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après ses couches fut si bien guérie par les quand la capsule ent fait explosion, à mêmes moyens qu'elle a vécu, depuis l'instant même la parole revint. Sans accordouze ans, en exerçant impunément aussi der plus d'importance qu'il ne mérite à ce son pénible métier.

fait isolé, M. Ch. Saurel, vivement im(Revue de thérap. médico-chirurg., No 20.) pressionné par un résultat aussi satisfai

sant, se demande si les femmes hystéri

ques, en général, ne se trouveraient pas TRAITEMENT DE LA PIÈVRE TYPHOÏDE PAR bien de l'application de la vapeur de LB CHLORATE DE POTASSE.- Le docteur Bel. l'éther, faite de temps en temps ou à molentani, médecin à Ouarville (Eure-et- ments donnés, sur la surface des cavités Loire), préconise ainsi ce traitement. utérine ou même vaginale. « Depuis six mois j'emploie le chlorate de (Rev. de ther. du Midi, 30 sept. 1887, et potasse contre toutes les formes de la fièvre Gaz, méd. de Lyon, No 19.) typhoïde. Jusqu'à ce jour, j'en ai obtenu d'excellents effets; la maladie a été vite enrayée, ses symptômes aussitôt amendés,

OPÉRATION DE LA PUPILLE ARTIFICIELLE A et la convalescence n'a pas tardé à arri

L'AIDE DE LA CAUTÉRISATION GALVANIQUE, ver. J'administre chaque jour une potion M. Tavignot vient d'appliquer la cauteriainsi composée :

sation galvanique à l'opération de la puEau gommée . 60 grammes.

pille artificielle et pense que, dans quel Sirop de limon Chlorate de potasse. .

quos cas, cette méthode doit être préférée 2 =

à celle de l'excision. Ses principaux avanTous les jours j'augmente le sel de po- tages, suivant l'auteur, sont de faciliter tasse de 1 gr.; jamais je n'ai dépassé la l’établissement de la pupille nouvelle au dose de 6 grammes dans les 24 heures, lieu d'élection, de rendre l'ouverture plos Pour boisson, des tisanes acidulcs; le plus régulière et plus souvent exempte d'accisouvent, de l'eau fraiche en abondance; dents phlegmasiques, en raison de la un lavement chaque jour à l'eau fraiche; promplitude et de la nature spéciale du des applications sur l'abdomen de com- mode opératoire. Toutefois, la cauterisapresses froides trempées dans la solution

tion galvanique ne saurait ctre utilisée suivante :

que chez les sujets qui ont déjà subi l'oEau

1,000 grammes.

pération de la cataracte, car chez les auChlorate de potasse

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tres malades elle pourrait amener à sa Acide hydrochlorique. 10

suite l'opacité du cristallin. Pour éviter cet La potion est donnée chaque jour et inconvénient, M. Tavignot pense que l'on

, continuée jusqu'à amendement des symp- pourrait, dans tel ou tel cas donné, pratitômes ; quand la convalescence est entre

quer simultanément l'opération de la puvue imminente, alors je cessc toute médi

pille artificielle et celle de la cataracte avec cation, je nourris le malade. J'ai traité

la même tige galvano-caustique chauflée à par ce moyen un grand nombre d'affec.

blanc, Le courant galvaniquc étant détions typhoïdes; toutes ont parfaitement veloppé par une pile de Bunsen, voici les

, guéri dans un temps très-bref. Les mala

temps divers de l'opération tels qu'ils sont des sont entrés en convalescence au quin. indiqués par l'auteur : « 4° L'opérateur zième, vingtième et trentième jour; pas

» pratique à la circonférence externe de la un n'a dépassé cette époque. )

? cornée une incision de 8 à 10 millimè(Gaz.des hộp., 15 sept. 1857, ct Gas, med.

> tres avec mon kératome à trois lances ; de Lyon, N. 19.)

2° à travers celte ouverture comme éloi

» lée, il engage l'anneau de platine de la ALALIE SUPPRIMÉE INSTANTANÉMENT PAR

lige galvano-caustique, et il le dirige UNE ÉTHÉRISATION DIRECTE DE L'UTÉRUS.

