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ce Prince a moins de besoins de mon assistance à-présent, qu'il en a eu depuis qu'il est parvenu à la couronne. Et en effet je vois premièrement que toutes les remontrances que le Sieur Seymer a faites dans la Chambre Basse, et tout ce qu'il a

a dit pour attaquer la validité des élections n'a servi qu'à déterminer plus promptement le Parlement à continuer au Roy les mêmes revenus dont jouissoit le feu Roy son frère ; que d'ailleurs le bruit que fait le débarquement du Comte d'Argile en Ecosse avec une petit suite de rébelles mal pourvus de toutes choses, et peu capables d'une grande entreprise, a fait prendre aussi la résolution au Parlement d'accorder encore au dit Roy jusqu'à la somme de sieze cent mille livres sterling, qui feront plus de vingt millions de livres ; qu'enfin ce Prince n'a pas plutôt témoigné, combien lui seroit dèsagréable la proposition que toute la Chambre des Communes avoit résolu de faire d'une proclamation pour l'exécution des loix contre tous les Nonconformistes, qu'elle a rejetté d'un conimun consentement la délibération des commissaires; ensorte qu'on peut dire que jamais Roy d'Angleterre n'a agi avec plus d'autorité dans son Parlement que ce Prince fait à-présent, et qu'il n'y a rien qu'il ne s'en doive promettre pour l'affermissement de son autorité, et pour la punition du petit nombre de rébelles qui ont osé paroître. Ainsi j'ai sujet de me promettre que non seulement il ne désirera point de moi dans la conjoncture présente, d'autre assistance que celle que je vous ai promis de lui donner, c'est-à-dire, le payement de ce qui reste dû de subsides, mais même qu'il demeurera persuadé que les témoignages publics de mon amitié, et la crainte des secours que je n'aurois pas manqué de lui donner, s'il en avoit eu besoin, ont beaucoup contribué à maintenir ses sujets dans le devoir, et à lui faire obtenir de son Parlement tout ce qu'il en a désiré jusqu'à-présent.

Il ne reste donc plus, tant pour ina satisfaction que pour la sienne, qu'à obtenir le révocation des loix pénales en faveur des Catholiques, et le libre exercice de notre religion dans tous ses états, et vous savez que c'est aussi le principal motif qui ma porté à vous faire remettre avec tant de diligence des sommes si considérables. Mais comme ce Prince ne juge pas à-propos de tenter, quant à-présent, cette demande, je ne veux pas aussi le presser de se mettre au hazard d'un refus dans une matière si importante, et pour le succès de la quelle il est de sa prudence de prendre des mesures bien justes. Je croirois néanmoins qu'à-présent que le Parlement paroît disposé, à ne lui

rien refuser, soit que la seule affection le fasse agir, ou que la crainte y soit mêlée, ce Prince feroit très-sagement d'en profiter, et d'en tirer ce qu'il désire en faveur de notre religion, sans leur donner le temps de ce reconnoître, et de concerter avec ceux qui sont le plus animés contre notre religion, ce qu'ils auront à faire pour empêcher le progrès; et si le Roy prenoit ce parti là, et qu'il trouvât quelque obstacle qu'il ne pût vaincre qu'avec mon assistance, je la lui accorderois volontiers, aussitôt que vous m'auriez informé de ses besoins. Mais jusqu'à ce qu'il prenne cette résolution, et qu'il l'exécute, mon intention n'est pas de rien changer aux ordres que je vous ai donnés; et je veux que vous gardiez les fonds que je vous ai fait remettre, pour n'en disposer que lorsque jele jugerai nécessaire. Cependant si le Grand Trésorier d’Angleterre vous presse de lui faire quelque payement au-delà de l'ancien subside, vous lui direz seulement que, comme le Parlement se conduit selon mes souhaits et ceux du dit Roy, je n'ai pas sujet de croire que ce Prince puisse avoir besoin à-présent d'une assistance extraordinaire, et qu'ainsi vous n'avez pas pouvoir de disposer de ce que vous avez de fonds.

Je vous envoye la lettre de ma main que vous m'avez proposé d'écrire au Roy tant sur la satisfaction que lui donne son Parlement, que sur ce qui regarde les mouvements d'Ecosse ; et je désire que sur l'un et l'autre de ces points vous ne parliez qu'en conformité de ce que j'écris au Roy, et de ce que contient cette dépêche, ne jugeant pas à-propos d'offrir ouvertement un secours de troupes à un Prince qui ne m'en demande point, et pour une affaire qu'il peut terminer par ses propres forces.

Extrait d'un Lettre de M. Barillon au Roy.

18 Juin, 1685, à Londres.

Ins

a des gens ici qui voudroient faire tomber sur la France le soupçon qu'on rejette sur la ville d'Amsterdam, comme s'il y avoit assez d'intelligence entre V. M. et cette ville pour présumer que tout ce qui s'y fait est de concert avec V. M.

Le Roy d'Angleterre rejette avec aigreur et dédain ce qu'on dit en sa pré

sence de l'intérêt qu'a V. M. d'entretenir les divisions en Angleterre. Ce Prince s'expliqua tout haut que les rébelles sont soutenus et aidés des Protestants zélés des autres pays, et traite de ridicule tout ce qui se dit d'opposé à cela.

Je suis avec le profond respect que je dois, &c. i'mpero

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