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d'emprunter à l'auteur le passage dans et les recherches nombreuses auxquelles lequel il explique la manière dont il se je me suis livré, pour chercher à élucider propose d'étudier les maladies de l'orcille. quelques-uns des points de ce difficile pro

< Ainsi, dit-il, nous étudicrons d'abord blème. les maladies de l'oreille externe.

Cotte classification se rapproche beauDans les maladies de l'oreille externe, coup de celle que j'avais adoptée moinous examinerons successivement les ma- même avant de connaitre l'ouvrage de ladies du pavillon, et d'abord :

Wylde (de Dublin). Elle me parait aussi , f. Les vices de conformation;

complite que possible et ne laisse passer , 2° Les plaies du pavillon , divisécs inaperçue aucune lésion de l'oreille. elles-mêmes en plaies par instrument trans Après avoir classé les différentes machant, plaies par instrument piquant; ladics que presentera à notre étude l'applaies par instrument contondant;

pareil de l'audition, il nous faut mainte3. Les conlusions ;

nant exposer l'ordre que nous suivrons » 4° Les dartres, l'érysipèle, l'éry- dans la description de chacune de ces mathème, l'eczéma soit simple, soit impéli- ladies. gineux, les différentes espèces d'anthrax, » Je commencerai toujours par une les furoncles, ctc.;

définition aussi exacte que possible dans 5° L'induration et l'épaississement du l'état actuel de la science, ei à cette défipavillon,

nition il me faudra ajouter la discussion Viendront ensuite les différentes mala- des principales opinions émises à cet dies du conduit auditif :

égard ; car la définition, ici comme dans 1 ° Maladies congéniales; imperfora- les autres maladies , n'est pas chose toution; élroitesse ; obliquité; absence même jours facile. Je làcherai de la préciser du conduit auditis externe;

aussi exactement que possible. 2° Les corps étrangers vivants ou non » Souvent je serai obligé d'analyser les vivants, et dans l'étude de ces derniers opinions émises par leurs auteurs les plus nous comprendrons l'accumulation de haut placés et les plus véridiques sur la cérumen;

nalure et la dénomination de certaines » 3• Les différentes inflammations du maladies qui, sous un seul nom, se trouconduit auditif externe, les abcès et les vent être, comme la surdité nerveuse, la fistules, les ulcères en particulier et la réunion de lésions diverses et confondues, carie du conduit auditif osseux;

parce qu'elles n'ont pas été étudiées avec 14. Les maladies du tympan viendront soin. ensuite, les phlegmasies aiguës et phleg- Après la définition, j'aborderai l'anamasies chroniques de cette membrane, ses tomie pathologique. Ici nous aurons de perforations, les différents modes de ces nombreuses lacunes à signaler. L'anatomie perforations; ce qui nous conduira à élu- pathologique est bien faile pour les maladier l'épaississement de cette membrane, dies de l'æil, elle est faite également pour son opacité partielle ou générale. Après les affections d'autres parties de notre orles maladies de l'oreille externe, nous étu. ganisme. Mais il n'en est pas de mime dierons les maladies de l'oreille moyenne; pour la pathologie de l'oreille. Cette étude là nous trouverons l'otite interne aiguë, des lésions anatomiques, la seule capable l'otite interne chronique, avec leurs va- pourtant de donner des résultats solides riétés.

et durablcs, est loin d'élre achevée. C'est » J'insisterai beaucoup sur les modifin à peine si les auteurs sont d'accord entre cations que la constitution du sujet ou son eux sur les affections où la lésion est éviétat diathésique peuvent et doivent leur dente : ainsi, pour l'otite, il y a encore faire subir.

de la confusion sur ce qu'on doit entendre · Les flux de l'oreillc viendront ensuite. par ce mot. Il n'y a pas bien longtemps, Ce chapitre important précédera immé. on confondait l'inflammation du tympan diatement celui dans lequel sera exposée avec l'otite et l'otalgie, et c'est pour cela l'histoire des polypes de l'oreille, avec que cette inflammation du tympan était tous les développements que réclame ce alors une maladie inconnue. sujet important.

