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HISTOIRE ET DESCRIPTION

DE TOUS LES PEUPLES, DE LEURS RELIGIONS, MOEURS, COUTUMES, ETC.

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GODEGISILE ou GODEGISÈLE, qua- Bourgogne par les évêques catholiques, trieme fils de Gondicaire, roi de Bour- ne tarda pas à arriver. Godegisile disgogne , eut en partage , après la mort simula, et unit ses forces à celles de de son père, en 463 , le pays qui a au- Gondebaud. Ils rencontrèrent l'armée jourd'hui pour chef-lieu Besancon. L'am- des Francs près de Dijon, sur les bords bition arma bientôt ses frères Gonde de l'Ousche, petite rivière qui se jette baud, Chilperic et Gondemar. La for- dans la Saône. Dès le commencement tune favorisa Gondebaud. Il fit trancher de l'action, Godegisile se tourna contre la tête à Chilperic, dont il massacra les les siens. Gondebaud, vaincu, n'échappa fis. Gondemar fut brûlé dans une tour à la mort que par une fuite précipitée, où il s'était réfugié. Quant à Godegisile, et se renferma dans Avignon, où Clovis complice de Gondebaud, auquel l'unis- le réduisit à capituler et à accepter un sait un traité secret, il régna tranquil. traité par lequel il consentait à partager lement, et reçut, après tous ces forfaits, la Bourgogne avec son frère, et à payer sa portion des dépouilles. En effet, un tribut. Godegisile se tenait dans Gondebaud, entré en possession de ses Vienne avec 5,000 soldats francs, quand nouvelles conquêtes, en détacha la ville Gondebaud, impatient de punir sa trade Genève, qu'il ajouta aux États de son hison, et n'attendant que la retraite de frère. Cependant, celui-ci avait espéré l'ennemi, vint tout à coup l’y assiéger une plus large part, et voyait avec ja- (500). Bientôt les vivres manquèrent, et lousie s'agrandir le pouvoir de Gonde- Godegisile expulsa de la ville un grand baud. Il fit solliciter secrètement Clovis nombre d'habitants. Cette mesure fut de venir l'aider à détrôner son frère, la cause de sa perte. Parmi ceux qu'il lui promettant de lui payer un tribut. avait chassés, était un gardien des aqueLe roi des Francs, qui ne cherchait ducs, qui, pour se venger , introduisit qu’un prétexte pour étendre ses limites, les troupes des assiégeants par les conet qui depuis son baptême était appelé en duits souterrains. Tous les soldats de

T. IX. 15€ Livraison. (DICT. ENCYCL., ETC.)

Godegisile furent massacrés, et lui- «Pour avoir fait des vers destinés à même, sous les yeux de son frère , fut « être mis au bas d'une gravure repréégorgé dans une église, avec un évêque «sentant un arbre, entre les branches arien qui l'y avait suivi. Ce dernier fra- «duquel on apercoit MM. Nicole, Questricide rendit Gondebaud maître de «nel, Pâris et autres ; deux jésuites toute la Bourgogne.

« serroient cet arbre par le pied, penGODERVILLE, seigneurie de Norman- «dant que plusieurs autres tâchoient die, érigée en baronnie par lettres du « de l'abattre en le tirant avec des cormois de mars 1651, en faveur de Char- «des. » les Roussel, seigneur et patron de Go « Jacques Mercier, accusé d'avoir déderville, seigneur de Tourville et de « bité une estampe représentant le pape Pestreval. C'est aujourd'hui un bourg « lardé d'une douzaine de jésuites, et du département de la Seine-Inférieure, «une autre représentant M. l'archevêarrondissement du Havre.

