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la baryte et la slrontiane dans le vase du milieu, et ces terres -alcalines retiennent l'acide sulfurique pendant la décomposition galvanique des sels corres. pondants (1).

4) Davy a remarqué que les oxydes des métaux pesants se transportent beaucoup plus lentement que les alcalis, et alors les dépôts se montrent sous la forme métallique ou celle d'oxyde, non sur les électrodes eux mêmes, mais sur les mèches conductrices d'amiante; ainsi se décomposaient les dissolutions de nitrate d'argent, de sulfate ferreux, de sulfate de cuivre, de nitrate de plomb et d'étain, A cette catégorie de décompositions se rapportent aussi les expériences connues de M. Faraday avec le sulfate de magnésie et de Daniell avec les sels de différents métaux pesants.

5) Ayant réuni une dissolution de chlorure de barium d'une part, et de l'au. tre de l'eau, au moyen d'un morceau de viande de bous, puis exposé cet appareil au courant galvanique, de manière que l'électrode positif fut plongé dans la dissolution de chlorure de barium, et le négatif dans l'eau, cet expérimentateur remarqua d'abord dans le dernier vase la présence de l'ammonique, de la soude, de la chaux, et au bout de cinq quarts d'heure se montra aussi la baryte.

6) Un morceau de fibre musculaire, au moyen duquel Davy réunit deux vases remplis d'eau en les soumettant à une pile galvanique de 150 couples, se durcit complétement au bout de cinq jours. Après la combustion, le charbon de ce muscle ne contenait plus aucun sel; mais dans le vase du pôle se trouvaient de la potasse, de la soude, de l'ammoniaque, de la chaux et de l'oxyde de fer; tandis qu'au pôle + se trouvaient de l'acide chlorhydrique, de l'acide nitrique, de l'acide sulfurique et de l'acide phosphorique.

Nous nous abstenons de répéter les autres expériences intéressantes de Davy et nous nous bornons aux précédentes, qui sont les plus importantes; car elles expliquent déjà clairement la base de la théorie de ce savant, relativement à la translation successive des parties constituantes du sel aux pôles correspondants, el ce sont elles qui ont servi de point de départ à l'imagination de quelques médecins pour l'introduction des différents médicaments dans le corps.

Nous espérons présenter plus tard sur ce sujet envisagé au point de vue physique, tel qu'il doit être considéré, selon nous, dans l'état actuel de la science, quelques données positives; dans ce but, il nous a fallu nécessairement faire une série d'expériences purement physiques que nous avons l'intention de continuer encore pour le développement ultérieur de la question relative à la décomposition galvanique de certains fluides. Nous passerons, quant à présent, à l'examen purement médical de la question. Ici nous croyons utile de faire remarquer

(1) Même au bout de 30 heures (à 80 couples) Davy ne put découvrir les traces de l'acide sulfurique dans le vase avec l'électrode +, s'il y avait dans celui du milieu de la solution de baryte, tandis que dans le vase place à l'autre extrémilé avec l'électrode-, il y avait du sulfate de potasse; ce ne fut qu'au bout de quatre jours qu'on en put remarquer en très-petite quantité près du pôle+.

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que, pour la vérification des différents récits relatifs à ce sujet, nous avons observé de notre mieux et avec toute la patience, toute la précision, toute l'impartialité nécessaires; que, quant aux expériences physiologiques faites par nous sur des hommes et des animaux, tel est l'aspect sous lequel elles nous semblent présenter cette question, qu'à peine pensons-nous être appelés à y revenir. Pour ce qui serait des incrédules ou de ceux qui douteraient de la vérité de nos observations, nous les invitons à répéter nos expériences, mais à les répéter avec moins de précipitation et plus de réflexion que ne l'ont fait hélas! jusqu'à présent tous ces chercheurs d'importantes découvertes, dont nous décrirons les observations, en nous servant des paroles mêmes de l'auteur de la Physique thérapeutique, M. Heidenreich (1).

