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l'amylène, et elles m'ont paru exactes. coup moins d'activité que le chloroforme. J'en ai institué d'autres sur des chiens, Faut-il en conclure que, dans la pratique, mais en plaçant ces animaux dans les con- il soit moins dangercux que ce dernier? ditions où se trouvent les malades que Ici je me sipare entièrement de M. Debout nous soumettons aux inbalations. Pour et de ceux qui l'ont précédé dans l'étude cela j'ai employé d'abord l'appareil de M. de la question. En effet, un point capital, Charrière, en remplaçant l'embouchure dans l'histoire des anesthésiques, c'est que par une vessie dans laquelle je fixais la ce n'est pas par le fait de l'évolution suciête de l'animal. Avec le chloroforme j'ai cessive et progressive des phénomènes vu se dérouler la série des phénomènes d'intoxication que la mort est survenue connus, depuis la simple insensibilité jus- chez l'homme, mais bien d'une manière qu'à la résolution musculaire complète; brusque, inattendue, et comme par suite el, en continuant l'inhalation, les animaux d'une prédisposition de l'organisme incononl toujours succombé en trente ou qua- nue dans sa nature. Dans un travail que rante minutes, par le ralentissement pro- j'ai publié il y a quelques années, j'ai gressif et la cessation des mouvements déjà signalé cette circonstance pour l'éther respiratoires. Avec l'amylène, j'ai obtenu et lc chloroforme. Le malbeur récemment l'anesthésie accompagnée des symptômes arrivé à M. Snow prouve qu'il en est de observés chez l'homme, à savoir : le ren- même pour l'amylène. Ainsi, c'est dans versement de la tête en arrière, la fixité l'anesthésie même que git le danger, dans du regard, la déviation des yeux, l'injec- l'anesthésie, qui, suivant une expression tion des conjonctives, la raideur des mem- heureuse de M. Tourdes, est une dimibres, etc.; mais jamais je n'ai obtenu le nution de la vie, et un pas fait vers la mort. relâchement des muscles. Il y a plus : en Ainsi dépouillé de la prérogative d'incontinuant l'expérience, dans le but de nocuité dont on avait espéré d'abord de le faire périr les animaux, j'ai vu avec éton- voir en possession, l'amylène n'est plus. nement qu'ils s'habiluaient en quelque qu'un simple agent anesthésique qu'on sorte à l'action de l'amylène el recouvraient peut placer à côté de l'éther et du chloromême une partie de la sensibilité. Au bout forme. de plus d'une heure, j'ai cru devoir cesser De sorte qu'en terminant ce travail il l'imbalation. Les animaux se sont trouvés, ne nous reste plus qu'à nous demander pendant quelques instants, comme dans s'il doit être conservé dans la pratique, et, un élat d'ivressc, puis ils n'ont pas tardé en cas d'affirmation, quelles sont les indi. à marcher, et se sont promptement réta- cations et les contre-indications de son blis.

emploi. Oui, nous croyons qu'il doit être Voyant que l'appareil de M. Charrière conservé, parce que son action est prompte, était insuffisant pour faire périr ces ani- de très-courte durée, et que ses effets se maux, j'ai eu recours à un autre procédé dissipent rapidement, sans donner lieu à capable de donner plus de concentration ce malaise général qui persiste parfois asaux vipeurs anesthésiques. Une grande sez longtemps après l'usage du chlorovessie de porc ayant été largement ouverte forme. Ces motifs le rendent préférable à une de ses extrémités pour recevoir la pour des opérations très-courtes, lorsqu'on tėte de l'animal, j'ai pratiqué, à l'extré- se propose seulement d'annihiler la doumité opposée, une ouverture assez large leur ou simplement de l'émousser. De pour laisser passer l'air, et j'ai placé dans plus, il n'exerce pas sur les voies aérienla vessie une éponge imbibée de 25 à 30 nes d'action irritante, ce qui le rend prégrammes d'amylène. L'animal s'est agité cieux lorsqu'il existe du côté des poumons d'abord et a poussé des cris; puis il est quelque lésion qui ne paraitrait pas assez devenu presque immédiatement insensi- grave pour faire rejeter complétement ble