» Aujourd'hui, nous devons chercher à Nous arriverons aux maladies du la. la distinguer de l'otite interne ou cxterno, byrinthe en dernier lieu. La surdité appe. et nous en trouverons des exemples assez lée nerveuse trouvera naturellement sa fréquents. Il est vrai que souvent, dans la place en cet endroit; c'est là que j'expose- pratique, nous distinguons bien difficilerai aree lout le soin possible l'élat acluel ment l'inflammalion du tympan de l'in. de cette question longtemps controversée flammation propre à la caisse, et cela nous

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explique comment il y a peu d'inflamma- par l'examen du cadavre, quelles sont les tion de la caisse ou de l'oreille externe lésions matérielles qu'entrainc cette ma. qui ne s'accompagnent de phlegmasic de ladie, et, lorsque nous connaissons bien la membrane du tympan.

ces lésions, nous pouvons rechercher à • Toutes les fois que l'olile dure quel- quelle série de symptômes elles corresque temps, on voit se développer sur le pondent. tympan de l'injection et un commence- Je ne suis pas, du reste, le premier à ment de phlegmasie; de même que, dans préconiser l'anatomie pathologqiue des les maladies de l'eil on voit, tous les maladies de l'orcille. Déjà llard en avait jours, la kératite se présenter comme ma- senti toute l'importance, quand il disait : Jadie primitive, et plus souvent encore se « Il reste encore beaucoup de choses à développer à la suite de conjonctivites qui faire, et l'anatomie pathologique seule ont duré longtemps. Cette difficulté de peut nous guider dans ces recherches.) distinguer, dans la pratique, les affections Je ne veux point dire cependant que qui doivent être considérées comme in- l'anatomie pathologique puisse lout nous flammations de la membrane du tympan apprendre, je crois qu'il y a certaines et celles qui doivent être rangées parmi maladies de l'oreille qui tiennent à des léles otites externes ou internes, n'est pas sions de fonctions, mais c'est le plus petit cependant une raison pour confondre, nombre, et je suis persuadé que le nomdans la théoric, l'otite et l'inflammation bre des lésions vitales diminuera à medu Tympan; on doit distinguer ces deux sure que l'anatomie pathologique sera des affections, comme on distingue la kéralite progrès. et la conjonctivile.

» Lorsque llard écrivait les lignes citées » Pour éviter une pareille confusion, plus baut, il était déjà avancé dans sa carnous étudierons spécialement l'anatomie rière; il ne pouvait pas créer lui-même pathologiquc de l'oreille. Nous compulse- celte science toute nouvelle de l'anatomie rons les auteurs de tous les pays et de pathologique; il ne pouvait qu'en indiquer toutes les époques, nous mettrons sous les l'utilité et la recommander à ceux qui yeux du lecteur, mais seulement en der- viendraient après lui : aujourd'hui, l'ananier lieu, nos propres recherches el nous tomie pathologique est moins délaissée appellerons l'attention sur les points en qu'elle ne l'était alors, et en apprenant à core obscurs ou négligés. Cette anatomie la mieux connaitre, on voit se réaliser les pathologique bien faite serait un guide prévisions du médecin des sourds-muets. très-sur. Malheureusement, c'est une tå- » Déjà j'ai démontré, par des faits, que che qui est à peine ébauchée. Presque tous la plupart des lésions vitales du nerf au. les auteurs l'ont négligée, et l'on est dilif et la diminution d'excitabilité de ce étonné, en lisant le Traité des maladies de nerf, par exemple, devaient être attri. l'oreille par ltard, de voir cet auteur pas- buées à des lésions anatomiques de l'o. ser immédiatement de la définition d'une reille interne ou de l'oreille moyenne (1). maladie à la description de ses symptômes Ces lésions bien souvent, il est vrai, nous sans faire mention des lésions anatomiques ne pouvons les reconnaitre sur le vivant, qui la caractériscnt; comme si les mala- et l'analomie pathologiqne scule peut nous dies de l'oreille n'avaient pas la plus en démontrer l'existence. étroile analogie avec les maladies des au- » Nous n'avons point encore de signes tres organes et qu'il fût indifférent de certains à l'aide desquels nous puissions connaitre les lésions analomiques qui peu loujours les distinguer les unes des autres vent s'y rencontrer.

