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âge, tant ses mœurs étaient patriarchales, tant son cœur était simple ! il connut toujours peu les hommes et malgré son expérience octogénaire, il y avait encore beaucoup de candeur dans sa vieillesse. Vivre avec ces livres était sa grande passion, et son intelligence vive et pénétrante, avait acquis dans ce commerce une vaste érudition historique qu'il a consignée dans de nombreux écrits, dont nous ne serons pas toujours privés, mous devons l'espérer.

» Mais deux vertus brillaient chez M. Lenglet, par-dessus toutes les autres : un désintéressement, fruit d'une abnégation philosophique qui formait même un contraste étrange avec les mœurs du siècle, et une équité naturelle, qui prenait ombrage de tout ce qui ressemblait aux subtilités du droit, et qui faisait souvent déplorer à l'honnêteté de sa conscience les rigueurs de la loi écrite. N'oublions pas que M. Lenglet, rentré dans la vie privée, se souvint toujours de ce qu'il devait à son pays; qu'il fut toujours ami de la liberté, et courageux citoyen sous la toge du magistrat.

» Il n'est plus cet homme de bien, et la tombe qui va se refermer ne nous laissera de lui que sa mémoire et ses exemples. A la vivacité de nos regrets nous devons comprendre la grandeur du deuil de sa famille, privée d'un chef si respectable, d'un père si bon, et qu'elle entourait de soins si touchans. Puisse l'héritage d'une mémoire honorée, puissent les regrets publics , dont nous sommes

ici l'organe , apporter quelqu'adoucissement à une si juste douleur.

» Et nous aussi, nous avons une perte sensible à réparer, mais trois fils pleins d'honneur qui environnent cette tombe, reproduisent déjà les vertus de leur père sans le faire oublier, ils le remplaceront au milieu de nous. C'était la pensée, c'était l'espoir, qui consolait à son lit de mort, celui à la cendre duquel nous payons ce triste et dernier hommage. »

TOURCOING, (1). — Heureux le peuple dont l'histoire est ennuyeuse , a dit je ne sais quel écrivain. On pourrait appliquer cette pensée fort sage à Tourcoing, car si les fastes municipaux de cette ville n'offrent point de combats, d'émeutes, de soulévement, de guerre civile comme dans la plupart de nos cités de la Flandre, choses fort divertissantes à lire lorsqu'elles sont passées, ils nous présentent le tableau d'une prospérité constante accrue par un travail et une industrie des plus actifs.

Le premier acte qui fasse mention de Tourcoing, est un diplôme de Thierri d'Alsace , comte de Flandre, de l'an 1 146, par lequel il confirme une donation de terres sises à Tourcoing, à l'abbaye de St.-Nicolas des Prés de TourIlal.

(1) Tourcoing (au passage du bois) : du ce Itique turg, tur, passage , travers, et de oing , bois.

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la sabrication des étoffes. Depuis quelques années il s'y est élevé une manufacture de tapis, dont les produits rivalisent avec ceux des premiers établissemens de la France

et de la Belgique.

Les habitans de Tourcoing ont conservé les mœurs simples et patriarchales de leurs pères, ils sont sincèrement religieux, mais ils subissent trop l'influence du clergé, Longtems ils ont été l'objet des plaisanteries plus ou moins spirituelles de leurs voisins les Lillois, cependant ils ont su prouver par la prospérité constante de leur commerce et de leurindustrie qu'ils ne sont pas moins aptes qu'eux aux affaires et que leur sagacité n'a besoin pour se révéler tout entière que d'être développée par une éducation plus étendue et plus libérale.

C'est à Tourcoing qu'est né en 1552 Pierre Lemonnier, auteur d'une description fort estimée des monumens tant anciens que modernes existans de son tems en Italie.

Tourcoing, s'est considérablement aggrandi depuis quelques années ; on y a percé il y a peu de tems une rue, qui, pour la longueur et l'élégance des bâtimens, peut être comparée à la rue Royale de Lille. La population de Tourcoing varie de 19 à 2o mille âmes.

(Mémorial de la Scarpe.)

MAUSOLÉE DU COMTE DE LALLAING, CHARLESI". — On remarque depuis quelques jours au musée de Douai, déjà si riche en objets d'arts , en monumens historiques et en curiosités archéologiques, les diverses pièces d'un superbe mausolée en albâtre, qui, s'il est restauré comme nous l'espérons, ne sera pas l'ornement le moins curieux de cette précieuse collection. Ce monument n'est pas encore la propriété de la ville de Douai, le musée ne le possède qu'à titre de dépôt, mais tout nous porte à croire que la ville en devra plus tard la propriété à la générosité bien connue de la personne à qui il appartient. Ce monument existait dans le chœur des dames de l'Abbaye-des-Prez à Douai (1), mais depuis la destruction de l'église, il avait été transporté dans une propriété particulière, où il était abandonné. Le comte, étendu sur un riche coussin de velours brodé, est supporté par un soubassement garni de bas-reliefs; sur sa tête est la couronne de comte, posée sur ses cheveux plats, il est vêtu d'une riche tunique, sous laquelle on apperçoit la cotte de maille. Son cou est orné de la décoration de l'ordre de la Toison-d'or , un riche baudrier soutient sa large épée ; il porte cuissards et jambards; ses mains sont jointes et ses pieds appuyés sur le lion de la Belgique éplorée. Sur le bas de la tunique on lit sa devise : AULTRE NE QUIERT. Le monument doit avoir avec les pierres d'assises , de cinq à six pieds d'élévation. Sur le devant du cénotaphe, on le fils du bourgeois fait son entrée à l'école; il est libre, quand l'autre commence à être esclave.