Déjà en 1802 et 1803, Rossi, comme la cure externe par les frictions et les bains de sublimé ne lui paraissait pas assez efficace dans les affections syphilitiques, qu'il trouvait les effets de cet agent employé intérieurement également peu satisfaisants et dangereux et que, en quelques cas, il voulait diriger l'action de ce médicament sur certaines régions déterminées, tenta d'introduire le mercure dans le corps, par u

une autre voie encore que celle de l'estomac et de la peau, n'envisageant, il est vrai, le courant électrique que comme conducteur pour l'introduction de ces médicaments dans le corps. »

Il fit une pile voltaïque de 27 å 50 paires, dont les interconducteurs étaient humectés d'une solution de sublimé, et procéda avec elle généralement ou localement. Par le procédé galvanique général, il entendait l'arrosement des doigts avec la solution de Gardan, qu'il employait souvent avec une plus forte dose de sublimé et en touchant les deux pôles en même temps, ou l'application des deux conducteurs aux parties huniectées de temps en temps de ce liquide. Sur les sur faces d'application, l'épiderme élait enlevé par un vésicatoire, puis la plaque d'argent du conducteur appliquée au haut de la nuque et la plaque de zinc au bas des reins. Le procédé local consistait dans l'application des conducteurs sur la partie malade, préalablement humectée avec le liquide, de manière que le galvanisme agissait immédiatement sur la tumeur, etc. Plus tard, Vogel retira par le courant galvanique du mercure du corps d'un homme, comme le raconte Gavarret, en renvoyant aux comptes-rendus de l'Académie, sans dire pourtant comment cela se fit, ni préciser les résultats (2).

« Après Rossi, Fabré-Palaprat introduisit de l'iode dans les scrofules, et les guérit de cette manière lorsqu'elles avaient résisté à tous les autres moyens.)

Nous omettons ici la description des expériences du docteur Smith, qui fit passer la fièvre et inocula la petite vérole au moyen de l'électricité, et nous arrivons à un article plus vraisemblable du travail de M. Heidenreich.

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(1) Elemente der therapeutischen Physik. Leipzig 1854. 5 243. Des articles originaux cilės par Heidenreich, nous n'avons sous la main que celui du docteur Klenke, qui s'est le plus occupé à faire passer par le corps différentes substances.

(2) Dans ces derniers temps, Morice, Vergnès et Poey ont proposé le galvanisme pour cxtraire différents métaux du corps dans ce qu'on nomme des affections métalliques. Nous espérons avec le temps communiquer plus en détail ces expériences.

Les faits précités ne devinrent une certitude, dit-il, que lorsque Becquerel (1) « s'enfonça dans le bras une aiguille, qui était en communication avec le pôle positif d'une pile et plongea la main dans une solution d'iodure de potassium en communication avec le pôle négatif de la pile, et qu'alors il constata autour de l'aiguille l'iode qui avait passé par conséquent à travers le bras. Dans la clinique de Breschet, on introduisit en 1838 de l'iode dans des tumeurs des glandes du cou, qui furent guéries par ce traitement. »

« Rognetla et Bergmann essayèrent l'introduction de la strychnine dans la paralysie de la face et dans l'amaurose. Ils dépouillèrent les places de l'épiderme et employèrent ici le pôle en zinc trempé dans une solution de strychnine, pendant que le pôle négatif était appliqué sur la langue. »

« Klenke employa cette méthode de différentes manières : il introduisit de l'iode dans les parties malades et guérit par là les ganglions , certaines lumeurs osseuses (exercierknochen), les tumeurs de nature goutteuse, strumeuse, etc. On construit une pile de Volta de 15 ou 50 éléments, on humecte le conducteur du pôle en cuivre avec le liquide à introduire ou avec le médicament en solution et on l'applique sur la peau intacte ; à la partie opposée on applique le conducteur du pôle en zinc et le médicament est amené à travers le corps à la partie malade. Pour le prouver, on place sur l'un des bras une compresse imbibée avec de la teinture d'iode, sur l'autre bras une compresse avec de la colle d'amidon; sur les deux compresses on superposa des plaques en platine et l'on met le côlé où se trouve l'iode, en communication avec le pôle négatif de la pile, le côté où se trouve l'amidon, avec le pôle positif, et bientôt la colle d'amidon devient bleuâtre (2). J'ai moi-même plus d'une fois répété ces

