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Une pareille récompense accordée à depareils vers rappellela mumificenced'unrautre cardinalenvers Guillaume Colletet, et l'impromptu si connu par lequel ce dernierremercia son bienfaiteur ;

Armand, qui pour six vers, etc.

Il est vrai que les vers de Colletet valaient mieux que ceux deSainville et que Richelieu était un autre Mécène que Dubois. L. G.

JEAN DU GAUGUIER. Ce personnage avait jadis une réputation qui balançait au moins cellesdeJean de Nivelleset de Martin de Cambrai: ses fonctions étaient les mêmes; elles consistaient à battre les heures sur un timbre de bronze exposé à l'extérieur, comme on en voit à, maintes horloges publiques des villes de la Flandre.Jean du Gauguier fut d'abord plus modeste que tous ses pareils; en 1577, dix jours avant la procession, il fut installé sur son petit clocher au dessus de la halle deValenciennes, mais il n'était alors que de bois de noyer et c'est de là qu'il tire son nom; onsait que dans nos contrées les noix se nomment gaugues et le noyer, gauguier. Maître Jean ne se contenta pas de dominer toute la ville , l'ambition le gagna bientôt, ou, pourparler plus juste, elle s'empara de ses patrons ; on le renouvela en bronze , peu après on le dora, puis ensin on l'habilla. Cette dernière circonstance inspira une pièce de poésie à Jean Molinet, poète du XV° siècle, mort à Valenciennes, ou ilétaitchanoine de la Salle-le-Comte.Dans ces vers, l'auteur fait parler Jean du Gau

guier en son nom et en celui de

son confrère le sonneur.
- - - - - - - - - - - - -
Dieu mercy et nos bien vueillans
Nous avons harnois et surcos :
Comme champions bataillans
De pied, sans lance, et sans picos.

Prevost, Massarts et Eschevins
Remercions de nos deux cottes,
Tous ceux qui boivent les bons vins
Et font valoir les maletostes. -
Elles sont gente et fort mignottes.
Jamais ne les verrez boudrées,
Si les corbeaux et les hulottes
Ne leur donnent de leurs livrées.

Maître Jean du Gauguier, outre le confrère qui sonnait les heures avec lui, avait aussi poursociété, au haut de son clocher, un ange de cuivre doré, tenant une trompette, « laquelle estoit si artistement et si «ingénieusement faite, dit l'histo« rien d'Oultreman , qu'elle don«noit un son comme de trom« pette , lorsque le vent si engoul« froit. » Cet ensemble formait un petit monument fort joli , qui frappa à son passage Marguerite de Navarre, première femme de Henri IV ; aussi dit-elle dans ses Mémoires : « qu'étant arrivée à « Valenciennes, les fontaines etho

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LEFAUX cARDINAL DE BoURBoN. En 1815, un dépôt de prisonniers espagnols arrive à Souillac, petite ville du département du Lot; en parcourant l'escalier du bâtiment qui lui servait d'asyle, un de ces captifs laisse tomberunelettre ouverte; elle est aussitôt relevée par une femme âgée qui y lit ces mots : Monseigneur, il est encore des cœurs fidèles dévoués à V. A. S. ; je suis parvenu à rassembler quelques centaines de francs, j'espère bientôt en avoir davantage pour tirer V.-A. S. de l'état, si peu digne de son rang, elle se trouve réduite, etc. L'enveloppe portait : A son Altesse Sérénissime Monseigneurle Cardinalde Bourbon, Archevêque de Tolède. Malgré le poids de ses ans, celle qui trouva cette lettre courut en informer toute la ville de Souillac en moins de cinq minutes , et les bonnes femmes de l'endroit vinrent en masse visiter respectueusement le captif soi-disant illustre, au domicile duquel on vit bientôt pleuvoir fruits, vins fins, confitures , sucreries et louisd'or qu'ilpayait en bénédictions. Ce rôle durait depuis quelque tems lorsqu'un soir un osficier espagnol, également prisonnier, arrive à Souillac, entend parler du prétendu Cardinal et court

chez lui au moment où une troupe de femmes était agenouillée à ses pieds; une vertueuse indignation s'empare de lui, il traite cette altes

se improvisée plus que cavalière

ment et accompagne ses reproches de gestes très-significatifs qui impriment sur la face du prélat un sacrement dont il se serait volontiers passé.Cette scène pensa coûter cher au redresseur des torts; dans le midi le peuple prend les choses chaudement; les habitans de Souillac ne voulaient rien moins qu'écarteler vif l'officier espagnol; le maire, la gendarmerie et les gens raisonnables de l'endroit, tout , cela fesait une minorité incapable de défendre ses jours : on le mit au cachot pour lui sauver lavie et on le fit évader dans la nuit, non sans un notable danger pour lui.