pendant la vie. Mais hitons-nous de le » C'est à l'oubli presque général de ces reconnaitre, ces lésions analomiques ne lésions qu'il faut rapporter le peu de pro- sont étudiées que depuis sort peu de grès qu'a fait l'étude des maladies de l'o- temps ; on n'a point encore cherché les reillc. Je l'ai déjà dit dans plusieurs mé- symptômes qui leur correspondent. Une moires, et c'est précisément parce que fois qu'elles seront bien connues, on troul'anatomie pathologique des surdilés est vera sans doute les signes qui peuvent en dans l'enfance, que l'étude de ces surdités révéler l'existence: leur séméiologie et 'est peu avancée; et aussi longtemps que leur diagnostic viendront ensuite, et l'éleur anatomic pathologique ne sera pas lude des maladies de l'oreille finira par faite, leur traitement et même leurs symp- étre aussi complèle que celle de toutes les tômes seront un peu livrés au hasard. autres maladies du corps humain. Dans toute étude, il faut partir d'un point Après avoir étudié l'anatomie pathofixc. Lorsqu'on étudie la pneumonie, par exemple, on cherche d'abord à connaitre,

•(1) Arch. gen. de médecine, Janvier 1855.

logique de chaque maladie, nous arrivons scs, les symptômes, les bourdonnements, à l'étiologie, et nous aurons à examiner les lintements d'oreille, les lésions de la les causes prédisposantes et les causes dé- tête ou de l'encéphale qui peuvent trouterminantes ou occasionnelles. L'étude bler les fonctions de l'appareil auditif, les des symptômes viendra ensuite, puis le fièvres et les autres maladies générales, diagnostic. Nous nous arrêterons long- leur influence sur les maladies de l'oreille; temps au diagnostic différentiet, surtout en un mot, nous étudierons la pathologie pour les maladies de la caisse et de l'oreille de l'oreille dans tous ses rapports avec les internc. Souvent nous serons obligé, pour autres maladies de l'organisme. établir ce diagnostic, de rccourir à certai- » Telle est la marche que nous suivrons : nes opérations, comme le cathétérisme de j'espère qu'elle nous permettra de déroula trompe d'Eustache, de la membrane du ler complétement le plan que nous avons tympan, lorsqu'il nous faudra aller, avec tracé et d'exposer méthodiquement les un stylet, ébranler légèrement celte mem- maladies de l'appareil auditif et leur traibrane et la chaine des osselets pour rc- tement. » (La suite au prochain No.) connaitre si le nerf auditif n'a pas encore

De DieudoNNÉ. perdu complétement la faculté d'être impressionné par les ondes sonores.

