Pagina-afbeeldingen
PDF
ePub

1

a pas

point au Prince d'Orange ; mais il ne sera pas en état de l'empêchersion veut se conduire en France comme il est nécessaire, c'est-à-dire, ménager l'amitié du Roy d'Angleterre, et le soutenir dans son projet. Je vois clairement l'appréhension que beaucoup de gens ont d'une liaison avec la France, et les efforts qu'on fait pour l'affoiblir ; mais cela ne cera au pouvoir de personne, si on n'en

envie en France ; c'est sur quoi il faut que vous vous expliquiez nettement que vous fassiez connoître que le Roy votre maître, veut aider de bonne foi le Roy d'Angleterre à établir fermement ici la religion Catholique.”

Il ajouta à cela, qu'il avoit eu un long entretien avec sa Majesté Britannique, et qu'il l'avoit laissée persuadée que le refus de continuer les payements n'étoit fondé sur aucun changement de V. M. à son égard, mais sur une supposition qu'il est en état de n'en avoir pas besoin ; que cependant, il étoit possible de rectifier cet incident, si on ne vouloit pas que le Roy d'Angleterre crut qu'après l'avoir assiste, quand il' n'en avoit pas grand besoin, votre Majesté l'abandonne dans la conjoncture de sa vie la plus importante ; que peut-être V. M. avoit quelque égard au bruit répandu d'une réunion entre le Roy d'Angleterre et le Prince d'Orange; que dans le fonds il n'y avoit rien de plus difficile ; que l'un étoit possesseur d'une couronne que l'autre attend avec impatience ; que la différence de leur religion et de leur sentiments en tout, ne promet pas qu'ils se réunissent de bonne foi ; qu'ils sont obligés l'un et l'autre de dissimuler, et de garder les bienséances, mais que leurs desseinset leurs projets sont trop opposés pour se pouvoir concilieur ; que lui que me parloit voyoit tout cela clairement, et que si on se vouloit donner la peine de le bien éxaminer, on verroit au travers de tout ce qui se passe, un fonds de jalousie et de mécontentement entre le Roy d'Angleterre et le Prince d'Orange que rien ne peut faire cesser ; que sa Majesté Britannique ne lui permettroit jamais de venir ici, et que le Prince d'Orange avoit toujours envie d'y venir et de se montrer aux Anglois.

Je dis à Milord Sunderland, que, par beaucoup de choses, on donnoit lieu de juger que le Roy d'Angleterre étoit fort adouci pour le Prince d'Orange, et que cela produisoit un assez méchant effet partout, parce que le Prince d'Orange agissoit toujours avec la même animosité contre les intérêts de la France; que je comprenois assez que l'intérêt de sa Majesté Britannique n'étoit pas de pousser le Prince d'Orange au point de le mettre du

parti des rébelles, mais le trop de ménagement le mettroit en état d'être plus dangereux, et de pouvoir nuire d'avantage aux affaires ; que pour moi, je ne me laissois pas séduire aux artifices des partisans de M. le Prince d'Oran ge, et que j'étois fort persuadé que le Roy d'Angleterre connoissoit trop bien son intérêt pour se séparer de ceux de V. M. et prendre des liaisons qui lui sont opposées, et que de ma part, je ferois mon possible pour bien éclaircir la vérité à V. M.

[graphic]

quoi il plaira à V. M. de me donner ses ordres ; s'ils sont tels qu'on les espère ici, et que je puisse continuer les payements du subside, il dépendra de V. M. d'entrer dans le plus grands engagements, et de jeter les fondements d'une liaison étroite qui puisse durer longtemps, et dans laquelle V. M. pourra trouver ses avantages, selon qu'elle l'estimera à-propos. Mais il me paroit que, pendant la négociation, il seroit nécessaire de continuer quelques payements, à moins que V. M. ne se déterminât à donner tout le fonds qui est ici, ce qui combleroit de joie le Roy d'Angleterre, tant pour l'utilité présente qu'il en recevroit, que par la sûreté qu'il croiroit avoir de l'amitié de V. M. je ne doute pas qu'en ce cas il ne prît toutes les résolutions qui pourroient être le plus avantageuses à la religion Catholique, et qu'il ne les exécutât ; mais outre cela il prendroit, autant que je le puis juger, tous les engagements que V.M. pourroit désirer sur les affaires du dehors. "Jai connu dans tout ce qui m'a été dit, qu'il seroit fort périlleux au Roy d'Angleterre d'être mal avec V. M., il le seroit encore plus qu'on ne se l'imagine ; et le parti opposé à la royauté en Angleterre est si nombreux, et les semences de division dans les esprits sont si fortes, que sans l'amitié de V.M., il seroit fort difficile que le Roy d'Angleterre eut un règne paisible et heureux. J'ai cru voir dans tout ce qui m'a été dit par ce Prince, une envie fort sincère d'être étroitement uni à V. M.: s'il avoit dessein de s'en séparer, il ne presseroit pas si vivement pour un secours présent, et se contenteroit de demeurer dans un état de bienséance avec V. M. sans désirer une ligue si étroite. Je crois aussi connoître en lui un dessein

