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sentoient coupables, occultement et desquels ils feraient déclavation ; · que le magistrat, appuyant cette demande, invoqua la clémence de la comtesse en la conjurant de prendre en considération la prière des prisonniers; que, eu égard à la sainteté du jour et afin de se rendre elle-même digne de la miséricorde divine, après avoir été informée des motifs de leur dé, tention, elle leur accorda grâce, et promit au magistrat, pour elle et ses successeurs, comtes et comtesses de Flandre, qu'elle conserverait cet usage en perpétuité.

Plusieurs fois des individus se trouvant incarcérés le jour du Vendredi-Saint , out déclaré ne pas vouloir demander grâce, probablement parce qu'ils ne se sentaient pas coupables. D'autre part, cette grâce n'était quelquefois accordée que sur la réserve que celui qui devait en jouir quitterait la ville et l'échevinage pour un tems déterminé ; et que le prisonnier libéré d'homicide, satisferait aux conditions de la paix faite avec les parens et alliés de la personne asSâSS1Il08.

Ceux qui obtenaient grâce en vertu du privilége, étaient appelés enfans du Vendredi-Saint, (Goeden Vrydag kinders.) " -

Depuis l'époque de la concession, cet usage est resté en vigueur jusqu'au 3 avril 1795, ou l'on fit grâce à deux personnes détenues , pour vol. , ., . · · ·

| | LAMBIN,.

archiviste d'Ypres. .

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toute saison. Au commencement du siècle dernier, il n'en existait presque point dans notre pays. « La route de Mons à Bruxelles , dit De Boussu, était , avant ce tems ( 17o5 ), le chemin le plus difficile du pays ; on peut même dire qu'il devenait impraticable, ce qui engagea les états du Hainaut et du Brabant à concourir à faire cette belle chaussée pour la

facilité du commerce. En suite des

lettres d'octroi du 17 de mars 17o4, Jean-François Posteau, receveur des états du Hainaut, fit la levée des deniers nécessaires pour la construction de ladite chaussée. » L'ordonnance souveraine concernant l'établissement d'une chaussée de Mons à Ath , est du 12 novembre 1754. La partie de la route de Mons à Valenciennes, entre cette première ville et Jemmapes, avait été exécutée en 1724 ; ce ne fut que 3o ans plus tard que l'on continua le pavé : vers la France ; et parmi les autres rou·tes de notre province, quelquesunes seulement ont été construites, ou ont reçu un commencement d'exécution pendant les dernières années du gouvernement autrichien. , Quelques lignes de l'histoire militaire d'une époque remarquable, suffiront pour iudiquer la situation des grandes voies publiques, au moment dont il est question dans le récit : '« La campagne de r745 s'ouvre

au mois de mai par le siége de

Tourmay. Le 7 mai, le duc de Cumberlaud ayant rassemblé son armée à Cambron, se porte en une

marche sur le, ruisseau de la Catoire , à une demi-lieue de Leuze. Le maréchal de Saxe, de son côté, fait les dispositions nécessaires en cas d'attaque, soit par le chemin d'Ath, par celui de Leuze ou par le chemin de Mons. Le 9, l'armée alliée fait un mouvement par la gauche et se porte sur Tournay par Briffœul. » · Ce fragment historique ne serait guère intelligible pour celui qui . ignorerait qu'en 1745 il n'y avait

point de chaussée de Tournay à

Ath ni de Mons à Tournay par Saint-Ghislain.Les chemins qu'on nomme actuellement chemins vicinaux, étaient encore les seules voies de communications d'une ville à l'autre. Au départ, on allait vers le village qui s'écartait le moins de la direction, et l'on continuait ainsi, de clocher à clocher, en suivant les sinuosités d'un chemin de terre. La grande voie de Mons à Tournay traversait Baudour, Villerot , Stambruges, Quévaucamps, Basècles, Bury , Baugnies, Wasmes-Briffeul, Veson et Fontenoy. C'est vers ce chemin que l'armée alliée se porta par un

à gauche et en suivant une de

ces chaussées, dites Brunehault , qui effaçaient encore alors, dans certaines localités ou elles avaient été quelque peu entretenues, toutes les améliorations que l'industrie renaissante de nos ancêtres

· avait apportées aux autres che

mins. Le mauvais état des routes, qui forçait alors les armées à se mettre en campagne au mois de mai, fesait aussi d'un petit voyage une affaire importante. En France,

si l'on en excepte quelques routes tems, ce ne peut être assurément qui avaient fait l'objet des soins parce qu'alors on aurait voyagé de Louis XIV et de Colbert, les plus commodément qu'aujourgrandes voies n'étaient pas en d'hui. (Industriel du Hainaut) meilleure situation. ' ' ' ' ...-...-". -..- -- ...

