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elle est, pour en parler librement.» (Histoire des seigneurs d'Enghien, in-4", Tournay, 1645, p. 728. ) On voit que la province du Hainaut a eu aussi sa Dame blanche. L. G.

PETRARQUE. Le n° 868 des manuscrits de la bibliothèque publique de Cambrai , est intitulé : Prancisci Philelphi epistolœ familiares. La célébrité de Philelphe m'engagea à comparer ce manuscrit avec les éditions imprimées des lettres de cet écrivain.Je n'y trouvai aucune ressemblance, et déjà je croyais quenotre manuscrit était un recueil de lettres inédites dudit Philelphe, trésor inestimable que j'allais révéler au monde savant. Cependant comme je ne voyais dans les noms de ceux à qui les lettres étaient adressées, aucun des correspondans ordinaires de Philelphe , je conçus des doutes. Enfin à force de feuilleter, je découvris le nom de Pétrarque en tête du 22° livre.Je reconnus alors que c'était les lettres familières de l'amant de Laure, lettres imprimées à Bâle en 1581 , au nombre de 198; à Génève en 16o1, au nombre de 255. Or notre manuscrit en contient 349, c'est-à-dire 96 de plus que l'édition de Génève, la plus complète qui ait été publiée jusqu'ici. La bibliothèque du Roi à Paris possède sous le n° 8568 un manuscrit contenant, comme le nôtre , 24 livres de lettres de Pétrarque. Reste à savoir si ces manuscrits présentent les mêmes lettres. Le nôtre est un belin-folio, sur vélin, à deux colonnes, écriture très-soi

gnée du XIV° siècle. Ne se pourrait-il pas que ce manuscrit eut été donné au chapitre de Cambrai par Jacques de Colonne, ami intime de Pétrarque, dans les classes de l'université de Bologne et dans le tumulte de la cour d'Avignon , qui avant d'être évêque de Lombez, fut chanoine de notre cathédrale de Cambrai?Parmi les lettres que contient ce manuscrit, il en est un bon nombre qui sont adressées à Jacques de Colonne, dont il est parlé avec détail dans l'Hist. litt. d'Italie, par Ginguené; tome 2 , pp. 541 et suiv. L. G. FÉNELON ET LEs HABITANs DE JEUMONT (1). C'était au mois de juillet 17o2; la paroisse de Jeumont SG disposait à célébrer la fête de la translation de Saint-Martin , sonpatron. Les jeunes gens de ce village, croyant sans-doute relever ainsi l'éclat du culte divin, conçurent le projet de figurer militairement à la procession, tambour battant 2 étendards déployés, et tenant tous en main un arc et des flêches. Le curé , qui n'était pas partisan des cérémonies chevaleresques, accueillit mal cette brillante idée et déclara qu'il n'avait que faire du belliqueux cortége. Nonobstant Ce, nos archers qui s'étaient cons . titués en dépenses d'armes et de costumes, se présentèrent le jour de la fête dans l'église avec leur appareil.On les fit prierde se retirer; ils insistèrent. Le curé annonça

qu'il n'y aurait pas de procession. .

On répondit qu'elle se ferait sans

(1) Jeumont, commune de l'arrondisse.. ment d'Avesnes, canton et décanat de Maubeuge , sur la rive droite de la sa r§.

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le bon archevêque, toujours indulgent, mais toujours rigoureusement attaché aux convenances et à la discipline, arrangea amiablement les choses par la lettre suivante adressée au doyen de Maubeuge : « A Cambrai, le 19 juillet 17o2. « Je vous prie, Monsieur , de prendre la peine de travailler à l'acq nmodementdupasteurdeJumont sic) avec ses paroissiens. Il s'agit d'une procession que le pasteur n'a pas voulu faire, en y admettant des irrévérences que le peuple vouloit y introduire, et que le peuple a faite tout seul, sans le pasteur et malgré lui.A l'égard des mamants, je vous prie de leur déclarerde ma part qu'ils ont faitunetrèsgrande saute, en osant faire seuls la procession, malgré leur pasteur; que c'est une révolte scandaleuse contre l'église leur mère; et que s'ils ne réparent un si grand scandale, par une soumission que quelque député d'entre eux me vienne faire, je ferai agir contre eux notre promoteur qui les poursuivra rigoureusement, et que nous leur · ferons sentir combien ils ont tort. Mais s'ils veulent reconnaître leur