. Le tronc s'est courbé en opisthotonos; l'emploi des anesthésiques. En outre, il il y a eu tremblement de la tête, contrac- ne provoque pas des vomissements ou des tion des membres, mouvement de la lan- nausées, soit au début, soit lorsque la gue pour lapper, mouvement de dégluti- sensibilité commence à se rétablir, phéno. tion; au bout d'un quart d'heure, ronfle- mènes fréquemment observés par le chloment; puis résolution complète des roforme. Celle particularité, notée princimembres, diminution progressive des palement par MM. Tourdes et Giraldès, mouvements respiratoires, et mort au est importante dans la chirurgie des enbout de vingt minutes.

fants, qu'il est souvent fâcheux de laisser Ces expériences confirment celles de trop longtemps sans aliments, et qu'on M. Debout, en ce qu'elles prouvent que peut soumettre à l'action de l'amylène à l'amylène est toxique, mais qu'il a beau- une époque plus rapprochéc du repas que

lorsqu'on emploie le chloroforme. Néan. M. Velpeav. Bien que je sois membre moins l'absence du vomissement n'est pas de la commission qui avait à prononcer absolue : MM. Rigaud, Schutzenberger et sur le travail de M. Debout et que j'aie Debout en ont observé des exemples. signé le rapport qui vient de vous être lu,

Nous venons de signaler les cas princi- je déclare que je ne suis pas grand parti. paux qui nous paraissent motiver l'emploi san de l'amylène. Je l'ai quelquefois de l'amylène. Voyons maintenant qucls essayé dans mon service à la Charité, et sont ceux où il est formellement contre- franchement je ne crois pas qu'on ait enindiqué.

core trouvé le successeur du chloroforme, Nous rappellerons que l'insensibilité qui, jusqu'à nouvel ordre, est, à mon avis, qu'il produit dure très-peu de temps, et le meilleur des anesthésiques. Je reproche

, qu'il n'atteint que par exception la con- à l'amylène son odeur détestable, aussi tractilité musculaire. Partant de ces faits, incommode pour les assistants que pour nous proposerons de l'exclure de la prati- l'opéré, le peu de certitude et de constance que des opérations longues et pénibles, de son action, la trop courte durée de ses surtout de celles pour lesquelles il est né- effets, et la nécessité où l'on est, en l'emcessaire d'anéantir la contraction des mus. ployant, de faire usage d'un appareil spécles, telles que la réduction des luxations cial d'inhalation. Enfin, l'accident arrivé et des hernies , certains diagnostics dans à M. Snow, et rappelé par M. Robert, délesquels la tension des muscles constitue truit les espérances qu'on avait fondées un empêchement grave, comme on le voit sur son innocuité. pour plusieurs tumeurs de la cavité abdo- Quant au chloroforme, je ne le dis pas ininale. Que si on nous objecte qu'on peut entièrement inoffensif, mais je crois qu'on prolonger presque indéfiniment l'anesthé- a singulièrement grossi les dangers de son sic en continuant l'inhalation , qu'on peut emploi; je dirai même assez volontiers obtenir aussi la résolution des muscles par qu'on l'a calomnié. Depuis une dizaine ce même moyen, ainsi que M. Tourdes l'a d'années, j'ai bien employé le chloroforme avancé, nous répondrons que, outre l'in- cing ou six mille fois pour des opérations convénient de faire absorber des quantités diverses et des malades d'âge et de sexe considérables d'amylène, et la préoccupa- différents; jamais je n'ai eu à déplorer aution gênante qui résulte pour le chirurgien cun accident. Et je ne suis pas le seul dans de l'imminence du réveil de son malade, ce cas parmi les chirurgiens de Paris. Je il ne nous est pas démontré que l'on puisse ne sache pas qu'il y ait jamais en beausûrement produire la résolution complète coup de malheurs par le chloroforme dans par la multiplication des doses. Il y a plus : lous nos grands hôpitaux. D'ailleurs, si nous nous en rapportions à nos expé- quand la mort survient pendant ou après riences, nous dirions que l'action de l'a- une opération chirurgicale, est-il juste, mylène finit par s'émousser lorsqu'on la dans tous les cas, d'en accuser l'agent prolonge oulre mesure, à moins que les anesthésique ? M. Robert a perdu, je crois, doses n'en soient élevées à un degré ex- un amputé de la cuisse auquel on avait cessif, et dans ce cas, si l'on parvient à fait inhaler le chloroforme; on s'en est obtenir la résolution des muscles, c'est pris au chloroforme; je ne suis pas sûr peu d'instants avant que les animaux ne qu'on ait eu raison. Je pense que cet anessuccombent.

