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le génie allégorique des anciens avait peuplé les retraites souterraines.

On dit d'une femme très habile dans les travaux d'aiguille, qu'elle est adroite comme une fée.

Madame de Sévigné décrivant une robe donnée par M. de Langlée à madame de Montespan, dit : o Une robe d'or sur or, brodée d'or, et par-dessus or frisé, rebroché d'un or mêlé avec un certain or, qui fait la plus divine étoffe qui ait jamais été imaginée. Ce sont les fées qui ont fait cet ouvrage. »

(M. de Langlée, homme obscur, s'était introduit à la cour en y jouant gros jeu. )

Femme.

Jeune femme , pain tendre et bois vert
Mettent la maison au désert.

Ce que femme veut,
Dieu le veut.

C'est-à-dire, les femmes veulent fortement ce qu'elles veulent.

Un passage de Montaigne vient à l'appui de ce proverbe : « J'ai cogneu cent et cent femmes que vous eussiez plustost fait mordre dans le fer chaud, que de leur faire desmordre une opinion qu'elles eussent conçeue en cholère. Elles s'exaspèrent à l'encontre des coups et de la contrainte, et celui qui forgea le conte de la femme qui, pour aucune correction de menaces et bastonnades, ne cessoit d'appeler son mari pouilleux, et qui précipitée dans l'eau, haussoit encore, en s'estouffant, les mains, et faisoit au-dessus de sa teste signe de tuer des poux; forgea un conte duquel en vérité tous les jours on voit l'image expresse de l'opiniastreté des femmes. »

C'est grand pitié quand beauté /huit à cœur de bonne volonté.

( Quand beauté fault a cœur de bonne volonté; c'est-à-dire, quand une femme facile n'est pas belle.)

Ce proverbe se trouve dans Marot, épître 2 du Coq a l'âne; mais à la place de cœur, il y avait un mot obscène dans les premières éditions, ainsi que dans Brantôme, tome I, page 255 des Dames galantes , et dans Rabelais, Pantagruel, Liv. v, chap. 21.

Brebis trop apprivoisée

De trop d'aigneaux est tettée.

Par là nos pères voulaient exprimer le danger que courait l'honneur d'une femme entourée de galans.

Femme couchée et bois debout,
Homme n'eu vit jamais le bout.

Nos pères aimaient beaucoup les comparaisons qui les mettaient à même de rimer un propos gaillard.

Soleil qui luisarne au matinfemme qui parle latin, et enfant nourri de vin , ne viennent à bonnefin.

«Qu'on se donne bien de garde, disait Belleau, qui commentait des vers de Ronsard; qu'on se donne bien de garde de se mettre au service d'une dame rusée, vieille et de trop bel esprit, et principalement quand elle fait de la clergesse et de la sçavante. Une simple Pénélope vaudroit mieux, quœtantum lanas non sinit esse rudes. »

Quand la pluie tombe en même temps que le soleil luit, le peuple dit que le diable bal safemme et qu'il marie sa fille.

Les pleurs de la femme, voilà la pluie; l'éclat du soleil est le signe de la joie que promet une noce.

Que les femmes fassent les femmes, et non les capitaines.

Il n'y a point d'époque dans les fastes de notre monarchie où les femmes aient eu autant d'empire et aient été aussi méprisées que sous Charles ix. Les femmes se mêlaient de tout, et s'étaient attiré ce proverbe : Que lesfemmes fassent lesfemmes , et non les capitaines. Il n'y avait pas une dame qui n'avouât publiquement son cavalier, qui ne traversât la ville en croupe avec lui, ou à côté de son cheval. Les dames envoyaient leurs serviteurs à l'armée, et les engageaient dans la faction qui leur plaisait; ils paraissaient à la tête des troupes avec des écharpes et des faveurs.

Dans un petit poëme intitulé le Mérite des Femmes (in-12; Paris, 1801 ), Legouvé a non seulement, par de beaux vers, vengé les femmes des satires lancées contre elles; mais il a rassemblé dans des notes beaucoup d'anecdotes à leur avantage.