» rapidement vers le point de l'iris qui M. Ch. Saurel, appelé auprès d'une ma

► doit subir la perle de substance, en Jade hystérique et à laquelle il avait déjà

» ayant soin de ramener en avant le mandonné des soins pour une affection chro

che de l'instrument; 3° Le courant élanique de l'utérus, trouva cette femme en

→ bli, la cautérisation est instantanée, et proie à une crise nerveuse qui lui avait , il ne reste qu'à retirer l'instrument. » oté complétement l'usage de la parole de- Il importe, pour le succès de l'opérapuis 7 ou 8 heures. Après avoir adminis- tion, d'éviter avec soin la cautérisation des Tré sans succès l'éther par la bouche, l'idée

lèvres de la plaie cornéale et celle de la lui vint de porter une perle d'éther à 1'- face postérieure de la cornée. rifice du col utérin; ce qu'il fit à l'aide (Mon. des hôp., 4 oct. 1857, et Gas. med. d'un spéculum et d'un porte- nitrate;

de Lyon, N. 19.)

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FICIELLE

POUR LA

EMPHYSÈME DES SINUS PRONTAUX. - Voici scur Trousseau, expérimentant cette mél'analyse de ce cas observé par N. le doc. dication, est arrivé à conclure que l'admiteur Igounet, de Sainte-Foi :

nistration des acides est surtout indiquée Une fille de 12 ans, forle, bien consti- dans les formes de dyspepsies liées à des tuće, ne portant aucune trace descrofules, affections chroniques du thorax et de l'abnée de parents sains, fut prise, au commen- domen. Quatre malades de sa clinique, cement de mars 1886, d'une forte rhinite, atteints les uns de phthisie, les autres accompagnée d'une violente céphalalgic, d'affections intestinales graves et présenqui dura douze jours, et pendant laquelle tant tous les accidents dyspepsiques portés elle rendit quelques gouttes de sang. Elle à un haut degré, ont vu ces accidents dismouchait abondamment: mais on n'a pu paraître rapidement, et par suite leur état savoir de quelle nature étaient les muco- général s'améliorer sous l'influence de l'a. sités rendues. Tout à coup, dans un effort cide chlorhydrique. Le remède était donné de loux, une bosse se forme sur le milieu à la dose progressive d'une à trois gouttes du front, et une vive douleur se fait dans un demi-verre d'eau sucré que les sentir. La plus légère pression fait dispa- malades prenaient après chaque repas. raître cette bosse; mais elle reparait, en (Bull. gen. de thérap. et Gas, méd. de Lyon s'agrandissant, jusqu'à ce qu'un jour l'en- No 16.) flure s'étendit, non sans de grandes douleurs, jusqu'à la paroi inférieure de l'orbite et jusqu'aux oreilles. La peau était LIGATURE DE L'ARTÈRE FÉMORALE SUPERtendue, luisante, emphysemateuse. M. le

CURE D'UN ANÉVRISME docteur Igounet, soupçonnant une perso- TRAUMATIQUE CIRCONSCRIT DE L'ARTÈRE ARTIration du coronal, prescrivit une compres. CULAIRE SUPÉRIEURE INTERNE PROFONDE DU sion légère et graduée. Quelques jours GENOU; par M. PERUZZI. – L'observation après, il put constater, sur la ligne mé- suivante est un cás rare d'anévrisme d'une diane, au beau milieu du front, une ouver- artère collatérale. A leur début, et lorsture arrondic, semblable à celle que pour- qu'ils sont d'un faible volume, ces anérait faire une balle de pistolet d'arçon. vrismes peuvent être traités avec succès, Pour remplir la première indication , qui soit par la compression médiate (Guattani), était de s'opposer au retour de l'emphy- soit par la compression immédiate (Guatsème, en oblitérant autant que possible tani, Ant. Dubois), soit par l'acupuncture cette ouverture, il plaça sur l'orifice une (Velpeau), soit mieux encore par la galpièce de cuivre de 5 centimes, enveloppée vano-puncture (Pétrequin), soit enfin par dans un linge et fixée au moyen d'un les injections, lelles que le perchlorure de ruban. Comme il n'y avait aucune trace fer ou le perchlorure ferro-manganique de cachexie, il ne prescrivit rien à l'inté- (Pravaz, Pétrequin). Lorsque ces moyens, rieur. L'ouverture était oblitéréc au bout rationnellement mis en pratique échouent, de six semaines. N. Igounet pense qu'il a il reste encore la ligature du vaisscau dù y avoir d'abord une ulcération de la (méthode d'Anel) avant de recourir à l'ampituitaire, puis du périoste, et peut-être putation du membre. aussi de la table osseuse. (Compte-rendu Obs. — Un jeune homme de 22 ans, de des travaux de la Société de médecine de constitution robuste et de formes athléToulouse et l'Union médicale, No 123.) tiques, adonné par agrément aux occupa