thésique n'est pas plus dangereux que Mais bâtons-nous de terminer ce rap- l'amylène , si on l'emploie avec toutes les port, déjà trop long peut-être. Nessieurs, précautions convenables. Il a sur son rival quelques savants ont conçu l'espoir de l'avantage de ne pas répandre une odeur Trouver un agent qui, tout en empêchant infecte, de pouvoir se manier facilement la douleur pendant les opérations, ne porte et sans le secours d'un appareil spécial. Il aucune atteinte à l'organisme. Laissons- s'agit d'en répandre quelques grammes leur cette pensée consolante, associons- sur une éponge, un simple mouchoir, un nous même, s'il le faut, à leurs généreux tampon de charpie placé au fond d'une efforts ; mais constatons qu'aujourd'hui le compresse roulée en cône, et l'opération problème n'a point encore été résolu. N'ou. réussit parfaitement bien. J'ai mis depuis blions pas surtout que la sensibilité est dé- longtemps de côté les appareils plus ou volue à tous les êtres vivants pour qu'ils moins compliqués de Charrière et autres. puissent veiller à leur conservation, qu’on S'il s'agit de petites opérations, je ne ne saurait les en priver sans de plus ou pousse pas l'anesthésie bien loin; je n'y moins graves inconvénients, et qu'ainsi ai recours quc pour ce qui doit être douon ne doit recourir aux anesthésiques qu'a- loureux. vec crainlc et réserye.

J'opère dès que le malade est à peu près

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insensible, et je le laisse se réveiller pen- pensable quand il s'agit d'obtenir la résodant que je fais le pansement. Pour une lution musculaire; mais, malgré son odeur grande opération, l'anesthésie a besoin désagréable, à laquelle on s'habitue assez d'être poussée un peu plus loin, sans être aisément, j'en parle par cxpérience, l'aprolongée bien longtemps. Une amputa- mylène a ses avantages. Son plus grand tion, par exemple, n'exige que quelques inconvénient est d'exiger un appareil spéminutes d'insensibilité. La dissection d'une cial. L'amylène endort en un instant. tumeur demande plus de temps, cinq ou Ainsi, ce matin, un homme s'est présenté dix minutes; un quart d'heure, c'est bien à la consultation avec une ouverture prélong. En prenant les précautions que j'ai putiale trop étroite ; je l'ai opéré, après indiquées, les opérés ont tout le bénétice l'avoir soumis à l'inhalation de l'anıylène ; de l'anesthésie sans qu'il en résulte aucun en moins d'une minute il était endormi, danger pour eux. Je le répète, un agent si et, l'opération à peine terminée, il a pris facile à manier, qui endort si constamment son chapeau et s'en est allé. Je ne crois et d'une manière si rapide, est difficile à pas que l'amylène ait des prérogatives remplacer. Je n'ai pas encore trouvé de spéciales d'innocuité; mais il est vraimalades réfractaires à l'action du chloro- ment des cas où cet agent devra être préforme; il y en a qui ne veulent pas respi- féré au chloroforme pour les opérations de rer, mais en temporisant on en vient par. courte durée, par exemple, les incisions, faitement à bout. Il suffit d'éloigner et de les ouvertures d'abcès, etc. Sans vouloir rapprocher successivement la compresse déprécier le chloroforme, je pense qu'il imbibée de chloroforme jusqu'à ce que le est utile de laisser à côté de lui une petite malade commence à en subir l'influence et place à l'amylène. à le respirer librement.

