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carrhes et d'ulcérations, et comme conséquences de celles-ci, des perforations et des hémorrhagies intestinales plus rares; parmi les autres phénomènes, on peut encore noter que, bien plus souvent que chez les adultes, la langue reste humide, quelquefois même pendant tout le cours de la maladie. Nous sommes donc d'accord avec l'auteur pour considérer le typhus abdominal des enfants comme digne d'être décrit à part, et nous avons accueilli avec satisfaction son ouvrage qui porte avec lui le témoignage d'études sérieuses et d'une observation aussi judicieuse qu'étendue. Pour en donner une idée au lecteur, nous exposerons ici comme un abrégé de l'ouvrage, les propositions dans lesquelles l'auteur a lui-même résumé chacun de ses chapitres.

1. Le typhus abdominal n'est pas rare chez les enfants; il se montre tantôt sporadiquement, tantôt endémiquement.

2. Il atteint plus souvent les petites filles que les garçons (1).

3. La mortalité par suite de cette maladie est moindre chez les enfants que chez les adultes, plus grande chez les petites filles que chez les garçons.

4. On n'a pas encore pu déterminer avec certitude jusqu'à présent les mois et les saisons qui prédisposent les enfants au typhus, ni dans quelle saison la mortalilé est la plus grande; les résultats obtenus sous ce rapport ne paraissent avoir qu'une valeur locale.

5. En ce qui concerne l'influence de l'âge sur la fréquence de la maladie et sur la mortalité, tout ce qui a pu être établi, c'est que le typhus abdominal est rare chez les enfants à la mamelle, qu'il devient beaucoup plus fréquent à partir de la deuxième année et qu'il se montre le plus fréquemment de l'âge de 6 à 11 ans. A partir de la onzième année, sa fréquence diminue jusqu'à l'âge de la puberté. La mortalité proportionnelle parait être la plus défavorable dans la période de 1 à 4 ans.

6. Les garçons succombent beaucoup plus vite que les filles, ce qui prouve qu'ils sont atteints par des formes morbides plus intenses.

7. Le typhus abdominal et la scarlatine ont entre eux de tels rapports de réciprocité que lorsqu'il règne une épidémie de l'un, l'autre disparait ou n'offre plus que des cas sporadiques.

8. Il se montre dans de petites circonscriptions des épidémies qui frappent exclusivement les enfants, tandis que les adultes en sont ou complétement préservés, ou rarement et seulement sporadiquement atteints.

9. Les lésions anatomo-pathologiques affectent dans le typhus abdominal des enfants les mêmes variations ou la même constance que dans celui des adultes; parmi les caractères anatomo-pathologiques constants, le plus important est l'hypertrophie de la rate. Ce n'est que dans des cas excessivement rares que la

(1) Au moment de livrer cette traduction à l'impression, nous trouvons dans l’Allgemeine medicinische Central-Zeitung le texte allemand des propositions du docteur Friedrich et nous y lisons , contrairement à ce que porte le texte hollandais , que le typhus abdominal est plus fréquent chez les garçons que chez les filles ( Er befälle hanifiger

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Knuben als Mädchen).

maladie détermine chez les enfants des escarrhes ou les ulcérations propres av typhus après l'infiltration générale des plaques de Peyer; le plus souvent on ne trouve dans un amas de glandes que quelques follicules infiltrés, lesquels reviennent à leur type normal sans offrir aucune trace de cicatrice, soit par la résorption de la matière infiltrée, soit, et c'est ce qui arrive le plus souvent, par leur rupture dans l'intestin : ce n'est, du reste, que dans des points très-limités que les follicules se vident ainsi à la surface de l'intestin par suite de leur rupture. Il est excessivement rare aussi que l'on constate chez les enfants des ulcerations sur la muqueuse du pharynx, de l'æsophage, de la trachée, etc.

10. A part les influences prédisposantes de l'âge et du sexe, on doit considérer comme causes occasionnelles : la misère, la malpropreté, une alimentation insuffisante et surtout, au premier rang, un air vicié, l'habitation de demeures sombres et humides; parmi les autres causes qui font naitre le typhus abdominal, il faut ranger aussi comme très-importantes l'acclimatement, le changement subit de manière de vivre et la vie au milieu de nouvelles conditions; mais la plus importante de toutes est la constitution morbide épidémique. L'influence de la contagiosité est pour le moins fort douteuse. La scrophulose ne semble pas être une occasion favorable pour le développement du typhus chez les enfants.