(1) Supplément au Nobiliaire des PaysHa°.

voit un bas-relief représentant un empereur assis sur son trône, tenant d'une main le globe, de l'autre un sceptre. C'est allégoriquement pour rappeler que les empereurs d'Allemagne étaient chefs de l'ordre de la Toison , auquel presque tous les seigneurs de Lallaing ont appartenu. Au-dessous se trouve cette inscription :

« Cy gist monseur (1) Charles, conte de Lalaing, baron d'Escornaix, seigneur de Brackle, de St-Aulbin (2) en Douay. Et en son temps sut conseillier et chambellain de trés haulx et trés puissant prinches l'empereur Maximilia (3), du roy dom Philippe de Castille et de l'empereur Charles, cinquième du nom , roy des Espaignes. Et cet chevalier de la Thoyson dOr, capitaine et gouverneur de la ville et du chasteau d'Audenarde, fist plusieurs voyages tant en guerre qu'en paix au service des prinches des susdits. Eubt-il semme dame Jacqueline de Luxembourg, eubrent plusieurs beaulx enfans ensemble et ayant toute sa vie vescul catholiquement et en vray amateur de noblesse trespassa chevalier sans reproche en leage de chincquante nœuf cns dudit chasteau d'Audenarde le XVII jour de juillet 1 o25. Pricz Dieu pour son âme. »

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les armes et la couronne du comte de Lallaing. Dans celui d'en bas, deux griffons soutiennent ses armes écartelées et la couronne du comté. Les bas-reliefs de droite , sont deux écus qui devaient ètre posés côte à côte. L'un représente la roY; On lit sur le haut : Lallaing et Escornaix (1) ;l'autre l'ESPÉRANcE; on y lit : la Viefville-Milly (2). Deux autres se trouvaient posés de même du côté gauche. L'un représenteLA cHARITÉ; onlit aù haut: Barbançon et Aumont (3); l'autre, LA TEMPÉRANcE ; au haut : Chasteauvillain-Friencourt (4).

La statue et les bas-reliefs sont en albâtre et d'une exécution parfaite; il était impossible de reproduire avec plus de soin et d'exactitude les diverses parties des costumes, de l'armure et des draperies. On a à regretter que quelques parties de ce beau mausolée aient été dégradées par suite de l'abandon dans lequel il a été laissé. Nous ne doutons pas , que s'il devenait la propriété de la ville, on ne s'empressât de faire toutes les dépenses nécessaires pour le remettre en parfait état.

Charles, baron de Lallaing et d'Escornaix, seigneur de Bracle et de St.-Albin, était fils de Josse

de Lallaing, aussi chevalier de la

(1) Jeanne de Gavre, dite d'Escornaix, avait épousé l'illustre Simon de Lallaing. (2) La mère du comte Charles était Bouue de Laviefville, (3) Alliances de la maison de Lallaing, (4) Idem,

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La liberté, c'est son élément ; aussi ne comprend-il aucune de nos entraves sociales : ni le toit qui cache la belle étoile, ni la fourchette quand on a des doigts, ni la tyrannie du respect humain, ni la couture des vêtemens. Bien plus, il a une telle horreur pour tout ce qui est servilisme qu'il n'épargne jamais une roulée, comme il dit, à ces pauvres petits savoyards qui sont le type raccourci et , barbouillé du travail et de l'ordre, et qui chérissent la vie humble et obscure du foyer, soit dit sans calembourg.

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toutefois il aime assez le repos des citoyens pour les débarrasser de leurs sonnettes, quand la patrouille veut bien le lui permettre, ce qui arrive assez souvent.

Notre gamin est très-moral ; c'est le défenseur-né de la sobriété : ivrogne ou ivrognesse n'a jamais trouvé grâce devant lui : témoin , maman Lou-Lou, dont je vous ai : déjà conté l'histoire.

Il est très-humain pour les animaux, pour toutes sortes de bêtes en général, et professe un profond respect pour les appariteurs et gardes-champêtres Un chien lui tombe-t-il sous la main, gardez-vous de croire qu'il va le mystifier, le mal-mener, le sergent-de-villiser; il sait trop bien ce qu'on doit à . ses semblables; sa philantropie à cet égard ne fait pas de doute : il saute au cou de tout chien de chasse égaré, s'attache à lui par les liens les plus étroits, et ne le laisse jamais au-dessous de sa valeur ; quant aux chats, sa piété a coûtume de les dévouer au Momus des guinguettes; c'est lui qui a charge de fournir de victimes l'autel de la gibelotte.

Son hoc erat in votis, le nec plus ultrà de ses vœux et de son am bition, c'est de mener les chevaux . à l'abreuvoir , de les enfourcher à poil et de singer Lalanne fils en se dressant debout sur leur dos ; la croupe d'un cheval, c'est son char de triomphe, son piédestal , son trône de Juillet.

Il comprend et pratique toutes les vertus de l'hospitalité; il conduit l'acheteur chez le négociant,,

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