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a De même que le patriarche J acob_eut deux femmes légitimes et deux servantes qui lui donnèrent douze fils; de même , par comparaison , le prince de Hainaut prend avec serment, dans les commencemens de son autorité , deux femmes légitimes, l’une Rachel , dest-àdire Péglise militante , et l’autre Lia , (Ÿest-à-dire la partie obéissante et sujette de la nation. Rachel engendra d’abord Joseph qui était vêtu d’une longue robe et trainante , et par lequel sont figurées les églises particulières du Hainaut... Rachel donna encore naissance à Benjamin queJacob aimait tendrement et qui figure la noble chevalerie de ladite principauté de Hainaut.... La seconde femme légitime de Jacob fut Lia qui, quoique chassieuse , fut féconde, et mit au monde six patriarches; liuben d'abord par lequel peut être figurée la ville de Bpwai... Lia engendra ensuite Lévi qui figure la ville de Mans; et cette ville peut en quelque sorte être appelée sacerdotale et royale" Le troisième Ills de Lia fut Siméon qui désigne la ville de Maubeugeh. Le quatrième fut Ïuda par lequel peut être figuree la ville de Valenciennes , et attendu que Ïuda est appelé Lion dans Flflcriture, la ville de Valenciennes porte dans ses armoiries un lion d'or... Le cinquième fils de Lia fut Issachar , âne fort et dur au Iravail , qui représente les châteaux et les bourgs avec le peuple de la campagne du pays de Haiuailt... Le sixième fut Zabulon qui figure les bourgeois et les marchands... Jacob eut deux

autres femmes, Bala , servante de Hachel , qui figure le pays de Hollande , et Zelplla , servante de Lia, par laquelle doit être figuré le pays de Zélanrie. Ces provinces sont illégitimes , parceque le comte Jean de Hainaut , en l 299 , ajouta la Hollande et la Zèlande à ses états. Bala engendra Dan , par lequel est figurée la ville de Leyde... Elle engendra ensuite Nephtali , qui désigne la ville de Dordrec/zl... Zelpha mit aussi au monde deux patriarches , Gad qui indique la ville de Ziriczée , et Azar qui représente la ville de Midelbourg. Quant à Dina, sœur des patriarches, il est évident qu'elle représente la Frise. .. »

Toutes ces comparaisons sont appuyées de citations de la Genèse par lesquelles le bon Jacques ‘de Guyse en a cru démontrer lajustesse. On n'a jamais su exactement combien les villes citées plus haut avaient été ilattées de ces rapprochemens antiques. L. c.

LECASSE. Homme d'une modestie véritablement trop grande; il a rendu , étant à Valenciennes, de nombreux services à l'instruction , et , retiré à Anzin , il y continue ses utiles travaux , partageant ses loisirs entre le dieu de l’harmonie et la lecture des classiques. Il sbbstine ,pouvant se faire connaître , à vivre étrangerù toute gloire; et nul ne sera plus étonné que lui de voir ici son nom cité avec éloge. C’est un hommage que nous nous sommes faitun plaisir et un devoir de lui rendre. A. L.

LÀ réa MÊLUSINE AU euitrmu IŸENGIIIEN. Fille d’Elinas, roi d’Al

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litanie et de la fée Pressine , Mélusine eut le malheur dbutrager sa mère, et _d’en être maudite , avec injonction de se transformertous les samedis en serpent jusqu’à la ceinture. Cette horrible pénitence devait finir avec la vie de Mélusine, si elle trouvait un jour un époux qui consentît à ne la Voir jamais le samedi. Raimondin , neveu du comte de Poitiers , la rencontra un jour dans une forêt hiver:tureuse; il fut épris de ses charmes, Yépousa, et en reçut d’étonnants privilèges, après avoir accepté la condition de ne pas chercher à la voir le samedi. Mais une fatale jalousie troubla son bonheur. Il voulut voir; il vit Mélusine faisant sa pénitence moitié femme moitïé serpent. Elle se débattait dans un large bassin dont elle faisait jaillir l’eau jusqu’aux voûtes de la salle. Dès lorsle charme fut rompu; Mélusine retombée sous le poids de la malédiction maternelle , disparut dans son horrible forme qu’elle doit conserver usqu’au jugement dernier. Son infortune n’a point altéré la tendresse qui Yanimait pour ses enfans. Elle erre sans cesse autour des lieux qu’habitait sa postérité qui consiste dans les illustres familles de Lusignan et de Luxembourg. Quand une calamité menace quelque membre de ces deux maisons , elle vient errer gémissante autour du château, et , s’élevant pendant une nuit sombre sur la plus haute tour , elle pousse des cris lamentables. C’est surtout le château de Lusignan en Poitouqui, selon les historiens, a été le théâtre

