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se fait l'infection, c'est-à-dire le transport les deux questions suivantes, qui seules du virus dans l'économie, nous a échappé rentrent dans le cadre que je me suis jusqu'à ce jour, et demeurera sans doute tracé. longtemps inconnue. Mais il est un fait Le traitement mercuriel doit-il être pratique, d'observation rigoureuse, qui commencé dès le début du chancre infccpeut, jusqu'à un certain point, nous con- tant; doit-il être différé jusqu'à l'apparisoler de notre ignorance à ce sujet. C'est tion des accidents constitutionnels ? le suivant : de tous les chancres que j'ai Ce que je vous ai dit précédemment de vu cautériser, ou que j'ai cautérisés moi- l'induration vous fait prévoir ma réponse. même du premier au quatrième jour de la Pour moi, l'induration est le commencecontagion, aucun n'a été suivi d'infection ment de la diathèse; le chancre indure constitutionnelle. Il semblerait donc résul- n'est, en quelque sorte, que le premier ter de là que, dans les quatre premiers des accidents secondaires. Eh bien, dans jours du chancre, la graine syphilitique cette opinion, je dois administrer, et j'adn'a point encore poussé de racines dans ministre en effet le mercure dès le début. l'économie, et que si vous arrivez à temps Une induration bien nettement formuléc pour la détruire, vous prévenez à coup me suflit pour prescrire le traitement gésûr l'intoxication générale; vous tuez la néral, et, du premier jour où je puis la vérole dans son germe.

constater, j'allaquc de front la diathèse. Vous comprenez , sans que j'aie besoin Certains médecins, tout en accordant à de vous le dire, que l'excision du chancre, l'induration la valeur pronostique que pratiquée dans le même délai, fournirait nous lui donnons nous-même, préfèrent une préservation semblable.

néanmoins atlendre le développement des Qu'on y réfléchisse bien : c'est dans le manifestations constitutionnelles pour adtraitement abortif qu'est tout l'avenir de ministrer le mercure. J'avoue que je nc Ja vérole, et la possibilité d'éteindre cet comprends pas, pour ma part, les avanépouvantable fléau. Prêchez donc, Mes- tages que peut offrir cette pratique. Si la sieurs, celle vérité aux gens qui s'exposent; diathèse existe dès le début, pourquoi ne dites-leur que jamais on n'a vu l'infection pas la combattre tout d'abord ? Si elle doit survenir à la suite des chancres détruits fatalement, et dans un terme prochain, avant le cinquième jour. Obligez-les, par révéler son existence par une série de intérét, à une attention minutieuse, et par symptômes plus ou moins pénibles ou douune destruction hâtive de toute ulcéra- Toureux, pourquoi ne pas essayer de tion suspecle, sauvez à la fois de l'empoi- mellre un frein à ces manifestations? sonnement général les sujets déjà souillés Vaut-il donc micux attendre qu'une lésion et ceux qu'ils pourraient insecter à leur se produise pour la guérir que de la prétour!

venir dans son développement ? Je serais Mais si vous avez tardé à délruire l'ul- euricux de savoir, en vérité, si les malades cération, ou bien si le malade ne s'est se trouvent satisfaits de cette expectation, présenté à vous qu'à une époque plus et s'ils applaudissent bien sincèrement à avancée, la cauterisation n'est plus utile, celte sage lenteur, alors qu'ils commencent, au moins comme méthode prophylactique soit à sentir l'aiguillon nocturne de la de l'infection constitutionnelle. Dès que syphilis, soit à voir leur peau se couvrir l'induration s'est produite, la vérole est de macules, leur front ceindre la couronne inévitable, et dès lors, que vous eautérisiez de Vénus, ou leur crâne se dégarnir de ou que vous excisiez le chancre, vous ne cheveux. faites plus que détruire un symptome, sans Toutefois, bien qu'une prompte interprévenir la diathèse.