tions rurales, se blessa accidentellement

avec unc faucille au côté interne et supéINDICATION SPÉCIALE DE L'EMPLOI DE L'A- rieur du genou droit. Il s'ensuivit une CIDE CHLORHYDRIQUE DANS LA DYSPEPSIE. hémorrhagie artérielle très-forte, et telle L'idée de combattre les dyspepsies par l'ad- que le sujet aurait pu succomber, s'il n'eût ministration des acides, qui existent phy- été courageusement secouru par un paysan siologiquement dans l'estomac au moment qui se trouvait là et qui lui appliqua une de la digestion, a conduit à divers essais vigoureuse compression. C'était le 28 fésur la valeur desquels la thérapeutique vrier. N. Peruzzi fut appelé en consultaest loin d'être fixée. Tandis que la plupart, tion par le médecin du malade, le lendese fondant sur la prédominance de l'acide main de l'accident. Un tourniquet étant lactique dans l'acte de la chimification, appliqué sur l'artère fémorale, on enleva conseillent cet acide pour favoriser les les bandes et les compresses dont le genou fonctions de l'estomac, M. Carron a dé- était enveloppé. Plaic au côté interne et montré, par des faits, que l'emploi de l'a- supérieur du genou, dirigée suivant la cide chlorhydriquc fournissait de meilleurs longueur du membre, légèrement oblique, et de plus constants résultats. M. le profes- longue de 2 pouces, profonde jusqu'au

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condyle interne du fémur et remplie par

GANGRENE SPONTANÉE DE LA JANBE, SÉPAun gros caillot de sang. Le caillot enlevé RATION SPONTANÉE DU MEMBRE, GUÉRISON, par et la compression du tourniquet diminuée, le docteur PRIDHAN. George Slewenan on vit sortir un jet de sang rutilant, par- a 89 ans, sa santé générale est bonne, l'intant du fond de la plaie, surtout en haut telligence parfaite. et vers la lèvre postérieure. La petite Il y a un an et demi il se plaignit de bouche qui donnait du sang fut saisie avec douleur au talon, et croyant à un rhumaun ténaculum et liée; l'hémorrhagie s'ar- tisme, il mit un bas de laine : quand au rête, et on réunit la plaie par première bout de trois semaines il ôta ce bas, il s'aintention. Comme on n'était pas parfaite perçut qu'une large phlyctène couvrait ment rassuré, on conseilla au malade de toute la jambe, il ta perça avec une aiguille, tenir le tourniquet en place et de le serrer en sortit une grande quantité de sérosité au cas où une nouvelle hémorrhagie sur- elaire. Quelques jours après, la peau était viendrait. Saignée du bras.

brune, bientôt elle fut noire, avec une Au bout de trois jours, nouvelle hémor. ligne de démareation bien tranchée. Après rbagie. La plaie, qui suppurait, fut décou- quelques semaines, elle était dure comme verte et écartée ; on ne trouva qu'une de la corne, et à la ligne de séparation des très-petite artère, qui fut liée.

parties saines et des parlies malades, il se La cure marche sans chose digne de fit un sillon qui rendait du pus : cet état remarque pendant une semaine entière, dura ainsi pendant treize mois, sans aulorsqu'on voit s'élever du fond de la plaie cun changement du côté de la jambe, mais une petite tumeur violacée et pulsatile le sillon devenait de plus en plus profond, qu'on jugea 'avec raison être une tumeur lorsqu'une nuit-il réva qu'il courait ; quand sanguine. On espéra toutefois, qu'à me- il se réveilla, sa jambe s'était séparée du sure que les granulations s'avanceraient corps, les os s'étant brisés au niveau de sur elle et la recouvriraient d'un tissu de mortification des parties molles : il y eut cicatrice, on pourrait, en raison de sa po. peu d'hémorrhagie. Un mois après, le moisition sur un os, la traiter plus tard par la gnon était bien cicatrisé, sauf en un point compression ou autrement.