de ces tristes scènes. Il est pourtant certain que le château d’Enghien , en Hainaut , noble demeure et antique domaine des Luxembourg , a aussi été visité par Mélusine. Mais déjà, du temps d’Henri IV, ses apparitions étaient moins fréquentes, et l’on commençait même à ne plus y ajouter une foi entière. Pierre Colins qui, comme bailli du lieu , présenta à ce monarque en 1598 , les oiseaux des aires de ses bois aVE/zg/Lien, s'exprime ainsi dans le récit qu'il fait de Yaudience à laquelle il fut admis z « De là le Roy s’assit sur un coffre de cuir bouly avec Madame sa sœur, me demandant familièrement de sa ville d’Enghien et puis de ce que l’on disoit de luy en nostre pays. Je respondis que nous estions venus d’une extrémité à Pautre. Je vous entends , dist le Roy , vous m’avez hay , et maintenant vous m’aimerez pour la paix. Je repartis que jamais la haine n’avait eu place en nos âmes contre’ Sa Majesté , mais bien des extrêmes regrets de la guerre , changez présentement en resjouyssance de la paix. Comme le Roy continuoit de parler , Madame sa sœur Pinterrompit à me demander si la Merlusirze venoit à se montrer au chasteau dfinghienà chaque fois qu'un de leur maison alloit de vie à trespas. Je dis 1 on en faict des contes, Madame , que je tiens pour fables. Elle inféra que non , et que son cousin le duc d’Arschot lui avoit assuré pour chose véritable. Je la laissay en son opinion , et m’aperçevois que le Roy n’en faisoit point de cas , et le tenoit à fable, comme

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PETPLARQUE. Le n° 868 des manuscrits de la bibliothèque publique de Cambrai , est intitulé : Francisci P/ziZeIIJ/zi epislolœ filmiliares. La célébrité de Philelplle m’engagea à comparer ce manuscrit avec les éditions imprimées des lettres de cet écrivain. Je n'y trouvai aucune ressemblance, et déjà je croyais quenotre manuscrit était un recueil de lettres inédites dudit Philelphe, trésor inestimable que j’allais révéler au monde savant. Cependant comme je ne voyais dans les noms de ceux à qui les lettres étaient adressées , aucun des correspondans ordinaires de Philelphe , je conçus des doutes. Enfin à force de feuilleter, je découvris le nom de Pétrarque en tête du 22° livre. Je reconnus alors que c’était les lettres familières de l’amant de Laure , lettres imprimées à Bâle en 1581 , au nombre de 198; à Génève en 1601 , au nombre de 255. Or notre manuscrit en contient 549, dest-à-dire 96 de plus que l'édition de Génève {la plus complète qui ait été publiée jusqu’ici. La bibliothèque du Roi à Paris possède sous le n° 8568 un manuscrit contenant, comme le nôtre , 24 livres de lettres de Pétrarque. Reste à savoir si ces manuscrits présentent les mêmes lettres. Lb nôtre’ est un ‘bel ih-"folio ,' sur vélin ,‘ à deux colonnes , écriture très-soisi r .

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gnée du XIV‘ siècle. Ne se pourrait-il pas que ce manuscrit eut été donné au chapitre de Cambrai par Jacques de Colonne, ami intime de Pétrarque, dans les classes de Yuniversité de Bologne et dans le tumulte de la cour d’Avignon , qui avant d’ètre évêque de Lombez , fut chanoine de notre cathédrale de Cambrai? Parmi les lettres que contient ce manuscrit, il en est un bon nombre qui sont adressées à Jacques de Colonne , dont il est parlé avec détail dans 17H31. litt. rl’Italie, par Ginguené; tome a , pp. 541 et suiv I‘. e»: FÉNELON m LES HABITANS m: IEUMONT (1). C’était au mois de juil let 1702; la paroisse de Jeumont se disposait à célébrer la fête de la translation de Saint-Martin, son pa. tron. Les jeunes gens de ce village, croyant sans-doute relever ainsi l’éclat du culte divin, congurenl le projet de figurer militairement à la procession , tambour battant , étendards déployés , et tenant tous en main un arc et des flèches. Le curé , qui n'était pas partisan des cérémonies chevaleresques , accueillit mal cette brillante idée et déclara qu’il n’avait que faire du belliqueux cortège. Nonobstant ce, nos archers qui s'étaient constitués en dépenses d’armes et de costumes, se présentèrent le jour de la fête dans Péglise avec leur appareil. On les fit prierde se retirer; ils insistèrent. Le curé annonça qu’il n’y aurait pas de procession, On répondit qu’elle se ferait sans