vention du traitement général soit avantaDonc, si l'infection est produite (et l'in- geuse, ainsi que je viens de le démontrer, duration en sera pour vous l'indice), la il ne suit pas de là qu'il faille l'administrer médication locale passe au second plan, et immédiatement dans tous les cas et indisle traitement de la diathèse devient l'indi- tinctement. S'il est utile de prescrire le cation capitale à satisfaire. - Je vais vous mercure contre la vérole, il n'est pas moins en dire quelques mots.

important de ne l'appliquer qu'à la vérole. L'agent spécifique de la vérole naissante, Or, vous savez que le diagnostic du vous le connaissez tous, Messieurs, c'est le chancre présente assez de difficultés pour mercure.

tenir souvent en échec le jugement des praJe n'ai point dessein de vous donner ici ticiens les plus exercés. Quelle sera donc les règles qui doivent présider à la direc votre conduite dans ces cas, hélas ! trop tion du traitement mercuriel, je me bor- nombreux, où le caractère ambigu, équine rai simplement à discuter devant vous voque de l'accident primitif ne vous permettra que de soupçonner une syphilis primitif ou bien à l'intervention prophynaissantc ?

lactique du remède. et plusieurs mois, pluJe ne saurais trop insister sur ce point, sieurs années s'écouleront que votre diaMessieurs, je ne saurais assez vous recom- gnostic ne sera pas plus avancé qu'au mander de ne prescrire le traitement mer- premier jour. curiel que dans les cas où l'infection con- Supposez, au contraire, qu'incertain stitutionnelle est absolument démontréc. Si sur la nature des chancres, vous laissiez le moindre doute reste dans votre esprit, simplement agir la nature, abandonnant sur la nature du chancre; si l'incertitude la maladie à son développement spontané. la plus légère retient votre diagnostic, jc Si la diathèse existe, soyez sûrs qu'au vous adjure de différer toute médication bout de quelques semaines, elle se traspécifique et de savoir attendre. C'est qu'en duira par des manifestations non doueffet, il ne s'agit pas ici d'une simple teuses ; et dès lors la lumière sera faite ; le question thérapeutique; ce sont de véri- diagnostic sera trop nettement établi. tables intérêts sociaux qui se trouvent en D'autre part, que rien ne se produise jeu.

dans les deux, trois, quatre premiers mois; Il n'est pas indifférent pour un homme voilà déjà quelques présomptions d'immu. de savoir s'il a ou s'il n'a pas la vérole. nité; mais que le cinquième mois s'écoule Une maladie qui s'attache pour toujours au

à son tour sans accidents; puis que le corps de sa victime; une diathèse qui sixième s'achève, sans que vous ayez pu poursuit le sujet infecté au delà de son constater sur votre malade, attentivement existence propre, et peut s'étendre comme et assidûment observé, aucun des sympunc macule ineffaçable sur sa postérité; tomes propres à la syphilis; įès lors, le un vice constitutionnel transmissible héré- diagnostic est fait, et, avec lui, votre proditaire; ce ne sont pas là, je pense, choses nostic se trouve établi. La non-infection vaines et considérations frivoles. Les gens est certaine, et vous pouvez sans erainte du monde ne se trompent pas sur les (je vous l'affirme avec une expérience consequences possibles d'un chancre, et vieille d'un quart de siècle), vous pouvez sachez-le bien, Messieurs, plus d'un client

donner à votre client l'assurance formelle pour sa conscience, pour son honneur, d'une immunité absolue pour le présent et pour la sécurité d'une famille, exigera de pour l'avenir. vous sur ces questions difficiles une satis- Le second point que je me propose de faction complète, c'est-à-dire un diagnos- développer est relatif à la salivation. tic absolu et certain, contenant un pronostic Le temps n'est pas encore bien loin de d'avenir irrévocable. — Ces quelques mots nous, où l'on regardait la salivation comme vous feront comprendre, sans que j'aie utile, comme indispensable à la curation de besoin d'insister sur ce point, quc la vérole la vérole , où le médecin la consultait a véritablement ses conséquences sociales. ( comme la boussole du traitement (1), a la

