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» me ma fylle aysnée avec mon » frere le Roy de la Grande Breta» gne, me prometant que cette se» monce (invitation) cera autant » agréable à madyte nyepce que » l'efet an est desyré de moy, aynsy » que vous dyra le Sr. de Berny, » sur lequel me remetant, je prye » Dyeu vous avoyr, mon frere, an » sa garde. » Ce xiij° de juyn, à Paris. » Vostre bon frere, » HENRY. » LE FILS DU PRINCE DE LIGNE. — On trouve dans les mêmes Archives une lettre , datée du 26 juillet 1776, de Marie-Antoinette à l'impératrice Marie-Thérèse, sa mère. La reine de France y demande à sa chère maman qu'elle autorise l'établissement en France du second fils du prince deLigne ; elle est ainsi conçue : « Le prince de Ligne m'a pré» senté une supplique, dont je n'ai » pu lui refuser de parler à ma » chère maman: il a plusieurs biens » en France, et il est au moment » de gagner un procès, qui lui » assurera ceux qui lui sont con» testés. Il craint, avec raison, de » n'être pas, à la suite, le maî» tre d'en jouir hors de France ; » il désireroit établir son second » fils en France ; mais avant de » ne se rien permettre là-dessus, » il sent bien qu'il a besoin de la » permission de ma chère maman : » pour cela, il m'a prié de la lui » demander. Si elle a la bonté de » le permettre,j'en serois bien aise, » et je prendrois cet enfant dans » mon régiment, jusqu'à ce qu'il » put être mieux. »

LÉTTRE DE LA FAYETTE. — Cette lettre que l'on voit aussi parmi les archives de la Belgique , est relative à un événement d'une plus grande importance. Elle est du marquis de La Fayette auquel le congrès belge de 179o avait écrit, pour l'intéresser au succès de la révolution :

« Paris, 7 avril 179o. » Messieurs,

» J'ai reçu avec une vive sensibilité les marques de confiance et de bonté dont vous avez daigné m'honorer. M. le comte de Thiennes (1) et M. Torss vous auront sûrement informés du vif intérêt que je prends à la liberté en Belgique, et du bonheur que j'éprouverois de pouvoir y contribuer.

» La nation française connoît trop le prix de ce premier des biens , pour que jamais elle puisse en gêner l'exercice chez ses voisins, ou voir avec indifférence que d'autres"puissances voulussent y apporter des obstacles de quelques genres qu'ils pussent être. » Mon vœu personnel a toujours été de voir tous les peuples du monde jouir de leurs droits trop longtems usurpés, et se donner la constitution qui convient le mieux à leur situation. D'après ces principes, je n'ai pu voir sans un vif plaisir la marche que les états de Flandres ont adoptée , et ce sentiment m'est inspirépar un zèleardent pour la prospérité du peuple Belge. -

(1) Le comte de Thiennes avait élé envoyé par le congrés bclge à Paris , en qualité de ministre plénipotentiaire

» Je suis avec respect, Messieurs, Votre très-humble et très-obéissant serviteur, » LA FAYETTE. »

VIVENT LES GUEUX ! — Lors des troubles de religion en 1566 , la magnifique église de Sainte-Gudule de Bruxelles fut dévastée. On brisa les images, les croix, les autels , le baptistaire , les tabernacles. On mit en éclat les stalles , les chaises, les chapelles, les orgues; on déchira de riches missels; on dépeça de précieux tableaux. Les chandeliers, les calices, les encensoirs , furent escamotés. Les gueux prenaient les saintes huiles et en graissaient leurs souliers.

