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» res en Dieu, nobles, chers et bien » amés, ayant rendu , compte à » l'empereur et roi de la résolution » que vous avez prise, de vous abs» tenir de vous couvrir en présence » de cet auguste chef de l'empire, » nousvous faisons la présente pour » vous dire en son nom , que , sa » majesté ayant été très-sensible aux -» sentimens dont cette résolution -» est une preuve, elle, nous arau· » torisé à vous déclarer que cette , » acte de déférence envers elle dans » la circonstance présente, me pour» ra en aucun cas porter préjudice » au droit et à la possession où sont » les Etats de se couvrir dans toutes » les inaugurations. A tant, très» révérends , révérends pères en » Dieu, nobles, chers bien-amés, » Dieu vous ait en sa sainte gar» de. etc.

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dans mon cœur, alors que se levait le dimanche, avec ses beaux habits, son air de fète et son active et promeneuse iusouciance; je verrai toujours ses deux pointes aiguës et son haut clocher se dresser parmi les flocons de fumèe que jetaient en l'air les huit boites solennelles ; et le soir, qu'il était magnifique, incendié de Lampions dans toutes les cavités, sur toutes les saillies de ses sculptures : vous eussiez dit un pala S de sées, sans la légende vive le Roi!'qui reproduite sous toutes les dynasties et successivement légitimiste et française, venait jeter des idées tristement positives au milieu de votre rêvé Mon jeune mémorial de l'Hôtel-de-Ville ne _7 : -*4A . ) ' .4 m s . .. • . " ' ' ' ' ' , ' ' , , , , ! ) s'arrête pas là : je me rappelle encore nos distributions de prix, ét les graves au torités que nous allions chercher sous de vieilles arcades', et que nous enfermions dans notre cortège d'écoliers.'Certes , il y a bien de la poé e dans ces souvenirs d'enfaiice, tout pleins de joyeuses sonneries , de détonnations aux blancs nuages, de murs noirs et - cs nuages, de -- • • • • • • s e 'd'éblouissantes illumina { ,,o : , :

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Plus tard, quand des pensées de mélancolie eurent remplacé Hia lé† et que franchissant mes premières belles années, ma ·mémoire eut reculé par delà des siécles et,rendu à cette antique maison de pair, ses plaids d'échevins et de mayeurs, ses banquets de rois et la veillée de sessentinelles aux pas lourds, aà la pesantearquebuse , l'Hôtel-de-ville , alors prit une bien autre puissance sur mon

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imagination, et devint un de mes liens de patrie les plus chers.

Dites; en parcourant tous les bizarres dessins, brodés sur cette élégante façade, n'avez-vous pas maintes fois évoqué devant vous nos aïeux bonnes gens et malins, avec lenrs mœurs naïves et leur amour du grotesque ? Sous ces arcades, sous ces voûtes sombres, ou se sont tant de fois discutés les plus hauts intérêts du vieux Saint-Quentin , n'avez vous pas respiré comme un parfum de recueillement ? et, s'il vous est arrivé, vers le soir, de rester seul daus cette salle des conseils si profondement empreinte du cachet gothique, oh ! sans doute, en voyant uu rayon de la lune glisser à travers les vitraux coloriés et blan chir cà et là les dentelles délicates de l'immense cheminée, vous aurez souhaité ardemment de vous trouver tout-à-coup transporté au milieu de nos grands aïeux, de les presser dans vos bras, d'entrer sous leur toit patriarchal, et de parcourir avec eux les ruesétroites et les hauts remparts de la vieille cité.

| J'aimel'Hôtel-de-Ville, oui, j'aime l'Hôtel-de-Ville avec passion; comme un frère qui vous comprend, comme un aïeul respecta#ble, comme un confident de toutes les peines, de toutes les joies de l'ame ; l'Hôtel-de-Ville on y rend la justice, on s'y marie, on y date votre naissance et votre nort, toute la vie de nos pères à passé là, la nôtre y passe également.Ce · qu'il y a de plus doux au monde, ce qui fait la patrie, présente et passée,