Eh bien, si pour un accident primitif provoquait pour l'entretenir et la renoure: douteur, vous administrez le mercure dès lait à peine éteinte. Ces croyances, Mes. le début, voyez dans quelles conditions sieurs, ces pratiques, que nous ont laissées vous allez vous placer. Vous vous privez, nos pères , funeste héritage trop complaiet vous privez pour longtemps votre ma- samment recueilli par quelques modernes, lade d'une notion exacte de son état; vous ont certainement contribué à semer dans le laissez en face d'un fantôme, ou vous le peuple cette terreur du mercure qu'ont lui donnez une sécurité qui peut devenir exploitée et qu'exploiteront encore, aux déregrettable.

pens des malades, les charlatans de tous Le mercure en effet, comme vous le les siècles. Il faut donc attaquer de front savez, a pour résultat de prévenir ou de ces vieilles doctrines. retarder les manifestations constitution- Sachez-le bien, Messieurs, et {retenez nelles. Or, je vous le demande, avec la ceci pour le répéter hautement et partout : médication spécifique commencée dès le Le mercure n'agit pas sur la vérole par les début, dans ces conditions, quelle sera désastres qu'on peut lui faire produire sur pour vous la signification de l'absence de la constitution ; son influence inédicatrice tout accident dans les premiers mois qui ne se mesure pas à ses effets pathogénisuivront le chancre. Devrez-vous la con- ques. Loin de là, la proportion inverse sidérer comme témoignage d'une immunité serait plus près de la vérité. Il est d'obsercomplète, absolue, ou simplement comme vation, en effet, et d'observation rigouun eflet temporaire du traitement ? Vous reuse: que l'action curative du mercure est l'ignorerez; vous ne saurez s'il faut l'at-généralement suspendue dès que les symplótribuer à la nature même de l'accident

(1) Astruc, liv. IV.

a

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mes morbidcs qui appartiennent en propre saurez-vous si la constitution de volle au médicament commencent à se produire. malade est ou non influencée par la médi

Quelle que soit la théorie qu’on adopte cation; quelle sera votre règle pour la disur l'action curative du mercure (et cha- rection des doses ? — Celte règle, Mcsque école l'a expliquée à sa façon), il sieurs, c'est à l'un des effets pathogéniques est incontestable que son influence spécifi- du mercure, le plus fréquent et le premier que sur la syphilis ne saurait jamais être à se produire, que vous pouvez la demanattribuée à l'exagération de certains de ses der. A la légèrc irritation buccale qui accffets, tels que la fièvre, l'augmentation de compagne le plus souvent l'une des prela sécrétion urinaire, les évacuations alvi- mières doses administrées, vous reconnes, les irritations cutanées, la saliva- naissez d'une façon évidente que la tion, etc... Huntera proclamé cette vérité constilution est touchée par le remède ; depuis longtemps. Que n'a-t-elle passé, vous lisez en quelque sorte sur les gencipour le bien des malades et l'honneur de ves de votre malade la dose de médicament notre art, dans l'esprit et la pratique des qui suffit à l'influencer, dose qui d'ailleurs médecins qui sont venus après lui! est sujette à varier dans des proporlions

Vous guérirez donc vos malades , Mes- quelquefois considérables , suivant les susieurs, sans leur imposer le supplicc de la jets, suivant le sexe, l'état de santé et ces salivation; et vous les guérirez d'autant mille idiosyncrasics toujours impénétra > mieux que vous leur épargnerez les effets bles. Dès lors, dès que vous avez constaté pénibles ct douloureux du mercure. ce symptôme, votre mesure est connue, Que si, malgré vos soins, ces effels ve- votre conduite est tracée. Baissez quelque naient à se produire, vous les combattricz peu la proportion du remède, pour vous aussitôt par une médication appropriée, tenir toujours en deçà de l'effet pathogénisurtout aujourd'hui que la thérapeutique que, et continuez-en l'administration sur vous a mis en main, contre le plus fré. le même pied, en ayant soin, toutefois, quent des accidents mercuriels, un agent d'interroger de temps à autre, de tâler en nouveau, presque digne d'être élevé au quelque sorte la constitution de votre rang d'un véritable spécifique, le chlorate malade par une légère augmentation du de potasse.

