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une poche calcaire aussi nue que peut l'é- core, je nie qu'il y ait un seul fait de protre une roche de cette nature, sans eau ni pagation : la prophylaxie est donc inutile, végétation. On n'y planta des jardins qu'à et le traitement seul est utile. grand renfort de terrcs rapportées; mais M. TROUSSEAU. J'ai besoin de répondre l'eau manqua toujours. Eh bien ! je le de- à M. Bouchardat, qui semblait devoir me mande, ces conditions permettent-elles venir à la rescousse. Je dis que jamais la. d'assimiler Gibraltar à un marais ? Mais il fièvre jaune ne débute par l'influence d'un y a plus : à une petite distance de Gibral. foyer palustre. Ainsi il n'y avait pas un tar se trouve la ville de Sanroque, ados- seul cas de fièvre jaune dans toute l'Espasée à un marais où règne la fièvre in- gne, où existent tant d'influences palustermittente. Or cette ville, qui reçoit tres, alors que cette affection sévissait à immédiatement des émanations maréca- Gibraltar. geuses, ne présenta aucun cas de fièvre On ne peut donc pas accepter les idées jaune, alors que cette fièvre sévissait épi- de M. Bouchardat. Et d'ailleurs, ne sait-on démiquement à Gibraltar en 1804, 1810, point que des navires venant des lieux in1813 et 1828.

fectés, et sans malades au départ, ont D'ailleurs, Gibraltar n'a point de ma- perdu dans la traversée la moitié de leur rées; c'est, de plus, un roc à vives arèles, équipage par le fait de la fièvre jaune ? où l'eau ne peut séjourner, bien loin Dira-t-on que le navire est un marais qui qu'elle s'y accumule : il n'y a donc point marche ? Y a-t-il dans ce vaisscau, inces là d'influences palustres.

samment nettoyé, où les conditions hygiéD'un autre côté, plusieurs villes d'Es. niques sont aussi parfaites que possible, pagne, telles que Cadix, Xérès de Frontera rien qui ressemble aux influenccs paluset d'autres encore, où sévissait également tres ? On ne peut donc pas dire que la la fièvre jaunc, ne sont pas plus que Gi- fièvre jaune débute par un foyer pabraltar sous le coup des influences palus. lustré. tres : ce n'est donc point à ces dernières M. BOUCHARDAT. Je n'ai point voulu dire qu'on peut rapporter l'origine de la fièvre que la fièvre jaune débutait nécessairement jaune.

par une localisation palustre. Maintenant Qu'il me soit permis d'ajouter un fait je désirerais savoir l'opinion de M. Trousbien caractéristique en soi. Il existe non seau sur la contagion comme causc origiloin de Gibraltar un lieủ qu'on nomme le

nelle de la fièvre jaune. Champ neutre, dont le sable est fréquem- M. TROUSSEAU. M. Louis sait aussi bien ment arrosé par l'eau de la mer, et qui, que moi combien il nous fut difficile de plus que Gibraltar, par conséquent, se nous former une opinion sur l'origine de rapproche des conditions palustres. Or, la fièvre jaune de Gibraltar. Ce que nous dans l'épidémie dont nous fûmes témoins, sûmes, c'est qu'un navire provenant de la population qui s'y était réfugiée fut à lieux insectés, et portant à son bord des l'abri de la fièvre jaunc. Ceux-là seuls en hommes malades de la fièvre jaune, cut furent attaqués qui communiquaient par

avec la ville et ses alentours des commu. fois avec Gibraltar.

nications de contrebande. Mais je crois Il m'est donc impossible de laisser qu'il en est de la fièvre jaune comme du passer sans protestation l'assertion de typhus, lequel est évidemment contagieux M. Londe.

et peut cependant se développer sans conM. BOUCHARDAT. Je crois que les éma- tagion; car nous avons vu récemment, au nations palustres excrcent une influence Val-de-Grâce, des individus qui ne vcconsidérable sur le développement de la naient point de Crimée périr du typhus fièvre jaune; puis, quand, par suite de d'Orient. l'existence du foyer palustré, la fièvre A la suite de cette discussion, les conjauné s'est une fois développée, elle est clusions sont mises aux voix et adopsusceptible de se transmettre par conta- lées. gion. D'ailleurs je mainticns, contre M. Séance du 15 septembre 1857. Londe, que le rapport est très-exact, que les conclusions en sont excellentes, el que DISCUSSION SUR LA FIÈVRE JAUNE. la seule chose qu'on puisse peut-être re- M. Londe demande la parole à propos du