où il y avait une petite saillie du tibia. Le 10 mars, réapparition de l'hémor

(L'Union médicale, No 125.) rhagie. La tumeur anévrismale, vu sa direction, sa position et sa profondeur, de peut appartenir qu'à l'artère articulaire EPILEPSIE. - COMPRESSION DES CAROTIDES. supérieure profonde interne du genou. Chez un jeune homme épileptique, C'est un anevrisme d'artère colatérale. On ayant eu plus de cinq cents aliaques dans incise la tumeur, qui est formée de deux l'espace de huit ans, le docteur Reimer, membranes distinctes et pleine de caillots. directeur d'une maison de santé pour les On ne peut voir clairement d'où vient le épileptiques, essaya la compression des sang. On remplit toute la cavité avec une deux carotides exercée jusqu'à la cessation masse de charpie imprégnée d'un liquide complète des pulsations. – Celle opéraastringent et hémostatique; compresses tion, pratiquée vingt-deux fois dès la pregraduées et bandage fortement com- mière apparition des phénomènes précur pressif.

scurs qui annonçaient l'approche d'un La nuit suivante, forte hémorrhagie. accès, eut constamment pour effet de borLes moyens thérapeutiques locaux étant ner celui-ci à quelques légers symptômes épuisés, on se décida à la ligature de l'ar convulsifs presque insignifiants, au lieu lère fémorale superficielle. L'artère sut des contractions cloniques, de l'opistholomise à nu à la réunion du tiers supérieur nos, de l'écume à la bouche, de la respirade la cuisse aveo les deux tiers inférieurs lien stertoreuse et des autres symptômes par une incision de 4 pouces. Une double graves qui caractérisaient ordinairement ligature fut placée à la distance de 1 cen- les attaques. Sous l'influence de ce traitetimètre et demi l'une de l'autre, et l'artère ment le malade est devenu tout autre; sa fut coupée entre elles deux.

force musculaire, diminuée auparavant, Les ligatures tombèrent le quatorzième reyint plus intense, et son humeur est de jour.

venue sereine et égale. Dans un cas aussi Au bout d'un mois, toutes les plaies grave et aussi invétéré, le résultat obtenu étaient cicatrisées, et le jeune homme n'aurait pu, suivant l'auteur, élre amené rendu à son premier état de santé. par aucun autre moyen. (Annali univ. di Med. di Milano ct Gazelle (Deutsche Klinik ct Rev. de thérap. medicar medicale de Paris, No 31.)

chirurgicale, No 20.)

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Chimio médicale et pharmac. dicaments, qui jadis avaient été infruc

tueux, consulla plusieurs médecins, puis EXAMEN CHIMIQUE DU LAIT D'UNE FEMME désespérée,

voyant ses forces physiques et ATTEINTE DE GALACTORRHÉE, par M. P. VI. morales s'affaiblir de plus en plus, elle se GIER, interne en pharmacie à l'hôpital de rendit en dernier ressort à l'hôpital de la la Charité, aide-préparateur de chimie à Charité pour y demander quelque soulal'école impériale polytechnique, mem- gement à ses souffrances. bre de la Société d'émulation pour les M. Manec lui fit attacher un gobelet à la sciences pharmaceutiques. —Dans ce tra- ceinture afin de ne perdre aucune goutte vail que j'ai présenté à la Société de de ce liquide lactiforme et me pria d'en pbarmacie de Paris, je m'étais proposé faire l'analyse. M. Regnauld, pharmacien seulement de déterminer la composition en chef, informé du fait, mit avec beauchimique d'un liquide analogue au lait par coup de bonne grâce tous ses appareils à ses propriétés physiques et sécrété par la ma disposition, et en moins d'une heure, glande mammaire chez une femme dans au moyen du lacto-densimètre, du microsdes circonstances tout à fait exceptionnelles; cope, du lacto-butyromètre, du lactoscope c'est ainsi que j'ai été amené à comparer et du polarimètre, je fus certain que ce entre eux quelques-uns des procédés si lait était excellent et très-propre à servir nombreux qui, à diverses époques, ont été à l'allaitement. proposés pour doser les principes immé Le lait des galactorrhées est ordinairediats du lait.