Ce n'est point ainsi quese termina à Valenciennes un événement du même genre arrivé aussi en 1815. Au mois d'août, des prisonniers espagnols se trouvent dans cette ville ; soit que l'intriguant de Souillac en fit partie, soit que ce fut un de ses imitateurs, le bruit se répand sourdement que le Cardinal de Bourbon se trouve parmi les captifs : chacun veut le voir; les dames surtout s'empressent et. volent en foule à la maison d'arrêt qui recèle l'illustre personnage; on les introduit dans la chapelle ou le prélat dit une messe-basse à la suite de laquelle chacune de ces dames est admise à la faveur de lui baiser la main. Cet événement fait l'objet de toutes les conversations; pour s'assurer de l'identité

du prélat, on cherche dans le pays quelques gentilhommes qui aient fait partie desanciennesgardesWallonnes et qui, en cette qualité, ont approché de la cour d'Espagne ; ceux-ci rappellent leurssouvenirs, et, soit qu'ils ne voulussent point avoir l'air de ne pas connaître le Cardinal de Bourbon, soit que celui qui prenait ce titre ressemblât véritablement au prince, ilsappuyèrent sa prétention deleur témoignage, et dès lors,touteslesbourses furentouvertes au prisonnier de guerre. Des sommes assez considérables furent levées en son nom et un lieutenantcolonel espagnol ne rougit pas de mettre son nom au bas des reconnaissances de tels emprunts. Les habitansdeValenciennes possèdent encore aujourd'hui ces billets, bons billets qu'a La Châtre à la vérité , mais qui témoignent de leur attachement pour une samilleillustre et alors dans le malheur. Cette pensée dominait tellement ceux qui furent dupes de cette supercherie que l'idée ne leur vint pas qu'un personnage comme le Cardinal de Bourbon, sût-il captis, ne serait pas mené de ville en ville avec un dépôt de prisonniers.Napoléon n'était pas homme à faire une telle bévue politique. Quoi qu'ib en soit, des magistrats, des hommês sensés, y furent pris. L'autorité supérieure apprit enfin ce qui se passait à Valenciennes, elle fit enlever le prétendu prince de l'église qu'on enferma dans la citadelle de Lille; les officiers qui l'entouraient et quiavaientsi bien joué la comédie, peu sévères à ce qu'il parait sur l'honneur, emportèrent

sans remords l'argent descrédules, en pensant peut-être que c'était un faible dédommagement des vexations que les français commettaient chez eux. Peu de jours après, les dames deValenciennesapprirent officiellement, non sans un léger chagrin, qu'elles avaient ouï les messes d'un homme qui ne pouvait pas en dire, et baisé respectueusement la main d'un misérable sergent espagnol qui ne méritait même pas leur pitié. A. D.

BLAREAU, juge-de-paix à Bouchain, homme qui met tous ses soins à concilier les parties qui se présentent devant lui; aussi trouvet-on peu de cantons où on plaide moins que dans celui-là. Beaucoup de ses collègues sont sans doute animés de cet esprit pacificateur ; mais peut-être le zèle charitable de ce magistrat est-il mieux secondé qu'il ne le serait ailleurs par l'humeur anti-normande de la plupart desesjusticiables.Cette circonstance admise, il lui resterait toujours l'honneur desavoir entretenir leurs bonnes dispositions, et chasserainsi loin d'eux la discorde. On rend un double service aux hommes en les conciliant : les procès n'entament pas seulement leur fortune, ils rompent leur union en les aigrissant les uns contre les autres. A. L .

TURENNE A SoLRE-LE-CHATEAU. Lorsque LouisXIII, ou pour mieux dire Richelieu, envoya en 1657, le cardinal de la Valetue, avec 18,ooo hommes, pourprendre La Capelle, Landrecies et le Câteau, sur les troupes d'un autre cardinal , in

fant d'Espagne, Turenne, alors maréchal de camp, s'empara de Solrele-Château, ou se trouvait un petit fort appartenant à la maison de Croy.Quelquessoldatsayanttrouvé dans ce bourg une femme d'une rare beauté, l'amenèrent à leur jeune · général comme la plus précieuse part du butin qu'ils venaient de faire. Turenne n'avait alors que 26 ans et il était loin d'être insensible auprès des belles; cependant il feignit de ne pas comprendre le motif de la démarche de ses soldats et il louabeaucoupleurretenue, comme s'ils n'avaientsongé, e nlui amenant cette jeune femme, qu'à la soustraire aux violentes entreprises de leurs compagnons. Il fit chercher sur-le-champ son mari et la remettant entre ses mains, il lui dit avec cette modestie qu'il mettait dans toutes ses actions, que c'était à la discrétion de ses soldats qu'il devait l'honneur desa femme.Cette continence, qui rappelle celle de Scipion l'Africain, n'a pas toujours été imitée , depuis même que les progrès de la civilisation ont rendu les droits de la guerre moins exigeans. A. D.

