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son corps, prédit à Soliman les conquêtes futures des croisés et la perte de ses villes et de ses châ

teaux : 4

Per coi vous perdrez vos castiaux et vos [vies

Gandor de Douai trace les évémens de la croisade de Godefroi de Bouillon : le séjour des pèlerins à Constantinople Yoccupe assez longtems; il parle des refus faits par Bohémoud , qu'il appelé le preux et le vaillant, de prêter serment de fidélité à Alexis; il place dans la bouche du prince grec différens discours qui ont pour objet de détourner les pèlerins de la conquête de la cité sainte : Godefroi lui répondit qu'il était prêt à souffrir toute chose pour l'auteur de JésusChrist. L'auteur raconte fort longuement la prise d’Antioche ; il paraît faire de Bohémond son héros favori , et ne parle qu'en pasÏsant des autres princes. Le manuscrit , dans cette partie est orné de petites miniatures qui représentent les opérations du siège d'Antioche ; elles donnent une idée de la manière dontles croisés faisaient leurs sièges. Sous une de ces miniatures ,' qui représente la prise d'Antioche , on lit ces mots : c’est uizwi que les français assiégèrent Antzoc/ze et que ils la prirent. Au récit des événemens qui suivirent la prise de cette ville le romancier mêle une -foule de détails singuliers qu'on ne lit dans aucune chronique, il està remarquer que le poète ne rappor te pas une seule de ces visions qu'on trouve en _si grand nombre dans nos vieux historiens des guer

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res saintes. Dans la description qu’il fait de la marche des chrétiens versJérusalcm , Gandor de Douai trace plutôt l'histoire de chaque prince, qu'il ne suit les événemens généraux de la croisade c'est ainsi qu'il raconte successivement l'histoire de Godefroi , de Tancrède , de Bohémond et de Bauduin. Ces épisodes jettent dans son récit une grande confusion , défaut qui est faiblement racheté par l'intérêt quele romancier a cherché à rèpandre dans ses tableaux. Arrivé au siège de Jérusalem , Gandor s'arrête tout-à-coup et s'exprime en ces termes: a Maintenant , sein gneurs, écoutez une chanson « glorieuse , écoutez comment les « guerriers de la croix prirent la « cité sainte ,et comment ils la dé« livrèrent de la race de Mahou met. n Après avoir ainsi appelé l'attention des barons etdes chevaliers , l'auteur trace rapidement le siège de Jérusalem. Ici, comme pour le siége d’Antioche , il y a dans le manuscrit de petites miniatures qui représentent les travaux désassiégeans: dans l’une d'elle on aperçoit le bélier , dans une autre , les tours roulantes et les diverses machines employées dans les sièges au moyen âge. Gandor de Douai n'offre plus qu'un faible intérêt dans le reste de son récit; l'ouvrage finit à l'élection de Godefroi. MICHAUD.

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LES CULS TOUT NUS. K Environ ce temps scavoir le 24° jour du mois de may (1572) la ville de Mous fut prins des gueux et huguenots ,, puisquelq. espace de

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temps après le duc tYAlve meit le camp devant , durant lequel les français Huguenots sous- la charge de monsnde lenlis vindrent pour ravitaillier etsecourirladitevillede Mous avec 7 cornettes de gens de chevaux , et 27 enseignes de piétons , pensant allerà la ducasse coetcomme) à Valentiennes, mais les paysans leur coupèrent chemin auprès de Hauteraige jiautrage) ou que messieurs les français , et gueux que le roy d’Espaigne (à les ouyr) n'estoit leur page , laisserent arme et bagage et plusieurs la vie a Fajde de quelq. gendarmerie du camp de Mous qui survindrent aveó ces paysans. Monsr de Jenlis leur chief fut prins et son beau chevalaussy ; il en y eut l x50 prisonniers tous gueux français etwallons fort courtoisement accoutrés lesquels furent menés à Atht en Haynau , on en mena aussy au camp devant Mous 500 où qu'ils furent contrains de pendre et estrangler l’ung lautre , sans ceux qui furent ra mené à Valentiennes, sans mettre en nombre ceux quise sauvèrent toutnudz , qui at esté cause qu’on at tousjours appellée ceste deifaitte , la dqùicte des culz tout nulz. (i) Les autres Pappel

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reste des habit-ans Pévitent et la fuient avec une certaine horreur Voici suivant unetradition du pays, l'origine de ce chemin malencontreux _ Pendant les troubles des Payvlîas, Balagny de Montluc s’était emparé «lu gouvernement de Cambrai ç il lvait ramassé pour fortifier son parti’, une foule de vagabonds et de méeontens de tous les pays auxquels il donnait pour solde le pillage des églises et des monastéres: de u, la formation de plusieurs compagnies franches (ŸZIVGÜÜIFÄCIS qui prirent différentes dénominations. La compagnie des cul: (ont nu: se dislingua parle désordre de son costume et les horreurs qwelle commettait ; un jour , il lui prit fantaisie de se ponter sur la riche abbaye de Denain pour y piller l'église et le chapitre des Chanoinesses ; elle partit de Camhrni , se fruya un chemin dans les terres , tirant droit sur Denain, sans passer par Pintérieur d'aucun village dont On craignait le tocsin et les fourches. On arriva à Denain à l'improviste; le pillage , le viol, Pincendie , signalàrent cette journée _, puis on revint chargé de dépouilles _. par la même route. Telle est l'origine du cheminvde: cul: tout nui- qui a retenu la trace et le nom que lui

imprimêrent jadis une hande de vauriens. On voit que l'institution des Salu- culotte: n'est pas aussi moderne qu’on le croit.