ment peu abondant et très-faible en prinLe liquide qui m'a servi à faire ces expé- cipes nutritifs; celui-ci paraissait avoir les riences a été fourni par une malade dont je qualités contraires. Ce cas curieux m'intévais donner en quelques mots l'observation. ressa et je voulus faire l'analyse exacte du

La malade nommée Girard (Marie-Thé- liquide. rèse), de Château-Landon (Seine-et-Marne), Alors j'attendis que la malade fut habiågéc de trente-sept ans, maigre, petite, tuée au séjour de l'hôpital, que le repos, la chétive, est hystérique; son teint est co- nourriture uniforme eussent produit sur loré, ses joues ridées et ses cheveux déjà elle leur salutaire cffet; puis pendant une gris; elle est entrée le 18 avril 1857 dans quinzaine de jours je fis des expériences le service de M. Manec, chirurgien à l'hô- pour avoir une moyenne. Quand je vis pital de la Charité. Elle est atteinte de que le lait de tous les jours avait une galactorrhée intense depuis sept ans, le identité complète de composition, je fis sein droit seul est dur, volumineux et recueillir tout le lait qu'elle donna en laisse couler 600 à 700 grammes de lait vingt-quatre heures, et je soumis de suite en vingt - quatre heures; le gauche, les 650 grammes obtenus à divers genres quoique un peu douloureux, est flasque d'expériences pour approcher le plus poset petit. Cette femme a une faim conti- sible de la vérité. nuelle, et après la digestion, qui est très- Ce lait, tout en ayant la même alcalirapide, le lait coule en formant un jet d'un nité, la même odeur que le lait ordinaire décimètre de longueur; dans les autres de femme, avait une saveur un peu plus moments de la journée, il tombe goutte à sucrée et une couleur plus belle. Sa blangoutte de son sein. Plus la sécrétion est cheur pouvait se comparer à celle d'un lait abondante et plus la faim et la maigreur d'amandes léger. augmentent, aussi resuse-t-elle de manger L'examen microscopique m'a fourni les des légumes, qui, dit-elle, lui font rendre résultats suivants : beaucoup plus de lait.

Les globules de beurrc sont nettement C'est de son premier accouchement dessinés avec leur centre lumineux, et (1850), que date cette affection. A coste leur bord formé par un cercle noir trèsépoque, elle perdait six à sept litres de régulier; ils présentent des diamètres de lait par vingt-quatre heures; elle fut obli- 1/100 à 1/300 de millimètre. L'abondance gée de nourrir son enfant au biberon, la de ces derniers a une grande influence sur succion lui donnant la fièvre, le délire et la couleur de ce lait. même des accès de folie. Elle eut ensuite - Il n'y existe ni globules de pus ni glodeux grossesses, l'une en 1853 et l'autre bules de sang reconnaissables, les uns à en 1886, pendant lesquelles le lait ne leur diamètre, à leur granulation et à cessa de couler; les règles furent toujours leurs noyaux; les autres, à leur aplatissenormales, elle essaya de nouveau de ment central et à leur coloration. donner à téter, mais les accès de folie et Je ne pus reconnaitre non plus l'exisd'hystérie reparaissant, elle suspendit tence des cellules caractéristiques du col'allaitement, recommença l'usage des mé- lostrum.

La densité de ce lait, prise au moyen richesse en beurre par le lactoscope. Évid'un densimètre ordinaire et du lacto-den- demment, si le lait a une opacité artifisimètre de Quevenne, fut de 1033,2 et cielle, les indications seront fausses, et il celle de son sérum 1039.