ພໍ່ procher au travail de M. Dulrouleau , procès-verbal. c'est de n'avoir point parlé des travaux Dans la dernière séance, dit-il, en préanalogues faits par les médecins de la ma- sence des assertions si nettes de M. Trousrine, et en particulier par ceux de Rio- scau, j'ai gardé le silence; non pas que je Janeiro.

ne trouvasse mot à dire, mais bien parce M. Londe. A propos de ce travail en: qu'il me fallait répondre preuves en mains,

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reproduire le texle même des auteurs qui finisse par entrainer la cause morbisont en opposition avec M. Trousseau, et fique... » que, pour cet objet, j'avais des recherches Voilà, je pense, assez d'autorités qui à faire.

attestent que la ville de Gibraltar n'est Je n'invoquerai pas le témoignage de point loutà fait, comme l'affirme M. TrousChervin, qui faisait partie, avec M. Louis seau, exemple de causes d'infection. et M. Trousseau, de la commission de M. Rufz, membre correspondant, deGibraltar; et cependant, Messieurs, serait- mande la parole. ce une autorité à dédaigner que celle d'un Je regrette, dit M. Rufz, de n'avoir pa homme qui a sacrifié sa fortune et sa vie assister à la dernière séance de l'Académie. entière à prouver ce qu'il croyait une vérité Je désire dire quelques mots aujourd'hui; utile? d'un homme qui avait observé la mais je serai bref, pour ne pas abuser de fièvre jaune dans les deux hémisphères! votre bienveillance. qui avait fait cinq cents autopsies d'indivi- Il est deux points du mémoire de dus morts de la fièvre jaune avant que M. Dutrouleau sur lesquels l'attention de ses collègues n'en eussent fait une seule! l'Académie s'est concentrée : le premier

Laissons donc de câté les opinions per-, est relatif aux rapports de la fièvre javne sonnelles du docteur Chervin , et rappor- et de la fièvre paludéenne, le second à la tons celles des hommes qui ont vécu à Gi- transmissibilité de la fièvre jaune; ce sont braltar.

en effet les deux points importants. Pen« Dès l'année 1804, dit le docteur James dant un assez long séjour aux Antilles, j'ai Fellowes, on signale des causes d'infection pu observer par moi-même et je vais exà Gibraltar, et, bien que les égouts y poser ici le résultat de mon expérience. fussent alors beaucoup moins nombreux Je ferai d'abord remarquer qu'autrefois qu'à présent, on observe cependant déjà la traversée se faisait au moyen de navires leur funeste infuence sur la santé des à voiles, que le voyage était long, le babitants. )

nombre de passagers per considérable; « Je fus bientôt, dit le docteur Pascalis, aujourd'hui, la vapeur transporte rapideconvaincu de l'existence des causes les plus ment 300 à 400 personnes. Cette circonpuissantes pour y produire une pestilenec stance mérite d'être signalée. dans certaines saisons. »

A l'occasion des deux mémoires adressés Le docteur Bancroft attribue l'épidémie par moi à l'Académie, Chervin dans son de fièvre jaune qui ravagea Gibraltar en

travail intitulé: De l'identité de la fièvre jaune 1804 à des causes locales qu'il indique.

et paludéenne, formula netlement son opiLe docteur Nooth, médecin en chef de

nion sur la confusion qu'il faisait de ces

deux maladies. D'autres ont depuis reprol'armée, et le docteur Burd, qui était à la tête du département médical de la marine, ressemblances, il y a aussi des différences,

duit celte erreur; mais, s'il existe des et tous les officiers de santé qui firent le service depuis le commencement de l'épi- revenir un instant sur ce sujet.

et je les avais indiquées. Je demande à démie, le chirurgien de l'artillerie excepté,

L'analogie consiste en ce que, dans les émettent l'avis, dit Hennen que la maladie

pays où règne la fièvre jaune, et au moest d'origine locale.