l'établissement de la religion Catholique, qui ne sera interrompu ni retardé, que lorsqu'il ne pourra surmonter les obstacles qui s'y rencontreront. Mais il travaillera tous les jours à en venir à bout; c'est à quoi il voit bien que V. M. seule peut l'aider.

foriné pour

Le Parlement a témoigné beaucoup d'éloignement de consenter à tout ce qui auroit pu être tiré à conséquence en faveur des Catholiques : leur premier mouvement a été de les poursuivre et d'exécuter les loix contre eux. Ils s'en sont départis, mais contre leur sentiment, et par un coup d'autorité qui ne réussiroit pas toujours. Le Bill de la restitution de Milord Stafford est demeuré dans la Chambre des Communes, sans être admis, parce que dans le préambulé ily a eu des mots insérés qui semblent favoriser la religion Catholique ; sela seule a retardé cet acte de réhabilitation du Comte de Stafford dont tous sont

d'accorde à l'égard du fonds. Dans le dernier Bill que la Chambre des Communes a résolu pour la sûreté de la personne du Roy d'Angleterre, il a été mis expressément qu'il seroit permis aux ministres de prêcher, et aux autres de parler contre le Papisme. La Reine en a marqué beaucoup d'animosité et d'aigreur ; et le Roy d'Angleterre a mieux aimé que cet acte ne fut point passé, quoiqu'il contint beaucoup d'autres choses très-avantageuses

pour le gouvernement. Cela même autant que j'en puis juger) a avancé la séparation du Parlement.

[graphic]
[ocr errors]

étoit naturel de retirer d'Hollande les troupes composées de sujets de sa Majesté Britannique, pour avoir un prompt secours.

M. d'Avaux m'a mandé, par sa dernière lettre, qu'on lui avoit donné avis que Skelton a demandé des troupes de l’Electeur de Brandebourg au Sieur Fuches. J'ai approfondi ce bruit, auquel il n'y a aucun fondement. C'est sans doute un artifice du Prince d'Orange pour faire croire à l’Electeur de Brandebourg, qu'il auroit inspiré au Roy d'Angleterre d'avoir recours a lui.

Je crois aussi peu de fondement à ce qu'on prétend qui a éte dit à la Haye d'un mécontentement secret que le Roy d'Angleterre a contre la France, et qui éclatera en son temps. Și cela étoit, on ne le confieroit pas à un des commis de Milord Middleton : cela n'a aucune vraisemblance, et dans le temps quon l'a dit, le Roy d'Angleterre ne savoit pas que les payements seroient sursis, et étoit pleinement content de V. M.

[ocr errors]

Il est encore aussi peu apparent que Bentem ose parler au Roy d'Angleterre sur la Religion Catholique. V. M. jugera si ce Prince se laissera ébranler sur cette matière, et si quelqu'un lui osera faire la proposition de changer de religion sans lui déplaire beaucoup. Le fond de la mission de Bentem a été apparemment pour obtenir la permission au Prince d'Orange de venir. Le Roy d'Angleterre m'a dit qu'il l'avoit refusé, et qu'il le refuseroit toujours. V. M. peut avoir des connoissances certaines de ce qui se passe partout; mes vues sont bornées à ce qui se passe ici. Mais il paroît que la plûpart des choses qui se débitent' en Hollande sont fausses, et qu'on y raisonne sur des fondements entièrement éloignés de la vérité.

Pour me renfermer dans le fait dont il est question présentement, je me tiendra en état d'exécuter les ordres que V. M. me donnera : il me suffit d'avoir exposé a V. M. les choses comme elles me paroissent être en ce pays-ci. Il me reste à lui rendre un compte exact, autant que je le pourrai, de l'état de l'affaire de M. le Duc de Monmouth. On ne sait pas au vrai ce qu'il a de gens : on dit à Londres vingt mille hommes : je crois qu'il en a bien huit

« VorigeDoorgaan »