» En dernier lieu, nous aurons à nous LES EAUX DE SPA, LEURS VERTUS ET LEURS occuper du traitement. Notre traitement USAGES ; par le docteur Jules LEZAACK. ne sera plus un traitement empirique; ce Bruxelles, 1857, 1 vol. in-18. ne sera plus l'application constante des On a beaucoup écrit sur Spa , et pourmêmes moyens de traitement pour toutes lant ce n'est guère que depuis peu d'anics surdités ; nous aurons soin de les met nées que ces eaux ont définitivement fixé tre en rapport avec les indications que les capricieuses préférences de la vogue. nous aura fournies le diagnostic. En un Aucune ville d'eaux cependant ne prémot, nous nous attacherons à un traite. sentc des titres plus sérieux à une réputament rationnel. Pour certaines maladies, tion mieux méritée.Si jusqu'en ces derniers il est vrai, celles de l'oreillc intcrne, ces temps Spa n'a point joui de toutes les surdités que nous sommes encore obligé faveurs de la renommée que des réclames d'englober sous le nom de surdités ner- trop souvent mensongères prodiguent à veuses, notre diagnostic sur le vivant ne tant d'autres localités moins bien partapourra quelquefois nous donner que des gées, ce n'est ni le charme de ses pittoresnotions incertaines ou approximatives; ques campagnes, ni la puissance bienfaiaussi le traitement devra-l-il lui-même sante de ses fontaines qui manquent à porter l'empreinte de celle hésitation. son renom. Mais là encore nous ne marcherons point Bien peu de localités sont à même de tout à fait au hasard. L'anatomie patholo- soutenir d'une manière plus positive et, gique aura mis en lumière une série de nous osons le dire, plus loyale, le succès lésions, les unes curables, les autres in- des cures que promettent ses eaux. curables, qui peuvent produire ces surdi. Ce qui surtout faisait défaut à Spa justės nerveuses. Parmi ces lésions, nous en qu'en ces dernières années où parurent trouverons quelques-unes susceptibles quelques bons livres pratiques sur les prod'élre modifiées par un traitement métho- priétés thérapeutiques de ses eaux, c'est dique, et lorsque nous aurons sous les un guide certain pour l'application des yeux une de ces surdités nerveuses, nous nombreuses sources, la plupart douées do emploicrons, d'abord contre elle, les propriétés spéciales , qui s'y rencontrent ; moyens thérapeutiques en rapport avec c'est un conseiller instruit et expérimenté les lésions guérissables que nous saurons pour l'administration de chacune d'elles pouvoir exister.

dans les diverses affections au traitement · L'utilité ou l'efficacité de notre traite- desquelles elles peuvent, sous une bonne ment nous sera reconnaitre ainsi si la sur- direction, être d'une efficacité parfois merdité dépendait réellement d'une de ces lé- veilleuse. sions qu'on peut faire disparaitre, ou bien Cor ce qui est vrai dans la plupart des s'il faut la rapporter à une lésion incura- attributions de la médecine, l'est en partible, et le traitement deviendra ainsi un culier à l'égard de la thérapeutique hydromoyen de diagnostic.

minérale : c'est l'expérience avant tout qui · Je me propose, en commençant cet doit diriger le praticien; et par expéouvrage, de donner un résumé de la pa- rience, nous n'entendons pas ici l'expé. thologie générale de l'organe de l'ouie. rience empirique, l'observation brutc qui Nous étudierons dans ce chapitre les cau- n'est que le bloc informe de la science,

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mais cette cxpérience raisonnée qui fait cien expérimenté qui nous a transmis ses le praticien consommé, en un mot l'obser- précieuses remarques, d'avoir compris vation éclairée et vivifiée par les fécondes que pour le médecin sincèrement préoclumières du génie, qui seul, comine l'ins- cupé du bien-être de ses semblables : Ezpiration divine de l'artiste, donne l'ex- périence oblige. pression et la vic de la pensée aux faits En mellant le public médical au courant matériels pour la perception desquels il des nuances variées d'action qui distinsuffit de l'exercice physique des sens. guent les différentes sourecs de Spa; en

C'est par là, en cffet, c'est par ce côté instruisant les praticiens des grands eensynthétique, c'est-à-dire par l'interpréta- tres de population qui dirigent leurs mation rationnelle des fails que les produc- lades vers les villes d'eaux, du mode d'ac. tions de l'ère scientifique moderne se dis- tion de ces dernières, des différentes tinguent si essentiellement de celles des affections qui peuvent y trouver remède, anciens qui se bornaient au rôle d'obser- comme de celles qui doivent en étre valeurs, mais d'observateurs d'un tact proscriles, l'auteur a rendu un véritable subtil et exquis.

service, dont la science et le pays lui Aussi appartient-il à notre époque d'in- doivent de la reconnaissance. terpréter d'une manière rigourcuse les Nous le disons avec une entière convictextes précicux que nous ont légués nos tion : les eaux minérales constituent une pères.