ment des épidémies, il se déclare sur les M. Mullin, médecin en chef de la gar- indigènes un grand nombre de fièvres à nison de Gibraltar, s'exprimc ajosi : «Par caractère très-grave et présentant quelquesl'existence de causes énumérées ci-dessus,

uns des symptômes de la fièvre jaune, l'atmosphère se trouve chargée d'exhalai

tels que les vomissemenis noirs et l'ictère. sons nuisibles, provenant des diverses A l'autopsie , il m'a semblé reconnaitre substances animales ou végétales en putré. l'altération du foie particulière à la fièvre faction. )

jaune, mais celle de la rate, caractéristique M. Woodward, inspecteur des travaux de la fièvre paludéenne, n'existait pas. publics à Gibraltar, signale, comme causes En outre, dans quelques cas, la fierre de la fièvre jaune, les égouts, qui commu- jaune prend évidemment une forme interniquent généralement les uns avec des mittente, surtout au commencement et i autres. Ce qui donne de la force à cette la fin de l'épidémie. Ces observations opt assertion, ajoute l'auteur, c'est l'extension été faites aussi par d'autres que par moi

, que prend ordinairement la fièvre immé et, dans ce dernier cas, le sulfale de qui. diatement après les premières pluies au- ninc rendait de grands services. tomnales, qui mettent la masse des ma- Ainsi, vomissements noirs, ictère, altétières putrides en plus grande activité ration du foie, réussite du sulfate de quijusqu'à ce que la continuation des pluies uine, voilà donc les ressemblances.

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Passons aux différences. Le domaine de bruts, et nous attendons encore l'instrucla fièvre jaune n'est pas, à beaucoup près, tion qui devrait en résulter pour nous. Il aussi vaste que celui de la fièyre paludé- nous faudrait un grand nombre de ces en: enne; il ne s'étend guère que du 52° au 60 quêtes. Jusque-là il est prudent de récuser degré de latitude australe. Dans ces der- tous les faits. niers temps il parait cependant s'être J'arrive maintenant à la question de la agrandi; on a signalé la fièvre jaune à transmissibilité; elle est de celles qui intéCadix, à Gibraltar, à Marseille; il y en a ressent le plus. Une chose rassure tout eu même à Brest et à Rochefort; mais elle d'abord : c'est qu'elle ne s'est jamais étenest toujours restée contenue dans de cer- due au delà du littoral. Mais enfin des taines limites. Le domaine de la fièvre pa faits graves existent; elle est venue à Judéenne, au contraire, c'est la terre Cadix et à Gibraltar ; nous l'avons vue entière.

même à Rochefort et à Brest; elle peut La fièvre jaune n'a été observée que sur donc venir jusqu'à nous. On doit espérer les bords de la mer; la fièvre paludéenne, que non. En effet, il existe depuis longdans l'intérieur du pays. La fièvre jaune temps des rapports entre la France et les est bornée en longitude et en latitude; elle pays atteints de la fièvre jaune; il arrive n'attaque que certains individus dans cer- tous les ans dans nos ports des milliers de taines conditions : aux Antilles que les Eu- navires, et rien de grave n'a pu encore se déropéens; la fièvre paludéenne attaque tout clarer. En 1853, à Southampton, des symple monde. Cette dernière laisse aux indi- tômes alarmants ont attiré l'attention de l'auvidus qui en ont été atteints un cachet torité. L'amirauté s'est émue et a établi une indélébile; la fièvre jaune ne laisse pas de quarantaine. Elle a été supprimée depuis, traces ; on guérit complétement. Dans la et cependant il arrive fréquemment encore fièvre jaune, pas de récidive; c'est le con- des navires ayant à leur bord la fièvre traire pour la fièvre paludéenne.. jaune , et qui ont jeté, pendant la traver