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lui, Effectivement la troupe rebelle se mit en marche et fit processionnellement le tour du village. Le lendemain plainte à Farchevèché de Cambrai de la part du curé dont Yautorité avait méconnue. Uaffaire est examinée , non par Yoflicial ou les vicaires-généraux , mais par Fenelon lui-même. Après s’être convaincu qu’il y avait eu tout-à-la-fois insoumission blâmable de la part des paroissiens et sévérité excessive de la part du curé, le bon arche vêque,toujours indulgent , mais toujours rigoureusement attaché aux convenances et à la discipline , arrangea amiablement les choses par la lettre suivante adressée au doyen de Maubeuge : v, «A Cambrai, le 19 juillet 1702. u Je vous prie, Monsieur , de prendre la peine de travailler à Yaccomrnodement du pasteur de J umont (sic) avec ses paroissiens. Il s'agit d’une procession que le pasteur n’a pas voulu faire , en y admettant des irrévérences que le peuple vouloit y introduire, et que le peuple a faite tout seul, sans le pasteur et malgré lui. A Yégard des manants, je vous prie de leur déclarer de ma part qu’ils ont fait unetrès» grande faute , en osant faire seuls la procession, malgré leur pasteur; que cŸest une révolte scandaleuse contre Péglise leur mère; et que s’ils ne réparant un si grand scan

dale , par une soumission que quel-

que député d’entre eux me vienne faire , je ferai agir contre eux notre promoteur qui les poursuivra rigoureusement , et que nous leur ferons sentir combien ils ont tort. Mais s’ils veulent reconnaître leur

faute. et la réparer , il faudra que M. le pasteur use d'indulgence pour gagner les cœurs de son troupeau. Ce que le peuple vouloit introduire dans la procession , c’est qu’il vouloit battre le tamboui‘ , porter des drapeaux, et tenir des flèches. en main. A la vérité , il seroit mieux qu’on ne fit point cette innovation, qui peut se tourner en abus et irrévérence ; mais ce n’est pourtant pas une indècence contre le. culte divin , qui mérite un_ procès entre le pasteur et le troupeau. Je n’ai. garde de, vouloir décréditer un=si. bon pasteur, ni de le laisser exposé aux caprices d'un, peuple entête : mais vous ne sauriez lui représenter trop fortement combien ces bagatelles ruineroient tout le bien qu’il peut faire dans les matières

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ACADÉMIE DE PEINTURE na LILLE’ En 1755, les magistrats de la ville de Lille résolurent d'établir dans leur ville.une école publique , gratuite, de dessin; les sieurs Le

Tillier et Duc/zou furent choisis pour la diriger ety donner des leçons. Déjà les élèves commençaient à faire des progrès, lorsqu'un jour M. deSl/‘adin, trésorierde la ville, allant visiter cet établissement, fut fort surpris d'y trouverun homme nu autour duquel les jeunes gens étaient groupés et dessina ient. Cette vue le scandalisa au dernier point; oneutbeauluiexpliquerquefhomme m1 était un modèle vivant qui posait selon l'usage établi à Home, à Paris, partout enfin, cet estimable fonctionnaire se mit dans une colère alfreuse, fit rhabiller le m0» dèle , l'envoya poser en prison, et défendit, sous les peines les plussévères , de travailler à l'avenir d’a

près la nature.

Le lendemain, on fit comparaître les deux professeurs devant MM . du Magistrat; M. le Tillier s'étant expliqué avec assez de franchise sur l'acte de M. le Trésorier fut envoyé tenir compagnie à son modèle : en sortant de prison, il s'empressa de quitter une ville où il n'étaitpas permis de dessiner d'après nature et alla s'établir à Paris, où il fit fortune comme peintre en émail et en miniature. Sa place, qu'il n'eut garde de revendiquer, fut donnéeà M. Gucrct; son collègue fut remplacé par M. Louis Walteau, et ces deux artistes, qui parvinrent peuà-peu à lever les scrupules deMM.

les magistrats de Lille, finirent par obtenir un modèle vivant, eteurent la gloire de former plusieurs élèves distingués , parmi lesquels on cite Helmau, Masquelier, Lienanl, graveurs célébres, qui tous, en reconnaissance des premières leçons qu'ils reçurent gratuitement à l'académie de Lille, ont dédié plusieurs de leurs ouvrages au corps municipal de cette ville. A. n.

, HERBUTŒnARLns-Josr-zrn) néà Valenciennes , le 11 janvier 1778 , entra au service, le 1°‘ novembre 1798, dans le régiment de dragons de la Gironde, appelé par une de ces réquisitions qui recrutaient d'un seul coup toutes les armées de la République. Il fit les campagnes de 1806 en Allemagne , de 1807 et 1808 en Prusse, 1809, 181e et 1811 en Espagne et fut nommé ma réchal-des-logis le 1 6 mai de cette dernière année. Il versa son sang à la bataille d’Eylau et sous les murs de Badajoz. Cet intrépide sous-oflicier se trouvant le 25 mai 1811 à Usagre, en Espagne, à une demiportée de pistolet de l'ennemi, vit son colonel engagé sous son coursier abattu d'un coup de feu ; Herbut n'hésite pas , il se précipite, débarrasse son chef, lui donne son cheval , et, victime de son dévoûment , tombe au pouvoir de l'en

nemi. a. ‘D

MÉQUENNE. _ Ce mot, suivant le dictionnairelloucliy, signifie servante; il est surtout habituellement employé dans ce pays pour désigner une servante de curé.

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