Puis il se passait toujours, après ces saccagemens des brise-images , une comédie pleine d'impiété, que les historiens ont unanimement mentionnée. A la dévastation de Sainte-Gudule, un grand gueux armé de pied en cap, se posta comme faisaient ses amis dans toutes les églises, devant le plus respecté de tous les crucifix , et lui dit : si tu es le fils de Dieu , crie : vivent les gueux ! et je ne te ferai rien. Mais comme la sainte image ne répondit mot, le soldat reprit : Ah ! tu ne cries pas vivent les gueux ! A bas les ennemis de l'union. Et il allongea au crucifix un grand coup de sabre, après quoi d'autres profanateurs lui mi1 ent une corde au cou et l'arrachèrent de la croix, avec des clameurs d'allégresse.

Dans une autre partie de l'église, un groupe s'arrêta devant l'autel de la Sainte-Vierge, décorée d'un

tableau de prix qui représentait l'Assomption. Ils déclarèrent à la Vierge qu'ils ne lui feraient rien, pourvu qu'elle fut de leur parti. « Si tu es la mère de Dieu , lui dirent-ils, crie vive les gueux ! » et comme elle ne cria pas, ils mirent à coups de lances le tableau en pièces. Ils traitaient de la même manière les reliques des saints qu'ils jetaient au vent.Mais ils emportaient les châsses.

Or, il y avait parmi les gueux un gantois qui avait une grande vénération pour Saint-Michel son patron. Quoiqu'il eut renoncé au catholicisme , et qu'il détruisit les images, comme ses camarades, il exceptait Saint-Michel de la liste de proscription. Il aperçut au-dessus d'un autel un grand tableau qui représentait le Saint-Archange, protecteur de Bruxelles foudroyant le démon ; et il souhaita de le sauver. Avec des compagnons forcenés comme ceux qui l'entouraient, il ne savait trop comment s'y prendre. Il lui vint l'idée de se glisser derrière le tableau et de répondre pour l'image quand on l'apostropherait , miracle qu'il croyait capable de rehausser la réputation du saint. Il ne balança pas un instant et se coula sans être vu entre la toile peinte et la muraille, pendant que ses camarades pillaient un peu plus loin.

Malheureusement pour le pauvre gantois, il était ivre depuis deux jours ; il ne se fut pas plutôt arrangé derrière le Saint, qu'il s'y endormit ; et quoique son ventre proéminent bombât un peu la toile personne ne s'en aperçut.

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Les gueux vinrent au bout d'un quart d'heure, tous ivres, mais encore debout; et le plus solide ordonna insolemment au saint de crier vivent les gueux ' injonction qui fut répétée trois fois, après quoi , n'entendant rien , il lui allongea un grand coup de hallebarde qui par occasion crêva à la fois le ventre de l'Archange et celui du gantois. Le sang jaillit avec violence; et, comme un coup de tonnerre, la terreur jeta à genoux tous les briseurs d'images , qui crurent voir un miracle effrayant. Mais la toile du tableau, déjà vieille, profita de la déchirure qu'on venait de lui faire pour céder au poids du gueux de Gand ; elle se fendit du haut en bas; et le gantois expirant s'acheva en tombant sur le pavé. Ses camarades se relevèrent en éclatant de rire de leur effroi. Ils continuèrent leurs orgies, que bientôt les Espagnols réprimèrent avec des échafauds , des roues et des potences. J. L.

M. F. VASSEUR. NÉCRoLoGIE. —La mort vient d'enlever presque subitement l'un de nos concitoyens les plus âgés. M. Michel-François Vasseur, né à Polincove, canton d'Audruicq, le 16 mai 174o, est décédé à St.-Omer , le 2o de ce mois, à la suite d'une indisposition de quelques heures. C'était vraiment, on peut le dire sans emphase, une belle tête de vieillard dans le genre antique, un Termosiris pleinement instruit des choses de la vie. Il prêta serment comme procureur , en la chambre échevinale de St.-Omer, le 16 janvier 1771 , et continua d'exercer

les mêmes fonctions avec le titre d'avoué-licencié, en 1799, qu'il céda seulement, il y a peu d'années. Il fut nommé, en 1816, juge-suppléant , et ensuite administrateur des hospices. Ce respectable nonagénaire laisse une réputation méritée d'intégrité, de connaissances profondes en jurisprudence et de rapports agréables.Son unique héritier, modèle de piété filiale, se propose d'élever, à Polincove, un monument à sa mémoire. X.