‘ A D.

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souvenir des anciens tisages s’efl‘ace chaque jour, ceux même qui en ont été contemporains les oublient: c’est un deseffets du mouvement extraordinaireimprimédepuis quarante ans à l’ordre social. Je suis certain que peu de personnes. aujourcYliui connaissent ce que l’on appelait autrefois , dans les PaysBas , les grâces du vendredi Saint: Je laisserai le soin de Yexpliquer au comte de Trauttmansdorif; ‘voici ce que ce ministre , qui était chargé à Bruxelles , sous les ordres de Yarchidtlchesse MarieChristine et du duc Albertde Saxe-Teschen, son époux, de la principale direction du gouvernement écrivait le 20 février f1788 , au prince de Kaunitz , chancelier de cour et d’état de Yempereur Joseph II : i: Il a été constamment d’usage dans ce pays-ci , de faire (les grâces-à Poccasion du vendredi saint: on accordoit toujours grâce de la vie à un homme condamné à mort et c’est ce qu’on appelloit fZure un Barrabas; et , à cette occasion , on faisoit également grâce à quelques malfaiteurs dont les fautes n’étoient pas bien graves , on 3Pporloit quelques adoucissemens aux punitions auxquelles ils étoient condamnés , et non-seulement le gouvernement remeltoit à cette époque des concessions de grâce

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qu’il ne trouvoit pas convenable d’accorder dans l’année , mais l'usage des grâces accordées avec plus de facilité au vendredisaint , étoit tel et si ancien et connu que les particuliers même réservoient souvent les demandes de grâce pour ne les faire qn"a ce terme , _et que dans la quinzaine qui précédait , il venoit une foule de demandes et d’avis : le conseil privé y délibéroit dans une assemblée extraordinaire, qu’il tenoit leijourmèinedu vendredi saint, et rendoit son avis en faisant trois listes : l’une , des cas non-graciables dont on tirait Barrabas , Pautre des cas graciables , et la troisième des cas douteux; la plupart de cas graêiables étoient suivis de la grâce; il y avoit même cette circonstance de plus d’après l'usage , que les chefs et présidens avoient la prérogative cl’aller errfairepraiaport eux-mêmes au gouverneur-général , sans que cela passât par le canal du ministre. n

Je ferai remarquer que, à Ypres, le magistrat , en vertu d’un ancien privilège , faisait grace aussi à des criminels le jour du vendredi saint. Je ne connais pas d’autre ville de la Belgique , qui ait retenu cet ancien usage. (i) G.

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l?) (le mss. se trouve à la bibliothèque publique du Mous. A. D,

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MARTOREY-LE- POETE. Vous avez rencontré quelquefois , de parla ville , un petit homme , à la tournure hétéroclyte , à la de‘marche grave et compassée comme un quaker , à l'habit rapé comme un poëte classique , une longue canne sous le bras gauche, un chapeau jadis noir et sur lequel on pouvait à peine soupçonner l'existence de quelques poils, et pardessns tout une longue pipe , le plus souvent veuve de tabac ;car ce petit homme , à la tournure hétéroclyte , à la démarche grave et compassée , à l'habit rapè, était moins en compte-courant avec le marchand de tabac qu'avec le propriétaire du cabaret du coin! Si vousl’avez rencontré quelquefois , et si vous avez été assez heureux pouréchapper à son éloquence poétique , remerciez Dieu , faites un voyage à Notre-Dame de Bousecours; car il vous eût fallu entendre un ramassis de quelques centaines de versde plus eu plus bizarres , de plus en plus ridicules; car ce petiqhomme à Vhabit-rapé, était un poëte , et un poëte dfune rude trempe. Et cependant on prenait parlois plaisir à l'entendre : il récitait ses vers avec une telle emphase , il se croyait remarquable avec tant de bonne foi , que c'était pitié de Youïr , que c'était curiosité de le voir. J'ai souvent surpris quelques larmes dans ses yeux, quelques larmes de bonheur , lorsqu'il me voyait attentif à Pécoutei‘ : aussi , de si loin qu’il me voyait , icwurait-il pour me faire part de

ses nouvelles productions , et le petit homme était content , car il avait trouvé un auditeur complaisanlt: tel était MARTOREY-LE-POETE

Qu’importe de savoir ce que fit Martorey, pendant la révolution de 93 , ce qu’il avait fait avant , ce qu’il fit depuis ; qu'importe de cpnnaître son père , ses ayeux ; c est l'homme et non l'arbre gênéslogique que nous avons connu , c'est le poële que nous avons vu ; ne parlons que de Fhomme-poëge,

Un goût tout particulier pour la solitude , la manie de réciter des vers , quelques plaisanteries sur sa burlesque tournure , telles furent probablement les causes primitives du dérangement progressif de son cerveau. La folie de Martorey n’avait rien de méchant: c'était un mélange de sérieux et de comique qui faisait mal à voir: ce pauvre fou était si content lorsqu'il trouvait un auditeur bénévole , un auditeur qui parût satisfait de ses vers! Il se croyait un Racine! lui misérable avorton ! lui, Pygmée , à côté du géant de la poésie! Il ne laissait passer aucune fête , aucun saint révéré , an. cune solennité sans que sa muse ifaccouchât de quelque pièce de vers , aussi grotesque que son auteur! Un personnage émineflt arrivait-il à Valenciennes ‘.7 vite, Martorey enfourchaitsonPégaseétique, écrivassait, rimaillait, rimaillait encore , et présentait bientôt une ode , voire même un poème , au

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