médicament, afin de juger par là si votre Toutefois, Messicurs, puisqu'il n'est pas dose actuelle est loujours suffisante. de mauvaises choses dont on ne puisse ti- Voilà, Messieurs, comment vous pouvez rer parti, il est un des effets morbides du tirer un utile parti pour la médication de mercure dont vous pourrez profiter, et, je l'un des accidents mème qui en déridis plus, que vous devrez consulter en vent. quelques circonstances pour diriger votre Si le mercure est le spécifique de la conduilc. -- Je m'explique.

vérole, comme on le dit d'une façon trop Il n'est certainement pas, pour le mer- générale, c'est surtout contre les formes cure, non plus que pour tout autre médi- initiales de la diathèse qu'il exerce cament, de dose fixe, invariable, absolue, toute-puissante influence. C'est contre les qui influence toutes les constitutions et qui accidents secondaires francs qu'il est le guérisse dans tous les cas.

plus actif. Au delà, contre les manifestaOr, sur quelles indications établirez. tions plus tardives, il perd, à n'en pas vous, dans le traitement d'une syphilis, la douler, de ses essets thérapeutiques. Si je dose du spécifique à administrer? - Nul pouvais suivre avec vous l'évolulion de la doute que s'il existe quelque manifesta- syphilis dans chacune de ses phases, je tion de la diathèse, l'influence exercée sur vous montrerais que l'énergie du mercure le symptome actuel vous servira de guide. diminuc et s'épuise à mesure que l'on s'éDans ces conditions, il est tout naturel de loigne du début de l'infection : je vous s'en tenir à la première dose prescrite si le montrerais, merveilleusement efficace elle guerit, de l'augmenter si elle parait dans le premier stade de la vérole, déjà insullisante. Ici, vous avez une mesure. moins puissant contre les symptômes d'un Mais songez bien que cette mesure vous age plus avancé, puis devenant presque fait souvent défaut. Vous ne donnez pas inerte, quelquefois même nuisible en préseulement le mercure comme curatif, con- sence des formes ultimes de la diathèse. tre des accidents que vous avez sous les En sorte que le médecin resterait vérita. yeux; vous le prescrivez aussi comme blement désarmé contre ces accidents tarpréventif. Eh bien, dans ce dernier cas, difs ou terliaires, regardés autrefois et à alors que vous n'avez aucune manifesta- juste litre comme incurables, s'il n'avait tion de la diathèse sur laquelle vous puis- pour les combattre un autre agent, nousicz juger l'influence du remède, comment veau-venu dans l'arscnal thérapeutique de

sa

la syphilis, mais non moins admirable que thèse. Insister sur la médication après la son frère aîné mercure : j'ai nommé guérison des symptômes, autant de temps l'iodure de potassium.

qu'il en a fallu pour l'obtenir, ne conduit Si le mercure trouve sa véritable appli- pas à des résultats plus satisfaisants'; c'est cation dans le traitement des symptômes trop ou pas assez, suivant le cas. Il serait précoces de la syphilis, c'est au contraire également dangereux de se confier aux contre les formes plus tardives qu'il con- indications mathématiques de Hunter, qui vient de réserver l'usage de l'iodure de mesurait les doses et la quantité totale de potassium. De très-nombreuses expérien- mercure nécessaire au malade, d'après le ces comparatives m'ont en effet démontré, nombre, l'étendue et la durée des ol. qu'exerçant une médiocre influence sur cérations, d'après l'intensité des symptoles accidents secondaires, ce médicament mcs, etc. constitue, en revanche, l'agent le plus hé- Mais il faut, en fin de compte, une meroïque contre les manifestations d'une sure pratique. Eh bien, la clinique seule époque ultéricure; à ce point qu'on peut peut la fournir, et c'est à la clinique que aujourd'hui le considérer, sans crainte nous l'empruntons. d'exagération, comme le spécifique de la Six mois de traitement mercuriol, à unc vérole tertiairc.