M. Velpeau. Sans accorder cette place Le chloroforme ne pourrait être rem- à l'amylène, je voudrais qu'on lui retirat placé que par un agent qui produisit les son odeur, à laquelle je ne puis me faire, memes effets, dans les mêmes conditions, comme M. Robert. Quant à l'emploi de sans occasionner la mort. On fait ce qu'on l'anesthésic, je me laisse guider autant par veut du chloroforme. Je l'ai appliqué à la gravité de l'opération que par la crainte toutes les espèces de personnes, même à que les malades ont de la douleur. J'ai vu des malades atteints d'affections du caur un malade chez lequel il n'y avait pas ou des voies respiratoires. On a beaucoup moyen de passer un stylet sans déterminer parlé des quantités de chloroforme qu'il un état nerveux qui approchait de la conconvient d'employer; on en juge par l'ef- vulsion. Il est évident que, quand j'éthéset produit; c'est le degré d'anesthésie qui rise, ce n'est pas pour moi, mais pour le donne la mesure de la dose. Quand l'anes malade; aussi ai-je soin de le consulter. thésie n'est pas poussée trop loin, les ma- En général, je n'éthérise pas pour les pelades se réveillent très-vite. Je crains tites opérations; mais, quand il m'est arqu'il n'y ait pas dans l'amylènc quelque rivé de le faire, j'ai vu souvent les malachose qui vaille mieux, surtout quand il des endormis en une minute, une demis'agit d'obtenir la résolution des muscles. minute même, et chez ces malades il n'y

Je me résume en disant qu'il faut ac- avait ni vomissements au moment même, cepter le nouvel agent qu'on nous propose, ni embarras gastrique le lendemain. Je ne mais ne pas se faire d'illusions; c'est en. rejelle pas absolument l'amylène, mais ce core le chloroforme qui demeure le plus que l'amylène peut faire, je dis que le puissant et le plus sûr des anesthésiques. chloroforme peut le faire aussi.

M. Robert. Les avantages de l'amylène consistent dans la rapidité et le peu de

Séance du 19 mai, durée de son action ; il convient à ce titre pour les petites opérations qui sont très- M. le ministre transmet l'ampliation douloureuses. J'en appelle à M. Velpeau d'un arrêté, en date du 30 avril 1887, lui-même. Nous n'employons aujourd'hui portant approbation de la formulc préle chloroforme que dans des cas sérieux, sentée par MM. Laboureur et Fontaine quand il faut obtenir une insensibilité pour la préparation du valérianale d'amassez prolongée. Il arrive avec le chloro- moniaque. forme que l'insensibilité est précédée d'une M. LE PRÉSIDENT annonce à l'Académie certaine agitation, qu'il se manifeste de la que M. le docteur Négrier, directeur de toux, des envies dc vomir ; le lendemain, l'Ecole de médecine d'Angers, el Al. Huil y a souvent de l'embarras gastrique ; de bert, membre correspondant à Laval, as. plus, l'insensibilité produitc est d'une sistent à la séance. longue durée. Le chloroforme est indis- GLYCOGÉNIE. N. BÉRARD lil un travail qui lui est propre, relativement au siége vant le procédé ordinaire. Ce canal se dide la production de la glycose dans l'orga- visant en trois branches, un tube d'argent nisme.

fut placé dans la plus grosse ct reçut du Dans une thèse soutenue le 17 mars 1853 chyle pendant toute la journée et une pardevant la Faculté des Sciences, M. C. Ber- tie de la nuit. nard a écrit, page 34, en lettres italiques : Du liquide recueilli on fit deux parls, « Le foie de l'homme, à l'exception de tous l'une destinée aux recherches sur la glyles autres tissus du corps, renferme de la ma- cogénic, l'autre réservée à M. Wurtz, qui tière sucrée. )

devait y faire une découverte dont il sera Après avoir rappelé les discussions question plus tard. soulevées par cette affirmation et les expli- Le chyle ainsi obtenu a réduit l'oxydc cations nouvelles qui en résultèrent; après de cuivre dans la liqueur cupro-potassiavoir montré que c'était sur un parallèle que, et, mis en contact avec la levure de entre le sang qui arrive au foie et celui bière, il a fermenté. Une éprouvette pleine qui en sort, et sur la comparaison de celui- de sérum de chyle, auquel on avait ajouté ci au sang de la circulation, que tournait du ferment, fut renversée sur le mercure. la discussion, M. Bérard ajoute :

