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VOILE. {Prendre le)

Si la couronne de roses blanches est partie intégrante du costume d'une mariée, le voile n'est pas moins essentiel. D'où vient donc que prendre le voile signifie entrer en religion, se vouer au célibat? — De ce que le voile d'une mariée est la parure du moment, tandis que celui d'une religieuse va devenir sa coiffure habituelle.

Avant de recevoir le voile, une novice paraît à l'église, revêtue des plus riches habillemens de sa garde-robe. Une place, en face du prédicateur, lui est réservée; les dangers du monde et les avantages du cloître lui sont tour à tour présentés. A l'issue du sermon, si elle persévère, deux anciennes religieuses la conduisent aux pieds de la supérieure, qui, assise et armée de ciseaux, coupe ses cheveux, et lui ceint le front d'un bandeau.

Revenons aux mariées. Une chose assez singulière se pratique maintenant à Paris, pour la façon de poser le voile. Dans les classes inférieures, réputées cependant les plus modestes, une mariée veut que son voile ne cache pas sa figure, tandis que les jeunes mariées d'un rang élevé montrent à peine le bout de leur nez.

"VOISIN. {Bon avocat, mauvais)

Un homme qui connaît toutes les ressources de la chicane doit être disposé à inquiéter ses voisins pour des vétilles.

VOISIN. ( Un grand clocher est un mauvais ) Si un ouragan renverse le grand clocher, les maisons voisines sont écrasées.

Par le grand clocher on entendait aussi, avant la révolution de 1789, les églises cathédrales et les abbayes. Un procès avec un chapitre, avec un couvent, était d'autant plus à craindre, que le nombre des chanoines ou des moines était plus considérable ; chacun employant pour la défense commune son crédit et celui de ses amis.

VOISIN. ( Un bon renard ne mange point les poules de son )

C'est-à-dire, un homme rusé qui fait une action blâmable, la fait plutôt dans un quartier éloigné que dans son voisinage.

Ou, un jeune homme fougueux, qui a conservé quelque respect humain, ne donne point d'alarmes aux inères de son voisinage.

VOISINE. (// n'est voisin qui ne)

Cependant le droit de voisiner dégénère souvent en abus. Tel voisin qui déteste le travail, vous fait perdre un temps précieux; tel autre est un témoin incommode de votre vie domestique.

VOLÉE. ( Que de bond que de)

C'est-à-dire, tant de bond que de volée.

Expression prise du jeu de paume.

Pourvu que les joueurs renvoient l'éteuf, peu importe la manière dont ils l'ont rencontré.

VOLET. {Trié sur le)

Se dit d'une chose bien choisie.

Un volet signifie non seulement une cloison de fenêtre, mais un petit ais rond, un couvercle; et pour trier des choses menues, comme des graines, on se sert souvent d'un volet.

VOLEURS; ( On ne pend que les petits) parce qu'ils n'ont ni argent ni crédit pour échapper à la sévérité des lois.

Dans un recueil imprimé vers i536, on lit cette question d'un légiste à un ermite:

Homme, que fais-tu dans ce boys?
Au moins parle à moi, si tu daignes.
— Je regarde ces fils d'araignes,
Qui sont semblables à vos droicts.
Grosses mouches en tous endroicts
Y passent, menues y sont prises.
Pauvres gens sont subjects aux loix,
Et les grands en font à leur guise.

VOUER. ( Ne savoir h quel saint se ) Ne savoir quel parti prendre, à quel expédient recourir.

On trouve dans les OEuvres de La Molhe Le Vayer, un long passage sur les superstitions populaires qui ont fait invoquer certains saints en raison de leurs noms: par exemple, saint Clair pour les yeux ; saint Lié pour les enfans noués ; saint Main pour la gale, parce qu'elle se manifeste aux mains; saint Marcou pour les écrouelles,parce qu'elles attaquent principalement le cou, etc., mettant en rapport le nom du saint avec celui de la maladie.

Le jour de saint Léger (?> octobre) nos pères auraient eu de la répugnance à ensemencer la terre, dans la crainte que le blé ne devînt léger. Le 29 janvier ils invoquaient sainte Sérene à Metz, pour avoir du beau temps.

VULGAIRE. {IlJaut penser avec les habiles gens, mais parler avec le )

Proverbe dirigé contre les pédans toujours prêts à faire parade de leur savoir.

C'est, peut-être, aussi une pensée philosophique.'

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Z O ï L E.

C'est un Zoïle.

Se dit d'un critique envieux, comme l'on dit Jris~ targue, d'un critique sévère.

(Zoïle, nom propre d'un injuste censeur d'Homère.) TABLE

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