(1) Voici ce que disent MM. Becquerel dans leur dernière édition du Traité de l'Électricité, etc. 1855, v. II, p. 59. Davy, en soumettant à l'action d'un courant traversant deux vases remplis d'eau distillée, mis en relation avec une matière organique vivante, de nature animale, est parvenu également à vaincre les affinités de certaines combinai. sons. Ayant plongé ses doigts, préalablement lavés avec de l'eau distillée, dans le vase positif renfermant de l'eau très-pure, il apparut rapidement une substance acide, qui avait les caractères d'un mélange d'acide chlorhydrique, d'acide phosphorique et d'acide sulfurique. En plongeant les doigts dans le vase négatif, il s'y manifesta promptement aussi une substance alcaline fixe. Or, puisque les substances acides et alcalines peuvent étre séparées de leur combinaison dans le corps vivant, au moyen des forces électriques, il est possible d'introduire par le même moyen, dans l'intérieur du corps, diverses substances capables de réagir chimiquement sur les organes. Il suffit pour cela d'humecter un linge de la dissolution contenant le principe que l'on veut introduire (supposons une dissolution d'iodure de potassium), de l'appliquer sur une partie quelconque du corps, de poser dessus une lame de platine en relation avec le pôle négatif et d'introduire dans une autre partie, au moyen de l'acupuncture, une aiguille de platine communiquant avec l'autre pôle; on ne tarde pas à reconnaitre , avec des réactifs convenables, la présence de l'iode à l'extrémité de la pointe.

(2) Citons ici également la descrplion d'un fait communiqué par M. Klenke lui-même dans le Wiener-Zeitschrift der K. K. Geselschaft, etc. 1844, Bd.I, H. 2, p. 175-180), parce que les détails qu'il donne diffèrent un peu de ce que fournit M. Heidenreich.

1 Une jeune dame avait un ganglion de la grosseur d'un petit auf de poule, précisément sur l'éminence fibreuse qui se rattache de la gaine de l'avant-bras au tendon du biceps ; la veine médiane, énormément accruc, courait à travers la tumeur, pendant que l'artère brachiale et le nerf médian élaient couchés sous elle. La surface

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expériences, et les ai relatées dans mon travail sur le goitre. Le courant entraine déjà les matières dont la pile est formée (!!?), mais l'effet est le plus sûr el le plus fort, lorsqu'on mène entre les deux pôles de la pile les substances médicales liquides comme électrolyte. C'est là une expérience que j'ai faite. )

· Klenke poussa plus loin encore ses expériences; il fit passer le tartre stibié à travers le corps et excita des vomissements; avec une pile de 60 éléments, il plaça du cinabre dans le creux de la main, une plaque en fer sur le dos de la main et il obtint là du fer sulfureux; ou bien il mit un amalgame de mercure dans le creux de la main et du soufre sur le dos de la main, et en tira du einabre. De la même manière, on introduisit un alcaloïde végétal, la morphine, la strychnine, l'aqua strumalis en fermant de la manière précédente la pile, et ainsi de suite. )

Outre ces observations relatives au passage de différentes substances à travers le corps, sous l'influence du courant galvanique, nous pourrions en ciler encore beaucoup d'autres qui nous ont été communiquées verbalement par divers praticiens ; en général, la foi en la vitesse du passage de l'iode surtout, avec lequel on a le plus expérimenté, est répandue parmi un grand nombre de médecins. C'est ainsi que M. Pirogoff racontait récemment à l'un de nous (M. Pelikan) qu'en faisant passer de l'iodure de potassium à travers une tumeur strumeuse, il ne tarda pas à être convaincu du passage de l'iode, non-seulement par la coloration caractéristique de l'amidon sur le pole opposé, mais aussi par un goût particulièrement amer que ressentit le malade, goût qu'on sent toujours (suivant la remarque de M. Pirogolf), lors de l'absorption de l'iode dans le corps, même par d'autres voies.

Dubois-Reymond lui-même, l'un des plus consciencieux observateurs dans le domaine de l'électricité animale, semble faire partie du nombre de ceux qui croient purement et simplement au transport galvanique de différentes substances au travers du corps, à en juger du moins par les paroles qui suivent :.... J'ai déjà vu depuis longtemps, quand' on fermait une pile de Grove par une solution d'iodure de potassium et une cuisse de grenouille, dont le nerf était placé au pôle positif, apparaitre la coloration noire au point de contact du nerf et du platine. Il est à regretter seulement que j'aie négligé de m'assurer si le nerf, après qu'il y était passé des matières électro-négatives, était encore capable de produire des tiraillements dans les muscles attenants. Au reste, Fabré-Palaprat fit aussi de semblables expériences avec de l'iodure de potassium sur des hommes vivants, en vue de les guérir (1). .