a que, jetant à Paris une pierre où étoit GODESCARD (J. F.), savant et labo- « écrit Vintimille, et M. Hérault, arıné rieux ecclésiastique, né en 1728, à Roc « de la crosse de cet archevêque, qui quemont, diocèse de Rouen. Il était « commandoit la lapidation. » chanoine de Saint-Honoré, à Paris, «Thomas Mutel, graveur. — Pour lorsque la révolution le priva de ses « avoir gravé des estampes contre les bénéfices. Il mourut en 1800, dans un ajésuites et la constitution ; entre auétat voisin de l'indigence. On estime «tres une, représentant une danse de ses Vies des Pères, des martyrs et des «diables qui tiennent M. l'archevêque autres principaux saints, traduites de «par la main, et le font danser autour l'anglais d' Alban Butler, 1763, 12 vol. « d'un feu dans lequel on brûle les Nouin-8°. Cet ouvrage a été réimprimé plu- «velles ecclésiastiques. Plusieurs diasieurs fois. Godescard en composa lui- «bles soufflent dans l'oreille de cet armiême un abrégé, publié en 1802. On lui achevêque, etc., etc.) doit encore : Essais historiques et cri- Godonesche avait publié précédemtiques sur la suppression des monas- ment les médailles du règne de Louis tères et autres établissements pieuir en XV, 1727, in-fol. Ce recueil a été conAngleterre, traduits de l'anglais. Ila tinué par Fleurimont jusqu'à la paix laissé plusieurs manuscrits, entre au- d'Aix-la-Chapelle ( 1748 ). Godonesche tres une Table alphabétique des mourut à Paris, le 29 janvier 1761. moires de Trévoux jusqu'en 1740. - GODOUIN OU GOUDOUIN (Jean), né à

GODONESCHE (Nicolas), né à Paris, Paris, fit pendant longtemps partie de vers la fin du dix-septième siècle, des l'université où il avait étudié, professa sinateur du cabinet des médailles du au collége du cardinal Lemoine, et fut roi, perdit cette place, et fut mis à la nommé professeur d'hébreu au collége Bastille, en 1732, pour avoir gravé les de France, vers 1660. Il composa une figures d'un petit ouvrage satirique de grammaire hébraïque, et fut chargé de l'abbé Boursier, intitulé : Explication l'édition des Commentaires de César abrégée des principales questions qui ad usum Delphini, 1678, in-4°. Il a ont rapport aux affaires présentes, aussi publié quelques opuscules, parmi 1731, in-12. Le registre de la Bastille lesquels se trouvent les Épitres famiporte, à la fin de l'année 1732, après la lières de Cicéron, nouvellement tramention de plusieurs jansenistes et duites avec le latin, 1663, 2 vol. in-8°, convulsionnaires :

imprimées sur deux colonnes. Cette « Le sieur Godonesche, graveur. — traduction est à peu près oubliée au« Pour avoir gravé et distribué contre jourd'hui. Godouin est mort le 8 octo« la religion et les bonnes moeurs, des bre 1700. « pièces indécentes et obscènes pour GOËLETTE, un des petits navires « des gens de parti. » Du reste, il n'était parmi ceux qui font de longues traverpas le seul coupable, ni le seul puni, sées, mais aussi un des plus gracieux et car plus loin on trouve, dans le même des plus légers. Elle porte depuis 30 registre, année 1732 :

jusqu'à 150 tonneaux. Les deux mâts, « Gervais-Martin Cimtri, graveur.- élégamment inclinés vers l'arrière

soutiennent deux grandes voiles trian- le comte Desgrées , qui attaquait en cagulaires. Les goëlettes n'étaient autre- lomnie le duc de Duras, lui fit surtout fois que des navires du commerce. De une brillante réputation. « Dans cette puis un certain temps, on en a armé en obscure affaire , dit Linguet, il n'y eut guerre avec de la petite artillerie; elles de décidé que le talent de l'avocat du sont utiles pour la course.

