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En 18o3 parut, à Paris, une Histoire des Proverbes , rédigée par le traducteur de la Galerie anglaise ( Théodore-Pierrq Bertin); in-11 de a47 pages. C'est un abrégé incomplet de l'ouvrage de M. l'abbé Tuet.

En 1811 fut publié, à Paris, par l'Huillier, libraire, rue des Mathurins-Saint-Jacques, un volume in-12 de i33 pages, intitulé : Proverbes et expressions proverbiales des meilleurs auteurs latins, avec une. traduction et les proverbes français correspondons, en regard du texte ; par M. Francis Levasseur.

C'est un essai. L'auteur dit qu'il aurait rendu ce volume plus considérable, s'il eût été sûr que MM. les professeurs de l'université l'eussent jugé utile à l'instruction.

Nous croyons qu'il faut rapporter à peu près à la même date, le Proverbiana, ou Recueil des Proverbes les plus usités et les plus saillans, avec leur signification précise, petit m-i8, Lille, l'an qui refuse muse.

Enfin , au commencement de mars 1823 , M. Noël, éditeur de gravures, rue Saint-Jacques, n° 16, à Paris, a mis au jour les douze premiers numéros d'une suite de planches qui doit être portée à cent vingt, et qui a pour titre : Proverbes et Bons Mots mis en action, d'après les mœurs populaires; composés et Uthographiés par MM. Pi gai, Pajou et Joseph Ara go, avec un texte explicatif, rédigé par Joseph Arago.

Ce texte, placé en regard de chaque planche, se compose d'une douzaine de lignes : le format est petit in-folio.

Voici l'explication de la planche qui représente un commissionnaire déjeunant à la porte d'un marchand de vin , et un ramoneur affamé:

« Celui qui s'attend à l'e'cuelle a"autrui, a sou« vent mal dîne'.

u Quelques personnes prétendent que ce proverbe « a pris naissance à Toulouse; d'autres assurent que » c'est à Bordeaux. — Avez-vous dîné? vous dit souv vent un Gascon qui rentre chez lui.— Oui, je sors «de table. —Ah! tant pis; car je vous aurais re

« tenu — Le plaisir d'être avec vous me donnera

« encore de l'appétit; entrons. — Oui, je vous au« rais retenu pour me conduire jusqu'à la porte du <( sous-préfet, chez lequel je suis invité. — Je n'ai pas

« faim , adieu — Il est bien heureux de ne pas

« avoir faim:

« Si j'avais conseillé le dessinateur, j'aurais fait « mettre des habits et des broderies au lieu de vestes « et de haillons; le proverbe aurait été mieux jus« tifié. »

M. l'abbé Tuet, dans le Postscriptum de ses Matinées se'nonoises, disait: « Les proverbes qui restent dans mon portefeuille me paraissent aussi intéressais que ceux qui en sortent aujourd'hui. Les matières ont été distribuées de manière que le lecteur, s'il désire la suite de cet ouvrage, ne puisse dire qu'on lui a fait manger son pain blanc le premier: mais avant de risquer une nouvelle fournée (qu'on 24 OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES.

me pardonne la bassesse de l'allégorie) , il est bon

que je sache ce que deviendra celle-ci. »

M. l'abbé Tuet est mort à Sens, le 25 décembre 1, âgé de cinquante-sept ans.

Il avait admis dans ses Matinées sénonoises plusieurs expressions proverbiales; nous l'imiterons. Le nombre des proverbes qui forment une phrase complète, est trop borné pour que l'on puisse en composer un corps d'ouvrage.

AVIS RELATIF A LA MANIÈRE DONT NOUS AVONS ÉNONCÉ LES PROVERBES.

Souvent le dernier mot d'un proverbe sert de réclame, parce qu'il nous a paru plus propre que le premier à faire renaître l'idée que le proverbe exprime dans l'esprit de ceux qui n'en ont qu'un souvenir confus. Ce dernier mot est presque toujours inhérent au proverbe, tandis que le premier peut subir des changemens de rédaction. Un exemple rendra cette différence sensible : Je le mènerai par un chemin il n'y aura point de pierres. Mener par un chemin il n'y a point de pierres.

Lorsque ni le premier ni le dernier mot d'un' proverbe ne nous ont paru en devoir retracer l'idée, nous avons fait précéder le proverbe de son sujet.

DICTIONNAIRE

DES

PROVERBES FRANÇAIS.

A.

A. (// n'a pasfait une panse d')
Il n'a rien fait du tout.

Cette expression proverbiale est fondée sur ce que l'a est la première lettre de l'alphabet, et sur la manière de commencer à former cette lettre.

A. (Marqué al')

Proverbe tiré des monnaies de France. A est la marque de l'hôtel des monnaies de Paris; et comme cet hôtel est le plus considérable de toute la France, une sorte de supériorité s'est trouvée comme inhérente à la lettre A, et l'on a dit d'un homme remarquable par ses lumières, son courage, ou sa grande probité, qu'il était marqué à l'A.

On a anciennement battu monnaie dans toutes les villes que nous allons citer; et voici leurs marques: Paris, A; Rouen, B; Caen, C; Lyon, D; Tours, E; Angers, F; Poitiers, G; La Rochelle, H; Limoges, I; Bordeaux, K; Bajonne, L; Toulouse, M; Montpellier, N; Biom , O; Dijon, P; Perpignan , Q; Orléans, R; Beims , S; Nantes , T; Troyes, V; Amiens, X; Bourges, Y; Grenoble, Z; Metz, AA; 26 A

Strasbourg, BB; Besançon , CC; Lille , W; Aix, &; Rennes, 9; Pau, U, ou l'empreinte d'une vache.

A l'époque de la révolution de 1789, les villes où se trouvaient des hôtels des monnaies, étaient, Paris, Rouen, Caen, Tours, Angers, Poitiers, La Rochelle, Limoges, Bordeaux, Dijon, Orléans, Reims, Nantes, Troyes, Amiens, Bourges, Rennes, Metz, Strasbourg, Besançon, Lille. Leur juridiction était subordonnée à celle de la Cour des monnaies. Chaque hôtel était composé pour la régie de deux juges-gardes, d'un directeur, d'un contrôleur, d'un graveur et d'un nombre plus ou moins grand d'ajusteurs et de monnoyeurs. Metz, Dôle et Pau avaient une chambre des monnaies.

Le nombre des ateliers monétaires a été bien réduit. Cependant Marseille, où il ne s'en trouvait point en 1789, en a un. Voici la liste de ces ateliers, par ordre, avec leurs marques : Paris, A; Bayonne, L ; Bordeaux, K; La Rochelle, H; Lille, W; Limoges, I; Lyon, D; Marseille, AM entrelacés comme le chiffre de la Vierge Marie, l'Ave Maria ; Nantes, T; Perpignan, Q; Rouen, B; Strasbourg, BB; Toulouse, M.

La monnaie de France est aujourd'hui, sans contredit , la mieux frappée de l'Europe, à plus forte raison des autres parties du monde.

En l'an vm de la république française (1800), il fut frappé à Paris une médaille de bronze, qui fait époque; elle prouve qu'alors on essayait de perfectionner les monnaies ; nous en devons la communication à M. Huguierde Saint-Amand, ex-commissaire des guerres. D'un côté est la tête de Lavoisier, avec cette légende à l'entour : A/il. Laur. Lavoisier. De l'autre côté : l'an 8. Ph. Gengembre essayait de perfectionner les monnaies.

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