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missionné sur sa demande, et il reçut à cette occasion, des officiers de son régiment, une lettre de regrets des plus flatteuses.

Nous extrayons de ce précieux document de famille le passage suivant :

« Organe du corps d'officiers des Chasseurs de la Reine, je suis l'interprète de tous les sentiments d'estime qu'ils vous portent pour la belle conduite que vous avez tenue pendant tout le temps qu'ils ont eu l'honneur de servir sous vos ordres. Ils n'oublieront jamais votre bravoure éclatante en présence de l'ennemi, votre générosité et tout l'assemblage de ces belles qualités dont le souvenir ne s'effacera pas de nos ceurs. Votre retraite est une perte pour la France.

« Le colonel des Chasseurs de la Reine,

« BARON MATHY. » Le colonel Duvivier, rendu à sa patrie, y reçut l'accueil que l'on devait à sa bravoure et à ses talents militaires. Le gouvernement des Pays-Bas, juste appréciateur du mérite, lui conféra immédiatement le 14 décembre 1814. le grade de colonel de cavalerie, mais sans destination arrêtée. Ce ne fut que le 13 avril 1815 qu'il fut appelé au commandement du régiment de hussards n° 8. Quand arriva le jour de la bataille de Waterloo, Duvivier, fidèle à son pays et à ses serments, combattit ses anciens frères d'armes, non sans douleur, mais avec la conscience d'un grand devoir accompli. La croix de chevalier de 3e classe de l'ordre de Guillaume vint le payer de ces nouveaux services, et le 24 novembre 1816 il fut promu au grade de général-major effectif. Quatre ans après, le 14 mars 1820, il revint à Mons, investi du commandement • provincial du Hainaut, en même temps que de celui de la cavalerie dans la 6e grande division militaire. Enfin, comme marque suprême d'estime et de gratitude, le roi Guillaume

lui conféra, le 15 mars 1823, le titre de baron, régularisant ainsi la distinction promise au général Duvivier par Napoléon lui-même, et que la chute de l'Empire avait empêchée de recevoir son effet.

Une dernière épreuve était encore réservée à ce loyal soldat. Quand sonna l'heure de l'émancipation de 1830, Duvivier se trouva placé entre son ceur et ses serments : position difficile, mais dans laquelle il sut conserver intact son honneur militaire. Les événements lui permirent bientôt d'accepter du gouvernement provisoire le grade de général de division, le 5 octobre 1830, et il remplit ces fonctions importantes avec son zèle et son activité accoutumés. Le 21 avril 1831, il fut nommé par le régent de Belgique général commandant la deuxième division militaire, dont le quartier général était à Bruxelles; le 24 juillet 1832, ses connaissances spéciales l'appelèrent au poste d'inspecteur général de la cavalerie, et enfin, le 4 août 1834, il revint encore une fois à Mons, sa ville natale, qu'il ne devait plus quitter, en qualité de commandant de la troisième division territoriale.

Lorsque, le 12 mai 1842, le lieutenant général Duvivier fut admis à faire valoir ses droits à la retraite, il avait près d'un demi-siècle de services effectifs, sans compter ses campagnes, qui élèveraient ce chiffre à plus de soixante et dix années. Commandeur de la Légion d'honneur depuis le 10 décembre 1833, il reçut comme dernière récompense, le 15 décembre 1843, les insignes de grand officier de l'ordre de Léopold; il fut le premier Belge auquel Sa Majesté conféra ce haut grade. Dès lors, entouré de l'affection de sa famille et de l'estime de tous ceux qui le connaissaient, il ne songea plus qu'à passer dans une retraite calme et sereine les dernières années d'une existence glorieusement remplie. Il mourut le 7 mars 1853.

Voici l'état de services officiel de M. le lieutenant général

baron Ignace Louis Duvivier, né à Mons, le 13 mars 1777, décédé à Mons, le 7 mars 1853.

Enrôlé volontaire en qualité de hussard, le 15 juillet 1793.
Il passa au 3. dragons, le 25 décembre 1795.
Fut nommé brigadier au 3e dragons, le 21 décembre 1796.

maréchal des logis, au 3* dragons, le 19 juin 1797.
adjudant, au 3. dragons, le 21 janvier 1800.
sous-lieutenant, au 3e dragons, le 15 avril 1800.

dans la garde des consuls, le 26 octobre 1800. » lieutenant en second, garde des consuls, le 13 décembre 1801. Membre de la Légion d'honneur, le 15 juin 1804. (Époque de la création de l'ordre, 26 prairial an xil).