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Je veux vous dire son histoire. Il y a long-tems, bien long-tems, c'était au douzième slécle, au onzième peut-être, les comtes de Vermandois, qui avaient St.-Quentin en toute propriété, comme vous avez , vous , votre maison , votre chapeau, votre chien de chasse,eurent la bonne idée, et alors pareille idée était bien rare, de nous affranchir de toute servitude et de nous permettrel'établissement d'une commune, où nous fissions nos affaires nous mêmes, le tout en récompense de notre loyal attachement à leur famille. Il fut construit, à cet effet, une maison qui fut nommée Maison de Paix et ou s'assemblaient au dire de Wautier de Paris, prévôt de St.-Quentin , quantité de bonnes gens, bourgeois et ·habitans, et les mayeurs et jurés avaient accoutumé de tenir leurs plaids.Vous dire ce que c'était que cette première construction,je ne le pourrais guère, vu que je n'en sais rien, ni les chroniqueurs non plus. On sait seulement qu'il y avait deux salles dont l'une s'appelait Chambre du haut banquet, et l'autre des arrêts. Ne parlons donc que de l'Hôtel-de-Ville d'aujourd'hui. : , , oii i o ., Un de ces bons chonoines d'alors, qui se permettait des velléités d'esprit, Charles de Bovelle, prit soin de nous apprendre qu'il fut

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Et maintenant quel est l'aspect général de l'Hôtel-de-Ville ? Couronnée d'une frise assez riche et terminée par trois frontons équilatéraux, sa façade est soutenue par huit petits piliers de grèsd'une seule pièce. S'il n'a pas cette légéreté imposante qui caractérise les constructions gothiques d'un tems plus reculé, et particulièrement notre belle Cathédrale, son aînée, il est loin pourtant d'être dépourvu de hardiessse et de grâce; à le bien considérer, il fait type : un peu grave, un peu lourd, un peu plaisant, bon bourgeois en un mot,

il a une allure bien convenable

pour un Hôtel-de-Ville,

L'histoire l'a consacré, les siècles l'ont bruni; au milieu de toutes les maisonsjeunes et blanches qui l'encadrent, il semble un beau vieillard, calme et solennel , qui raconte les choses d'autrefois à la gémération présente. Et c'est sur cette belle face bronzée que des Vandales voudraient plaquer une cou•che de chaux délayée ou de blanc d'Espagne à la colle. Les barbares! je ne puis mieux les comparer qu'à ces vieilles dévotes étouffant une belle Madone de Michel-Ange sous des parures de mauvais goût et des fleurs de Notre-Dame de Liesse. Lne chemise blanche à l'Hôtel-deVille ! à eux plutôt une chemise souffrée ! - ·

F. D.

CHATEAU DE LE LOIRE. — Sur les confins de l'arrondissement de Valenciennes et à l'extrémité du Nord de la petite commune de Sars et Rosiéres, s'éleve un vieux château gothique flanqué de quatre - tours et dans un excellent état de conservation. Ce monument du moyen âge est peut-être le seul de ce genre qui soit resté parfaitement entier dans nos contrées. ll s'aperçoit à droite de la route de Valenciennes à Lille entre St.-Amandet Orchies au bout d'une belle avenue de hêtres et au milieu d'un terrain bien boisé qui ne laisse appercevoir en été que les toits en cône de ses tourelles. Ce château fut bâti en 14o1 par Louis Duquesnoy, brave guerrier wallon , tué à la bataille

d'Azincourt en 1415. Ses descendans retinrent longtems ce domaine en leur possession. Charles Liévin Duquesnoy, qui en était propriétaire, fut créé comte Duquesnoy et du St.-Empire par Léopold, empereur d'Allemague, en 1665, puis baron de le Loire par Philippe IV, roi d'Espagne, en 1668, et confirmé par Louis XIV, roi de France, en 167 1, après la conquête des Pays-Bas. A. lui succéda Gilles Duquesnoy, mort en 1715; puis vint son fils Antoine, décédé en 174ô, laissant Jean-Augustin, mort en 1766. Ce dernier eut deux fils l'un, Auguste-Charles Duquesnoy,lieutenant au régiment de Chartresinfanterie est fait prisonnier dans les guerres de la

