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beek, des archives du trésor des chartes de Flandres, ainsi que des preuves nobiliaires du célèbre généalogiste Jean Scohier, des extraits de le Blon, Quartiers généalogiques ; le Roux, Theatre de la noblesse de Flandre; du Nobiliaire des Pays Bas; de l'Histoire métallique ; le Sueur, Flandre illustrée ; du Dictionnaire de la noblesse ancienne ; de l'Addition aux Epitaphes de Saint-Bavon ; des monuments funèbres disseminés dans les églises de Brabant, de Flandre, du Hainaut, etc.; des Archives générales du royaume de Belgique ; des extraits baptistères, extraits mortuaires, contrats de mariage, testaments et autres actes de dernière volonté, actes d'investiture de fiefs, autrement dits reliefs, engagères d'emplois nobles, pactes de famille, procès, transactions, acceptations de tutèle et autres actes publics ou judiciaires, conservés dans les archives de la famille ; il résulte disons nous :

1° Que Hugues Ier ou Hugon, sire d’Abbeville (Abbatisvilla) le croisé, avant de partir pour la Terre Sainte, engagea son fief à Hugues, abbé de Saint-Bavon, à Gand, afin de subvenir aux frais de l'expédition, et que ce Hugues [er, sire d'Abbeville, descendait en ligne directe, légitime et masculine d'Enguerrand, premier du nom et premier comte de Ponthieu.

2° Que Hugues II d'Abbeville brisa les armes d’Abbeville de celles d'Ennetières, après qu'il eut épousé en secondes noces, Mathilde, fille et unique héritière du fief d'Ennetières; que son fils Robert et toute sa descendance continuèrent à porter les mêmes armes.

3o Que Robert, fils aîné de Hugues II, fut fait prisonnier à la bataille de Pont à Bovines, le 27 juillet 1214 et que rançonné depuis, il servit de témoin, ainsi que son frère Roger et d'autres hommes de fief, de la cession faite le mercredi avant la fête de Saint Jude et Saint Simon, l'an 1218, par Michel de Harne, connétable de Flandre, de la châtellenie de Cassel à dame Jeanne, comtesse de Hainaut et de Flandre.

4° Que ce même Robert mit fin, par transaction, au procès encore pendant avec Arnold, abbé de Blandes, au sujet de l'aliénation des biens faite par son ayeul Hugues à l'abbaye de Saint-Bavon, avant de prendre la croix.

59 Que de Hugues d’Abbeville, sire d'Ennetières du chef de sa femme et de son fils, Roger d'Ennetières, descend en ligne directe, masculine et légitime, la maison d'Ennetières des Pays Bas.

6° Que, suivant l'expression du roi d'Espagne, Charles II : « la maison d'Ennetières fut reconnue comme une des plus « nobles, ancienne et militaire, ayant déjà produit (en 1680) « depuis plus de quatre siècles, plusieurs braves chevaliers, « divers excellents hommes et autres vertueux personnages « qui avaient utilement et dignement servi leurs princes et « l'Etat. »

La maison d'Ennetières pourrait élever ses prétentions bien au delà de Bernard, châtelain d'Abbeville; mais, comme les cours de Madrid et de Vienne l'ont considéré et reconnu comme véritable fondateur de la famille dont nous écrivons l'histoire, nous ne nous sommes point écarté des précédents légaux et officiels, et nous nous bornerons à raconter l'origine de la maison d'Ennetières à titre d'introduction historique, d'après la Chronique de Saint Riquier.

« Les sires et châtelains d'Abbeville ont tiré leur nom « de la cité d'Abbeville, Abbatis villa, capitale du comté « de Ponthieu, sur la rivière de Somme, à cinq lieues de a la mer, au diocèse d'Amiens, qui n'était autrefois qu'une a maison de campagne des abbés de Centule ou de Saint « Riquier, célèbre monastère situé à deux lieues de là. « De cette maison de campague on fit ensuite un château, et a on y fonda un prieuré. Mais Hugues Capet en voulant faire « une place forte pour arrêter les courses des barbares, l'ôta « aux moines de Saint Riquier, dont il avait été autrefois un « abbé séculier, et l'ayant fortifiée, la donna à Hugues, époux « de Gisle, sa fille, qui prit le nom d'avoué ou défenseur, « parce qu'on lui avait confié la défense de Saint Riquier. En « 1035, Enguerrand, son fils, après avoir tué le comte de « Boulogne dans une bataille et épousé Adelaja, sa veuve, prit « le titre de comte de Ponthieu. Son fils, Enguerrand II, « épousa en 1065, Béatrix, fille d'Eustache, comte de Guines. « Il portait le titre de vicomte d'Abbeville. Son fils Enguer« rand III épousa dame Mahaut avec laquelle il vivait en « 1169. Il fut père d'Enguerrand, châtelain d'Abbeville, qui « épousa Eléonore, fille du châtelain de Saint Valéry, dont, « entre autres enfants, il ent Bernard [er, châtelain d'Abbe« ville. On ne connaît point le nom de sa femme dont il eut « Bernard II, dit le Vieux, châtelain d'Abbeville, par qui la « généalogie de la maison d'Ennetières commence. »