Si la fièvre jaune est contagieuse, c'est sée, jusqu'à vingt ou trente cadavres à la une contagion particulière ; mais je dirai, mer. Jamais la fièvre jaune n'a pų s'étaavec M. Londe, que jamais on n'a observé blir à Southampton. un cas de fièvre jaune déterminé par con- M. TROUSSEAU. Je n'aurai pas de peine à tact. Cette contagion ne ressemble pas à démontrer que, s'il y a eu à Gibraltar des celle du choléra, qui se développe partout causes d'insalubrité, ces causes étaient sans circonstances particulières ; peut-être parfaitement différentes de celles qui propourrait-on la comparer à la contagion de duisent la fièvre palustre. Il suffirait pour la rougeole et de la variole. Et à ce pro- cela de montrer que la ville de Gibraltar, pos je vous soumettrai ce fait : dans les assisc à l'ouest d'un roc qui s'élève aucolonies atteintes de la fièvre jaune, les dessus de la mer avec une pente de 40 à enfants nés pendant ou après l'épidémie 45 degrés, a le système d'égouts peut-être sont affectés de fièvres fort graves; en le mieux entendu qu'il soit possible d'imaoutre, pendant les temps d'immunité la giner. Il n'y a en effet que trois rues pamieux établie, il y a pour tout médecin rallèles à la mer, à des hauteurs difféqui observe des cas de fièvre jaune spo- rentcs , et dans ces rues les égouts n'ont radique, et, dans certaines années, surlout que la pente ordinaire; mais, dans les aux approches des épidémics, un grand branches perpendiculaires, la pente est telnombre de ces fièvres qui constituent les lement rapide que les immondices sont cas légers de M. Dutrouleau, et qui doivent rapidement entrainées à la mer, et plus étre considérées comme des fièvres jaunes. rapidement entrainées que dans aucune Il en est résulté pour moi la croyance que autre ville; que d'ailleurs, dès le comcelle affection était endémique, et que, si mencement de l'épidémie, et alors qu'il n'y jes enfants nés aux colonies n'en étaient avait que des cas isolés, ces égouts ont été pas atteints, c'est qu'ils avaient eu déjà lavés à grande eau, chlorurés par ordre du cette pelite fièvre.

gouvernement et sous la surveillance des Comment arrivent les épidémies ? Sont- médecins, el que la fièvre jaune a continué elles le développement des cas légers ou à sévir avec une intensité croissante pensont-elles apportées du dehors? La science dant deux mois, bien que les soins de proli'est pas faite sur ce point. Il faudrait des preté fussent continués avec la plus grande enquêtes nombreuses et solennelles, faites persévérance, bien que la plus grande avec l'assistance des autorités. Nous en partie de la population civile eut émigré, possédons un modèle dans celle dont faisait et que par conséquent l'accumulation des partie M.Trousseau. Malheureusement ces immondices dans les égouts eût du dimimessieurs nous ont livré des matériaux nuer d'autant.

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Je demanderai d'ailleurs à M. Londe Que si, dans les pays où règne habi. pourquoi de 1813 à 1828 il n'y a pas eu tuellement la fièvre intermittente, la fièvre de fièvre jaune à Gibraltar? pourquoi de jaune prend dans ses symptômes quelques 1828 à 1887 il n'y en a pas eu non plus, formes rémittentes très-accusées, cela ne bien que les égouts ne soient ni inoins prouve nullement l'analogie. En effet, nombreux, ni mieux tenus qu'ils n'é- chacun sait, et à ce sujet j'invoquepai le taient.

témoignage de nos confrères d'Algérie, que, Je ne conteste pas qu'il n'y ait des or- lorsque règnent les fièvres intermittenles, dures ou des fumiers accumulés dans quel- les fièvres putrides, l'érysipèle, la pleuques coins de la ville, sur quelques points résie, le rhumatisme, etc., etc., se manidu roc; mais il serait puéril d'y voir une festent souvent au début par des accès cause d'insalubrité, et surlout quelque intermittents si bien caractérisés que, dans chose qui ressemblåt aux causes qui pro- un grand nombre de cas, les médecins se duisent ordinairement la fièvre interinit- laissent tromper et surprendre. Si donc tente.

la fièvre jaune, observée par M. Rufz, a Ma réponse à M. Rufz sera un peu plus offert des phénomènes intermittents, c'est difficilc. M. Rufz a passé une grande par- qu'elle régnait dans un pays où sévissait tie de sa vie dans les Indes occidentales, en même temps la fièvre palustre. où règne la fièvre jaune; il a étudié avec M. Ruíz a effleuré la question de la soin les causes et les symptômes de cetto transmissibilité de la fièvre jaune, qu'il est maladie, et je n'ai vu la fièvre jaune que enclin à résoudre par la négative. Je n'adans Gibraltar et seulement en 1828. borde qu'en tremblant cette question si

Tout en rendant hommage au talent délicate et si controversée, et je déclare d'observation de M. Rufz, je suis obligé que, si je n'ai pas vu en Europe des de me séparer de lui sur plusieurs points. preuves évidentes de la contagion de la

Je trouve que M. Rufz a admis avec fièvre jaune, je n'oserais pourtant pas trop de facilité une certaine ressemblance affirmer que cette maladie n'cst pas transcntre la fièvre palustre et la fièvre jauno. missible dans quelques circonstances.

