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Sa prinse eschappe et ne tient poinct;
Au pilier s'est heurté la teste.

Alouette.

Si le ciel tombait, il y aurait bien des alouettes prises; c'est le proverbe lalin:

Si ctolum catleret, milita eaptrentur alaudœ.

On l'applique aux personnes qui font des suppositions absurdes, ou qui ont des craintes ridicules.

La réponse des Gaulois à Alexandre, prouve que les anciens croyaient à la fin du monde par la chute du ciel.

AMANDE. [Ilfaut casser le noyau pour en avoir/')

C'est-à-dire, prendre de la peine avant de retirer du profit de quelque chose. Les Latins disaient : Qui nucleuin esse vult, frangit nucem (Plaute); qui veut manger la noix doit en casser la coque.

AMANDIER. (Plutôt mûrier qu')

Comparaison employée pour exprimer la prudence. De tous les arbres fruitiers, l'amandier est le plus exposé à la gelée, parce qu'il fleurit le premier. Le mûrier en est rarement atteint, parce qu'il fleurit très tard.

AMENDE. {Les battus payent l')

Vers le huitième siècle, plus le crime était grand, plus on faisait jurer de personnes avec l'accusé. C'est ce que l'on appelait jurare tertio, manu, seplimâ, duodecimâ; jurer par trois, sept ou douze mains, selon le nombre de ceux qui juraient avec l'accusé, et qui devaient Être de sa condition : un noble faisait jurer des nobles, un prêtre faisait jurer des prêtres, une femme faisait jurer des femmes. L'accusé prononçait seul la formule de son serment; et ceux qui juraient avec lui disaient seulement: Je jure que je crois qu'il dit vrai.

Quand les uns attestaient un fait que les autres niaient, on choisissait un champion de chaqùe côté pour se battre avec le bouclier ou le bâton : le vaincu, réputé parjure, avait la main coupée ; les autres témoins de son parti payaient l'amende pour « racheter leur main;» de là est venu le proverbe : Les battus payent l'amende.

AMI. (Au besoin connaît-on l')

Le poète Ennius avait dit : Amicus certus in re incerld cernitur; et Plaute : Is amicus est qui in re dubiâ juvat.

Du Preudome qui avoil demi ami, est le titre d'un conte du douzième siècle. Le fils de ce preudome (homme expérimenté) se vantait d'avoir cent amis. Je ne suis pas si heureux, dit le père; à mon âge, je n'en ai encore que la moitié d'un ; je vais t'indiquer un moyen d'éprouver tes amis. Tous refusèrent le service que le jeune homme leur demanda ; ce fut le demi-ami du père qui le tira d'embarras.

Un bon ami vaut mieux que cent parens.

a C'est, à la vérité, dit Montaigne, un beau nom et plein de dilection que le nom de frère; mais ce meslange de biens, ces partages, et que la richesse de l'un soit la pauvreté de l'autre, cela destrampe merveilleusement et relasche cette soudure fraternelle.»

C'est trop d'un ennemi
Et pas assez de cent amis.

Mille amis, c'est peu;

Un ennemi, c'est beaucoup.

(Proverbe turc*.) (1)

(1) M. le chevalier Amédée Janbert, maître des requêtes au conseild'elat, et savant orientaliste, auteur du Voyage en Arménie et en Perte,

« Songez sérieusement, disait Franklin, à vous faire « des amis; il n'est point de trésor plus précieux. Mais «ne vous y trompez pas; les complices d'un bandit, «les compagnons d'un débauché, les associés d'un «joueur, les parasites d'un millionnaire, les courtisans « d'un despote ne sont pas des amis; la véritable amitié « ne peut avoir lieu qu'entre les gens de bien.»

(Calendrier de Philadelphie, année 1779.)

Le sort fait les parens, le choix fait les amis.

Ami de Socrate, ami de Platon; mais encore plus ami de la vérité.

( Proverbe d'école. )

Les bons comptes font les bons amis; dit-on, quand l'on veut s'excuser d'avoir revu un compte, ou un mémoire qu'une autre personne nous a présenté.

Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami;
Mieux vaudrait, un sage ennemi.