11. Parmi les symptômes qui, chez les enfants, offrent le plus d'intérêt ce sont ceux fournis par le canal intestinal et par les organes annexes, tels que la tumefaction de la rate, les selles liquides, le météorisme, les borborygmes et le gargouillement du bas-ventre. Dans l'appareil circulatoire, on remarque comme symptômes constants la fièvre, la respiration accélérée et le catarrhe bronchique. La rareté et l'insignifiance de l'hémorrhagie intestinale au début de la maladie prouvent que ce ne sont que des congestions peu importantes qui précèdent l'affection locale et président à son premier développement dans l'intestin. Rarement la maladie débute par le frisson, symptôme qu'on observe d'ordinaire chez les adultes. Les symptômes du côté du système nerveux sont le délire, la somnolence, etc., qui sont fréquents mais en général peu intenses ; les troubles de la motilité sont rares. Parmi les éruptions qui se font à la peau, la roséole est la plus fréquente; les papules se montrent moins souvent; à une époque plus avancée de la maladie, on voit surgir la miliaire. L'espèce et l'étendue de l'éruption cutanée ne paraissent être dans aucun rapport avec l'intensité de l'affection.

12. Le typhus abdominal se présente le plus souvent chez les enfants sous une forme légère; c'est chez les garçons qu'elle revêt plus fréquemment la forme grave. La durée de la maladie, en faisant abstraction de la période prodromique, varie, selon son intensité, de seize jours à plusieurs mois. Dans les cas graves surgissent souvent des complications et des affections consécutives qui non-seulement retardent beaucoup la guérison, mais peuvent aussi occasionner une issue suneste. Les récidives sont rares.

13. Quelques complications sont chez les enfants infiniment plus rares que

chez les adultes ; de ce nombre sont surtout les parotides, l'inflammation des veines, les hémorrhagies en général, mais avant tout cependant l'entérorrhagie. La rareté de cette dernière et le peu de danger qu'elle présente d'ordinaire s'expliquent par la rareté des ulcérations typheuses de l'intestin. Pendant la convalescence se manifestent, comme complications, divers exanthèmes, tels que la rougeole, la variole vraie, la varioloïde, etc.

14. Le typhus abdominal des enfants se termine ordinairement par la guérison et la convalescence est le plus souvent rapide; cette issue est favorisée par la rareté des affections consécutives chez les enfants, surtout de celles qui, chez les adultes, sont considérées comme dangereuses ou comme devant entrainer absolument la mort, telles que la tuberculose, la gangrène, les ulcérations intestinales, l'atrophie des villosités et des follicules, l'ulcération ou l'atrophie des glandes mésentériques. La matière tuberculeuse déjà déposée (en petite quantité) semble, pendant le cours du typhus chez les enfants, subir la transformation calcaire.

15. Pour le diagnostic on n'a chez les enfants que des symptômes presque exclusivement objectifs, parmi lesquels la tuméfaction de la rate est celui qui a le plus de valeur; viennent ensuite la roséole, la température élevée de la peau, les épidémies régnantes, la diarrhée, le météorisme, la sensibilité et la douleur du ventre, le bruit iléo-cæcal, le catarrhe des voies respiratoires et les symptômes cérébraux, qui contribuent à établir le diagnostic. Si dans les premiers jours un diagnostic rigoureux n'est pas possible, la marche de la maladie et le développement de symptômes de plus en plus évidents pourront peu à peu le faire établir avec certitude.

16. La maladie permet en général de porter un pronostic favorable; mais il faut prendre en considération le caractère de l'épidémie régnante, les conditions dans lesquelles vit le malade, son âge, son sexe. Ce sont plutôt les complications et les affections consécutives qui rendent le pronostic défavorable, que l'intensité de la maladie même. Pris isolément, les symptômes ne peuvent servir , qu'avec une extreme circonspection, à porter un pronostic; mais lorsque plusieurs symptômes fâcheux se présentent en même temps, ou persistent longtemps, le pronostic doit être plus défavorable que si l'un d'eux se présentait avec une grande intensité.

17. La méthode thérapeutique qui convient le mieux dans le typhus abdominal des enfants consiste dans l'expectation, la prophylaxie, la diététique et le traitement symptomatique. La maladie ne se laisse point couper ou juguler; mais le calomel administré, du cinquième au huitième jour, à des doses modérées, exerce manifestement une heureuse influence. Dans tous les cas il faut ménager les forces des enfants et veiller à ce que de bonne heure ils reçoivent une nourriture convenable.

MÉTAMORPHOSES DES VORTICELLIEns. Mémoire présenté par M. le docteur JULES

D'Udekes, membre correspondant de l'Académie royale des sciences de Belgique, membre titulaire de la Société, etc.

L'histoire du développement des infusoires est restée l'une des questions les plus obscures des sciences naturelles.

Les auteurs anciens qui n'avaient à leur disposition que des moyens d'observation très-incomplets, s'en occupèrent fort peu et seulement dans un seul but : la démonstration de la génération spontanée, on sait combien leurs efforts restèrent infructueux. Les naturalistes modernes observèrent les infusoires , plutot sous le point de vue de la zoologie que de la physiologie, et ce n'est véritablement que depuis ces dernières années que l'histoire du développement des infusoires est devenu l'objet à l'ordre du jour et que des observateurs du premier mérite y donnent tous leurs soins; aussi est-il permis d'espérer que bientôt celle

y importante question aura fait d'éclatants progrès.