Je déclare, en invoquant le témoignage Je suis d'avis que les navires ont pu de M. Louis, mon collègue dans la mission jusqu'ici sans danger venir en France el médicale de Gibraltar, que, en 1828, ja- en Angleterre avec des cas de fièvre jaune, mais la fièvre jaune n'a eu, comme M. Rufz mais que pourtant je ne saurais affirmer l'a quelquefois observé à la Martinique, que tard ou tôt une grave épidémie de de phénomènos intermittents, à peine ces fièvre jaune n'éclatera pas en Europe. exacerbations du soir que l'on observe dans A celte occasion M. Trousseau montre toutes les maladies aiguës: qu'il en a été que le Brésil, Montévidéo, en un mot de même pour toutes les épidémies obser- toute la côte de l'Atlantique, depuis la vées en Europe. D'après mes observations, ligne jusqu'au tap Horn , avaient été juset surtout d'après celles qui sont consi- qu'ici exempts de fièvre jaune, et que degnées dans l'ouvrage que M. Louis a con- puis cinq ans seulement les côtes du Brésil sacré à l'histoire anatomique et sympto- ont été ravagées, et que cette année Montématique de la fièvre jaune de Gibraltar, vidéo a été également décimé par la fièvre les lésions de la fièvre jaune se trouvent jaune; que jusqu'ici dans la mer Pacifique surtout dans le foie, qui est lésé d'une ma- on n'a pas vu de fièvre jaune, mais que nière spéciale, comme dans la fièvre pu- peut-être dans quelques années le Chili, tride les glandes de Peyer et les ganglions le Pérou seront à leur tour revisités par mésentériques sont lésés d'une façon spé- ce terrible fléau. ciale; que la rate, au contraire, n'a dans la On ne peut raisonner de la contagion fièvre jaune pas plus de lésions que dans d'une manière absolue; les modes de conles autres maladies septiques, telles que le tagion varient à l'infini. typhus, la fièvre puerpérale, la fièvre Assimilant ensuite la contagion à la géputride, etc.; tandis que, dans la fièvre nération, il montre combien les conditions intermittente pernicieuse, la rate est inva- de génération varient suivant les êtres, riablement le siège de lésions tellement combien l'évolution des germes est diffegraves que, dans quelques cas, l'enveloppe rente dans les espèces animales et végéde ce viscèré se rompt, et il se fait dans le tales, comment telle semence végétale ne péritoine une hémorrhagie foudroyante. se développera pas dans des conditions

Symptômes, lésions anatomiques, cau- nettement déterminées et seulement dans ses, lout est différent, l'assimilation entre ces conditions; que ce développement sera ces deux maladies ne peut se faire, même en quelque sorte fortuit; que les semences de loin.

niorbifiques sont dans le même cas; que la

fièvre jaune (ce qu'il ne pourrait affirmer n'avait aucune cause contagieuse. Pour pourtant) peut être contagieuse à un cer- quoi en effet la fièvre jaune respecterait. tain temps, à un certain jour, dans de elle toute une population, la population certaines conditions, et que l'incertitude indigène? Comment expliquer, dans l'hyde ces conditions doit nous inviter à une pothèse de la contagion, que pas un indigrande prudence.

vidu ayant cu cette maladie n'en soit M. LONDE. Vous me devez des remerci- atteint de nouveau ? Ces faits sont prouvés ments, car c'est moi qui ai provoqué l'ad- par une multitude d'observations; on ne mirable improvisation que vous Venoz prouve pas, au contraire, l'espèce de contad'entendre. Comme de longue date je con- gion dont on a parlé. nais l'habileté de mon élégant antagoniste, Il y a quelques mois, on a lu à cetto j'ai pris d'avance quelques précautions, et tribune un rapport où se trouvait affirmée ne me présente pas aux coups de M. Trous- la contagion de la fièvre jaune; mais je ne seau tout à fait désarmé.