des classes d'agents les plus énergiques Depuis les graves écrits de Henricus ab auxquels la médecine puisse recourir; Heers, qui publia en 1621 à Liége son c'est surtout dans le traitement des affec. fameux Spadacrene, secundis curis auctior, tions chroniques que leur infuence saluhoc est : Fons spadanus accuratiùs descrip- taire est le mieux constatéc. Mais ce qui,

el ceux publiés plus tard par Bres, dans bien des cas, a fait douter de leur mal : Hydrographie des eaux minérales puissance, ou a rendu celle-ci illusoire; d'Aix et de Spa. Liége, 1699 ct 1718; par c'est, il faut en convenir, l'ignorance dans Slare : An examen of the chalybeat or Spa. laquelle est restéc longtemps plongée la water. Phil. transac., 1713; par de Prese médecine, à l'égard de la composition seux : Diss. de aquis Spadanis. Lugd. Bata, intime de ces médicaments naturels, et la 1736, et par Limbourg : Traité des eaux confusion malheureuse qui règne encore minérales de Spa. Liége, 1756, etc., bon dans l'esprit de la plupart des praticiens nombre de médecins contemporains ont relativement aux propriétés thérapeutiécrit sur ces caux.

ques des sources que nous offre le sein Il n'y a pas longtemps encore, notre fécond de la terre. Journal rendait comple(i) avec éloges d'un Il en est de ces agents comme de tout intéressant volume publié l'année dernière remède énergique : pour les appliquer par un médecin anglais, le docteur Cutler, d'une manière convenable, il faut les bien qui depuis plusieurs années habite Spa, connaître, et là encore se montre pour le sur les eaux de eclle localité,

médecin l'indispensable nécessité, nonMais quel que soit le mérite de cette seulement d'étudier l'homme et les fonceuvre, le manuel clair et concis que vient tions de ses organes tant sains que made publier M. le docteur Jules Lesaack, lades , mais encore de posséder à fond la nous prouve qu'il était possible de faire connaissance de celle science si complexe mieux encore.

et par cela même si négligée, j'entends Ces notions pratiques devant lesquelles celle de la nature et de ses produits auxdoivent s'incliner les plus belles théories, quels nous emprunlons tous nos moyens ces indications nettes et précises qui font d'action. le mérite capital d'un livre véritablement Ainsi des eaux minérales : leur efficacité utile, personne n'était mieux à même de dépend non-seulement de l'opportunité et les recueillir qu'un médecin du pays, du niode de leur administration; mais familier avec les caux de la localilé qui l'a surtout, ou plutôt avant tout, du choix vu naitre, pourvu d'uilleurs d'une longue convenable des sources très-souvent mulexpérience acquise par de fructueuses an- tiples dans la même localité et parfois, nées de pratique et fortifiéccncore de celle comme à Spa, fort différentes entre elles. qu'il a pu recueillir par parenté, puisque Voilà pourquoi nous soutenions tout à déjà en 1837 M. L. Lezaack avait publié l'heure que pour en tirer tous les avantaun Traité des eaux minérales de Spa. ges que l'on peut en oblenir, il faut la Nous devons donc savoir gré au prati- sérieuse expérience d'un praticien con

sommé. (!) Voir notre cahier de juin 1857.

C'est par celle qualité précicuse que se

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distingue essentiellement le livre de M. vigueur de la santé à ces fontaines bienLezaack.

faisantes. Leur généreuse influence, en Écrit dans un style simple et clair, dé- stimulant l'activité musculaire allanguie, pourvu de toute tendance à l'éclat, sobre imprime à tout l'organisme une vitalité de tout étalage scientifique, cet ouvrage plus énergique. borne ses prétenlions à être utile. Ce but, Là viennent reprendre le coloris de la le plus élevé auquel doive prétendre un vie et s'animer à la fraiche vigueur de l'air livre sérieux, l'auteur l'a parfaitement des montagnes les joues pålies dans l'atatteint dans son modesto volume qui est mosphère éliolée des bals. à la fois un guide pour l'emploi thérapeu- Spa réalise en un mot dans la thérapeutique des eaux de Spa et un manuel d'hy- tique des femmes les merveilleuses progiène pour ceux qui viennent puiser à ces priétés de celle fontaine de Jouvence par fontaines privilégiées le plaisir et la santé. le mythe de laquelle l'esprit courlisan des Il renfernie sous une forme concisc tous anciens cherchait à consoler le plus inconles renseignements essentiels à connaitre. solable souci du sexe dont toute la mission