LE GENERAL GORIS. — Jerôme-Joseph Goris vit le jour dans le populeux village de Câtillon (Nord) qui fournit tant de braves à la patrie, et s'enrôla, en 1778 , dans les gardes françaises , cette pépinière fertile d'officiers généraux. Ses foyers le revirent en 1782 , mais dix ans plus tard , lorsque le premier cri de guerre se fit entendre , il rentra au service comme capitaiue au 6° bataillon du Nord. Il figura successivement sur tous les champs de bataille de la révolution , en fesant partie des armées du Nord , de Sambreet-Meuse , du Rhin, d'Italie et du camp de Boulogne.Nommé chef de brigade le 7 février 1799, il fut appelé au grade de général, le 6 août 181 1 ; en 1815 , il fit partie de la grande armée et fut compté au nombre de nos plus braves officiers généraux : ayant reçu une blessure grave à Lutzen , il fut mis à la retraite le 6 octobre 1815, alors qu'on éliminait des cadres ce que la vieille armée avait de plus brave et de plus dévoué à la patrie. A. D.

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si l'on a soin de choisir pour ce triple personnage, le plus malin et le plus farceur du village, le loustic de l'endroit , l'orateur du cabaret.

Vous connaissez maintenant M. le marquis de l'Arrière.

Passons à la cérémonie et à l'exercice de cet usage bizarre.

1Dès le matin du jour de la célébration du mariage entre deux veufs, la Basse Loi est remise en vigueur. Ml. de l'Arrière dépèche aux abords du village quelques délégués, chargés d'imposer une contribution à tous les étrangers qui se présentent pour traverser le territoire de la commune. Cette contribution dont le produit ne servait naguères qu'à vider force tonnes de bière en l'honneur et gloire des mariés, a aujourd'hui une destination plus en harmonie avec nos mœurs; elle est destinée au soulagement des pauvres du village. Il y a progrès et amélioration.

Voici maintenant le mode de perception de cet impôt. ·

Vous vous présentez, vous étranger, vous, qui ne connaissez ni la Basse Loi, mi M. de l'Arriére, vous qui ne connaissez que le code civil et qui croyez traverser sans encombre le village de Préseau en suivant la route ordinaire, vous vous présentez à la limite de la commune. Là, deux grands gaillards vous arrêtent cavalièrement et vous disent: Monsieur , avez-vous une quittance?... .

A cette question inattendue vous répondrez très-probablement com

me moi , comme tout le monde : « Messieurs , à quoi bon une quittance?... »

— Si monsieur n'a pas de quittance, nous le prions de vouloir bien nous suivre pardevant le tribunal....

A ce mot de tribunal dans un village qui n'a même pas de chaussée pavée, vous avez sans doute déja compris qu'il s'agissait de quelque farce et vous vous laissez alors conduire pour voir la fin de la plaisanterie.

Mais vous n'allez pas bien loin , car c'est au prochain cabaret que le tribunal s'est constitué et a établi son siége.

Là, devant une table couverte, non de paperasses et de bouquins , mais de pots et de verres, sont assis, affublés des costumes les plus grotesques, trois juges, la pipe en bouche. Ce sont , d'ordinaire, les anciens du village.

Après la déposition de nos deux introducteurs , vous entendez encore une fois résonner à vos oreilles cette terrible question, prononcée maintenant par le Président : monsieur, avez-vous une quittance?... .

— Eh! parbleu non , monsieur, je n'ai pas de quittance , et qu'en ferais-je?...

— Alors , monsieur, reprend le Président, après avoir consulté les membres de son conseil, le tribunal vous condamne à payer deux millions.

— Deux millions ! Mais c'est un guet-à-pens, ...

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