Images de page
PDF
ePub

qui aurait eu lieu cependant, si on eût retranché la première syllabe iïaidans. Les personnes même qui savent lire auraient perdu la trace, et auraient cherché comment dans serait devenu dents.

Dans beaucoup de locutions, les dents, armes naturelles de l'homme et des animaux, sont prises figurément pour des moyens de défense et d'attaque. Ainsi l'on dit, montrer les dents, avoir une dent contre quelqu'un, le déchirer a belles dents. Essayez de substituer aidans à dents , vous ferez des phrases inintelligibles.

DENTS; {Parler des grosses) réprimander: ce qui rarement se fait avec calme, et met à découvert, outre les dents incisives, ou dents du devant , les dents molaires, placées sur les côtés.

DÉPENDRE. (// est a moi a vendre
Et à)

Pour dire, c'est un homme qui m'est entièrement dévoué, je puis en disposer.

Dépendre signifiait autrefois dépenser.

L'a-voir n'est fait que pour despendre,

dit l'auteur du Roman de la Rose.

Dépense.

Ce sont les petites pluies qui gâtent les grands chemins, disait madame de Sévigné.

Les grandes économies avertissent assez d'ellesmêmes, tandis qu'on ne fait pas attention aux économies de détail, qui se renouvellent tous les jours.

« Prenez garde aux menues dépenses, disait Franklin. «Si vous voulez connaître le chemin de la fortune, «sachez qu'il est tout aussi uni que celui du marché. *Ne faites aucune dépense que pour le bien des autres a et pour le vôtre, c'est-à-dire , ne dépensez rien mal « à propos. Quatre liards épargnés sont un sou que l'on « gagne. Une épingle par jour coûte cinq sous par an. « Pour cela il ne faut pas croire que l'économie ne se « trouve que dans la privation; c'est l'économie des « imbécilles; il n'est si sot avare qui n'y excelle ; il n'est « si bavarde commère qui ne puisse en tenir école. »

Après la fête et le jeu ,

Les pois au Jeu.

Quand on a beaucoup joué et beaucoup dépensé , il faut se restreindre.

Ce que l'on prodigue, on Vote a son héritier: ce que Von épargne sordidement, on se Vête a soi~ même.

En tenant le milieu, il y a justice pour soi et pour les autres.

Un avare souffrait beaucoup d'un mal de dent. On lui conseillait de la faire arracher. Ah! dit-il, je vois bien qu'il faudra que j'en fasse la dépense.

DESSERRE. {Être dur a la )
C'est-à-dire avare.

Métaphore empruntée des armes à feu, qu'on appelle dures à la desserre, quand le ressort qui fait mouvoir le chien de la platine ne se débande pas facilement.

DETTES. [Le chagrin ne paie pas les) Ou Cent heures de chagrin ne paient pas un sou de dettes.

Au lieu de se livrer à une vaine douleur, il faut, par l'économie ou le travail, penser à satisfaire ses créanciers.

La raison veut qu'on supporte patiemment l'adversite, et qu'on n'épuise pas à pleurer ses maux, les forces qui restent pour les adoucir.

Faire un trou pour en boucher un autre.

C'est créer de nouvelles dettes pour payer les anciennes.

DEUX. ( Un homme averti en vaut ) Un homme est bien plus fort quand il a pris ses précautions.

Le Roux a copié une Taute qui se trouvait dans Backer; l'un et l'autre ont mis : Un bon averti en vaut deux.

Le moyen d'attraper un oiseau n'est pas de secouer son Jîlet. ( Proverbe écossais. )

Devignottes.

Nos pères appelaient ainsi les énigmes qu'on se proposait dans les veillées. Ce mot vient de deviner. Dans quelques départemens les paysans disent devinailles.

Devise.

La devise de M. de Guise.

Pour dire : A chacun son tour.

Pendant la ligue, la famille des Guise portait pour devise des A dans des O; par là elle entendait : A chacun son tour, c'esl-à-dire, qu'en écartant le duc de Lorraine, elle, qui était aussi de la famille de Lorraine, excluerait les maisons de Valois et de Bourbon qui sortaient de la race de Hugues Capet, et régnerait. Diable.

De jeune angelot, vieux diable.

Ce proverbe, tiré de Rabelais, est ainsi expliqué par Le Duchat, son commentateur:«Si un caffard est malin, pour jeune qu'il soit, il empire encore avec l'âge. »

Avocat du diable.

Se dit de celui qui parle en faveur des vices ou du mal.

Ce proverbe vient d'une formalité qui précédait autrefois les canonisations. Un avocat parlait contre le futur saint, et vulgairement on l'appelait l'avocat du diable.

Du diable vint, au diable retourna. Nos pères disaient aussi : Ce qui est venu de pille pille, s'en reva de tire tire; autrement, bien mal acquis ne profite point.

On trouve dans l'ancien poète Névius, malèparta, maie dilabunlur, et dans Ovide,

Non habet eventus sordida prceda bonos.

DIABLE VEnf. ( Aller au )

Originairement on a dit : Aller au diable de Couvert.

Le cbâteau de Vauvert, situé à Paris, à peu près dans l'endroit où se trouve l'entrée de la grande avenue qui conduit du jardin du Luxembourg à l'Observatoire, était un vieux bâtiment où des diables , dit-on, apparaissaient , faisant un bruit épouvantable, avant que Saint-Louis (année ia58) le donnât aux chartreux.

Guillaume Coquillart, dans sa pièce des Droits nouveaux, pour donner une idée du caquetage de plusieurs femmes réunies chez une femme accouchée, dit

Que le grand diable de Vauvert
A peine se peut deraesler.

I

D'Assoucy, dans des vers adressés au duc de Savoie, s'exprime ainsi:

Bref tant en esté qu'en hyver
On fait le diable de Vauvert.

DIABLE. {Un bruit de)

Cette façon de parler proverbiale donna l'idée d'appeler diable, en 1811, un hochet extraordinairement bruyant, qui venait d'être importé de Londres. Ce hocbet y était connu depuis 1794? époque du retour de l'ambassade de lord Macartney en Chine. Un des membres de l'ambassade l'avait dessiné à Pékin.

Comme les marchands ambulans sont très nombreux en Chine, et que la police ne permet pas qu'ils crient leur marchandise, le hochet que nous avons nommé diable est un des moyens qu'ils emploient pour attirer les chalands.

[graphic]

A, têtes du diable. B, cou du diable. C, nez du diable. D, baguettes. E, ficelle.

Pour mettre le diable en mouvement, on prend une baguette de chaque main, et l'on passe au cou du diable la ficelle qui tient à ces baguettes, puis on baisse et on lève les bras alternativement; peu à peu le mouvement de rotation s'établit, et le diable siffle, ronfle, mugif.

Pendant tout un été les premières sociétés de Paris ont fait leurs délices de ce hochet.

« PrécédentContinuer »