dose journalière qui influence les accidents L'iodure de potassium n'est pas seule à combattre et qui indique, après qu'ils ment un merveillenx agent curatif; c'est ont été détruits, que le médicament agit encore un médicament préventif par excel. encore par ses effets physiologiques conlence. Aussi ne devrez-vous jamais termi- nus; puis , trois mois d'un traitement io. ner le traitement d'une syphilis sans faire duré, destiné à prévenir les accidents succéder à l'emploi du mercure la médica- éloignés de la diathèse, telle est, Messieurs, tion iodurée. C'est à ce prix seulement la médication qui donne les cures les plus que vous pourrez, sinon éteindre la dia. soutenues, qui réussit , dans l'énorme mathèse, au moins l'arrêter dans ses manifes- jorité des cas, à neutraliser véritablement tations éloignées ; c'est à ce prix, qu'après le virus toxique, je dirais presque à gué. avoir assuré le présent, vous pourrez sau- rir la vérole au moins dans la généralité de vegarder l'avenir.

ses inanifestations. Il me resterait, après vous avoir indi- Voilà, Messieurs, la seule règle expériqué les médications applicables aux diffé- mentale que je puisse vous donner. Vous rentes périodes de la syphilis, à déterminer comprenez qu'elle devra subir entre vos les conditions et la duréc d'un traitement mains des modifications et les exigences complet , suffisant, à la préservation la variables des cas particuliers. Je ne fais, plus efficace et la mieux assurée que notre du reste, que vous la formuler ici dans sa art puisse fournir aux malades. Mais, hé- plus grande généralité. las! Messieurs, j'ai le regret de vous dire Cette règle, je vous le repète, Messieurs, que toute règle absolue sur ce point est d'a- c'est l'observation des fails, paliente et alvance entachée d'erreur , par cela seul tentive, qui me l'a fournie. Puissiez-vous qu'elle est absolue.

à votre tour, par l'observation, l'étendre Il n'y a ni dose, ni forme pharmaceuti- et la parfaire si elle est juste, l'amender si que, ni durée de traitement qui donne elle est fausse, de façon à créer pour un toujours et à coup sûr l'immunité, quelles avenir prochain ce qui nous manque en. que soient d'ailleurs l'attention du méde- core aujourd'hui, un traitement sûr et cin à diriger la médication et la docilité du complet de la vérolc! malade à l'observer. Il faut ici, comme je

XIII. l'ai écrit ailleurs, que la profession respecte la science; la science ne promet qu'une

RÉSUMÉ. immunité probable, au prix du meilleur Parallèle des deux variélés du chancre. - Questraitement; le médecin ne doit pas s'en- tion de la dualité du virus chancreux. - Unicité gager au delà. Seulement, c'est à lui, dans

du virus syphilitique. ce calcul de probabilités, à mellre du côté Je viens, Messieurs, de vous décrire les de son malade le plus de chances favora- deux grandes variétés de l'ulcère primitif

, bles.

Permettez maintenant qu'après vous avoir Eh bien, quelles sont, dans ce but, les exposé séparément les caractères propres conditions à remplir ?

à chacun des chancres, je les rapproche Ne faire le traitement que jusqu'à la dans un court aperçu parallèlc. disparition des accidents, est sans contredit 1° Le chancre simple, non infectant, la méthode qui expose le plus le malade conserve aux tissus sur lesquels il se déveaux manifestations consécutives de la dia. loppe lcur degré dc souplesse ou de réni

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tencc normal. C'est un chancre à base molle. cre, nous rencontrerons encorc des diffé. Les complications phlegmoneuses qu'il rences également tranchées. peut exciter donnent quelquefois à sa base Avec le chancre simple, le relentisseune dureté plus ou moins prononcée; ment ganglionnaire n'est pas obligé. mais vous savez que cette dureté offre L'adénopathie est fatale avec le chancre indes caractères tout différents de l'indura- fectant. tion propre à l'autre variété du chancre. Le bubon symptomatique du chancrc