On sait, qu'à cette époque, un bourgeois de Paris se trouvant obligé d'entreprendre le voyage . d'Amiens pendant l'hiver, fit rédiger son testament avant de partir. Il fallait alors choisir la saison et le tems pour ne pas s'exposer à, rester en chemin.Les voies prin-, cipales n'avaient d'autre avantage snr les chemins ordinaires que d'être plus larges. Le travail de l'homme n'avait . presque rien changé à leur état maturel ; seulement depuis quelque temps les habitans de certaines communes, voisines de carrières de grès, voyant tout ce que la traversée d'un intérieur de village, fati- . guée de passage, offrait de difficultés pour eux autant que pour les étrangers , avaient fait paver une ou deux branches de chemins , et l'autorité souveraine du Hainaut, représentée par le grand Bailly , leur avait accordé, en vertu de dispositions des chartes du pays, l'autorisation de percevoir un droit de chausséage dont le produit était appliqué à l'entretien des pavés. Ce droit ne fut obligatoire que pour les forains seulement. Ainsi la première impulsion aux travaux des routes, a été donnée , en Hainaut, par des communes rurales. Beaucoup de ces communes sont encore en jouissance de leurs octrois. D'après ce qui précède nous pensons que s'il existe encore des hommes qui vantent le bon vieux

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avantageuse d'un manuscrit de son cabinet, intitulé : S'ensuit les mises faites par le trésorier de l'église Saint-Vaast d'Arras, année 1 437, in-folio. On y trouve de curieux détails sur le cierge pascal, et le soin extrême qu'on y apportait m'induit à penser que les Bénédictins enviaient le brillant éclat de la sainte chandelle, flambeau céleste et éternel dont l'existence s'est éteinte hier ainsi que celle de ses nombreux enfans, au souffle impur de la philosophie. « De même que l'église doit oc

cuper un jour un grand espace dans l'histoire des siècles, de même les monastères doivent en occuper aussi un grand dans l'histoire de l'église. Celui de SaintVaast d'Arras était un des plus célèbres par son ancienneté, par son opulence. Il n'y a qu'à lire ses. vieux comptes. C'est immense que la seule dépense des parements ou

de la parure des temples en étoffes, de soie, en orfèvrerie. Combien .

magnifique était , alors le culte ! Les pavés du chœur et de la nef se

couvraient, suivant les saisons, de,

nattes, ou de verdure, en même

temps que d'innombrables lampes

illuminaient les voûtes. « Item pour deux douzaines de lampes de voirre..... » Quelques articles après : « Item pour deux douzai

mes de lampes de voirre..... » Ce compte est comme les calendriers, divisé eu douze mois, dont l'un est entièrement occupé par la dépense du cierge pascal ou arbre à cire. Pour le faire , il fallait un demi-quintal de cire de : toute espèce ; il fallait vingt livres de poix ; et quoi encore? du vert de gris, de l'huile de lin; et quoi encore ? plusieurs pots de terre et graude quantité de fil d'Anvers ; il fallait des charpentiers pour le dresser, des peintres pour peindre les toiles, les décorations, les armoiries du saint , de l'abbé et des seigneurs : il fallait des doreurs pour écrire les lettres et les nombres d'or. Cet arbre, haut de plusieurs coudées, terminé par plusieurs branches, excitait , par l'éclat de ses couleurs, de ses dorures, de ses formes et de ses ornemens barbares, la dévotion et la joie des peuples, la dévotion et l'admiration des grands, la dévotion et l'orgueil des savans Bénédietins, qui délibéraient longuement sur sa structure, ou pour parler comme le compte, sur l'istoire de l'arbre du moustier... On sera bien aise de Hre aussi avec moi dans ce compte : Item pour le taux

du roi dès défaillans. C'était celui .