Mon but dans ce travail est d'examiner avec soin l'un des points les plus controversés de l'histoire du développement des infusoires : la métamorphose des espèces de la famille des vorticelliens en espèces correspondantes d'acinètes.

Avant de donner le résultat de mes observations, j'essaierai de tracer d'une manière concise l'historique du sujet que je me propose de traiter.

Je n'entrerai dans aucun détail relatif à la description des vorticelliens et des acinètes, ce qui m'éloignerait de mon sujet; je renvoie mes lecteurs au grand ouvrage d'Ehrenberg et aux autres traités généraux sur les infusoires; j'entamerai donc l'histoire là seulement où il commence à être question des métamorphoses.

Le docteur Pineau (1), dans un travail publié dans les Annales des sciences naturelles, annonça avoir observé que les infusoires décrits par Ehrenberg, sous le nom d'acinètes, se transformaient en vorticelles.

Il n'est pas nécessaire de s'être occupé longtemps d'études microscopiques pour s'assurer que les observations du docteur Pineau manquent essentielle ment de ce degré d'exactitude qu'on est en droit d'exiger de tout naturaliste consciencieux ; aussi n'attacherais-je aucune importance aux résultats qu'il croit

; avoir obtenus, s'il n'était le premier qui cherchất à établir une parenté entre les acinètes et les vorticelles.

Quelques années plus tard, M. Slein publia, dans les Archives de Wiegmar de 1849, ses recherches sur les développements de la vorticella microslomna, la vaginicola cristallina et l'epistylis nutans. Il chercha par ces trois exemples

(1) Annales des sciences nalurelles, je séric, t. III, p. 182 à 189; t. IV, 101; 1, IX, p. 100 à 101.

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à prouver que ces infusoires, appartenant à la famille des vorticelliens, se transformaient en acinètes.

Cette opinion de M. Stein sut assez généralement adoptée par les naturalistes allemands , malgré les adversaires importants qu'elle rencontra; en première ligne de ceux-ci je dois citer le célèbre Ehrenberg.

En 1854, M. Stein publia de nouveau un travail très-étendu sur le développement des infusoires, et il s'étend particulièrement sur la métamorphose des vorticelliens.

Il chercha à montrer qu'à chaque espèce de la famille des vorticelliens correspond une espèce d'acinète; qu'à l'intérieur des acinètes naissent des embryons ciliés; que ces embryons ciliés, devenus libres, se transforment en vorticelliens.

M. Stein ne donne cette dernière partie de son opinion que comme une hypothèse qu'il considère comme très-probable; mais qu'il n'est pas parvenu à prouver, n'ayant jamais pu suivre le développement ultérieur de l'embryon cilié.

Cet auteur croit démontrer la transformation des vorticelliens en acinètes, d'abord par une observation directe, faite sur la vaginicola cristallina; ensuite, par la présence simultanée, dans les mêmes infusions, de beaucoup d'espèces de vorticelliens et d'espèces correspondantes d'acinètes; enfin, par l'alternance de l'apparition de vorticelliens et d'acinètes dans une même infusion.

Il a paru, l'année dernière, un travail très-remarquable de M. Lachman, sur les infusoires, dans lequel il attaque vivement les opinions de M. Stein sur le développement des vorticelliens, et nie la métamorphose de ceux-ci en acinètes; il pense que ces deux familles doivent rester séparées et qu'il n'existe entre elles aucun lien de parenté.

Il attaque l'opinion de M. Stein par des objections fondées et sérieuses, et considère comme étant inexacte et peu concluante l'observation par laquelle M. Stein croit avoir montré la métamorphose de la vaginicola cristallina en acineta mysticina.

Quant aux arguments invoqués par M. Stein et tirés de la simultanéité d'apparition des vorticelles et des acinèles, et de l'alternance d'apparition de ces deux infusoires dans une même infusion, M. Lachman les altaque comme ne prouvant rien.

J'aurai l'occasion de revenir, dans le courant de ce travail, sur ces différentes objections; pour le moment, je me bornerai à les mentionner.

M. Lachman renverse ensuite complétement l'hypothèse émise par M. Stein sur la transformation de l'embryon cilié des acinètes en vorticelle; il montre, par de nombreux exemples, que cet embryon se transforme en acinèle et rapporte la première découverte de ce fait important à M. J. Muller.

Le travail de M. Lachman n'avait pas encore paru en Belgique l'année dernière, quand je présentai à l'Académie royale des sciences le résultat de mes recherches sur le développement de l'epistylis plicatilis. Voici de quelle ma

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