D'Ennetières resta fidèle à ces glorieuses traditions. Ses membres se distinguèrent en tout temps par une inébranlable fidélité à leurs souverains légitimes. Ils se rendirent célèbres dans l'église, dans les armes, et, surtout dans la direction des affaires les plus secrètes de l'Etat. Ils contractèrent d'illustres alliances qui, toutes, furent admises et reçues comme la leur dans les chapitres et colleges nobles des provinces de Belgique, telles que, dans les époques anciennes, Velaines, Salins, Obigies, Roupy, Bary, Fiennes, Aubermont, Clermez, Vilain de Gand, dont les princes de Masmines, la Woestine, Chastillon, Moerkerke, Harancourt, Carondelet, la Hamaïde, Saulx, Haynin, Croix, Enghien, etc. Les alliances de la maison d'Ennetières, dans les temps modernes, occupent le même rang social.

I. BERNARD, SIRE ET CHATELAIN D’ABBEVILLE, en 1150, épousa, Ogive fille de Roger, dit le Vieux, châtelain de Lille en Flandre, dont trois enfants, savoir :

A. Bernard D'ABBEVILLE, prit la croix avec son frère Hugues, afin de combattre les Sarrassins en Syrie et aliéna tous ses biens pour subvenir aux dépenses de l'expédition en Terre Sainte.

B. Jean D'ABBEVILLE, prieur de Saint-Omer d'Abbeville, cardinal de la sainte Eglise du titre de sainte Sabine.

C. Hugues Ier, qui suit, II.

II. HUGUES, SIRE D’ABBEVILLE, épousa : 1° Adélaïde, fille de Giselbert, seigneur de Haccobardin et Bordin ; et 2° Mathilde, fille et héritière de Robert, seigneur d’Ennetières, châtelain de Lille en Flandre. Il se croisa en Palestine, avec son frère aîné. Il eut du premier lit deux enfants, savoir :

A. Hugon D'ABBEVILLE.
B. Roger D'ABBEVILLE

Il eut du second lit un fils, savoir :

C. Robert, qui suit, III.

III. ROBERT, SIRE D’ABBEVILLE, prit le nom de sa mère et s'appela par suite seigneur d'Ennetières. Il brisa les armes d'Abbeville en chargeant les écussons d'azur, chacun d'une étoile à six rais d'or que son aïeul maternel portait sans nombre sur un écu de sable. Il épousa Adélaïde de Boubers, dont deux enfants, savoir :

A. Roger, qui suit, IV, après son frère Robert.
B. Robert, qui suit, IV.

IV. ROBERT D'ENNETIÈRES, écuyer, est cité avec son frère Roger dans l'acte déposé au trésor des chartes de Flandre, du mercredi avant la fête de Saint Jude et Saint Simon, l'an 1218, par lequel Michel de Harne, connétable de Flandre,

fit remise de la châtellenie de Châtelet ou de Châtillon, à Jeanne, comtesse de Hainaut et de Flandre.

Robert d'Ennetières combattit dans les rangs de la noblesse de Flandre, d'Artois et de Picardie, qui furent défaits et perdirent soixante-seize chevaliers faits prisonniers, à la bataille célèbre de Pont à Bovines, le 27 juillet 1214. Robert d'Ennetières, avec trois autres chevaliers appartenant comme lui à la commune de Compiègne, Baudouin de Boudins, Hugues de Malkers et Bernard de Wismes, fut remis aux prévôts de Paris. Adinis à rançon pour une somme considérable, il avait recouvré la liberté, lors de l'investiture de la comtesse Jeanne, dans la châtellenie de Cassel.

Eustache, châtelain d'Auxy, fut également au nombre des prisonniers de cette bataille célèbre.

On nous pardonnera d'avoir rappelé quelques faits ayant rapport à l'histoire générale en nous occupant d'une histoire plus particulière. D'ailleurs, en parlant des hommes qui ont été mêlés aux affaires de leur temps, on est toujours amené à se placer à un point de vue plus élevé que ne semblerait l'exiger une généalogie.

IV. ROGER D'ENNETIÈRES, écuyer, plaida contre Arnold, abbé de Saint Pierre lez Gand, pour les biens que son aïeul, Hugues d’Abbeville, avait donné en garant à l'abbé Hugues, dans le lieu d'Ennetières, pour prier Dieu, pour le repos de l'âme de son père et de la sienne, après sa mort, lorsqu'il serait parti pour la Syrie, afin de combattre les Sarrasins avec son frère aîné Bernard, lequel avait vendu ses biens à l'effet de subvenir aux dépenses du voyage.

Le différend fut aplani par la décision de Gauthier, évêque de Tournai, donnée le samedi avant la fête de Saint Gilles, l'an 1229, et souscrite par Jean, abbé de Saint Bavon à

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