faute et la réparer, il faudra que M. le pasteur use d'indulgence pour gagner les cœurs de son troupeau. Ce que le peuple vouloit introduire dans la procession, c'est qu'il vouloit battre le tambour, porter des drapeaux, et tenir des flêches en main. A la vérité, il seroit mieux qu'on ne fît point cette innovation, qui peut se tourner en abus et irrévérence ; mais ce n'est pourtant pas une indécence contre le culte divin, qui mérite un procès entre le pasteur et le troupeau. Je n'ai garde de vouloir décréditer un si bon pasteur, ni de le laisser exposé aux caprices d'un peuple entêté : mais vous ne sauriez lui représenter trop fortement combien ces bagatelles ruineroient tout le bien qu'il peut faire dans les matières les plus capitales. Il n'aura jamais ni autorité, ni confiance des peuples, ni paix dans ses fonctions, ni fruit de son travail, s'il ne ménage les peuples sur de pareilles choses. Tachez de finir cette affaire d'une manière douce à l'égard du pasteur dans son autorité... Cette affaire délicate est en bonnes mains ; je m'assure que vous la terminerez amiablement, avec dextérité et ménagement. » Ces paroles de paix et de réconciliation furent entendues.Un échevin de Jeumont vint à Cambrai , et fut reçu par l'illustre prélat avec une bonté toute affectueuse. Le dimanche suivant, le curé monta en chaire , proclama d'une voix attendrie l'oubli du passé; et dès lors la concorde ne cessa plus de régner entre le pasteur et son troupeau. L. G.

LES HOMMES ET LES CHOSES. | | | |

ACADÉMIE DEPEINTURE DELILLE. En 1755, les magistrats de la ville de Lille résolurent d'établir dans leur ville une école publique, gratuite, de dessin; les sieurs Le Tillier et Dachon furent choisis pour la diriger et y donner des leçons. Déjà les élèves commençaient à faire des progrès, lorsqu'un jour M. de Stradin, trésorier de la ville, allant visiter cet établissement, fut fort surpris d'y trouver un homme nu autour duquel les jeunes gens étaient groupésetdessinaient.Cette vue le scandalisa au dernier point; on eut beau lui expliquer quel'homme nu était un modèle vivant qui posait selon l'usage établi à Rome, à Paris, partout enfin, cet estimable fonctionnaire se mit dans une colère affreuse, fit rhabiller le modèle, l'envoya poser en prison, et défendit, sous les peines les plussévères, de travailler à l'avenir d'après la nature.

Le lemdemain, on fit comparaître les deux professeurs devantMM. du Magistrat; M. le Tillier s'étant expliqué avec assez de franchise sur l'acte de M. le Trésorier fut envoyé tenir compagnie à son modèle : en sortant de prison, il s'empressa de quitter une ville où il n'était pas permis de dessiner d'après nature et alla s'établir à Paris, où il fit fortune comme peintre en émail et en miniature. Sa place, qu'il n'eut garde de revendiquer, fut donnéeà M. Gueret; son collègue fut remplacé par M. Louis Watteau, et ces deux artistes, qui parvinrent peuà-peu à lever les scrupulesdeMM.

les magistrats de Lille, finirent par obtenir un modèle vivant, et eurent la gloire de former plusieurs élèves distingués, parmi lesquels on cite Helman, Masquelier, Lienard, graveurs célèbres, qui tous, en reconnaissance des premières leçons qu'ils reçurent gratuitement àl'académie de Lille, ont dédié plusieurs de leurs ouvrages au corps municipal de cette ville. A. D.

HERBUT(CHARLES-JosEPH)né à Valenciennes, le 11 janvier 1778, entra au service, le 1°" novembre 1798, dans le régiment de lragons de la Gironde, appelé par ne de ces réquisitions qui recrutaient d'un seul coup toutes les armées de la République. Il fit les campagnes de 18o6 en Allemagne , de 18o7 et 18o8 en Prusse, 18oo, , 81o et 181 1 en Espagne et fut nommé maréchal-des-logis le 16 mai de cette dernière année. Il versa son sang à la bataille d'Eylau et sous les murs

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cier se trouvant le 25 mai 1811 à Usagre, en Espagne, à une demiportée de pistolet de l'ennemi, vit son colonel engagé sous son coursier abattu d'un coup de feu ; Herbut n'hésite pas, il se précipite, débarrasse son chef, lui donne son cheval, et, victime de son dévoûment, tombe au pouvoir de l'ennemi. A. . D

MÉQUENNE. — Ce mot, suivant le dictionnaire Rouchy, signifie servante; il est surtout habituellement employé dans ce pays pour désigner une servante de curé. " Il existe près de Bavai, ancienne capitale des Nerviens, un village qu'on nomme Mecquignies.Un curé · dit-on, manquant de domestique, en fit jadis venir une de ce village et s'en trouva fort bien. Jamais ménagère plus attentive et plus honnête n'avait soigné son pieux asile. Séduits par cet exemple, plusieurs deses consrères coururent chercher des gouvernantes au même lieu; ils n'eurent aussi qu'à s'en louer, et ce village acquit à cette époque, et conserva long-tems, la réputation de produire de bonnes filles, comme certains sols ont la vertu de produire de bons vins ou de bons grains. Par suite, le nom de Méquenne, créé dans l'origine pour signifier fille de Mecquignies, fut alors appliqué à toutes lesservantes de curé.