crois pas que dans ces cas plus qu'ailleurs D'abord , au sujet dų mot palustre, je on ait pu citer des preuves authentiques serai remarquer qu'au point de vue de de la contagion. l'hygiène on doit comprendre sous le nom En comparant la fièvre jaune aux fièvres de marais non pas seulement ce que dé- graves intermittentes, j'ai trouvé plus de signe le langage vulgaire, mais, dans un dissemblance que de similitude. J'ai tousens plus général, toute portion de sol où jours trouvé la fièvre jaune rémittente, et croupissent les caux, et qui donne lieu, non pas avec de franches intermittences. sous l'influence de la chaleur, au dégage- Ces deux maladies ne paraissent pas ment des miasmes qui engendrent la fièvre; différer dans leurs causes et dans leur ainsi les mares, les fossés, les canaux, les nature. égouts peuvent à titre égal, el malgré les

Séance du 22 septembre. conditions les plus diverses , devenir des foyers d'émanalions miasmaliques.

GLAIRINE ŁT BARÉGINE. - M. Is. BOURDON J'arrive maintenant aux témoignages lit un rapport sur un Mémoire de M. le propres à faire connaitre si la ville de Gi- docteur Aulagnier intitulé : Recherches braltar recelait ou non des causes d'infec- sur la Glairine et la Barégine des eaux mition lors de l'épidémie de 1828.

nérales. Ce rapport, qui semble témoigner Des citations empruntées aux rapports que l'auteur a peu ajouté à ce qu'on conde M. le docteur Hennen, médecin inspec- naissait déjà sur la matière, conelut à des teur des hôpitaux de Gibraltar; de M. le remerciments et à l'envoi du travail au docteur Broadfool, médecin de la quaran- comité de publication. (Adopté.) taine; de M. Woodward, de M. Pearson, EAUX MINÉRALES DE Forges-LES-Briis. de M. Smith, de M. Bagly, de M. Amiel, M. GUÉRARD, au nom de la commission des témoignent de l'importance que tous ces eaux minérales, lit un rapport officiel sur médecins ont attachée aux égouts comme l'eau de Forges-les-Briis. M. le ministre cause d'insalubrité, et des nombreux du commerce, dans une lettre adressée le moyens proposés ou mis à exécution pour 9 mai dernier à l'Académie, a de nouveau en prévenir les effels.

appelé l'allention de ce corps savant sur Je pourrais, ajoule M, Londe, multiplier l'eau de Forges-les-Briis, « La commission les citations de ce genre en copiant tout ce des pétitions, dit M. le ministre, m'a renqui a été publié sur l'épidémie de Gibral. voyé, en la recommandant à tout mon tar en 1828; mais en voilà assez, ce me intérêt, une domande adressée à Sa Masemble, pour établir que l'opinion de M. jesté l'Empereur par NM. Debelleyne, Trousseau trouve de nombreux contra- conseiller à la cour de cassation, et Destidictcurs parmi les hommes qui habitaient gay (de Caen), ancien sous-préfet, dans Gibraltar depuis longtemps, à l'époque de

le but d'obtenir l'autorisation et la proson voyage.

tection du gouvernement en vue d'un élaM. THOMAS, membre correspondant de blissement d'eaux minérales qu'ils auraient l'Académie. Je suis arrivé très-contagio, l'intention de sonder à Forges-les-Briis niste à la Nouvelle-Orléans; j'avais observé (Scine-et-Oise) pour le traitement gratuit pour la première fois la fièvre jaune sous des pauvres atteints de scrofules, elc. Jo M. Lefort, médecin de la marine à la viens de nouveau, ajoute M. le ministre, Martinique, très-contagioniste aussi à cette demander à l'Académie de médecine do époque; car il a fait depuis amende hono- m'adresser au plus tôt un rapport qui me rable dans un écrit où il déclare avec melle à même de statuer sur cette affranchisę s'être trompé. Je dys me con- faire.) vaincre de plus en plus que la fièvre jaune C'est en réponse à celle lettre ministé

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