Le premier chapitre du Traité des eaux est de plaire. de Spa est consacré à la connaissance de la Là est aussi la raison la plus active de ville et de ses différentes sources, de leur l'affluence qui se presse à Spa. Si, en composition, de leurs propriétés physiques effet, l'on ne peut refuser une part d'inel de leur action médicamenteuse, ainsi fluence dans les bons effets que produique des usages que l'on peut en faire, et sent les eaux , à l'oubli des tracas et des des diverses maladics contre lesquelles on

soucis incessants des affaires, aux calmes peut en recommander l'emploi.

impressions que produisent les bruisseDans le deuxième chapitre, l'auteur ments harmonieux du feuillage, le murtraile des affections spéciales auxquelles mure joyeux des cascatelles et les mille convient particulièrement chacune des

vois d'amour de la nalure, jointes aux sources ; il indique également les maladies caresses parfumées de la brise robuste sur lesquelles ces eaux auraient une action des montagnes ; – si, cnfin le soleil, la plus nuisible que salutaire ou même une verdure, le large décor des campagnes action tout à fait dangereuse.

sont ici de puissants auxiliaires du médecin, Enfin, la troisième et dernière section il n'en est pas moins incontestable que le est réservée aux précautions à garder et quid divinum , c'est-à-dire cette mystéaux règles qu'il convient de suivre pour rieuse influence que nos pères avaient l'usage des eaux tant en boissons qu'en reconnue aux caux minérales, peut s'exbains ou en douches, elle indique toutes pliquer aujourd'hui par les propriétés les instructions qu'il est si indispensable toutes naturelles des principes dont le aux baigneurs ou aux buveurs d'eaux de génie de la science est parvenu à y déceler connaitre pour que le traitement hydro-mi- l'existence; et si, en général, leurs pronéral puisse réellement leur être salutaire. priétés paraissent plus marquées que ne

Nous pouvons hautement le soutenir le comporteraient les proportions parfois sans être taxé d'une étroite prévention na

très-faibles de ces principes, c'est que tionale; peu de villes d'eaux sont aussi ceux-ci se trouvent dissous dans les eaux bien partagées quc Spa, tant sous le rap- à un état de division moléculaire extreme, port du nombre et de l'abondance des et accompagnés de principes qui permetsources, que par les avantages de sa silua- tent une assimilation plus parfaite, une lion et la beauté de ses sites.

intussusception plus intime dans l'éconoAussi, l'affluence des étrangers y suit- mie animale. Là est l'explication bien elle chaque année une progression rapide. simple de celle puissance qu'a consacrée ment croissante, et cela s'explique aisé. dopuis longtemps pour les sources qui ment, sans même qu'il soit besoin de faire nous occupent ce vers latin : intervenir les circonstances qui précè- Spadanis ludit divina potentia lymphis. dent; c'est que ces caux nous offrent le Spa renserme en ses eaux une verlu divine. type par excellence des sources ferrugi. Aussi, voyez à Spa ces essaims joyeux de neuses; c'est qu'en outre parmi toutes jeunes filles, fraiches guirlandes qui, à celles de celle catégorie, elles sont, sans l'heure des promenades, se suspendent contredit, celles qui conviennent dans le aux sentiers des collines : l'expansion du plus grand nombre de cas.

bien-êlrc éclate sur leurs gracieux visages Aussi, tout ce cortege d'affections dé- qu'anime le håle rosé de la santé; la fraipendant de l'anémic qu'entrainent les cheur a reparų à leurs lèvres plus vermeilsurexcitations nerveuses de la vie des les ; l'œil à repris l'éclat qu'avaient terni frandes villes viennent-elles retrouver la les fatigues énervantes de l'hiver. Et ce

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