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garde, il va donner des preuves de dévouement à sa patrie et à son chef que son noble cœur ne sépare pas l'un de l'autre, il se multiplie dans les soins qu'il donne à cette jeune troupe qui veut égaler les exploits de ses vieux maîtres. Arrive ensuite la campagne de 1813: toujours commandant la jeune garde, Mortier se conduit comme par le passé , fidèle et brave. Lutzen , Kœnigswartha , Bautzen, Hochkirch, Wurtschen, Reichenbach , ont vu ses efforts , moins heureux quelquefois , mais jamais impuissans. La bataille de Dresde le voit encore mériter des louanges. Il défend pied à pied le terrain de la patrie contre un ancien frère d'armes. Ecrasé par le prince de Suède et le général BuIow , il ne combat pas moins à Craonne, à La Fère, à Provins , à Nangis, à Meaux, à Lagny, Saint-Mandé, et enfin, Paris ! ! !...

Retiré dans sa terre du PlessisLalande , le maréchal Mortier a pu considérer pendant beaucoup d'années , les malheurs progressifs de sa patrie qu'il servait si bien et si glorieusement en même tems. J'ai éprouvé un moment de bonheur à rappeler à mon souvenir une vie aussi belle. Elle n'a pas beaucoup de sœurs.

Depuis la révolution de juillet M. le maréchal Mortier a été mommé ambassadeur en Russie.

La duchesse D'ABRANTÈs. MADAME BAYARD. — La let

tre suivante a été adressée à M. Thiers , ministre de l'intérieur,

par madame Bayard née à Armentières , que son attachement avait fait appeler , par la duchesse de Berri elle-même , la seconde mère du duc de Bordeaux :

A S. Exc. le secrétaire-d'état , munistre de l'intérieur.

Monsieur le ministre.

Madame, duchesse de Berry, qui avait résolu de se faire prendre est dans vos mains ! ... La petite fille de Henri IV, la veuve de Charles-Ferdinand, mort avant l'âge , lâchement assassiné par le poignard des sactieux , enfin la mère du roi des Français est dans les fers quand Louis-Philippe est sur son trône !!! Cette idée me tue, monsieur , surtout quand je me rappelle tout le bien que j'ai entendu dire de ces braves gens par cette courageuse princesse.

Cette arrestation est un événement incommensurable, monsieur, mais l'ordonnance qui saisit la chambre pour statuer sur le sort de ma bonne duchesse livre mon cœur à l'espérance, puisqu'elle me prouve que le gouvernement , craignant d'engager sa responsabilité , consentirait à ce que la nation fut consultée ; en ce cas , son arrêt ne serait pas douteux; il épargnerait au roi l'obligation d'offrir un pardon à l'illustre captive, et que sa noble fierté dédaignerait.

En attendant le jour où il sera décidé du sort de cette héroïque mère elle est enfermée dans un donjon ! seule ! privée de soins que son sexe, sa naissance et ses malheurs réclament !.... Souffrez , monsieur, que je vienne me jeter à vos pieds pour obtenir de V. Ex. la permission de me rendre près de Madame pour passer avec elle tout le tems que durera sa captivité, et lui offrir les consolations que mes devoirs et ses grandes infortunes me commandent.

Je voudrais être assez heureuse de pouvoir vous prouver, monsieur, que les démarches que je fais aujourd'hui près de vous, sont dictées par un sentiment d'honneur que vous saurez apprécier, et non par aucune arrière-pensée qui puisse me rendre ingrate envers V. Exc., à qui je devrai les plus beaux jours de ma vie, puisqu'elle m'aura mise à même de la consacrer , sinon à briser les chaînes de la mère de mon auguste nourrisson , tout au moins d'en diminuer le poids.

De grâce , monsieur, daignez '

vous rendre à ma prière. Je vous jure (et le roi sait si je tiens à mes serments) que là se borneront tous mes soins. Essayer et peser la ration de l'infortunée prisonnière, et filtrer son eau, pour qu'elle puisse la boire pure et en sécurité. Vous le voyez , monsieur, je ne sollicite ni or ni place ; je ne vous demande seulement que des verroux : Saurez-vous me les refuS8I", Je suis, avec un profond respect, Monsieur le ministre , Votre très-humble et très obéissante servante , Fme. BAYARD , Nourrice de Mgr. le duc de Bordeaux. Lille, 12 novembre 1832.