Les Roquefort et les Pougens n'admettraient peut-être pas sans peine cette étymologie; cependant elle vaut pour le moinsautant que celle donnée par Rabelais, qui était un fort drôle de curé, de l'ancien nom de la-viile de Paris : « laquelle auparavant on appeloit Leutece, comme dit Strabo, lib. 4, c'est-à-dire en grec, Blanchette, pour les blanches cuisses des dames dudit lieu. »

La gouvernante d'un pasteur se nomme ordinairement Marie, de même que les soubrettes, sanscomparaison des unes aux autres, ont communément le nom de Lisette ; je me trompe, on doit dire Melle. Marie, à cause de l'importance de l'emploi. Un prêtre, à moins qu'il n'ait chez lui une soeur ou une autre parente pour tenir son ménage

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qu'on a pour elle. Malheureusement on en a vu, fort rarement il est vrai, abuser de l'avantage de leur position, d'humbles qu'elles étaient devenir hautaines, et parleurs manières et leurs tons de dames, provoquer les cancans de la paroisse. Les hommes confondent souvent , dans leur injustice, l'innocent avec le coupable; ce tort de quelques unes a pu faire rejaillir du blâme sur toutes; aussi a-t-on été jusqu'à avancer qu'une gouvernante avait pour habitude, dans la première année de son administration, de dire, en parlant de la basse-cour de son maître , les poules de M. le curé; plus tard, nos poules ; puis enfin, mes pauses ! ... Mais c'est là sans doute un propos mis en avant par la malignité.

Ce qui reste de vrai, à l'égard de ces dévotes créatures, c'est qu'elles vivent dans un état au-dessus de la domesticité ordinaire; par compensation, elles sont privées de bien des plaisirs ! pour elles, hélas! pas d'assiquets mondains, pas de danse, point d'amour, partant point de joie. . Et si l'on songe que ce n'est qu'à sorce de sagesse et de vertu qu'elles peuvent arriver à leur poste et s'y maintenir, on cessera d'ètre étonné en les voyant, dans beaucoup de presbytères, partager l'autorité et même la table du maître.

Cependant cette espèce de communauté, dans laquelle un ministre des autels et une femme vivent, suivant l'expression de nos vieilles coûtumes, au méme potetrót, a rencontré des désapprobateurs et des opposants dans d'augustes assemblées : au concile de Carthage,tenu en 397 et auquel S.Augustinassistait comme évêque, il fut interdit aux clercs d'avoir chez eux des femmes autres qu'ayeule, mère, sœur ou nièce. Le concile d'Ausbourg de 952, plus rigide encore, défendit à tous prêtres de rester avec une semme sous-introduite,(sic) et permit à l'évêque de faire fustiger et tondre la femme suspecte.

Plus tard, les liens de cette sévéritése relâchèrent.Cetteindulgence fut probablement le résultat d'une amélioration dans les mœurs, qui · ne permit plus de penser qu'aucune de ces demoiselles pourrait mériter à l'avenir de perdre sa chevelure ; toutefois des instructions pastorales avertirent, de temps à autre, le · clergé desetenir en garde contre les adroites manœuvres de Satan qui jamais ne sommeille. De nos jours même, un des princes les plus vigilants de l'église, monseigneur de Croï, Grand-Aumonier de France, crut devoir, par un chaste mandement, renouveler, dansson diocèse une partie des mesures de précaution autrefois prescrites aux ecclésiastiques. Le cœur, sous quelque vètement qu'il batte, est si vulnérable, qu'on ne peut jamais trop s'appliquer à le garantir des séductions et des coups ! et, le voisinage des femmes fut-il sans danger pour une castesacrée, il est toujours cer

tain que nos prêtres , en écoutant la voix de Mgr. de Croï, étoufferaient celle de la méchanceté ou de la calomnie qui souvent les poursuit, à l'occasion de l'âge, de la tournure ou de la fraîcheur d'une innocente méquenne. Mais l'usage de prendre des domestiques femelles, sans attacher, on doit le croire ainsi, aucune importance à ce qu'elles soient jeunes ou vieilles , belles ou laides, est depuis si longtemps et si généralement établi dans les presbytères, qu'il est devenu bien difficile de le détruire : aussi ce mandement d'un sage prélat, dicté par des motifs fort louables, a-t-il produit ll IlG grande sensation et beaucoup de bruit; on en a parlé en sens divers; parmi les gens désintéressés il a pu trouver de nombreux suffrages, mais il devait exciter et il excita les craintes, le mécontentement et le caquet des vierges de Mecquignies. (Extrait d'un ouvrage inédit sur les Femmes, par AIMÉ LEROY.)

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