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LOUIS XIV ET LA JEUNE FLAMANDE (1667). — Aussitôt que Tournai fut rendu, et les nouveaux postes occupés, le roi voulut faire son entrée dans cette importante ville, qu'il lui tardait beaucoup de voir. Le peuple et la bourgeoisie quoique muets et silencieux regardèrent volontiers défiler l'armée française et la maison du Roi ; mais les gens de la haute classe ne parurent presque point à leurs croisées, et le peu qui se montra sur les balcons saillans n'applaudit pas le roi. Quant à lui , richement paré, sur son cheval soupe au lait, le plus beau coursier du monde, il continua sa marche entouré de sa jeune noblesse, et il faisait jeter de l'argent devant lui. (1) Le cortège s'arrêta devant l'hôtel-de-ville, où les magistrats le haranguèrent, après lui avoir livré les clefs d'obéissance sur un large bassin de vermeil. Comme leroi, d'un visage serein, et satisfait, allait répondre à cette harangue, il vit une femme qui s'était glissée entre deux gardes françaises, le regardait très fixement, et semblait vouloir avancer jusqu'à lui. Elle avança deux ou trois pas effectivement, et la parole que sa bouche proféra parut au conquérant une grossière injure.

(1) Le tableau représentant cette entrée de Louis XIV sur son cheval blanc, est encore aujourd'hui conservé à la régeuce de Tournai. A , D.

A - r - Arrêtez cette femme, s'écria le roi ; et, au même instant, elle fut saisie et amenée devant lui. - Pourquoi m'offensez-vous lui dit-il avec vivacité, quoiqu'avec I'etenue.

- Je ne vous ai point offensé, lui répondit la dame flamande; le mot qui m'est échappé serait plutôt une flatterie et un éloge , du moins si on lui conserve le sens qu'il a dans ces cantons peu franpalS.

— Répétez ce mot, ajouta le roi, car je veux légitimer aux yeux de tous la punition qui vous sera infligée.

— Sire, reprit cette jeune femme, vos soldats ont détruit mes pâturages, mes bois, mes moissons : le cœur navré , j'étais venue à cette place pour vous maudire ; mais votre aspect a subitement changé ma résolution ; et en vous contemplantde plus près,je me suis écriée, malgré mon courroux et malgré moi : le voilà donc ce beau boug... ! le voilà !

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(") Par erreur typographique les pages 64 et 71 étant doubles , on a dû coter celle- . ci de 95 - 97 pour rendre dorénavant la pagfnation réguliére.

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Madame de Sainte-Aldegonde , *eut l'honneur, en effet, de dîner ce "jour-là avec le prince. Elle avait beaucoup d'esprit, elle sut être aimable; et le roi, dont la politique · était de gagner les cœurs partoutes Tes avances permises, l'indemnisa · des pertesqu'elle avait faites durant 1a guerre, et favorisa de même tous ses parens et ses amis. . La famille de Sainte-Aldegonde 'parut à la cour ; s'y attacha par des 'bienfaits, elle est déjà une pépi·nière d'excellens officiers et de per·sonnes de mérite. · · Sans la parole un peu grivoise de madame la comtesse, tous ces gen1ilhommes seraient restés obscurs et pauvres dans les environs de Tournai (2).

(Mém. de mad. de Montespan)

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vient sans doute de ce que ce célèbre sculpteur s'est également distingué comme architecte par plusieurs monumens construits sous sa direction à St.-Omer et dans les environs, ce qui l'a fait réclamer par cette ville comme mé dans ses murs. Cependant VanDyck, son ami, qui l'a jugé digne de son pinceau, l'a placé dans le recueil de ses portraits avec cette inscription : Jacobus Dubreucq architectus Montibus in hannoniâ. Ce témoignage est bien fort en faveur de la ville de Mons, car l'illustre peintre flamand eut été désabusé par Dubreucq lui même avec lequel il était intimement lié, si cette assertion n'eut pas été exacte. Il y a à Mons plusieurs ouvrages de sculpture par Dubreucq d'une exécutiea fine et énergique. Je citerai entr'autres les trois bas-reliefs qui sont à l'église de Sainte-Waudru, représentant la Résurrection, la Plagellation et le portement de la croix. Les trois Vertus Théologales et les trois Vertus Cardinales, figures en albâtre du même auteur et qui ornent la même église, ent aussi beaucoup de mérite.