L'appareil ne contenait pas même une M. Collin imagina de rechercher si, par bulle d'air. A côté de cette éprouvette, on hasard, le chyle n'introduisait pas de su- en disposa une autre contenant simplecre dans le système circulatoire, et, le ment de l'eau et du ferment. On les for avril 1856, dix mois après avoir fait maintint à une tempéralure très-doucc. une lecture sur ce sujet à l'Académie des Au bout de vingt-cinq minutes, celle sciences, il rendait compte à l'Académie qui contenait du chyle commença à laisser de médecinc d'expériences dans lesquelles voir de fines bulles de gaz se dégager, ct il avait constaté la présence de la glycose le gaz acide carbonique, de moment en dans le canal thoracique d'animaux mis au moment plus abondant, fit bientôt baisser régime exclusif de la viande. M. Chau- tout le liquide et remplit à lui seul l'éprou. veau, de l'École vétérinaire de Lyon, a vette. fait depuis, à cette tribune, le récit d'ex- Donc le chyle contient du sucre. périences qui confirment celles de M. Col- Maintenant, si le savant professeur au lin, mais dont il a tiré des conclusions Collège de France n'en a pas trouvé, c'est différentes.

qu'il a opéré sur le chien, et non sur un Voici quelle expérience a été instituée grand ruminant. à Alfort par M. Bérard avec M. Collin. M. Bernard a dit que le sucre rencontré

L'examen du liquide extrait du canal dans le liquide du canal thoracique avait thoracique d'un taureau ou d'un beuf tenu été versé dans ce canal par les lymphatià son régime ordinaire n'eût rien prouvé, ques du foie, et qu'en définitive c'était du puisque certaines substances végétales foie qu'il provenait. apportent du sucre avec elles et que d'au- M. Bérard réfute celle opinion en faitres (les séculentes) se convertissent en sant voir, sur une pièce anatomique préglucose dans le tube digestif. Il fallait parée par M. Collin, que, chez les rumitransformer un ruminant en carnivore; nants, les chylifères se réunissent en un on fit à la partie supérieure de la région gros tronc couché sur l'artère mésentérilombaire gauche d'un jeune taureau une que et qui aboutit au canal thoracique incision qui pénétra dans la panse ou pre- beaucoup plus bas, c'est-à-dire plus en mier estomac; on détermina l'adhérence arrière que les lymphatiques du foie. des bords de celle incision avec les parois Cette branchc est aussi volumineuse que abdominales, et on introduisit par cette le canal thoracique de l'homme. On peut ouverture environ 12 kilogr. par jour de recueillir à part le liquide de ce gros chybonne viande de cheval. coupée en menus lifère et s'assurer qu'il contient du sucre,

morceaux et arrosée de bon bouillon. Une bien qu'il ne reçoive pas le plus petit ra· muselière solide empêchait l'animal de meau des lymphatiques du soie.

prendre aucune autre nourriture, et on On pourrait enfin dire encore que le lui permettait seulement de boire quel- sucre irouvé dans les chylifères dérive du ques seaux d'eau dans l'intervalle des re- foie , sa seule source, et qu'il a été appas. On remarqua qu'il ne rumina pas une porté dans les chylifères par la circulation seule fois pendant tout le temps qu'il fut générale, en transsudant à travers les pa. soumis à cette alimentation (trois semai. rois des artérioles capillaires (il n'y a pas nes).

d'anastomoses entre elles et les lymphatiAu bout de ce temps, on mit à découvert ques). M. Bérard combat cette objection en la terminaison du canal thoracique, sui- disant que, si les choses sc passaient ainsi,

а

on ne pourrait trouver que des traces im. a incessamment production de glycose, perceptibles de sucre dans le chyle, tandis qui retourne, par le système lymphatique, que les réactifs en ont montré, au con- au centre circulatoire, et si, à cette glycotraire, d'énormes quantités.

génie permanente, la digestion n'en ajoute M. Bérard résume ainsi sa communica- pas une autre intermittente, mais beaulion :

coup plus active. ) Il s'agit, selon lui, d'examiner si, « in- Quant à la découverte de M. Wurtz, dépendamment de la glycogénie hépali- c'est d'urée qu'il s'agit; mais M. Bérard que, il ne serait pas rationnel d'admettre vcut lui laisser le plaisir d'en venir luique, dans toutes les parties du corps, il y même entretenir l'Académie.