comte Desgrées, » Gohier ne s'occupait GOERDE (combat de). Dans le cou- pas seulement de législation et de jurat de septembre 1813, le prince d'Eck- risprudence; il cultivait aussi les lettres mühl, qui commandait le 13e corps de dans ses loisirs. A l'occasion de l'avéla grande armée française d'Allemagne, nement de Louis XVI et du renvoi du et qui opérait sur le bas Elbe, avait parlement Maupeou, il composa une détaché le général Pecheux avec 5 ba. pièce de théâtre, intitulée le Couronnetailloas, i escadron et 6 pièces d'artil- ment d'un roi, où figuraient, sous le lerie, vers Magdebourg , pour éclairer voile de l'allégorie, tous les personnages la rive gauche du fleuve. Le général en fameux dans l'histoire du temps : l'abbé chef de l'armée ennemie, Wolmoden, Terray, Saint - Florentin , le duc d'Aiqui occupait Schwerin, instruit de la guillon, le maréchal de Richelieu, et marche de notre colonne, conçot le enfin le chancelier Maupeou lui-même dessein de l'anéantir au moyen de for- avec son parlement. Ce drame, que ces supérieures. En conséquence, il se Gohier a fait réimprimer en 1825, à porta loi-même, avec environ 16,000 propos du sacre de Charles X et du mihommes, vers Domütz, où il fit établir nistère Villèle, eut dans la nouveauté le un pont. Le 16, son avant-garde pous plus grand succès, quoique l'on y puisse ant jusqu'à Danneberg, rencontra le reprendre un tour d'imagination bicorps de Pécheux; mais vainement le zarre, et que les détails ne soient pas Russe Tettenborn, qui la commandait, toujours du meilleur goût. essaya-t-il d'abord d'attirer son adver Entouré de l'estime publique, Gohier saire dans une espèce d'embuscade. Le vit les clients affluer , et son ministère général francais , sachant qu'il avait af. réclamé dans toutes les causes imporfaire à un ennemi nombreux, suspendit tantes. C'est à lui que les états de Brea marche, et prit position au village tagne confièrent la défense de leurs de Goerde. Walmoden se mit aussitôt droits, violés par l'intervention du en mesure d'attaquer à la fois nos trou- gouverneur de la province dans l'élecpes par le centre et par les deux ailes. tion des députés qui devaient porter à L'action s'engagea vers midi. Nos piè. la cour les griefs du pays , et dans un ees furent promptement démontées par mémoire plein de force et de logique, la sapériorité du feu des Anglo-Alle- il établit incontestablement la légitimité mands, mais nos bataillons soutinrent, des prétentions des états. Lorsque les aree l'intrépidité la plus rare, et le choc Bretons donnèrent à la France le side leur infanterie et les charges reité- gnal de l'opposition aux édits désastreux rées de leur cavalerie. Enveloppé com- de Brienne, ce fut encore lui qu'ils plétement, Pécheux, pour opérer néan- chargèrent de rédiger leurs énergiques moins sa retraite, forma ses troupes en réclamations. En 1789, après la supCarré, fit ainsi front à toutes les atta pression des parlements, il devint memques, et gagna Harbourg avec environ bre de la cour supérieure provisoire de 2,500 hommes. Il n'en avait laissé que Bretagne. 4 ou 5 cents, tués ou blessés sur le Gohier fut porté à l'Assemblée légis. champ de bataille : les pertes de l'en. Jative en 1791, par le département d'IlleDemi s'élevaient presque au double, et-Vilaine, et il s'y montra ce qu'il fut

GOHIER (Louis-Jérôme), membre de toute sa vie, plein de zèle, plein de l'Assemblée législative, ministre, direc- bonnes intentions, mais du reste, teor, etc., naquit à Semblançay, en comme le dit madame Roland, homme 1746. Élève des jésuites de Tours ,il médiocre. Il fut chargé du rapport sur étudja le droit à Rennes, et devint l'un les papiers inventoriés dans les bureaux des avocats les plus distingués du bar de la liste civile, après le 10 août, et il reau de cette ville. Sa plaidoirie pour s'acquitta de cette tâche dans la séance