// n'est attention que de vieille femme.

Les jeunes sont trop occupées d'elles-mêmes. La meilleure de toutes les garde-malades est une vieille femme; elle ne craint pas que l'insomnie la rende pâle et qu'on lui trouve le lendemain les yeux battus.

FERRÉES. (Avaleur de charrettes)

Se dit d'un hâbleur, d'un fanfaron, d'un faux brave.

Fesse-matthieu.

Nom injurieux qu'on donne aux usuriers.

Avant sa conversion, saint Matthieu était banquier, sedebat in telonio. La malignité attribue aux banquiers des prêts usuraires; de là saint Matthieu regardé comme patron des usuriers. Fêter saint Matthieu, est donc synonyme de prêter à usure.

Mais au lieu de fêter, on a d'abord écrit /ester; or, entre les lettres ft et ff liées ensemble, la différence est peu sensible; plus d'un lecteur, par conséquent, a Ail, fesse-Matthieu pour feste-Matthieu, et de cette méprise est résulté un sobriquet.

Nous n'ignorons pas que la plupart des étymologistes trouvent dans fesse-Matthieu ,/ace de Matthieu, mine d'usurier.

FEU. ( J'en mettrais la main au)

Manière de s'exprimer quand on affirme quelque cbose dont on est sûr.

Cette façon de parler vient de l'ancienne coutume de constater la vérité d'un fait en plongeant la main dans un gantelet de fer qui sortait de la fournaise.

FEU. {Dites-lui cela, et allez vous chauffer à son) C'est-à-dire, tenez-lui ce propos, et soyez assez simple pour croire qu'il n'en sera pas offensé.

FÉVE. (Roi de la)

On appelle ainsi un chef sans autorité. Au propre, c'est la personne à qui est échue la féve du gâteau qu'on partage dans les familles la veille ou le jour de la fête des Rois.

L'usage de faire les Rois nous est venu des Saturnales que les Romains célébraient aux calendes de janvier. Pendant ces fêtes, les écoles étaient fermées, le sénat vaquait, et toutes les affaires publiques et particulières étaient comme suspendues. En certains endroits on partageait un gâteau ; un enfant placé sous la table représentait Apollon, et on le consultait en criant: Phœbe domine (seigneur Apollon ), pour qui? afin que les portions du gâteau fussent distribuées par le sort. Cet usage s'est conservé dans plusieurs parties de la France; un enfant distribue les parts du gâteau, et les personnes même qui ne savent pas le latin crient, Phœbe domine. Dans les familles pieuses on fait une part de plus qu'il n'y a de convives; ce morceau surnuméraire est la part à Dieu; et le soir vous entendez les pauvres qui vont de porte en porte, chantant une vieille chanson dont le refrain est, la part à Dieu} s'il vous plaît. ,

S'il arrive que la féve soit restée dans la part a Dieu, l'on tire aux billets pour voir sur qui tombera le sort de la royauté.

Un roi ou une reine de la féve a le droit de choisir une personne de la compagnie pour sa reine ou pour son roi. Dans le grand monde, le roi de la féve nomme à toutes sortes d'emplois par une distribution de billets. Le plus divertissant est lorsqu'une charge de bouffon échoit à un personnage grave, qui>bon gré, mal gré, est obligé de se mettre en frais pour divertir le roi et toute sa cour.

Février.

Février, le plus court des mois,
Est de tous le pire à la fois.

Comme dans ce temps rude on consomme beaucoup de bois, il y a dans les anciens calendriers : Februarius algeo clamât.... Ligna cremo.

FIAT (// n'y a point de) dans cet homme-là; C'est-à-dire, on ne peut pas compter sur la parole de cet homme.

Cette expression proverbiale vient du mot latinfiât,

que cela soit fait.

FIDELIUM. (Passerplusieurs choses par un) C'est-à-dire, ne remplir ses obligations qu'en gros. « Quand au lieu de nous acquitter de plusieurs charges esquelles sommes obligez, dit Estienne Pasquier

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