IV. VARIÉTÉS.

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UN CÉLÈBRE HOMOEOPATIE DE PLUS A PA

VIENNE MÉDICAL. RIS. – On écrit de Groningue (Hollande): Les journaux ont annoncé dans ces der- LETTRE DU D' F. DE PURY, DE NEUCHATEL, niers temps que l’Empereur des Français

AU DI CORXAZ. avait autorisé lc docteur Carl Von Bön

Vienne, le 27 décembre 1856. ninghausen, fils du célèbre (!) docteur homæopathe baron C. Von Bönninghausen,

En te parlant aujourd'hui de Vienne méde Munster, à exercer la médecinc homæo

dical, au milieu duquel j'ai vécu quelpathique dans tout l'Empire; – que ledit ques mois, je crois, mon cher ami, rédocteur s'établirait à Paris, qu'il y contrac

pondre au désir que tu m'en as exprimé terait mariage avec la fille adoptive de feu plus d'une fois. Mais si dans le cours de Hahnemann, l'inventeur de l'homeopa

mon récit tu trouves de bien grandes lathie, dont les intéressants travaux litté- cunes, tu me les pardonneras sans doute, raires posthumes tomberaient ainsi en sa

car mon but est de ne faire qu'une esquisse possession. - Si cette annonce est vé. fidèle de ce que j'ai été à même de voir ridique, comme tout porte à le croire, il

ou d'entendre. est à espérer, dans l'intérêt des futurs Vienne compte un assez grand nombre clients du jeune M. Von Bönninghausen,

d'établissements de bienfaisance, les prinque celui-ci aura fait, durant les dix der- cipaux sont : l'hôpital général, l'hôpital niers mois, quelques légers progrès dans militaire, la maison des aliénés, l'hôpital la science dont il va faire l'application à des enfants ou de Sainte-Anne, la maison sa façon. Il y a, en effet, dix mois que ce

des enfants trouvés, le Wiedenspital, l'hôMonsieur, qui avait éludié quelque part en

pital des Frères de la Miséricorde et l'hoAllemagne, s'est hasardé dans une confé- pital de Gumpendorf ou des Sæurs de la rence scientifique (colloquium doctum) de

Miséricorde, dont les deux derniers sont Tant notre Université, qui le renvoya de dirigés par des médecins homeopathes. la manière la plus brillante, et vraiment

Le plus considérable et le pins imporpas sans raison! car les preuves de son igno- tant de ces établissements est, à coup sur, rance des premiers principes de la science l'hôpital général (Allgemeines Krankenmédicale paraissent avoir été tout à fait haus), exclusivement destiné à l'instrucextraordinaires et presque incroyables ! Il

lion clinique. Ce vaste et grandiose bâli. est donc heureux pour la France que la ment, fondé par Joseph II, en 1784, et Faculté de Groningue ait pesé avant tout agrandi, en 1834, par François I, peut les exigences de la science et qu'elle ait contenir jusqu'à trois mille malades. Sans sacrifié à celles-ci le privilége pour notre

cntrer sur l'organisation de cet hôpital pays de posséder dans son sein un si célè.

dans des détails, qui t'intéresseraient peutbre fils d'un si célèbre père !

D. D.... étre fort peu, je me contenterai de te dire

que les salles de ce bâtiment sont grandes, (Nederlandsch Tydschrift voor Genees- spacieuses, bien aérées, chauffées l'hiver kunde, p. 336.)

par l'air chaud ; elles contiennent chacunc de 28 à 36 lits, et ne se distinguent pas par cette propreté surprenante, que j'avais

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