faudra recourir au microscope ou à un Le crémomètre ne mc donna pas de bons autre instrument; mais ces falsifications résultats, il n'accusa qu'un huitième de sont les plus rares, et certainement le laccrème après vingt-quatre heures d'exposi- toscope mérite mieux que ce qu'en ont tion à une température de 12 à 18 degrés. dit MM. Becquerel et Vernois dans leur Ce nombre de degrés correspond à 26gr,66 mémoire sur le lait de femme de 1883: de beurre par litre, chiffre trop faible « Un semblable instrument manque d'après les expériences suivantes. D'ail- tout à fait son but, et de tous ceux qui ont leurs, dans des essais précédents, j'ai rare- été proposés, il est peut-être le moins ment pu constater la séparation nette de utile en ce sens qu'il est le plus tronla crème, bien que M. Quévenne ait peur. » avancé que la crème du lait de femme sc Ces médecins habiles n'appuyant pas sépare rapidement et s'observe facilement leur opinion sur des expériences, j'aime à son crémomètre.

mieux croire MM. Bouchardat et QueCette espèce d'éprouvette graduée m'a venne, qui ont eu assez foi au lactoscope rendu beaucoup moins de services que le pour consacrer une centaine d'analyses à Jactoscope de N. Donné, qui n'exige que chercher le rapport qui existe entre ses deux grammes de lait et donne des résul- degrés et la quantité de beurre que le lait tats plus rapides et même plus exacts contient par litre. Je ne saurais trop répé: quand on a l'habitude de lc manier. Ainsi, ter que lorsqu'on considère cet instruen me plaçant dans un endroit obscur à ment, sa simplicité, sa rapidité d'exécution un mètre d'une bougie allumée, et après et même son exactitude, on ne peut que avoir fait tomber quelques gouttes de lait louer son ingénieux inventeur. entre les deux lames parallèles de verre, Pour trouver encore le poids da beurre, appliquant cette espèce de lorgnette con- je me suis servi du laclo-butyromètre de tre l'æil, trois fois sur quatre je vis dispa- M. Marchand, qui m'a fourni d'assez bons raitre la bougie à 30 degrés , nombre cor. résultats. respondant à 35 grammes de beurre par Après plusieurs essais successifs, j'ai litre.

obtenu une moyenne de gode matière On a beaucoup attaqué le lactoscope, grasse. En multipliant ce chiffre par 2,55 on a même trouvé des objections sérieuses et ajoutant le produit 2097 à 12,60, d'acontre son emploi ; elles ont été probable- près les instructions de N. Marchand, ment suggérées par les prétentions de j'ai eu 33,57, nombre de grammes de haute exactitude que l'on suppose à ce pe- beurre par litre. tit instrument, mais on en a fait d'autres Il importe de remarquer que si l'on ne qui laissent bien voir le peu d'attention suit pas scrupuleusement les indications que leurs auteurs ont apporté à son usage. de l'auteur, on est exposé à faire des dosaPar exemple, MM. Filhol et Joly, de Tou- ges inexacts. louse, s'expriment ainsi à la page 70 de M. J. Regnauld a fait observer qu'une leur mémoire sur le lait, couronné par des causes qui tendent le plus à rendre l'Académie de Belgique en 1853.

les résultats fournis par cet instrument a Pour juger du degré de confiance que peu comparables entre eux, c'est la difli. l'on doit accorder au lactoscope, qu'il nous culté que l'on éprouve à opérer dans le suffise de dire que chez la même femme tube même où se fait le mélange , le jaule lait marquait à cel instrument, au mo- geage des différents liquides qui sont mis ment de la traite, 48 degrés, au milieu 46 en présence; la largeur du tube et le dédegrés et à la fin 34. A quel moment faut veloppement des parois mouillées empéil donc le prendre pour en apprécier la chent de verser exactement le lait, l'alcool valeur?)

et l'éther jusqu'aux traits marqués sur ce Tout le monde sait qu'au commence- tube. ment de la traile, le lait est beaucoup M. J. Regnauld conseille de faire les moins riche en beurre qu'à la fin; on mesures en dehors avec des pipettes porn'aura donc qu'à mélanger tout le lait de tant un trait de graduation et contenant la traite avant de l'examiner au lactoseope. 10° cubes; le jaugeage est alors très-raJ'ai conslaté ce fait moi-même, et aujour- pide et très-sûr. d'hui je suis persuadé qu'un lait quelcon- Une cause d'erreur qui se présente enque étant donné, on peut en quelques core assez souvent, c'est l'empêchement minutes apprécier approximativoment sa que met la cascine coagutée à l'élévation

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