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posé à la bibliothèque publique de Mons, n° 455 de l’inventaire.)

De ce mariage naquirent trois enfants, savoir :
A. Léopold Donat Alexandre, baron DUVIVIER, qui suit, III.

B. Aimée Victoire Jeannette, épousa Corneille Alexis Lahure, lieutenant général de cavalerie, officier de l'ordre de Léopold et chevalier de plusieurs autres ordres.

C. Céline Cécile Euphémie Amour, épousa Charles Célestin Félix Gantois, ancien officier de cavalerie et bourgmestre de la commune de Mesvin.

III. LÉOPOLD DONAT ALEXANDRE, BARON DUVIVIER, chef de nom et d'armes de cette branche de la famille Duvivier, né à Mons, président du tribunal de première instance à Malines, ancien membre du conseil provincial d'Anvers, et, comme tel, présidant plusieurs fois le conseil de milice, lieutenant colonel de la garde civique à Malines, chevalier de l'ordre de Léopold, épousa Françoise Antoinette Diercxsens, dont il n'a pas d'enfants.

Nous l'avons dit déjà, le roi Léopold, voulant reconnaître les services rendus au pays par toute la famille Duvivier et pour en perpétuer le souvenir, a créé barons les deux descendants de cette famille; l'un, Léopold Donat Alexandre, fils d'Auguste, ci-dessus désigné; l'autre, Charles Joseph, fils de Vincent Marie Constantin, qui suit.

II

Vincent Marie Constantin Duvivier, lieutenant général, etc.

Le lieutenant général Vincent Duvivier, né à Mons, le 12 décembre 1774, était le cinquième enfant de cet honorable et savant médecin, Joseph Duvivier, dont nous avons rapidement esquissé la carrière. Dès l'âge le plus tendre, il manifesta le plus vif penchant pour la profession des armes, et l'agitation qui précéda en Belgique la glorieuse lutte de 1789 contre la domination autrichienne, en montrant ses sentiments patriotiques, raffermit de plus en plus une vocation qu'il justifia toujours par la pratique des plus éclatantes vertus qui distinguent l'homme de guerre et le bon citoyen. Il perdit son père le 30 juillet 1796. Depuis trois ans déjà il avait pris les armes et servait en qualité de volontaire dans la guerre de l'indépendance. Après l'entrée des Français en Belgique, il s'enrôla, le 11 janvier 1793, comme simple cavalier, dans le régiment des hussards de Jemmapes, formé à Mons, après la bataille de ce nom.

Les heureuses dispositions de Vincent Duvivier et l'expérience qu'il avait précédemment acquise le firent bientôt remarquer de ses chefs ; aussi, un mois après son incorporation, le 22 février 1793, il fut nommé sous-lieutenant et envoyé au 3e régiment de dragons, où il servit pendant dix années. Il y fut successivement proinu aux grades de lieutenant en l'an vii, de capitaine en l'an viii, et de chef d'escadrons en l'an xii. C'est dans les rangs de ce régiment que Vincent Duvivier fit les campagnes de 1793-1794, de l'an 11 et de l'an 111, à l'armée de Sambre-et-Meuse, celles de l'an iv et de l'an v à l'armée d'Italie, et enfin les campagnes d'Égypte et de Syrie, et c'est en récompense de sa bravoure qu'il fut promu, le 26 nivòse an viii, au grade de capitaine.

La guerre d'Égypte tout entière compte parmi les meilleurs souvenirs de cette belle existence. Lors du débarquement des Anglais à Aboukir, le 19 ventôse an ix, Duvivier, alors capitaine, reçut trois coups de feu, dont un à la main droite, et fut proposé par le général en chef Menou pour une arme d'honneur.

Tous les biographes qui ont cité le lieutenant général Vincent Duvivier donnent le certificat flatteur qu'il reçut du

général Menou, commandant l'armée d'Égypte, à la veille de son départ pour la France. Voici le texte de cette pièce, dont l'autographe précieux est déposé dans les archives de la famille :

« Je réclame l'intérêt et la bienveillance du général pre« mier consul en faveur du citoyen Duvivier, capitaine au a 3e régiment de dragons. La conduite de cet officier a été « des plus distinguées. Il est impossible d'être plus brave, « plus intelligent et plus dévoué aux différentes affaires qui « ont eu lieu en Egypte. Depuis la descente des Anglais, le « capitaine Duvivier a été l'exemple de l'armée par son ina trépidité et son activité. Il fut dangereusement blessé au « combat du 10 ventôse (Aboukir). Les généraux, les chefs « de son corps, lui ont rendu la justice qu'il méritait. Ici je « m'empresse de demander pour lui, ali général premier « consul, un sabre d'honneur.