Révolution; emmené en Hongrie , il meurt en 1793; l'autre, Antoine Augustin Duquesnoy , exerçe des fonctions administratives dans le district de Valenciennes et y décède en 1815; il laisse deux fils aujourd'hui vivans ; auguste Duquesnoy, ancien chef de bataillon du 15o° régiment de ligne, en ce moment colonel de la gardenationale de Valenciennes, et Edmond Duquesnoy, propriétaire. #:, o,t " ,

Il y a déja longtems que le château de le Loire est sorti de la famille Duquesnoy; il tomba en la possession de M. de Croismare, d'unenoblemaison de Normandie, puis ce domaine vint à la famille DMbuisson, de Douai ; il est aujourd'hui occupé par M. Duthoit, propriétaire, ancien maire de la commune de Brillon. • · , *

Ce château est entouré de deux enceintes d'eau; la seconde qui baigne les murs du corps-de-logis est traversée par un pont-levis qui s'a dapte à un avant-corps de batimens quarré, flanqué de quatre tours en retraite percées aujourd'hui de fenêtres assez larges; les anciennes, dont on voit encore la coupe en quelques endroits, étaient beaucoup plus étroites : au-dessus de la porte d'entrée se voit une grande pierre bleue sculptée, chargée de cinq écus armoiriés , dont les deux principaux réprésentent une croix et trois fleurs de lys; une légende en caractères gothiques du commencement du 15° siécle , explique la fondation du château par Louis Duquesnoy et donne la date de la pose de cette pierre comme étant du 5 aout 14o2, autant qu'on en peut juger après l'altération de l'inscription; on traverse alors un corridor bas et voûté qui conduit à une vaste salle dont les dégagemens se rendent dans les tourelles qui forment de charmantes pièces en rotondes fort gaies et fort chau

des en hiver. Les murailles ont plus ,

de six pieds d'épaisseur et dans leur profondeuron trouve une foule d'armoires et de petits cabinets. Un escalier tournant et en pierres conduit par 6o marches, au haut du manoir d'ou l'on découvre une vue fort riche, qui s'étend sur toute cette féconde contrée qui portait jadis le nom de Pabula ou pévèle, pour indiquer le grand nombre de troupeaux qu'elle nourrissait.

Ce joli château peut offrir de fort

belles vues aux dessinateurs , qui

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MARESCHAL (GEoRGEs). — Co célèbre chirurgien naquit à Calais en 1658 et mourut le 13 décembre 1736 après avoir été anobli en 17o7 et décoré de l'ordre de St.-Michel en 1723. On lui doit l'établissement de l'académie royale de chirurgie et il consigna dans ses mémoires des observations intéressantes de chirurgie pratique et particulièrement sur l'opération de la taille qu'il avait beaucoup simplifiée. Mareschal fut le grand-pére du Marquis de Bièvre, si connu par ses calembourgs , par son adresse dans les exercices du corps et par une intarissable gaîté qu'il tenait de son ayeul. On ne sera pas fâché de lire ce que Palaprat a dit du célèbre chirurgien Calaisien dans la préface de sa comédie des Empiriques : « J'étais depuis dix ou douze ans nouveau Sisyphe, condamné à rouler une grosse pierre , quand M. Mareschal, ce prince des chirurgiens me fit l'opération; et je me suis persuadé que , si son habileté et la légéreté de sa main commencèrent ma guérison, sa douceur et la gaîte de son humeur la perfectionnèrent. Il ne m'approcha jamais qu'avec un visage riant et un bon mot; et moi je le reçus toujours avec un nouveau couplet de chanson , sur quelque sujet réjouissant ». Outre cette gaité et cette bonhomie, george Mareschal, était doué d'un désintéressement peu commun. En 17o3 étant nommé

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