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LA BASSE LOI. - C'est à peine si nous retrouvons aujourd'hui de loin en loin qnelques-unsde ces vieux usages qui sont comme des jalonsplantes par lessiècles quis'en vont. Aussi est-ce à nous de recueillir ces (lêbris, de les sauver du nanfifige qui les menace etde faire revivre,dansnosannales dumoins, ces vieilles couleurs qui s'effacent tous les jours.

Parmi ces quelques usages qui sont restés deboutet qui n'ont encore rien perdu de leur originalité primitive, il en est un , commun à quelques villages de not1‘e arrondissement, et queles habitans remettentbien vîte en vigueur lorsqu'un mariage entre deux veufsdoit s'accomplir.

C'est usage a nom : L/t BASSE Lot.

A d'autres le soin de rechercher l'étymologie de cette qualification , lajustesse de cette expression , l’équitédecette coutume... pour moi, je ne suis que narrateur.

Du reste, si vous voulez remonter à l'origine de cstteloi, allez dans les villages où elle est en vigueur, interrogez-en les habitans, et ceuxci vous répondront sérieusementet avec conviction: « C’est unprivilé» ge que nous a donne’ (charlesn Qutnl. . . . 7) Libre à vousdajouter foi à cette naïve allégation.

Toutefois, il est une chose digne deremarque : c'est de voir, sous l'empire de la Charte de 1850 ,, un pareil usage aussi strictement observe’, aussi religieusement exécuté que s'il résultait d11 scrutin et des

votes de nos honoiables. Et dire , après cela , que c'est prcsqtfaux portes de notre ville -- car cette cérémonie s'est renouvelée , il y a peu de jours, au village de Prèseau, situé à une lieue de Valenciennes - dire ue c'est au centre de l'ar‘l roudissement le plus c1v1|1sé et le plus éclairé du département le plus eclaire et leplus c1v1l1se dela F rance que de pareilles choses se passent. . . . ce serait à n'y pas ajouter foi si l’on n'en avait été le témoin oc1 laire. Â ‘ ‘m? Donc ‘e. vais vous arleraubur _ 1 l’ l d hui de la Basse Lot.

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Dès le matin du ‘our de la célè_ _ J

bration du maria 1e entre deux

h veufs, la Basse Lot est remise en vigueur. M. de FArrtè/e dépêche aux abords du villa e uel ues dé_ ‘l légués, charges d'imposer une contribution à tous les étrangers qui se présentent pour traverser le territoire de la commune. Cette contribution dont le produit ne servait naguères qu'à vider force tonnes de bière en l'honneur et gloire des mariés, a aujourd'hui une destination plus en harmonie avec nos niœurs- elle est destinée au soula7 gement des pauvres duvillage. Il a roflrès et amélioration. U

Voici maintenant le mode de perception de cet impôt.

Vous vous présentez, vous étranger, vous, qui ne connaissez ni la Basse Loi ni M. de ÏArriére vous

7 l qnine connaissez que le code civil et qui croyez traverser sans encomb lvlla edP sea s t

re e i e ré u en uivan la route ordinaire, vous vous présentez à la limite de la commune. Là deux i‘ands aillards vous arY fêtent cavahèrement et vous disent: Monsieur avez-vous une uittan

Î

ce? . . .

A cette question inattendue vous répondrez très-proba blement com

me moi , comme tout le monde: a Messieurs , à quoi bon unequittanceŸ. . . n

- Si monsieur n'a pas de quittance, nous le prions de vouloir bien bous suivre pardevant le tribunal... A‘ .

A ce mot de tribunal dans un village qui n'a même pas de chaussée pavée , vous avez sans doute déja compris qu’il s'agissait de quelque farce et vous vous laissez alors conduire pour voir la fin de la plaisanterie.

Mais vous n'allez pas bien loin , car c’est au prochain cabaret que le tribunal s'est constitué e_t a établi son siège.

Là, devant une table couverte, non de paperasses et de bouquins , mais de pots et de verres,sont assis, affublés des costumes les plus grotesques,troisjuges , la pipe en bouche. Ce sont , d'ordinaire , les anciens du village.

' Après la déposition de nos deux introducteurs , vous entendez encore une fois résonner à vos oreilles cette terrible question, prononcée maintenant.par le Président: monsieur, avez-vous une quittance?....

- Eh! parbleu non , monsieur, je n'ai pas de quittance , et qu'en ferais-jeî’. . .

- Alors ,monsieur, reprend le Président, après avoir consulté les membres de son conseil, le tribunal vous condamne à payer deux millions.

- Deux millions! Mais c'est un guet-à-pens. . . .

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uray , de l'illustre Valenciennois

Froissart, de cet écrivain que M. Bac/zou appelle le La Fontaine de l'histoire et dont la renomméeg’. depuis long-temps européenne, s'est encore accrue par l'intérêt qui s'attache aujourd'hui à toutes les productions du moyen âge. M. Auvray ne s'est pas contenté d'exécuter ce buste , il a eu l'heureuse idée de reproduire lestraits de notre vieux concitoyen dans des médaillons en plâtre , qui se sont distribués au prix le plus minime; en sorte que la petite propriété, pour qui le marbre et le bronze ne sont pas faits, a pu, comme les protégés de Plutus , se procurer ce précieux portrait. aussi E‘roissart brille-t-il maintenant dans beau coup de nos habitations. Je m'en suis procuré un avec délices; il est logé chez moi dans l'asile du bonheur......,' mou cabinet d'études, il est devenir mon compagnon , ‘préside à mes faibles tra vaux ,et nous nous chauffons pour ainsi dire au menue foyer. Plaisir bien innocent et pas cher!

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que maintenant unexles rues de notre cité pòrte ton nom; que grâce à M. Buchon , qui a publié tes ouvrages sous le conmiode format de Pin-S‘, tu es souvent entre les mains de personnes qui fréquentent notre bibliothèque, cela doitplaire à ton ombre. Ne mens pas , tu as souri d’aise "en voyant le jettm: Auvray , poussé par une inspiration d'artiste, Veuf voyer loger dans nos demeures. Ce n'est pas tout encore ," écaille mon pressentiment : un’ jour; peut-être , un beau morlunrent", pour lequel je te prometsde souscrire si je suis de ce monde , s'élevera pour toi sur l'une (le nos

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