« MENOU. . Le grade de chef d'escadrons, qu'il obtint le 10 vendémiaire an xii, le fit passer au 21e régiment de dragons, où bientôt après il reçut une distinction qu'il considéra toujours comme étant la plus belle récompense de tout ce qu'il avait fait, et cette distinction, ce fut la croix de la Légion d'honneur, qu'il obtint le 25 prairial an xii, à l'époque même de la création de l'ordre.

Le 21e dragons, qui faisait partie du camp de Boulogne, ayant été placé à la 3e division de réserve de la cavalerie de la grande armée, Vincent Duvivier assista aux mémorables campagnes d'Autriche, de Prusse et de Pologne jusqu'en 1807, époque à laquelle il fut pensionné, les blessures qu'il avait reçues et ses fatigues ne lui permettant plus de rester au service actif.

C'est ainsi qu'il fut donné à cet officier distingué de trouver quelques instants de repos après avoir pris une part active, pendant quatorze années, aux campagnes des armées françaises, sous la république, le consulat et l'empire, après avoir assisté aux batailles si mémorables, et qui seront encore illustrées dans les temps les plus reculés, sous les noms d'Arcole, Rivoli, Alexandrie, les Pyramides, le Caire, Jaffa, Saint-Jean-d'Acre, Heliopolis, Aboukir, Austerlitz, Ulm, Iéna, Eylau, etc.

Rentré dans ses foyers en 1807, nommé peu après entreposeur des tabacs pour le département de Jemmapes, la patrie vint bientôt réclamer ses services. Le 15 juillet 1813, il fut nommé, dans son grade de lieutenant-colonel, adjudant-major de la légion de la garde nationale du département de Jemmapes.

Le 16 décembre 1814, le gouvernement des Pays-Bas lui confia le commandement de la place de Mons.

Le 16 mars 1816, il fut promu dans le même commandement au grade de colonel.

Le 5 octobre 1830, le gouvernement provisoire lui conféra le grade de général de brigade.

Décoré de l'ordre militaire de Guillaume, de 4e classe, en 1821, chevalier de l'ordre de Léopold le 15 décembre 1833, il fut élevé au grade d'officier de cet ordre le 21 juillet 1839, et le 6 mars 1835 il avait reçu du gouvernement français la décoration d'officier de la Légion d'honneur. Enfin le 16 janvier 1841, le général Duvivier fut déchargé de ses fonctions de commandant de place de Mons et admis à la retraite avec le grade de lieutenant général.

Les services que le lieutenant général Vincent Duvivier a rendus à sa ville natale, spécialement lors de l'invasion étrangère, en 1814 et en 1815, sunt incontestables, et lui avaient acquis la reconnaissance de tous. Ceux qu'il a pu rendre encore à ses concitoyens pendant les quinze années qu'il a commandé la place de Mons sont toujours présents à la mémoire des habitants. Aussi, pour en perpéiuer le souvenir,

l'administration communale de la ville de Mons s'empressat-elle, après sa mise à la retraite, de lui offrir, au nom de la ville et comme témoignage de haute gratitude, un magnifique sabre d'honneur.

Le général Duvivier est mort à Mons, le 3 novembre 1851, à onze heures et demie du matin, à l'âge de soixante et dixsept ans. Son caractère, ses vertus se résument dans la phrase suivante, extraite de l'oraison funèbre qui fut prononcée sur sa tombe :

« Brave et intrépide sur le champ de bataille, le lieutenant a général Vincent Duvivier, rentré dans la vie privée, s'y fit a admirer par les qualités du cour, par sa modestie, sa bien« veillance, son aménité, son attachement à son pays et son « dévoûment à sa ville natale. »

Jamais éloge ne fut mieux justifié.

Nous nous faisons un devoir de donner ici le texte officiel des états de services de cet homme distingué.

DUVIVIER (VINCENT MARIE CONSTANTIN), FILS DE JOSEPH MAXIMILIEN ET DE MARIE THÉRÈSE JOSÈPHE NAVEAU,

NÉ A MONS, LE 12 DÉCEMBRE 1774.

SERVICE DE FRANCE. Entré au service, comme hussard, au régiment de Jemmapes, le 18 janvier 1793.

Sous-lieutenant, le 22 février 1793.

Passé au 3e régiment de dragons, même grade, le 5 prairial an 11.

Premier lieutenant, le 3 pluviôse an vii.
Capitaine, le 26 nivôse an viii.
Chef d'escadron, le 10 vendémiaire an xii.

Passé au 21e régiment de dragons, même grade, le 14 ventôse an xii.

LA BELGIQUE HÉRALDIQUE, IV.

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