2. Il est généralement multiple, et mul simple est un bubon aigu, mono-ganglionfiple soit d'emblée, soit après coup, par naire, arrivant le plus souvent à suppuune série d'inoculations de voisinage, con- ration. Le pus qu'il sécrète peut être un sécutives à la contagion première. pus virulent, susceptible de reproduire

3° Son pus possède au plus haut degré par l'inoculation la pustule caractéristique les caractères propres à la contagion; c'est du chancre. le pus inoculable par excellence. — Ajoutez Ajoutez que ce bubon se reproduit presque celle spécificité de la sécrétion fournie que indifféreniment à tout âge, à toute pépar les surfaces ulcérées persiste pendant riode du chancre. la duréc presque totale de l'existence du Bien au contraire, le bubon du chancro chancrc.

induré se développe à froid, sans douleur 4. C'est un chancre à lendance enva- et sans réaction : bubon essentiellement hissante et destructive. C'est la variété la indolent, multiple, reproduisant dans les plus aple à subir la déviation phagédé- ganglions l'induration particulière du nique.

chancre ; ne suppurant jamais sous la Voilà, certes, quatre caractères bien seule influence de la diathèse, no sécré. tranchés; voyons, en parallèle, le chancre tant jamais le pus spécifique dans les cas infectant :

très-rares où une cause étrangère en dé. 1° Sa base est indurée, et indurée termine la suppuration. d'une façon toute spéciale, pathognomo- Son époque d'apparition est précise, nique.

presque falale; elle coïncide avec l'indu2. C'est un chancre généralement soli- ration du chancre ou l'accompagne de trèstaire, rarement multiple.

près. go Son pus perd rapidement toute spé- Venons à la question d'origine, de transcificité virulente, au moins pour le sujet mission, infecté, qui devient en quelques jours Le chancre simple nait du chancre simréfractaire à l'inoculation de son propre ple et se reproduit dans son espèce. virus.

Le chancre infectant reconnait comme 4. Le chancre infectant présente pcu de origine un chancre infectant et sc transmet lendance à s'agrandir; il se limite promp- également dans sa forme. tement et arrive spontanément à la cica- Il est bien vrai que ce dernier chancre, trisation.

Il est rare qu'il prenne la inoculé sur un sujet préalablement contaforme phagédénique.

miné, donne naissance à une ulcération à Voilà, Nessieurs, pour la symptomato- base molle, analogue d'aspect au chancre logie. Mais ce parallèle serait incom- simple. Mais, comme je vous l'ai dit ailplet, si nous n'y ajoutions encore les quel leurs, cette analogie n'est probablement ques considérations suivantes :

qu'apparente, puisque l'ulceration ainsi Le chancre simple est une espèce très développée peut reproduire à son tour un commune. Le chancre infectant est relatie chancre infectant sur un sujel vierge. vement plus rare.

En somme, les recherches sur la conlaLc chancre simple parait exclu d'une gion établissent entre les deux variétés du parlic du corps, la région céphalique; lc chancre des différences encore plus consichancrc infectant se produit parlout. dérables peut-être que les considérations

L'un est peut-être transmissible aux ani- symptomatologiques développées précémaux; l'autre n'affecte que l'homme et demment. trouve les espèces animales conslamment Mais c'est surtout la question du proréfractaires à son virus.

nostic qui fait des deux chancres des espèEnfin, el ceci est capital, le premier ces nosologiques complétement indepenpeut être reproduit, je dirai presque à dantes, je pourrais dire opposées. perpetuilé, sur le même individu; le second Le chancre induré crée une diathèse, parait ne pouvoir se développer qu'une engendre un état général, un tempérafois dans sa forme.

ment morbide : c'est l'expression initiale Si nous étendons ce parallèle au bubon d'une infection constitutionnelle, c'est symptomatique de chaque variété du chan- l'exorde de la vérole.

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