultivé, au milieu duquel s’élèvent les clochers aigus de nombreux villages répandus dans la plaine; ail-dessus d'eux on apperçoit le beffroi , le clocher et le dôme de Saint-Pierre de Douai,puis , à l’horison , les monts de Vimy et de Saint-Eloi , ceux d’Ois_y et d’Arleux , du Cambrésis , d’Erchin et de Lewarde

C'est sans doute à cause de son heureuse position qu’Agnès , fille du châtelain de Douai, abbesse des Près, avait voulu avoir à Baimbeaucourt les terres de son domaine qu'elle y acheta en 1245 , car la diificulté de communiquera Douai avec Raimbeaucourt était grande alors , il fallait faire un détour de plusieurs lieues pour y arriver à cause des marais impraticables qui régnaient entre les coteaux et la ville de Douai.

Jean d’Avesnes, héritier présomptifdu comté de Haynaut, petit-fils de Marguerite comtesse de Flandre, habita Baimbeaucourten attendant la mort de son ayeule avec plusieurs seigneurs du pays; car il nous reste de lui un acte dressé chez le curé de Raimbeaucourt le mardi devant la Chandeleur (1 février 1 284) , par lequel il approuve la cession faite par Jean de Chastillon , comte de Blois et seigneur d'Avesnes à Gui de Chas

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tillon , comte de St.-Pol , des terres de Leuze et d'Escanafi'e. Cet acte est revêtu des sceaux de plusieurs seigneurs , ses vassaux qui se trouvaient avec lui, tels que Wautier d'Antoing , seigneur de Belonne, Nicole de Lallaing , le sénéchal de Hordaing, le sieur de Waziers , Aliaume de Villers , Hellin son frèie , Grar d’Iwu_v, Henri Delrnotte , Qrar d'Ecaillon , le sieur de Masny, chevaliers; Pierre de Lens et Robert d'Attiches , écvyers.

Cette terre a appartenu aux maisons de Rouvroi, SL-Simon , de Contay et d'Aubermont. Elle fut érigée en baronie par Philippe IV, roi d'Espagne , en 1659 , en laveur de Charles-Ignace d’Aubermont , seigneur de Raimbeaucourt, son petit-fils. Charles d'Aubermont, mort sans enfans, à Bruxelles en x69... , prenait le titre de comte de Baimbeaucourt.

Il y avait autrefois un pèlerinage fort suivi à Raimbeaucourt; on y venait du Hainaut, du Cambresis, de la Flandre et de l'Artois.Ilse faisait en l'honneur de Saint-Maur. On y vendait des jarretières contre la crampe.

Le prévôt de la cathédrale d'Arras et le curé du lieu en étaient les décimateurs. La dîme se percevait àRaimbeaucourt à raison de sept au cent , mais elle n'était point due pour le trèfle et les carottes.

Ainsi que nous l'avons dit, ce village est dans une situation tout-àfait agréable , les terres y sont en

\« 1 général bonnes et bien cultivées. Ûn y voit de belles prairies, des bois , des courans d'eau, plusieurs maisons de campagne. ll a considérablement gagné depuis quelques années à cause des pavés qu'on y a construits , de l'établissement de la route de Phalempin , et surtout par la bonne administration du maire, M. Dupuis , dont le zèle et les bonnes intentions sont d'autant plus louables qu'elles sont rehaussées par une modestie et une simplicité toutes patriarcales: -Raimbeaucourt fait un commerce considérable d'allumettes de chanvre souffrées.

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a Chacun admirait et louait ce petit mannekin , mais surtout les Hollandais qui n'ont point, ou du moins fort peu de pareils jets d’eau dans leur pays. Ha .’ mon c/iercœur, disait certain Amstellodamois à sa femme , admirez un peu ce petit doucereux ,- voici un crouslilleux marznekirz ; regardezbzen le plaisant jet-d'eau qu’il jelle. - Oui , dit la femme , si IIOUS avions un pareil pisseur c/zez zious , je ne voudrais pas fizire d'autre riégoce de ma vie. - Certes , répliqua le mari , si je le pourrais (sic) transporter à Amslerdam tel qu’il est là, nous serions riches à jamais nous et taule notre famille , je vendrais son eau au priæ du vin. »

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