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mais on ne lui en a point substitué. La crainte d'employerdes tourssurannés énervetous lesjours notre langue; la crainte d'employer de vieux mots l'appauvrit tous les jours : ses plus grands ennemis seront toujours les puristes. On appeloit aussi feintes les touches chromatiques du clavier, que nous appelons aujourd'hui touches blanches, et qu'autrefois on faisoit noires, parcequenosgrossiers ancêtres n'avoient pas songé à faire le clavier noir, pour donner de l'éclat à la main des femmes. On appelle encore aujourd'hui feintes-coupées celles de ces touches qui sont brisées pour suppléer au ravalement. FÉTE, s.f. Divertissement de chant et de danse qu'on introduit dans un acte d'opéra, et qui interrompt ou suspend toujours l'action. Ces fêtes ne sont amusantes qu'autant que l'opéra même est ennuyeux. Dans un drame intéressant et bien conduit, il seroit impossible de les supporter. La différence qu'on assigne à l'Opéra entre les mots de fête et de divertissement, est que le premier s'applique plus particulièrement aux tragédies, et le second aux ballets. FI. Syllabe avec laquelle quelques musiciens solfient le fa dièse, comme ils solfient par ma le mi bémol; ce qui paroît assez bien entendu. (Voyez SoLFIER.) •

FIGURÉ. Cet adjectif s'applique aux notes ou à l'harmonie : aux notes, comme dans ce mot, bassefigurée, pour exprimer une basse dont les notes portantaccord sont subdivisées en plusieurs autres notes de moindre valeur (voyez BASSE-FIGURÉE); à l'harmonie, quand on emploie, par supposition et dans une marche diatonique, d'autres notes que celles qui forment l'accord. (Voyez HARMoNIE-FIGURÉE et SUPPosITIoN.)

FIGURER, v. a. C'est passer plusieurs notes pour une, c'est faire des doubles, des variations; c'est ajouter des notes au chant de quelque manière que ce soit; enfin c'est donner aux sons harmonieux une figure de mélodie, en les liant par d'autres sons intermédiaires. (Voyez DoUBLE, FLEURTIs, HARMONIE-FIGURÉE.)

FILER un son, c'est, en chantant, ménager sa voix, en sorte qu'on puisse le prolonger longtemps sans reprendre haleine. Il y a deux mamières defiler un son : la première, en le soutenant toujours également; ce qui se fait pour l'ordinaire sur les tenues où l'accompagnement travaille : la seconde, en le renforçant; ce qui est plus usité dans les passages et roulades. La première mamière demande plus de justesse, et les Italiens la préfèrent; la seconde a plus d'éclat, et plaît davantage aux François.

FIN, s. f Ce mot se place quelquefois sur la finale de la première partie d'un rondeau, pour marquer qu'ayant repris cette première partie, c'est sur cette finale qu'on doit s'arrêter et finir. (Voyez RoNDEAU.) On n'emploie plus guère ce mot à cet usage, les François lui ayant substitué le point final, à l'exemple des Italiens. (Voyez PoINT-FINAL.) FINALE, s. f Principale corde du mode qu'on appelle aussi tonique, et sur laquelle l'air ou la pièce doit finir. (Voyez MoDE.) Quand on compose à plusieurs parties; et surtout des chœurs, il faut toujours que la basse tombe en finissant sur la note même de la finale. Les autres parties peuvent s'arrêter sur sa tierce ou sur sa quinte. Autrefois c'étoit une régle de donner toujours à la fin d'une pièce la tierce majeure à la finale, même en mode mineur; mais cet usage a été trouvé de mauvais goût et tout-à-fait abandonné. FIxE, adj. Cordes ou sons fixes ou stables.(Voyez SoN, STABLE.) FLATTÉ, s. m. Agrément du chant françois, difficile à définir, mais dont on comprendra suffisamment l'effet par un exemple. (Voyez Planche 5, figure 15 au mot FLATTÉ.) FLEURTIs, s. m. Sorte de contre-point figuré, lequel n'est point syllabique ou note sur note. C'est aussi l'assemblage des divers agréments dont on

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orne un chant trop simple. Ce mot a vieilli en tout sens. (Voyez BRODERIES, DoUBLES, VARIATIONs, PASSAGES.) FoIBLE, adj. Temps foible. (Voyez TEMPs.) FoNDAMENTAL, adj. Son fondamental est celui qui sert de fondement à l'accord (voyez ACCORD), ou au ton (voyez ToNIQUE). Basse fondamentale est celle qui sert de fondement à l'harmonie. (Voyez BASSE-FONDAMENTALE.) Accord fondamental est celui dont la basse est fondamentale, et dont les sons sont arrangés selon l'ordre de leur génération : mais comme cet ordre écarte extrêmement les parties, on les rapproche par des combinaisons ou renversements; et, pourvu que la basse reste la même, l'accord ne laisse pas pour cela de porter le nom de fondamental; tel est, par exemple, cet accord ut mi sol, renfermé dans un intervalle de quinte : au lieu que dans l'ordre de sa génération ut sol mi, il comprend une dixième et même une dix-septième, puisque l'ut fondamental n'est pas la quinte de sol, mais l'octave de cette quinte. FoRCE, s.f. Qualité du son, appelée aussi quelquefois intensité, qui le rend plus sensible et le fait entendre de plus loin. Les vibrations plus ou moins fréquentes du corps sonore sont ce qui rend le son aigu ou grave; leur plus grand ou moindre écart de la ligne de repos est ce qui le rend fort ou foible; quand cet écart est trop grand et qu'on force l'instrument ou la voix (Voyez FoRCER), le son devient bruit, et cesse d'être appréciable. FORCER la voix, c'est excéder en haut ou en bas son diapason, ou son volume, à force d'haleine; c'est crier au lieu de chanter. Toute voix qu'on force perd sa justesse : cela arrive même aux instruments où l'on force l'archet ou le vent; voilà pourquoi les François chantent rarement juste. FoRLANE, s. f Air d'une danse de même nom, commune à Venise, sur-tout parmi les gondoliers. Sa mesure est à #; elle se bat gaiement, et la danse est aussi fort gaie. On l'appelleforlane parcequ'elle a pris naissance dans le Frioul, dont les habitants s'appellent Forlans. FoRT, adv. Ce mot s'écrit dans les parties pour marquer qu'il faut forcer le son avec véhémence, mais sans le hausser; chanter à pleine voix, tirer de l'instrument beaucoup de son : ou bien il s'emploie pour détruire l'effet du mot doux employé précédemment. Les Italiens ont encore le superlatiffortissimo, dont on n'a guère besoin dans la musique françoise; car on y chante ordinairement très fort. FoRT, adj. Temps fort. (Voyez TEMPs.) , FoRTE-PIANo. Substantifitalien composé, et que les musiciens devroient franciser, comme les peintres ont francisé celui de chiaro-scuro, en adoptant l'idée qu'il exprime. Le forte-piano est

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