qui tenait la feuille de pointe. Il y avait encore royalme de valets du grenier. J'ai noté ces expressions : rien n'est petit dans les études de la langue liée à l'histoire des anciens usages. Mais si j'ai bonne oreille, j'entends ici le lecteur : « Pourquoi donc ne proposez-vous pas le, rétablissement des rois des défaillants, qui seraient

utiles en tant de lieux , à com mencer par les plus hants, par les deux chambres? Vraiment oui, de bons et sévères rois des désaillants donneraient un salutaire mouvement à la chose publique, à la république, commé on disait dans le savant et latin XVI° siècle. » Quelques feuillets plus loin , M. Mouteil nous montre encore l'arbre à cire , à l'occasion des mises ordinaires, faites et payées par Ducis-Jehan Hourguenel , trésorier de l'église Saint-Vaast d'Arras, pour l'année i528. « Comme un siècle, dit-il, change le monde, même dans les lieux qui, par esprit d'institution, changent le moins ! La forme du compte de la trésorerie n'est plus la même, et les dépenses, si elles ne changent pas d'objet, sont bien modifiées, à commencer par l'arbre de cire, qui ne tient plus une aussi grande place. Luther commençait à prêcher, Calvin était né. » ' Enfin nous le retrouvons pour une troisiême et dernière fois dans le Compte de la trésorerie de l'église et abbaye de Saint-Vaast, année 1565. Le monde claustral changèa encore bien davantage lorsque Lnther eut prêché, lorsque Calvin prêchait, ne cessait de prêcher. L'arbre de cire se rapetissait, ne cessait de se rapetisser ; mais il y avait des choses qui n'avaient pu changer et qui ne changèrent pas : tellés étaient les nombrenses places , les nombreux emplois , les nombreux employés , les nombreux serviteurs de toute'sorte ; telles étaient encore les fondations, les usages, (surtout certaines fondations, certains usages), les distributions de pain, de vin , de fromage, de tartelettes, qui égaient plusieurs endroits de ce compte ; on y retrouve tout et à la même place. » D. F.

LE MARIAGE DES CONDAMNÉS A MORT. — Il a fallu que nos pères se fissent une singulière idée du mariage, ou que la guerre, qui avait élu domicile sur nos frontières, fût un instrument de dépopulation bien puissant, pour admettre en principe et maintenir pendant des siècles, qu'un malfaiteur,. condamné , au dernier supplice, pouvait racheter sa vie en épousant une jeune fille qui le réclamait pour époux, au moment de l'exécution. C'est un fait généralement connu, mais dont on ne cite qu'un petit nombre de monumens authentiques. De Bréquigny, dans un bon mémoire sur les anciennes coûtumes de · Calais, qui n'aurait cependant pas dû être rédigé sur les seules chartes de 13o4 et de 1517 , De Bréquigny nous apprend que : « Josse Dultard, flamand d'origine, avait été condamné à mort à Calais, pour un vol de 27 deniers sterling; lors

, qu'on le conduisit au supplice,

une femme s'offrit de le prendre pour mari et demanda qu'on le , délivrât suivant l'ancienne coûtume, qui accordait grâce au coupable pour vol, lorsqu'une femme consentait à l'épouser. Le cas n'était point arrivé depuis la conquête de Calais par Edouard; mais on sontint qu'il était arrivé plusieurs fois auparavant. Le coupable fut

reconduit en prison , et le gouverneur demanda les ordres du roi d'Angleterre. Ce prince ordonna qu'on informerait de l'ancienneté de l'usage : elle fut constatée, et le roi fit grâce (13 juillet 1365). » Le savant académicien pense que de semblables coûtumes, qu'on retrouve en divers lieux et particulièrement dans la Picardie, semblent s'être établies dès le premier âge d'une population faible encore, et chez qui toute autre considération cède à la nécessité de favoriser la population par tous les moyens possibles. ' •* Plusieurs actes font foi, dit M. Louandre, dans son histoire d'Abbeville, que jusqu'à la fin du quinzième siècle, une fille publique pouvait sauver du supplice un criminel en le demandant en mariage : il rapporte, d'après le Berger extravagant, (Rouen, 1659, 5 vol. in-8°), qu'une de ces filles, voulant soustraire à la mort un voleur de Hautvillers qu'on allait pendre, manifesta le désir de l'épouser. Mais le voleurayant remarqué que son Esmeralda boitait , dit au bourreau : « Alle cloque , je n'en veux mie , attaqu'me. » Et le brigand fut pendu. Le huitième volume des Archi

ves curieuses de l'htstoire de Fran

ce, qui vient de paraître, publie des lettres de grâce données par Charles IX en faveur d'un prêtre, bien postérieurement à la fin du XV° siècle, c'est un précieux monument des mœurs de nos pères, que nos lecteurs nous sauront gré de reproduire ici : « Charles, par la grâce de

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