Fut nommé lieutenant en premier dans la garde des consuls, le 23 septembre 1804.

Fut nommé capitaine adjudant-major aux chevau-légers de la garde, le 6 avril 1807.

Officier de la Légion d'honneur, le 6 juillet 1809.
Nommé chevalier d'Empire, le 15 mars 1810.

Adjoint au collége électoral du département de Jemmapes, le 20 septembre 1810.

Nommé chevalier doté par décret impérial, le 13 décembre 1810.

Nommé major, le 20 février 1811.
Nommé colonel, le 19 mai 1813.

Admis dans la nouvelle organisation de l'armée française avec son grade de colonel, le 9 avril 1814.

Décoré de la Fleur de lis, le 12 juillet 1814.
Démissionné sur sa demande, le 23 novembre 1814.
Nommé colonel de la cavalerie, le 13 décembre 1814.

Chevalier de 3o classe de l'ordre militaire des Pays-Bas, le 18 juillet 1815.

Nommé général major, le 24 novembre 1816.

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Nommé commandant provincial du Hainaut, et de la cavalerie dans le 6e grand commandement militaire, le 14 mars 1820.

Créé baron par Sa Majesté le roi des Pays-Bas, le 15 mars 1823.

Nommé général de division (lieutenant général), le 5 octobre 1830.

Nommé au commandement de la 1re division, le 21 avril 1831.

Nommé au commandement de la division de cavalerie, le 20 août 1831.

Nommé au commandement de la division d'avant-garde, le 5 avril 1832.

Inspecteur général de cavalerie, le 24 juillet 1832.

Commandeur de la Légion d'honneur, par le roi LouisPhilippe, le 10 décembre 1833. Chevalier de l'ordre de Léopold, le 15 décembre 1833. Officier du même ordre, le 14 décembre 1837. Commandeur de l'ordre de Léopold, le 7 novembre 1842. Grand officier du même ordre, le 15 décembre 1843.

CAMPAGNES, BLESSURES, ACTIONS D’ÉCLAT. « Il faisait partie des troupes françaises qui envahirent la Hollande sous le général Pichegru et qui s'emparèrent de la flotte ennemie.

« A Marengo il se distingua dans les charges brillantes que firent les gardes à cheval du consul. Il tint la même conduite à Austerlitz, dans les grenadiers à cheval de la garde impériale.

« A Iéna il combattit avec sa bravoure habituelle et fut grièvement blessé.

« A Eylau il faisait partie des escadrons de la garde qui traversèrent les lignes de l'armée ennemie et qui en culbu

tèrent la réserve formée de troupes d'élite. Dans cette brillante charge il fut encore blessé.

« A Wagram il se fit remarquer encore par sa valeur habituelle.

« Passé à l'armée d'Espagne, il y tint la même conduite et se distingua de nouveau à la mémorable affaire de Somo Sierra.

« Le 19 mai 1813 il recut sur le champ de bataille les félicitations du général Maison, qui le proposa pour le grade de colonel au général en chef Lauriston.

« A Waterloo, un coup de canon à mitraille, qui tua et blessa plusieurs officiers à ses côtés, lui tua son cheval etenleva son shako. »

M. le baron Ignace Louis Duvivier épousa Victoire Gendebien, dont il n'eut point d'enfants.

Il avait pour armes :

L'écu d'azur tiercé d'une bande d'or chargée d'une lance de gueules avec fanion de gueules et d'argent (1) à un lion d'or rampant le long de la bande, et au canton droit une épée haute, également d'or, le tout bordé de gueules et surmonté d'une couronne de baron des Pays-Bas, sommée d'un timbre d'argent bordé et orné de même, lacé de profil et ombragé de trois plumes d'argent retombantes, avec lambrequins de sinople et d'or.

(1) Cette pièce fut ajoutée à ses armoiries pour rappeler qu'il avait été chargé d'organiser les lanciers polonais de la garde impériale.

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