Ces deux vers, qui forment la moralité d'une fable de La Fontaine , l'Ours et l'Amateur des jardins ( 10TM du 8me Liv.^, étaient souvent cités par Napoléon.

L'ours ne pouvant écarter une mouche du visage de l'homme, son ami, lança un pavé, qui écrasa la mouche et tua l'homme.

Il est bon d'avôir des amis partout.

Ce proverbe est le fondement de l'épigramme suivante:

Une dévote un jour, dans une église,
Offrit un cierge au bienheureux Michel,

Paris, i8ai, a publié en i8»3, à Paris , chez MM. Treuttel et Wiirtz, des Élément de Grammaire turke, à la suite desquels se trouvent, comme exemples, 357 proverbes. Celui que nous venons de citer en est un. Nous avons puisé à la même source les proverbes turcs désignés par une *.

Et l'antre au diable. «Oh, oh, quelle méprise! »

• Mais c'est le diable. Y pensez-vous? ô ciel!
■ — Laissez, dit-elle, il ne m'importe guères .

I « Il faut toujours penser à l'avenir.

« On ne sait pas ce qu'on peut devenir,

• Et les amis sont partout nécessaires.»

1\ ne faut pas prendre ici le mot amis dans le sens littéral. L'obligation de partager la peine et le plaisir de nos amis nous réduirait, si nous en avions beaucoup, à nous attrister presque continuellement d'un côté, tandis que la gaîté serait un devoir de l'autre. Les amitiés célèbres n'ont existé qu'entre deux personnes. Etre unis comme les doigts de la main. Chez les anciens deux mains jointes étaient un symbole d'union, d'alliance.

Les Italiens disent: Etre comme chair et ongle. Valère Maxime cite Polistrate et Hippoclide qui, étant nés le même jour, et ayant eu tous les deux pour maître Epicure, dont ils s'étaient rendus disciples en même temps, ne possédèrent qu'un même patrimoine, parvinrent l'un et l'autre à une extrême vieillesse, et furent assez heureux pour mourir dans le même moment. Voilà deux hommes bien unis, et dépouillés en faveur l'un de l'autre du vil intérêt de l'argent; mais est-ce le seul qui domine? n'y a-t-il pas encore ceux de l'ambition, de l'estime, de la considération , etc., auxquels peut-être l'un ou l'autre aurait succombé, s'il eût été mis à l'épreuve?

Asclépiade et Ménédème ayant épousé la mère et la fille, l'une des deux mourut, et Ménédème céda la survivance à son ami par une généreuse amitié, que Diogène Laerce compare à celle de Pylade et d'Oreste; mais cette preuve de zèle, dont on ne peut bien estimer la valeur sans connaître les mœurs du temps au

Le rôle de battant n'a pourtant pas toujours appartenu exclusivement aux maris. Jean Belet parle d'un usage qu'on regardait, de son temps, comme une pratique religieuse dans plusieurs provinces : la femme battait son mari la troisième fête de Pâques, et le lendemain le mari battait sa femme. « Ce qu'ils font, dit Belet, pour montrer qu'ils se doivent la correction l'un à l'autre, et empêcher qu'ils ne se demandent, dans ce saint temps, le devoir conjugal.»

AMOUR. ( Quittances d')

Les lunettes et les cheveux gris sont des quittances d'amour.

Pour les cheveux gris, il n'y a rien à changer au proverbe; mais les lunettes, depuis plus de vingt ans, ont cessé d'être le partage exclusif de la vieillesse.

Mercier, auteur du Tableau de Paris, était ennemi de cette nouvelle mode. « Comment, disait-il, lire dans les yeux d'un bésiclé?»

Amour Platonique.

Amour, comme l'entendait Platon, ayant pour objet, entre deux personnes de différent sexe, les affections de l'âme et non les plaisirs des sens.

On admire, on applaudit sans cesse au théâtre, des prodiges de bonté, de générosité, de bienfaisance; pourquoi dédaigne-t-on des prodiges de pureté, de spiritualité , de délicatesse ? C'est que les prodiges de bonté sont utiles à l'espèce humaine , et conformes au vœu de la nature, tandis que les prodiges de spiritualité lui sont contraires et nuisibles.

En amour, Pétrarque est le fondateur de l'école platonique; sa passion pour Laure est héroïque; ce que

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