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C'est-à-dire, pendant le dessert, quand on est moins empressé de manger que disposé à caqueter.

Frondeurs.

C'est le nom qu'on donne, depuis l'année 1648, à tous ceux qui parlent contre le gouvernement.

Cette dénomination dut son origine à des jeux d'enfans qui, partagés en plusieurs bandes dans les fossés de Paris, se lançaient des pierres avec une fronde. Comme il résultait quelquefois des accidens de ces amusemens, la police les défendit, et envoya des archers pour séparer les frondeurs. A leur vue les enfans se dispersaient; mais après le départ de la patrouille ilsrevenaient sur le champ de bataille. Quelquefois, lorsqu'ils se sentaient les plus forts, ils faisaient face à la garde et la poursuivaient à coups de fronde.

Le flux et le reflux de cette troupe d'enfans qui tantôt cédaient à l'autorité, et tantôt y résistaient, parut à un plaisant du parlement dépeindre assez bien les alternatives de sa compagnie pour l'enregistrement des édits bursaux. Il compara les adversaires de Mazarin à ces frondeurs : l'allusion fut trouvée heureuse, et le mot prit. Une chanson commençait ainsi:

Un vent de fronde
S'est levé ce matin;

Je crois qu'il gronde
Contre le Mazarin.

Mets, équipages, habillemens, bijoux, tout fut a la fronde. Le cardinal lui-même contribua à accréditer cette plaisanterie. Dans un moment de réconciliation entre le parlement et lui, il dit en badinant aux députés de cette compagnie, qu'il était devenu frondeur, et leur fit voir son chapeau garni d'unefrvnde en guise de cordon.

Fr DGALITÉ.

Si tu te trouves sans chapon,
Sois content de pain et d'oignon.

Fumée.

La fumée cherche toujours les belles gens, Pour dire que l'envie s'attache au vrai mérite. Fumus pulchriorem persequitur.

(Érasme.)

On ne jette pas de pierres a l'arbre stérile.
(Proverbe turc. *)

FUMIER. ( L'œil du fermier vaut)

C'est-à-dire, le moyen de tirer de ses terres beaucoup de fruit est de les visiter souvent, et d'en surveiller la culture.

G.

Gagner.

Avec lesfripons Un'y a rien a gagner.

Faites fête au chat, il vous sautera au visage.

^Proverbe espagnol. )

GAGNEUR. {Autant vaut bon gardeur
Que bon)

Proverbe traduit de ce vers d'Ovide:

Non minor est -virtus quant quarere, porta tueri;

ce qui avait été dit long-temps auparavant par Démosthènes.

G AIN.

Pêche qui en prend un.

Signifie que ce n'est pas tout-à-fait perdre son temps que de faire un petit gain.

Le bien amassé peu à peu, est celui qui se conserve le mieux.

Gagner ce qu'on peut, et garder ce qu'on gagne, est la vraie pierre philosophale.

(franklin. Calendrier de Philadelphie, année

»779-)

GALANTERIE. {Avoir une)

C'est être affecté de certain mal qu'un poète appelle

Le fruit cuisant de l'amoureux péché.

. GALÈRE? ( Qu'allait-ilfaire dans cette) Se dit d'un homme qui s'est engagé dans une mauvaise affaire.

La scène des Fourberies de Scapin, où le pauvre Géronte répète jusqu'à six fois dans la même scène: Que diable allait-il faire dans cette galère? parut si plaisante, qu'elle fut bientôt dans toutes les bouches, et devint proverbe. Molière l'avait empruntée du Pédant joué, de Cyrano de Bergerac.

Galimathias.

Galimathias vient de ce que, dans un plaidoyer où il s'agissait du coq d'un certain Mathias, l'avocat, à force de répéter gallus et Mathias, s'embrouilla et dit galli Mathias, au lieu de gallus Mathiœ.

Galoche.

// est comme galoche dedans et dehors.

Proverbe de collège, qui s'applique aux personnes dont les affaires sont dans un état incertain.

Anciennement, les écoliers qui étaient pensionnaires dans les collèges de Paris, donnaient le nom de galoches aux écoliers externes, à cause de leur chaussure (i) et du partage de leur temps entre le collège et la maison paternelle.

GANT. {Jeter le)

C'est-à-dire, proposer le combat. Cette façon de parler est du temps où les affaires, soit civiles, soit criminelles, se décidaient par le sort des armes, et en champ clos. Les deux champions ou combattans se présentaient devant les juges. Si, lorsque le demandeur avait formé sa plainte, l'accusé niait le fait, l'accusateur lui donnait un démenti, et jetait à terre son gant. L'accusé ou quelqu'un de ses amis ramassait aussitôt le gant, pour faire voir qu'il acceptait le combat.

Mais pourquoi le gant préférablement à toute autre chose? parce qu'il était le symbole du combat que l'on allait soutenir.

Ce symbole est le même que le gantelet et le ceste des athlètes.

GANTS, {Fous n'en aurez pas les) dit-on à celui qui apporte une nouvelle que l'on savait déjà. Allusion à l'ancien usage de donner une paire de gants à ceux qui apportaient les premiers une bonne nouvelle. Selon Le Duchat, cet usage de donner des gants nous vient d'Espagne, où il s'appelle la parafante. Ce mot a été employé par Molière dans l'Étourdi; Mascarille se promet de faire emprisonner, sur un soupçon frivole, le rival de son maître, et dit à ce sujet:

Je sais des officiers de justice altérés,

Qui sont pour de tels coups de vrais délibérés.

Dessus l'avide espoir de quelque paragante,

(i) Pour trouver l'origine du mot galoche, sorte de chaussure, il faut remonter aux Gaulois. La chaussure à semelle de bois et empeigne de cuir, leur étant particulière, fut désignée par un nom qui dérivait de Gaule.

Il n'est rien que leur art avidement ne tente:
Et du plus innocent, toujours à leur profit,
La bourse est criminelle et paye son délit.

Garder.

De trois choses Dieu nous gard; d'el cœtera de notaire, quipro quo d'apothicaire, boucon de lombard frisquaire.

On comprend aisément les deux premières parties de ce proverbe, qui est tiré d'un sermon d'Olivier Maillard; mais tous les mots de la troisième partie ont besoin d'explication.

Boucon signifie appât; lombard est synonyme de prêteur, parce que autrefois ceux qui faisaient en France métier de prêter à intérêt étaient Lombards; et frisquaire veut dire fin , rusé.

Boucon peut aussi s'expliquer par poison. L'humeur vindicative des Lombards s'exerça sur plusieurs Français, pendant le séjour qu'ils firent, du temps de Charles vm et de Louis xn , dans leur pays. Avaler le boucon, c'est s'empoisonner.

GARDER. (Se)

( de désirer 1 ( tu vois.

„ , M . ) de croire f tout ce ) tu entends. Garde-toi < , ,. > <

1 de dire 1 que 1 tu sais.

( de faire ) [tu peux.

Ce dicton proverbial se lisait autrefois dans un couvent de Franciscains, à Lyon.

Gautier-garguille.

N'épargner ni Gautier ni Garguille.

C'est-à-dire, n'épargner personne, ni ami ni ennemi.

Au reste, n'épargnez ni Gautier ni Garguille.

( Ki «..mlk , sat. i3. )

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