du 16 septembre 1792. Après avoir si- Il manquait de clairvoyance, ou s'i gnalé toutes les pièces qui constataient voyait (comme ce fut le cas pour Sieyès les intelligences de la cour avec les dont les manquvres secrètes lui étaien puissances étrangères, ainsi que les ma- connues), ennemi, de son propre aveu chinatious ourdies à l'intérieur pour des coups d'Etat, il manquait de vi opérer la contre - révolution, Gohier gueur pour agir. Sa femme était lié termina en s'élevant contre les catégo- avec Joséphine, et Gohier, dans se ries qui divisaient les patriotes. Son mémoires, raconte longuement le part discours fut vivement applaudi par que tira Bonaparte de cette liaison pou l'Assemblée législative, qui en ordonna l'endormir, après avoir essayé vaine l'impression ; mais les réflexions conci- ment de le gagner. La veille même di liatrices qu'il contenait furent mal ac- 18 brumaire, le général écrivit à Gohie cueillies des démocrates, dont la rupture qu'il s'invitait à dîner chez lui avec si avec le parti modéré était dès lors irrévo- famille pour le lendemain, et le dépa cablement accomplie : aussi, malgré le sitaire de la première magistrature d gage que Gohier avait donné dans son la république attendait impatiemmen rapport aux opinions avancées, il ne fut son illustre convive, lorsqu'on vint lu point élu à la Convention. Toutefois, il demander de sa part une renonciation ne resta point inactif. D'abord secré- expresse aux suprêmes fonctions don taire général de la justice sous le minis- il était revêtu. Mais, s'il était impropri tère de Garat, en 1792 , lorsque ce der- à agir , Gohier avait précisément ci nier passa au ministère de l'intérieur, genre de courage qui honore la défaite le 20 mars 1793, Gobier lui succéda à Il refusa courageusement la démission la justice. Mais les comités de la Con- qu'on exigeait de lui, et se rendit ave, vention s'étant emparés vers ce temps- Moulins auprès du Corps législatif. Là là de la plénitude du pouvoir exécutif, dans la salle même où les conjuré le rôle des ministres devint de plus en avaient établi leur quartier général, i plus insignifiant, et le nom de Gohier, protesta contre tous les actes attenta pas plus que celui d'aucun de ses collè toires à la constitution, et contre tou gues, n'est resté attaché aux actes et tes les violences dont la représentation aux souvenirs de cette époque. En nationale était menacée. Vaine opposi quittant le ministère (4 germinal an iv), tion! Le 18 brumaire s'accomplit er il obtint la présidence de l'un des tri- dépit de Gohier et de Moulins , et ce bunaux civils de Paris, et fut successi- deux directeurs, contraints d'abandona vement ensuite président du tribunal ner le palais du Luxembourg et de dé criminel de la Seine et du tribunal de poser l'exercice de l'autorité souveraine cassation. C'est de ce poste important rentrèrent dans la vie privée. Gohiei qu'il fut élevé, en 1799, à la puissance apprit bientôt que Sieyès n'épargnaji directoriale, en remplacement de Treil- aucun effort pour le faire comprendre hard, après la journée du 30 prairial. dans la liste des déportés, et que la po Gohier, autour duquel se groupaient lice de Fouché surveillait toutes ses dé les débris de l'ancienne Montagne, ainsi marches. Pour se soustraire à cette in que tous les hommes qui voulaient sin- quisition, il se retira à Antony, puis : cèrement la constitution de l'an III, se Eau-Bonne, dans la vallée de Montmo trouva président du Directoire au mi- rency. Cependant, après deux ans de lieu des événements qui suivirent le retraite, il céda aux instances du pre retour de Bonaparte , et qui préparè- mier consul, qui lui prodiguait les plus rent, puis effectuèrent le renversement vifs témoignages d’estime et de bien de la constitution. De telles circonstan- veillance. Il consentit à le voir et ac. ces étaient trop fortes pour lui. Avocat cepta la place, modeste pour lui, de de réputation, jurisconsulte distingué, consul général de France à Amsterdam patriote sincère, homme intègre et où il resta jusqu'à la réunion de la Hol. franc, comme Napoléon le disait de lui lande à l'empire. Désigné à cette épo à Sainte-Hélene, Gohier, il faut en con- que pour aller remplir les mêmes fonc. venir, n'était rien moins, par le carac- tions aux États-Unis, sa santé et son tère et le génie, qu'un homme d'État. âge avancé ne lui permirent pas de se

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