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est bien connue. Plusieurs académiciens de mes amis qui m'ont longtemps engagé, moi, indigne coupletteur, à solliciter les honneurs du fauteuil, ont désespéré de leurs instances et désormais ne m'en parlent plus.

« Comme vous le pensez sans doute, cette crainte ue tient chez moi qu'à un sentiment d'indépen

dance poussé à l'excés, mais qui,

je le crois me dominera toujours, Cependant , monsieur, comme it est vraisemblable que le titre de membre correspondant n'engage à rien qu'à la reconnaissance envers ceux qui vous l'ont déféré et que sous ce rapport , je suis sûr de n'être pas en reste avec Messieurs les membres de la Société d'émulation, je crois pouvoir accepter ce titre , heureux que je suis d'une marque d'estime que j'étais loin d'attendre. « Permettez-moi seulement , Monsieur, de vous répéter que je pense qu'aucun devoir , aucune obligation ne sont attachés au titre de membre correspondant. Je suis fâché, je suis honteux même d'insister sur cette observation. Si j'avais l'honneur d'être connu de vous vous la concevriez. J'ai entr'autres. une telle répugnance pour les solennités publiques , que je serais homme à ne pas remettre le pied dans Cambrai , s'il me fallait assister à des réunions de cette mature.

« Je sens qu'il y a là de l'enfantillage. Je vous en demande pardon : mais que voulez-vous ?

» En vous remerciant particu

lièrement de tout ce que votre let-tre contient d'obligeant pour moi,. permettez que je vous fasse observer que je ne suis pas né, comme vous semblez le croire, dans les environs de Cambrai. Si c'est un titre à l'association, je ne l'ai point, je suis de Paris. Mais je n'en aime pas moins votre ville ou j'ai de bons parens, de bons amis, et qui va encore m'être plus chère par le témoignage de bienveillance que votre société daigne m'accorder. » Ayez la bonté, Monsieur, de vous faire l'interprète de mes sentimens de gratitude auprès de mes

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glorieuses annales de ces compagnies : chaque période de guerre est chargée de quelque fait honorable pour ce corps,

C'est du 2 mai 1485 que date l'organisation de la Compagnie de madame Sainte Barbe; c'est sous ce nom qu'elle fut instituée.

En 1578, six batteries servies sur les remparts de Lille par les canonniers sédentaires, sont le plus sûr boulevard de la ville.

En 1645 , la ville de Lille est surprise par une armée nombreuse : elle était sans garnison ; l'ennemi venait d'emporter les faubourgs de St.-Pierre et de la Barre, et s'y était logé : les artilleurs volent au rampart, font un feu terrible, écrasent les assaillans et les forcent à la retraite,

Ce sont ces mêmes canonniers qui , pendant le siége de 1667, servaient les deux batteries du bastion derrière les Carmelites, qui firent tant de mal aux assiégeans. Durant ce siége, la compagnie eut quatre Canons entièrement détruits à leurs batteries, d'autres démontés par le feu de l'ennemi , plusieurs hommes tués sur leurs pièces , et son chef le brave Boussemart, dangereusement blessé.

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En 1717, le duc du Maine, grand : maître de l'artillerie , récompense du don de deux pièces de canon, les services rendus par les canonniers Lillois durant le siége fameux si vaillamment soutenu par le maréchal de Boufflers en 17o8,