supérieure sut couverte d'une compresse humectée avec une solution d'iodure dc polassium, pendant qu'une autre pour essai était lumectée avec de l'empois d'amidon et placée sur la partie postérieure du bras, juste au-dessus de l'olécrâne; les deux compresses furent recouvertes d'une plaque en platinc et mises en communication avec les électrodes d'une pile voltaïque de 15 paires de plaques de cuivre et de zinc de deux pouces carrés de surface; l'électrode en zinc fui posé sur la compressc d'iode. Au bout de 20 secondes, on remarqua déjà une teinte bleuâtre de la compresse d'amidon ; la malade n'éprouva qu'un faible picolement autour de la tumcur. »

(1) Untersuchungen über thierische Electricitál, Bd. I. $ 440.

Au commencement de nos expériences, nous procédâmes comme l'indiquent le docteur Heidenreich, Klenke et d'autres, c'est-à-dire que nous mimes au catode une compresse humectée d'une dissolution d'iodure de potassium ou d'une teinture d'iode, et à l'anode une autre compresse ou une rondelle de charpie, imbibée de colle d'amidon ; les deux électrodes étaient des bandes en platine, mises en communication avec 6 ou 12 éléments de Grove ou de Daniell et non avec la pile voltaïque (de Rossi, Klenke et d'autres). Nous appliquâmes les électrodes sur différentes parties du corps; aux hommes vivants, par exemple, sur les épaules, sur les avant-bras, sur les faces dorsale et palmaire de l'avant-bras, sur la paume et le dos de la main; aux cadavres, sur la cuisse et la jambe du même côté, sur la face antérieure et postérieure de la jambe, sur la partie supérieure et inférieure de l'avant-bras; aux chiens, sur le dos et le ventre, sur le ventre et la face intérieure de la cuisse et ainsi de suite. Nous étant assurés d'abord que le courant traversait, nous fer*måmes la pile et continuâmes de la tenir fermée de 10 à 50 ou 43 minutes et même une heure, dans nos expériences sur des hommes; de Jʻå 6 heures sur des chiens et, sur des cadavres, de 12, à 24 ou 48 heures, en ayant soin de changer les éléments, lorsqu'ils faiblissaient dans leur action. Ayant ainsi expérimenté 43 fois sur des hommes, 27 sur des chiens et 6 sur des cadavres, nous remarquâmes réellement en quelques cas la réaction de l'iode sur la compresse d'amidon à l'anode (9 fois sur les hommes, 6 fois sur les chiens, mais jamais sur des cadavres). Cependant, en poussant plus loin l'analyse de cette réaction, on trouva qu'elle dépendait, non du passage de l'iode à travers le corps, mais simplement du mélange inopiné de l'iodure de potassium avec la colle d'amidon, parce que sur la même compresse à l'anode, après l'avoir ôtée du corps, si l'on ajoutait une goutte d'acide nitrique vaporisé, il y avait à l'instant la réaction caractéristique de l'iode sur l'amidon; ce n'était donc pas l’iode qui avait passé à l'anode, il y avait eu sculement un mélange fortuit de l'iodure de potassium. Les électrodes enlevées, les sujets sur lesquels on avait fait les expériences éprouvaient un mal local et des tiraillements dans les muscles voisins; souvent même, au moment où la pile était fermée, ils se plaignaient d'une douleur brûlante, surtout au catode, près duquel, après avoir enlevé l'appareil, on remarquait une certaine rougeur, de légères érosions et des vésicules, l'épiderme étant soulevé par un liquide trouble et grisâtre, effet de la réaction alcaline, pendant que la surface de la peau à l'anode donnait toujours une réaction acide.

Dans la suite, nous répétåmes ces expériences sur nous-mêmes , et sur d'autres personnes, avec cette différence seulement que, au lieu de compresses, nous primes deux vases de porcelaine, l'un avec une dissolution d'iodure de potassium et l'autre avec de la colle d'amidon ; nous y plongcâmes les deux mains jusqu'aux poignets, et nous mimes en communication les électrodes de platine de 12 éléments de Grove avec ces deux vases, de manière que l'anode fút trempé dans la colle d'amidon, et le calode dans la dissolution d'iodure de potassium. Eh bien! en répétant plus de 20 fois cette expérience, nous ne vimes

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