AMAND (DoMINIQUE), ex-oratorien , né à Mons, et mort curé à Thulin en 1817 à l'âge de 6o ans. Il a publié un Mémoire historique sur les différens(sic) qui s'élevèrent entre Jean et Bauduin d'Avesnes, et Marguerite de Constantinople, comtesse de Flandre et de Hainaut, leur mère. Maestrichtet Bruxelles, 1794 in-8°. 5o pages.

Il avait aussi composé un Dictionnaire de géographie ancienne

des Pays-Pas, qui est resté manuscrit. J'ignore en quelles mains ce manuscrit est tombé.

, Là se bornent les renseignements que j'ai pu obtenir sur cet homme; ils m'ont été donnés par M. Hécart, de Valenciennes. Si quelqu'un de nos lecteurs avait l'obligeance de nous en fournir d'autres plus étendus,nous pourrions peut-êtreplacer Dominique Amand dans la partie biographique de ce recueil. A. L .

LE COUSIN-JACQUES. Tout le monde connait ce surnom par lequel l'écrivain Beffroy de Reigny était connu au commencement de la Révolution et qu'il mit lui-même en tète de presque toutesses productions, mais peu de personnes savent où et comment il adopta ce pseudonyme. Louis-Abel-Beffroy de Reigny, né à Laon, le 6 novembre 1757, demeura dans les collèges, tant comme écolier que comme professeur, jusqu'à l'âge de 22 ans. Vers ce tems, il fréquenta les eaux de St.-Amand, y devint amoureux d'une demoiselle Virlet, qui y tenait l'Etablissement Thermal , et se maria avec elle pendant un des séjours qu'il y fit. Il eut occasion d'y voir souvent un pauvre paysan, imbécille, toujours affublé de six ou sept habits de couleurs différentes, du reste plein de santé et de gaité.Par suite d'une plaisanterie de quelques dames qui comparèrent cette variété d'habits avec l'imagination féconde et un peu déréglée de Beffroy de Reigny, celuici prit de lui-même lenom du paysan. Ce dernier n'était connu dans le pays que sous le sobriquet de Cousin-Jacques, par la raison que son nom de baptême était Jacques et qu'il était parent à tout le village dont les habitans l'appelaient leur cousin. Son vrai nom était Jacques Joseph Leclercq; il était né à Nivelles-lez-St.-Amand, le 4février 172o; il mourut à St.-Amand, le 6janvier 1785, dans l'année même où l'usurpateur de son nom fesait le plus de bruit à Paris, par la publication de ses Lunes dont aucun des 24volumes peut-être n'a pénétré jusqu'au lieu de naissance du véritable Cousin-Jacques. A. D.

HERGNIES, village du canton de Condé, près de la frontière de la Belgique.

Il y a loin du Capitole à Hergnies mais on ne parle pas de l'un, sans songer aux oies qui le sauvèrent ; de l'autre, aux oies qui paissent dans ses pâturages.Ces animaux me forment point à eux seuls la richesse de ce village ; l'honnête aisance de la presque totalité des individus quil'habitent, prend sa principale source dans des vertus privées.Elle procède de l'ordre et de l'économie qui les distinguent, et qui méritent d'ètre signalés.

Le riche ignore souvent ce qui se passe sous le chaume; il n'y a pas vu ces hommes de la campagne, à la plupart desquels le sort a donné deux bras pour tout trésor. Dans cette vie de privation , de peine, que de courage et d'efforts ces malheureux ne doivent-ils pas déployer pour conquérir leur chétive subsistance et rester vainqueurs de la misère ?Il faut élever

une famille , et ces pauvres diables sont toujours si riches en enfants : n'importe , s'ils ont la force de bien vouloir , de fuir les mauvaises habitudes et le vice, si la cherté du grain, les maladies, leravage de leurs petits champs n'amènent pas leur ruine, ils parviennent à manger du pain; ils vivent heureux et remercient le ciel.

Leur joie augmente surtout si, à la longue, ils peuvent entasser, les uns sur les autres, quelques deniers , joie aussi louable que le délire de l'opulentavare contemplant son coffre fort, est honteux ! Ce pécule, prix des fatigues et des sueurs, grossissant peu à peu , on finit par acheter quelques verges de terre, une vache, un cheval; et l'on fait alors la nique à la fortune.

Or, voici comment les habitants d'Hergnies ont acquis le droit de se moquer de la capricieuse déesse: l'argent qu'on épargne est le premier amassé , ils sont économes ; l'ivresse épuise la bourse et la santé, ils sont sobres; la fainéantiseneproduit rien que de mauvaises pensées, ils sont laborieux; aussi la triste indigence apparaît rarement au milieu d'eux, les calamités ne sauraient guère les saisir au dépourvu, et lorsque l'hiver arrive avec ses rigueurs, presque tous ces bons villageois, grâce à leur activité, à des précautions bien prises, peuvent braver les frimas et s'endormir, au bruit des tempêtes, sous leurs paisibles toits.Combien cette prévoyante sagesse est précieuse et digne d'éloges! pourquoi faut-il qu'elle soit plus rare encore ? A. L•

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