En 1744, nouveaux gages , de

dévoûment et de bravoure lors de l'attaque dirigée contre la ville par le duc d'Aremberg. Pendant soixante-dix jours, les canonniers ne quittèrent pas leurs batteries. C'est pour la défense de la ville de Lille et de la patrie que combattirent au bombardement de 1792 les braves qui comptaient Ooigneur dans leurs rangs, L'histoire redira avec quelle intrépidité, quel abandon patriotique ils sont restés fermes au poste le plus avancé, et quelle part principale ils ont eue à la retraite honteuse d'un ennemi acharné, Aussi en l'an XI, le grand homme du siècle, visitant les ruines presqu'encore sumantes d'un des quartiers les plus popu-, leux de la ville, et parcourant l'emplacement, où étaient les batteries de l'ennemi, voulut savoir qui avait si vaillamment défendu. la plage si vivement attaquée : on nomma les canonnierssédentaires, et en récompense de leur intrépité, il ordonna que deux pièces de canon , avec cette inscription homorable, leur seraient accordées ; | LE PREMIER coNsUL · - AUx cANoNNIERs DE LILLE. - 29 septembre 1792. | | En 18o9, une expédition sortie , des ports d'Angleterre vient débar-. quer dans i'île de Valcheren. Toutes les gardes nationales des départemens voisins furent appelées à la défense du territoire ; le corps des canonniers sédentaires fut dirigé vers l'un des points les plus exposés. Dans cette campagne nos artilleurs perdirent trois officiers et vingt canonniers.

Nous pouvons encore rappeler l'armement de 1814, et les dispositions honorables à repousser l'étranger ..., ... Les opinions des canonniers Lillois ne sont pas changées : ils sont tous dévoués à notre jeune royauté et aux principes des immortelles journées de juillet; pour preuve nous pourrions citer les paroles d'un des vétérans des phalanges impériales, le général Jouffroy , récemment admis dans le corps des canonniers lillois.

L.

DE MEAN (FRANçoIs-ANToINEMARIE-CoNsTANTIN, prince de), né all châteaudeSaive, le6juillet 1756 mort à Malines le 15 janvier 185o. Il étudia successivement à l'académie de Douaiet à celle de Mayence et il était chanoine de la cathédrale de Liège lorsqu'il fut élevé à la prêtrise. En 1786, il devint évêque suffragant de cette ville, et en 1792 en fut élu évêque. La révolution française le contraignit de se réfugier en Allemagne, et ce me fut qu'après 2o années d'exil qu'il revint dans sa patrie. L'évêché de Liège n'existait plus, et M. de Pradt ayant résigné ses fonctions, le prince de Méan fut nommé archevêque ! de Malines et primat des Pays-Bas. Simple et sans ostentation, ses immenses revenus étaient consacrés à soulager l'infortune. * · · ·

ENGELSPACH-LARIVIÈRE. — Géologue de Bruxelles, avait consacré toute sa fortune à visiter le nord de l'Europe. Il publia, en 1826, une Notice sur le calcaire magnésien et plus tard une Des

cription géognostique du Luxembourg, in-4" ; des Consider ations sur les blocs erratiques de roches primordiales, in-8°, 1829; enfin, De la géognosie sous ses différents rapports , 185o. Il prit une grande part aux événemens de la révolution belge de septembre, et mourut au bain, frappé d'apoplexie, le 21 juillet 1851.

PIED DE TOURNAI. (Identité . entre ce pied et l'ancien pied Romain.)— Le pied dont on se servait, avant que le système métrique ne vint ramener tout notre pays à une commune mesure, avait une longueur différente dans chaque province et quelque fois dans chaque partie de la ville. Renard dans ses Tarifs métriques de tous les anciens poids et mesures des départemens de Jemmapes , Sambre et Meuse, etc., nous donne une longue énumération de ces différens pieds. On ignore d'où ils tirent leur origine. Mais en convertissant les pieds romains cités par Rondelet en fractions décimales du mètre, on leur trouve une identité étonnante-avec quelques-uns de ceux dont on se servait dans notre pays. Quoique les savans et les métrologues ne soient pas d'accord sur la valeur du pied romain en mesures modernes, ils diffèrent peu

' dans leur évaluation ; et cette dif

férence n'étonne aucunement, lorsqu'on admet avec quelques auteurs que les plus longs sont ceux qui remontent à une plus haute † quité.Nous trouvons pour com-. paraison de quelques pieds de no# tre pays aveo ceux cités par Ron

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