LA FLAMANDE A MOSCOU. — Nous tenons d'un de nos compatriotes, qui longtems a habité la Russie , où il a exercé d'éminentes fonctions publiques, qu'une fille de l'Escarpel, née dans une des cabanes qui bordent la route de Bernicourt et de Roost , tenait , il y a une dixaine d'années , une des premières hôtelleries de Moscow , et qu'elle yavait fait une brillante fortune. Nous croyons devoir rapporter ici les particularités qui se rattachent à cette femme.

Elle était fort jeune, au moment de la révolution française ; un jeune tambour , de la garnison du fort de Scarpe, lui fit la cour ; elle l'écouta puis succomba et le suivit , lorsque le tambour partit avec son régiment. Elle était avec lui en Suisse, à l'armée du général Massena. Dans la vallée de la Reuss, le tambour fut tué sur place, et elle fut prise comme prisonniére de guerre , à l'une des attaques du pont de Noefels. Sa situation était affreuse ; jeune et jolie, elle était condamnée à subir les traitemens les plus barbares de la part des forcenés soldats de Souwarof ; déjà on se disputait à celui qui l'outragerait le premier , lorsqu'un officier , touché de ses larmes et de sa beauté, la prit sous sa protection et l'emmena avec lui. La reconnaissance lui inspira pour ce brave officier , un tendre sentiment qui fut vivement partagé par le libérateur. Les armées russes ayant dû se retirer devant nos vaillans soldats, notre jeune fille suivit en Russie l'homme à qui sans doute elle devait la vie. Griévement blessé en Crimée, quelques années après, l'officier rnsse dût quitter le service. Il se retira à Moscow, où il épousa bientôt la jeune Flamande. Une spéculation heureuse lui parut celle d'ouvrir une hôtellerie , persuadé qu'une Française, y attirerait naturellement tous les français qui se trouvaient alors dans cette capitale : l'opération fut couronnée d'un plein succès. Leur fortune prit un rapide accroissement , et lorsque notre compatriote quitta Moscow , l'hôtesse Française , comme ou la nommait , jouissait d'un avoir considérable, et quoique âgée de plus de 5o ans, avait conservé des traits d'une grande beauté. Sa maison était alors dirigée par l'aîné de ses enfans. D.

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mues de la plupart de nos compatriotes. Cependant la sortie de la Lesse à la grotte de · Han , offre certainement dans son genre, le tableau le plus imposant qu'il soit possible de voir : rien ne peut donner une idée plus juste de l'entrée des enfers, telle qu'elle se trouve décrite dans l'Enéïde; l'entrée de la grotte de la Sybille, ne lui est aucunement comparable pour la beauté.

La grotte de Remonchamps était encore fort peu connue en 1825; on n'avait pénétré que jusqu'au tiers de sa profondeur, comme on peut le voir dans les notes de la Relation de MM. Kickx et Quetelet. On a découvert depuis plusieurs nouvelles galeries qui ajoutent beaucoup à sa beauté et à son importance.

Comme un ruisseau se représente à plusieurs reprises dans l'intérieur, il a fallu jeter quelques ponts sur ses eaux, afin de rendre les chemins praticables aux voyageurs Ces différens accidens rendent la grotte de Remonchamps très pittoresque. Pour faire connaître ces beautés naturelles , M. Scholk, officier d'état-major, fit le plan de la grotte et en prit les vues principales, qu'il se proposait de publier en 185o, lorsque la mort vint le

frapper.

Ce sont ses dessins que M. Outies , capitaine d'état major, vient de publier (en 1852] , sous le formatin-4° , il n'a rien négligé pour que l'exécution lithographique fut digne des beaux dessins que M. Scholk avait confiés à son amitié,

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'' ' (1) tt Nos regards vont se fixer sur des - poêmes d'une vaste étendu e qui portent le nom de romans, et dont quelques uns semblent tenir au genre épique. Laissons au 12° siècle le Tristan versifié ; il nous est du moins permis de rapporter au com mencement du 13me la composition du Chevalier au Cygne , espêce d'histoire de la conquête de Jérusalem par Godefroi de Bouillon Cet ouvrage qui contient près de trente mille vers fut entrepris par Renax , ou Renaus , et achevé par Gandor de Douai qui a rimé aussi Anseis de Carthage, et la Cour de Charlemagne, c'est-à-dire le voyage de ce prince en Espagne. » [Histoire litté raire de la Fruce tome 16 page 232].

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Le poète passe ensuite aux événemens de la première croisade, qu'il raconte succintement. A la nouvelle de l'arrivée des pélerins 2 les turcs firent sonner ban , ilsfirent armer leurgent et marchèrentcontre l'ost de Pierre.

En racontant la mort du prêtre tué aux pieds des autels par les soldats de Soliman ; le poète ajoute que la tête de ce prêtre séparée de

son corps, prédit à Soliman les conquêtes futures des croisés et la perte de ses villes et de ses châteaux :

Per coi vous perdrez vos castiaux et vos [vies.

Gandor de Douai trace les évémens de la croisade de Godefroi de Bouillon . le séjour des pélerins à Constantinoplel'occupe assez longtems ; il parle des refus faits par Bohémond , qu'il appele le preux et le vaillant, de prêter serment de fidélité à Alexis ; il place dans la bouche du prince grec différens discours qui ont pour objet de détourner les pélerins de la conquête de la cité sainte : Godefroi lui répondit qu'il était prêt à souffrir toute chose pour l'amour de JésusChrist. L'auteur raconte fort longuement la prise d'Antioche ; il paraît faire de Bohémond son héros savori , et ne parle qu'en passant des autres princes. Le manuscrit , dans cette partie est orné de petites miniatures qui représentent les opérations du siége d'Antioche ; elles donnent une idée de la manière dont les croisés faisaient leurs siéges. Sous une de ces miniatures , qui représente la prise d'Antioche, on lit ces mots : c'est ainsi que les français assiégèrent Antioche et que ils la prirent.Au récit des événemens qui suivirent la prise de cette ville le romancier mèle une foule de détails singuliers qu'on ne lit dansaucune chronique, il est à remarquer que le poète ne rapporte pas une seule de ces visions qu'on trouve en si grand nombre dans nos vieux historiens des guer

res saintes. Dans la description
qu'il fait de la marche des chrétiens
vers Jérusalem , Gandor de Douai
trace plutôt l'histoire de chaque
prince, qu'il ne suit les événemens
généraux de la croisade c'est ainsi
qu'il raconte successivement l'his-
toire de Godefroi, de Tancrède,
de Bohémond et de Bauduin. Ces
épisodes jettent dans son récit une
grande confusion , défaut qui est
faiblement racheté par l'intérêt
que le romancier a cherché à ré-
pandre dans ses tableaux. Arrivé
au siége de Jérusalem, Gandor
s'arrête tout-à-coup et s'exprime
en ces termes : « Maintenant , sei-
« gneurs, écoutez une chanson
« glorieuse, écoutez comment les
« guerriers de la croix prirent la
« cité sainte, et comment ils la dé-
« livrèrent de la race de Maho-
« met. » Après avoir ainsi appelé
l'attention des barons et des cheva-
liers, l'auteur trace rapidement le
siége de Jérusalem. Ici , comme
pour lesiége d'Antioche, il ya dans
le manuscrit de petites miniatures
qui représentent les travaux desas-
siégeans : dans l'une d'elle on aper-
çoit le bélier, dans une autre , les
tours roulantes et les diverses ma-
chines employées dans les siéges au
moyen âge. Gandor de Douai n'of-
fre plus qu'un faible intérêt dans
le reste de son récit ; l'ouvrage fi-
nit à l'élection de Godefroi.
MICHAUD.

LES CULS TOUT NUS. « Environ ce temps scavoir le 24° jour du mois de may (1572) la ville de Mons fut prins des gueux et huguenots , puisquelq. espace de

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